29 déc. 2020 par Monsieur Bulles
Roquefort, Old dutch et Portos rouges En ces temps délicats où le sucre est éconduit dans l'univers des vins, il est difficile de promouvoir un vin justement engendré "grâce" à lui. Je vais m'attacher pourtant ici, à vous convaincre que le Porto, un vin dit muté, c'est-à-dire un vin auquel on ajoute de l'eau-de-vie (du sucre donc !) en cours de fermentation, est un compagnon agréable et original, à table avec des mets, si quelques règles d'équilibre sont respectées.
Et ces règles d'équilibre commencent bien entendu par le dosage de sucrosité et de lourdeur dans l'assiette, comme dans le verre...

Le sucre et le sel se retrouvant partout, à l'excès, dans notre alimentation contemporaine, deux courants de pensée gourmande s'offrent à nous en matière d'accords de Porto et de mets : 
- rechercher des saveurs soutenues, voire exacerbées par l'alcool : on vise ici les "becs sucrés".
- rechercher des saveurs qui freinent l'action de l'alcool et du sucre pour retrouver une sorte de vinosité initiale : on vise ici les "becs salés". 

La température du Porto et du corps humain ! 

Le Porto n'est pas uniquement l'éternel compagnon des amuse-gueules comme en France, des fromages bleus comme en Angleterre ou du chocolat noir comme en Belgique.  
Si on aime absolument ou à l'occasion, l'onctuosité et la richesse à table, le Porto, grâce à tous ses types, peut convenir à une multitude de mets.  
L'ouverture d'esprit, l'imagination et l'audace sont toutefois nécessaires pour surprendre, découvrir et offrir de nouveaux plaisirs avec quelques notions de température à connaître pour mieux profiter de la variété des parfums et des textures du Porto.
Sans être trop pointilleux, il faut admettre aussi que pour le même type de Porto, sa température de consommation pourra être différente si on le boit seul ou accompagné d'un met. 
En effet, on essaiera de rapprocher les températures du mets et du vin (toute proportion gardée) afin d'éviter un choc thermique désagréable en bouche. 
Par exemple, un type Ruby pourra être bu seul, en apéritif, à 14 degrés tandis qu'avec une bavette de boeuf grillée nappée d'une sauce aux baies rouges, on le servira autour de 18 degrés. 
La nuance est subtile, mais utile.  
Enfin, on cherchera également la meilleure température selon la saison du service. La chaleur et l'humidité de l'été ressenties par notre corps ou l'impression de fraîcheur pénétrante en hiver peuvent complètement métamorphoser la sensation du vin en bouche. 
Et curieusement, même si la science l'explique, il y a un paradoxe. 
Par forte chaleur estivale, on sera enclin à servir, par exemple, un Porto Blanc de type extra-sec à 7 degrés pour qu'il assure un rôle rafraîchissant et désaltérant. Mais, on perdra alors tout le plaisir de ses arômes, à la fois occultés par la température très froide du vin et la réaction de nos papilles qui, elles, étaient déjà adaptées à l'excessive chaleur ambiante. 
Si l'on veut donc profiter au mieux du même vin dans les mêmes conditions de saison, on le servira autour de 10 degrés et notre cerveau se chargera de rectifier et d'équilibrer toutes les informations reçues, pour notre plus grand plaisir ! 
Ça, c'est le miracle du corps humain ! 

Le Porto Blanc : 
 

Avec les Portos Blancs standards, la méprise de goût est souvent récurrente, car la mention de la catégorie est rarement déchiffrée par le consommateur. Les 6 catégories déterminées par le taux de sucre résiduel par litre, et le degré d'alcool, c'est-à-dire la sensation sucrée et onctueuse décelée en bouche, sont certes affichées, toutefois non révélatrices de la sensation perçue en bouche. 
Il y a donc 6 occasions d'être déçu à la dégustation.
L'étonnement le plus courant étant celui provoqué avec un Porto Blanc extra-sec : le consommateur non informé s'attend à des sensations fruitées et onctueuses, mais il découvre une sensation gustative de Xérès Amontillado !  
Bref, s'il ne connaît pas les catégories ou s'il n'est pas guidé, il laissera de côté le Porto Blanc en général, pour revenir au Porto Rouge, plus accessible dans ses caractéristiques gustatives.
La nouvelle nomenclature dont je parle dans l'article Porto Blanc, l'or inattendu du Douro devrait avantageusement éclairer le consommateur. 

A l'apéritif : 
Le Porto Blanc (toutes les catégories selon vos goûts, à l'exception peut-être du Lagrima et des mention d'âge, souvent sirupeux, pouvant couper l'appétit) se sert frais, nature ou avec un tonic (soda), des glaçons et éventuellement une rondelle de citron.
Olives et amandes fraîches (mi-doux), beignets de morue (léger sec à mi-doux), feuilletés de crevettes (extra sec à doux), éperlans grillés (extra sec), dés de fromage de style Tomme de montagne (Léger sec à sec), etc...   

En repas : 
le Porto Blanc conseillé sur un plat est rare, mais si vous aimez l'originalité, tentez ceci : fondue savoyarde et charcuterie (extra sec), plateau de fruits de mer (léger sec à sec), foie gras ou aiguillettes de canard (doux à lagrima, mention d'âge et colheita), feuilleté au roquefort (doux à lagrima, mention d'âge et colheita), etc. 

Avec les fromages (en règle générale) : 
Pâte ferme à croûte lavée ou naturelle : léger sec à sec 
Pâte molle à croûte lavée : sec à doux
Pâte persillée (bleu) : doux et lagrima, mention d'âge et colheita

Au dessert : 
Restons simples : mi-doux à lagrima, et bien entendu les mentions d'âge et les colheita, qu'il y ait du chocolat noir, des zestes d'agrumes ou du caramel.  
Vos goûts propres sauront sélectionnés le bon Porto, selon les subtilités du dessert présenté.

Le Porto Rouge :  

Deux grandes notions à retenir avec le Porto Rouge.  
Si vous l'aimez corsé, coloré, puissant au bouquet affirmé de fruits noirs et rouges, vous êtes adeptes des Ruby, Late Bottle Vintage (LBV) et des Vintage jeunes.  

Si vous l'aimez fin, élégant, suave en bouche et très long, au bouquet oxydatif et torréfié, vous êtes adeptes des Tawnies à mention d'âge, des Colheita et des vieux Vintage

La tradition, l'engouement, puis la mode ont proposé le mariage du Porto Rouge aux fromages bleus, au chocolat noir et aux cigares.  
Les abus publicitaires le vendent encore avec toutes les catégories de fromages et toutes les sortes de desserts; bref, « à toutes les sauces », pour finalement écoeurer le consommateur de ce vin initialement rare et subtil.  
Il est peut-être temps de revenir à l'harmonie vraie, à la sobriété des goûts, à la logique du mariage des saveurs, par respect pour le prestigieux Porto.  
C'est ici que les becs salés peuvent être séduits.       

A l'apéritif : 
Un Ruby ou un Tawny sans mention d'âge conviendra avec des canapés aux mousses de foie de volaille ou de gibier, de foie gras de canard ou d'oie, des bouchées feuilletées aux compositions variées, mais cette manie apéritive typiquement française, n'est pas la meilleure.  
Si donc, vous n'êtes pas un « accroc » du Porto Rouge, débutez plutôt vos agapes avec des vins blancs secs ou un Porto Blanc extra-sec. 

En repas : 
C'est ici qu'il est intéressant et original de sélectionner un Porto Rouge : pendant le plat de résistance ! 
Ce n'est ni classique, ni facile; c'est expérimental, donc épisodique et original. 
Essayez au moins une fois.
Certes, le mariage sera riche, mais il suffira alors d'équilibrer l'ensemble du repas, de savoir doser en sucre, en sel et en gras le plat principal, d'éviter une entrée lourde ou une entrée tout court, d'envisager un fromage léger ou pas du tout, et de proposer un dessert peu édulcoré, voire chocolaté noir qui pourrait permettre de vider le Porto Rouge, entamé sur le service précédent.
Ce vin rouge "résiduellement sucré", le Porto, peut être marié à bien des mets salés, mais il faut bien connaître la marque et la catégorie, ainsi que les subtilités du plat proposé.  
Voici deux trois idées de mets...
Tournedos Rossini (foie gras), magret de canard confit aux bleuets, gibier à plumes  aux canneberges, civet de chevreuil aux myrtilles, carré de cerf aux griottes sauront apprécier la présence d'un Porto LBV ou d'un Porto Vintage, relativement jeune.  
Du canard à l'orange, du râble de lièvre aux épices, un faisan farci aux noix, des pigeonneaux au miel ou une tranche de foie gras de canard mi-cuit ou poelée à la fleur de sel, appelleront des Porto Rouges plus délicats, tel que les Tawnies ou les très vieux Vintage. Et même les Portos Blanc à mention d'âge et Colheita blancs !

Avec le fromage : 
Le Porto Rouge (quel qu'il soit et selon vos goûts) séduit tous les fromages à pâte persillée (les populaires bleus), c'est tout !  
Éventuellement pourront s'y prêter les vieux fromages de cave (Mimolette extra vieille, Cheddar 7 ans, Fribourg, Ossau-Iraty, etc.).  
Les soirées « fromages et Porto » où le Camembert, le Brillat Savarin et le Munster côtoient un Porto Vintage ou un Porto Tawny 10 ans sont des insultes à nos papilles gustatives. Le divorce des Portos et des fromages existe aussi ! 

Au dessert : 
Le Porto Rouge s'accorde avec de nombreux desserts s'ils sont légers et peu sucrés.  
Ceux à base de chocolat noir amer et de fruits rouges seront particulièrement choyés avec un Porto LBV ou un Porto Vintage encore jeune.  
Les subtilités arômatiques ou les finales gustatives de caramel au beurre, d'amandes douces, de zestes d'agrumes, de noix ou d'épices que l'on décèlera dans le dessert conviendront davantage aux Tawnies à mention d'âge ou aux très vieux Vintage, et aux Portos Blancs à mention d'âge et aux Colheita.
Évitez les sorbets et les crèmes glacées, à l'exception des nougats glacés avec certains Portos Blancs à mention d'âge.

Et pour finir, le cigare : 
Choisissez votre cigare préféré avec votre Porto préféré, car ce moment-là est un moment égoïste qui n'est pas obligé de satisfaire à l'objectivité et qui ne se partage pas...
Je ne pense pas d'ailleurs qu'il y ait de principes établis après maints essais d'harmonie entre les cigares et le Porto. 
Une mode s'est développée au cours des années 1990 à inviter presque instantanément une personne qui allume un cigare à le partager avec un Porto.  
Personnellement, j'apprécie les deux, consommés séparément. 
On peut cependant trouver des associations entre Porto et cigare plus convenables que d'autres. 
Les Portos Ruby, LBV et Vintage réclament plutôt des cigares corsés, profonds et robustes.  
De la République dominicaine, je préconise la série Grand Cru de Davidoff, Griffin's, Henry Clay, Juan Clemente, Partagas, Paul Garmirian ou Sosa. De Cuba, dirigez-vous vers les Montecristo, Partagas, Quintero, Ramon Allones, Romeo y Julieta, San Luis Rey, Cohiba, Trinidad ou Bolivar. Du Honduras, les Baccarat, Bering, El Rey del Mundo, Hoyo de Monterey, J.R. Ultimate, Punch ou la série Connoisseur de Zino, sont superbes.  Les Porto Tawny à mention d'âge et Colheita ont avantage à être partagés avec des cigares veloutés, aux accents aromatiques doux, complexes et longs. De la République dominicaine, visez les Casa Blanca ou Cuesta Rey. De Cuba, les El Rey del Mundo, Fonseca, H. Upman, Hoyo de Monterrey, Juan Lopez, La Flor de Cano, La Gloria Cubana, Punch ou Sancho Panza sont classiques. Du Honduras, la série Mouton-Cadet de Zino, Cuba Aliados ou Don Tomas vous contenteront aisément.    tawnies et vintage
À la demande de l'IVDP, l'emploi des majuscules avec le terme Porto, ses couleurs et ses catégories, est affranchi des règles élémentaires du français.

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27 déc. 2020 par Monsieur Bulles
6 muscats effervescents Les bulles "sucrées", c'est à dire les vins effervescents au dosage appuyé sont généralement négligés par les professionnels de la restauration. Il suffit de consulter leur carte des vins pour s'en rendre compte. Toutefois, ils sont très populaires auprès des consommateurs, notamment ceux à base de muscat, cépage attractif grâce à des arômes facilement détectables comme ceux d'abricot, de pêche, de litchi, de rose ou de fleur d'oranger. Il suffit de consulter les chiffres de vente de ces effervescents pour s'en rendre compte, aussi. Généralement issu de la méthode Martinotti / Charmat (seconde fermentation en cuve close), ils sont de plus, peu dispendieux, même lorsqu'ils sont issus d'une appellation stricte et précise. Suite à un webinaire particulièrement suivi début décembre, je vous présente ici les 6 muscats effervescents qui ont été commentés et dégustés, tous abordables et disponibles en SAQ.
Esmeralda Brut - Muscat 100% - M. Torrès - Espagne - 19,95 $ - Agence Vins Philippe Dandurand

Le seul muscat Brut (c'est-à-dire moins de 12 gr de sucre) disponible au Québec. 
Il permet de découvrir la typicité aromatique du cépage sans la sucrosité qui l'exacerbe. 
Florale au nez (rose fânée), cette cuvée est une vraie salade de pêches qui tourne en bouche, tout en délicatesse. L'effervescence apporte la fraîcheur attendue et persistante, elle signe un mousseux vraiment réussi qu'on prendra en apéritif avec quelques légumes coupés et leur trempette ou dans un brunch dominical avec vos mets préférés.

Clairette de Die - Impérial - Jaillance - France - 18,95 $ - Agence Vins Philippe Dandurand.

Cette appellation est parmi les plus anciennes d'Europe et son vin était déjà élaboré par les Gallo-romains ! Était-il déjà effervescent ? Les témoignages ne le précisent pas... 
Autour de 70 grammes de sucre, ces bulles où le muscat domine largement l'assemblage avec le cépage clairette, est un voyage dans un panier de fruits jaunes provençaux ! Die étant un village de la Drôme, la correspondance aromatique est presque logique... 
L'effervescence est nouée, la consistance reste aérienne, donc fraîche, elle permet une dégustation en apéritif avec chips, craquelins au choix et saucissons secs. 

Petalo - Il Vino dell'Amore - A. Bottega - Italie - 14,90 $ - Agence Noble Sélection

On passe la barre des 90 grammes de sucre et pourtant, le muscat reste floral (rose), très charmeur. 
Quelques notes de mandarines se laissent saisir aussi, la texture du vin ne colle pas, la densité est contrôlée, l'effervescence est remarquablement conduite et le fait d'être à 6 degrés d'alcool donne l'impression d'un jus frais de raisins. 
On déguste un excellent mousseux de muscat qui n'alourdira pas le partage avec un dessert au chocolat noir ou une tarte amandine.

Asti Spumante - Martini - Italie - 14,45 $ - Agence Bacardi Canada

Autour de 90 grammes de sucre, cet Asti DOCG réunit à lui seul la palette aromatique de base du muscat, dans un crescendo "scolaire" : rose, litchi, pêche, abricot et miel. 
Riches sans être lourdes, ces bulles véhiculent parfaitement l'identité du cépage avec une fine amertume permettant un accord heureux avec une mousse de foie de volaille sur craquelins.
Les cartes des vins des restaurants boudent plutôt la marque Martini pour son Asti, pourtant locomotive de l'appellation, plus populaire sans doute pour ses vermouths. 
En s'écartant de ce snobisme et en testant plusieurs Asti DOCG "à l'aveugle", je témoigne ici que de nombreux dégustateurs ont été surpris de placer ce mousseux parmi leurs préférés, confirmant que nous sommes tous conditionnés par la vue d'une étiquette d'un vin, avant sa consommation...

Castello dell Poggio - Moscato d'Asti DOCG - Zonin - Italie - 16,95 $ - Agence Mosaiq Vins et Spiritueux

Plus de 120 grammes de sucre pour soutenir les arômes typiques du muscat piémontais, d'autant plus exacerbés dans cette cuvée que le degré d'alcool est particulièrement faible : 5 degrés !
Le premier verre vous comblera, le second vous transportera ! 
Rose, pastèque, pêche, zestes, miel, voire un peu de cannelle, vous reconnaîtrez aisément tous ces parfums qui gagneront vos narines, avant de séduire vos papilles qui les partageront avec une pâte persillée (fromage bleu) comme le Bonnet Bleu de la fromagerie Montebello ou avec quelques orangettes au chocolat noir.

Bera - Moscato d'Asti DOCG - Canelli - Italie - 23,90 $ - Agence Sélection Rézin

Est-ce le fait d'être certifié biologique depuis 20 ans ou d'être issu du village historique de l'appellation, canelli, qui fait de ce muscat effervescent un vin sortant du lot grâce à ces petits plus aromatiques et gustatifs : jasmin, abricots secs, melon, fine amertume rappelant la vinosité initiale, comportement frizzante subtil et pourtant persistant, sucrosité intégrée alors qu'elle culmine à 130 grammes ? 
Je n'ai pas de réponses précises, toutefois les papilles sont comblées, c'est bien là l'essentiel.
Quant à la suggestion d'un accord gourmand, Bera rime avec foie gras, si vous voyez ce que je veux dire...
Muscats effervescents, foie gras et chocolat noir

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22 déc. 2020 par Monsieur Bulles
Colheita blanc Dalva Pour la plupart des consommateurs, le Porto est rouge. Et comme cette couleur représente en effet 80% de la production totale de portos, le Porto Blanc a longtemps été méconnu hors du Portugal. De plus, il était souvent positionné comme un apéritif à compléter avec un tonic, au lieu d'être considéré comme un vin muté, digne du travail fourni pour l'engendrer. Pendant des décennies, il a été classé selon le sucre résiduel et l'alcool qu'il présentait. Six catégories déterminaient sa personnalité (léger-sec, extra-sec, sec, demi-sec, doux et lagrima) et en règle générale, aucune marque ne mettait en valeur sa production de Portos Blancs. Or, certaines caves recelaient de véritables trésors gustatifs, dignes des meilleurs Portos Tawnies. À la fin des années 2000, un virage réglementaire a donc été décidé et entrepris par les institutions officielles afin de donner au Porto Blanc ses véritables lettres de noblesse et surtout, de véhiculer une considération aussi élevée que celle dressée pour le Porto rouge. Depuis, ce sont de véritables bijoux, souvent très rares, qu'il nous est donné de découvrir !
Aujourd'hui donc, le Porto Blanc ne se décline plus seulement à travers son sucre et son degré d'alcool, mais bien à travers la durée de son élevage en fût de vendanges assemblées ou de "Colheita".
La nomenclature existant déjà pour le Porto rouge avec les tawnies, il a été décidé de reprendre les mêmes catégories de vieillissement pour le Porto Blanc et d'envisager également la notion de "Colheita" (une seule récolte).
Par ailleurs, le terme tawny désignant une couleur propre au Porto rouge, on parle de Porto Blanc à mention d'âge et non de tawny blanc à mention d'âge, même si, en effet, certaines de ces catégories dans les deux Portos, se rejoignent en matière de couleur et d'évolution aromatique.

On parle donc aujourd'hui de Fine White pour un Porto Blanc élevé 2 à 3 ans en fût, de Reserva Blanc pour un Porto Blanc élevé 3 à 6 ans en fût, des Portos Blancs avec mention d'âge (10 ans, 20 ans, 30 ans et 40 ans) et de Colheita pour ceux issus d'une seule récolte. 
Enfin, comme il n'y a pas eu l'abandon des 6 catégories initiales de sucre pour les Portos Blancs dits standards, certains ont intégré les nouvelles dispositions de vieillissement selon les désirs des maîtres de chais et des stocks qu'ils avaient à gérer.

Et il est justement là le miracle du Porto Blanc au 21ème siècle : ses catégories d'âge liées à ses catégories de sucre, permettent une multiplication de saveurs !

Certes, pour le consommateur, ces nouvelles dispositions d'élaboration vont lui demander un effort de démêlage et d'apprentissage parmi toutes les possibilités de saveurs proposées.   

Les Portos Blancs sont ainsi devenus, selon moi, encore plus envoûtants que les Tawnies, car les combinaisons exceptionnellement variées d'un point de vue aromatique et comportemental, ont engendré des vins au goût plus ou moins sec, plus ou moins oxydatif, et plus ou moins riche, touchant absolument tous les parfums affichés sur une roue vinique.

D'un point de vue probabilité mathématique d'ailleurs, les combinaisons seraient presque infinies ! Les maîtres de chais doivent s'amuser !
Comme je le mentionnais dans le premier article sur le Porto pour cette période de fin d'année 2020, si l'offre a considérablement baissé au Québec en matière de  Portos rouges, celle en matière de Portos Blancs a pour ainsi dire, fondue. 

Les Portos Blancs de la sélection qui suit, ne sont donc pas tous disponibles sur le marché du Québec.

Warre's - Fine White Port - 19,95 $ -  Code SAQ 925461 - Agences Les Sélections F. Fréchette

L'Originalité de cette cuvée est l'emploi de la malvoisie à 80 %. Est-ce la raison d'une touche de jasmin dans les arômes ? Toujours est-il que celle d'amandes fraîches est nette et que l'enveloppe légèrement citrique qui rappelle le zeste d'orange, apporte la juste fraîcheur qui équilibre la texture assez moelleuse. À partager avec les classiques croquettes de morue avec quelques gouttes de citron.

Offley - Cachucha - Réserve - 20,70 $ - Code SAQ 582064 - Agence Authentics

Cuvée classique au Québec, elle est particulièrement expressive au nez grâce à ses accents d'eau-de-vie de petites prunes qui, une fois en bouche, apporte un peu de mordant dans une chair onctueuse et longue. 
Incontournable pour s'initier au Porto Blanc et original - mais sucré - avec un morceau de nougat au dessert ! 

Vasques de Carvalho - Reserva White Port - Non représenté au Québec

Superbe blanc de la catégorie Reserve grâce à des accents de marmelade au nez comme en bouche et dont l'enveloppe citrique vient rafraichir le moelleux de la texture. 
Après quelque minutes dans le verre, il dégagerait presque un caractère iodé surprenant, d'où un test - marginal , je le reconnais - avec des huîtres et qui pourtant, s'est révélé réussi. 
Plus classique l'accord ? Fromage Sao Jorge !

Maynard's - Colheita 2007 - 39,75 $ - Code SAQ 14261050 - Agence LVB International


C'est un jeune Colheita, donc le fruité blanc sec et quelques accents floraux sont encore présents, même si le temps sous bois se laisse capter à travers des arômes  de noisettes et pinède. La texture est riche, accrocheuse sans être collante, elle donne envie de déguster ce Porto Blanc avec une crêpe suzette ! Essayez !

Andresen - 10 ans - White Port - 500 ml - 27,45 $ - Code SAQ 10944347 - Agence Divin Paradis

Doux, moelleux, peu puissant donc délectable, on hume et l'on goûte un peu de caramel Breton au beurre salé et l'intégration du sucre est tellement remarquable qu'on touche en finale, la fraîcheur initiale des cépages blancs assemblés. 
Ce Porto Blanc 10 ans, depuis longtemps élaboré chez Andresen, fait partie des meilleurs de la catégorie. Une fin de soirée avec quelques amandes grillées subtilement vanillées vous laissera un beau souvenir de dégustation.

Kopke - 20 ans White Port - IP au Québec - Agence Les Sélections F. Fréchette

Ce Porto Blanc 20 ans étonne beaucoup par son comportement aromatique, car il est à la fois sur des notes de fruits blancs comme les pommes ou les poires et sur celles, "plus logiques", d'épices et de noix de Grenoble. 
Bref, il bouge beaucoup et cette relation fraîcheur / oxydation, fait à la fois son originalité et sa réussite dans le contrôle de sa mise en bouteille. 
Quant à la texture suave, elle devrait parfaitement s'accorder avec un fromage à pâte molle ou fondue de style Saint Julien au Québec, Timanoix en Bretagne ou Rambol.

Quinta da Devesa - 30 ans - 72 $ - Code SAQ 13430464 - Agence Tocade

Maison assez méconnue du grand public, elle devrait justement devenir populaire grâce à ses portos blancs toujours séduisants par leur fraîcheur, ce qui est le cas - trop rare - avec ce 30 ans où les notes de fruits, certes confits, sont bien présents, voire dominants, face à celles de noix, de caramel et de pains toastés blonds après quelques minutes dans le verre. 
Moelleux et long, ce 30 ans est de plus particulièrement abordable au portefeuille... 
Surveillez les arrivages, il reviendra, il vous comblera ! 

Dalva - Colheita 1963 - Golden White Port - IP au Québec - Agence La Céleste Levure

La collection de colheitas blancs de cette maison est remarquable, elle devrait permettre l'exceptionnel potentiel de séduction auprès des nouveaux consommateurs. Ce 1963 nous plonge dans un crescendo aromatique unique de noix, de cire, de tiramisu, de bois de santal et de cacao. 
Quant à la texture, on s'attend à quelque chose de gras, voire de lourd, on est agréablement surpris par une souplesse déconcertante, presque fluide, comme si le temps n'avait pas seulement imprégné les parfums, mais qu'il avait aussi retenu la vivacité initiale du vin blanc sec.
Immense Porto Blanc ! 
Porto blanc Dalva
À la demande de l'IVDP, l'emploi des majuscules avec le terme Porto, ses couleurs et ses catégories, est affranchi des règles élémentaires du français.

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17 déc. 2020 par Monsieur Bulles
pompe wecomatic La maison de champagne De Venoge l'a adoptée; c'est sans doute une preuve qu'elle fonctionne parfaitement. Je l'ai donc essayée avec plusieurs bouteilles ouvertes dont le volume restant de vin était différent. L'idée est astucieuse. Il s'agit en fait d'un bouchon stoppeur traditionnel, comme ceux qui existent déjà sur le marché et qui permettent de boucher une bouteille de vin effervescent entamée durant, en gros 48 h, selon le volume restant. Toutefois, la tête du bouchon comporte ici une ouverture dans laquelle on introduit une pompe qui, au lieu de retirer l'air comme pour les bouteilles de vins tranquilles, en envoie ici dans la bouteille jusqu'au niveau restant du vin effervescent, le protégeant de l'oxydation et surtout, permettant la conservation du gaz par contre-pression. Verdict ?
J'ai testé cet énième gadget dans des conditions extrêmes, comme on dit... 

J'ai laissé l'équivalent d'un seul verre dans une bouteille entamée depuis 24 h; une façon radicale de savoir si oui ou non, le peu de gaz carbonique qui restait dans le vin ne serait pas "manger" par l'oxygène "enfermé" dans le reste de la bouteille.

Et bien, cela a marché !!
Je dirai même que le retrait du bouchon fut aussi franc que lorsqu'on débouche une bouteille de champagne neuve. Le "pop" fut net et puissant.

J'ai fait le même exercice en laissant une bouteille à moitié consommée pendant une semaine au réfrigérateur. 
Résultat aussi efficace.

Combien cela coûte ? 
Autour de 20 euros en Europe, donc sans doute 35 $ lorsqu'il sera commercialisé chez nous...
Champagne Fresh est commercialisé par la firme allemande (êtes-vous surpris ?) Wecomatic

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11 déc. 2020 par Monsieur Bulles
Brut Rosé Premier cru de Forget Brimont Le grand-père de Michel Forget, qui représente aujourd'hui la sixième génération de cette famille vigneronne, décida dans les années 1920 de garder son raisin pour élaborer ses propres champagnes, au lieu de le vendre aux grandes maisons. Une décision heureuse puisque près d'un siècle plus tard, les 18 hectares de vignes situés sur la Montagne de Reims, permettent d'offrir une gamme complète de champagnes, dont cette cuvée Rosé Brut qui est devenue la plus populaire dans la belle province... Une question de tarif, pensez-vous ? Plutôt une question de saveurs puisqu'il y a une vingtaine de champagnes moins dispendieux à la SAQ.
Lieu : 11, route de Louvois 51500 Craon de Ludes 
Téléphone : 03 26 61 11 58   

Commentaire de la cuvée Brut Rosé Premier Cru: 

Les trois cépages classiques de la Champagne sont ici assemblés, le pinot noir et le pinot meunier dominant le chardonnay. Aussi, il m'a semblé que cette cuvée se montrait plus "ensoleillée" qu'autrefois....
Particulièrement expressive au nez, on décèle une vinosité rouge qui transporte des arômes de fraises des bois et de pastèque, qu'on retrouve dès l'attaque en bouche. 
Celle-ci se montre d'ailleurs assez intense, comme si le dosage sensible soutenait avantageusement l'intensité du fruit.
À la fois riche et vive, l'effervescence perdure, tout en habillant de fraîcheur une texture agréablement ronde.
Ce vin, à la fois tendre et pointu, est impeccable à l'apéritif avec des canapés variés ou à minuit sonnant, ce 31 décembre, lorsque vous ferez sauter le bouchon en présentant quelques macarons multicolores. 
Un champagne démonstratif et incroyablement accessible côté portefeuille. 
Profitons-en !
Goulot Forget Brimont
16/20 dans le Guide Revel / 55,50 $ les 750 ml / 118 $ le magnum (1,5 L)

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7 déc. 2020 par Monsieur Bulles
3 rhums Barcelo La République Dominicaine est bien connue des Québécois qui en ont fait leur destination fétiche lors des congés sous le soleil. Disponible en SAQ, la marque Barcelo offre des rhums accessibles et charmeurs. L'entreprise fondée à Santo Domingo, en 1930, par Don Julián Barceló, un immigré Espagnol, dispose de plusieurs distilleries dont la principale est à San Pedro de Macoris, près de Juan Dolio.
Barcelo - Gran Anejo - 31,25 $ en SAQ

Nez discret, au boisé d'élevage délicat qui s'oriente vers des notes de cire de parquet à l'aération. Plus classique en bouche, il charme par son côté exotique (vanille et plantain), très accessible, pas trop gras et sans puissance brûlante. 
Et surtout, il est davantage tourné vers des accents d'agrumes que de caramel en finale de dégustation, ce qui est une heureuse surprise pour un rhum dominicain, dont la plupart des lots sont souvent lourds en impression caramélisée. 
Pour un gros 30 $, ce rhum ambré tient son rang et pas seulement pour accompagner l'assemblage fruité d'un cocktail. Sur glace ou pur, il termine agréablement une soirée. 

Barcelo - Imperial - 51,75 $ en SAQ

Nez expressif de bois de cèdre, puis de tabac blond après une légère aération. 
Le caractère musqué également décelé au nez disparaît dès l'attaque en bouche pour nous offrir des notes plus classiques de toffee, d'épices et de miel.
Profond et doux, même si l'attaque en bouche est fine et claquante, la texture se révèle soyeuse et pénétrante, le caractère toasté et les épices décelées au nez se précisant (poivre, noisettes) pour mieux séduire.
Dans la gamme des rhums dits de prestige sur le marché du Québec, cet Imperial est particulièrement abordable pour compléter le bar de la maison.

Barcelo - Imperial Onyx - IP auprès de l'agence Société de Vins Fins (autour de 60 euros)

Considérée comme la cuvée de prestige de la marque, ce rhum issu de pur jus de cannes et non de mélasse, est un assemblage de cuvées ayant subi un vieillissement moyen d'une dizaine d'années dans des fûts de chêne américain qui ont contenu du Bourbon. 
Son originalité tient aussi du fait d'une filtration sur pierre d'onyx (d'où son nom), dont on nous vend l'aspect mystique. Je préfère ne pas commenter ce marketing fantaisiste... 
Expressif au nez, le boisé se montre légèrement végétal, conférant une fraîcheur bienvenue, et c'est à l'aération qu'on décèle davantage le caractère toasté de l'élevage. 
Plus doux, plus pénétrant aussi que l'Impérial, un soupçon de caramel et de banane se laisse saisir en bouche au sein d'une texture fondante, très agréable.
Tout aussi exquis que la cuvée Imperial avec un comportement toutefois plus pur en finale, comme pour signer l'équilibre avec l'attaque initiale florale, cet Onyx complètera sûrement la sélection des collectionneurs, car l'un de ses atouts est aussi son tarif de vente, assez avantageux.Onyx de Barcelo
Je profite de cette chronique pour saluer le travail remarquable des administrateurs de Québec Rhum, site internet à la référence grimpante dans la francophonie vers lequel je vous invite à vous diriger si vous désirez en apprendre davantage sur les eaux-de-vie de cannes à sucre dans le monde.

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4 déc. 2020 par Monsieur Bulles
Sélection Bulles 2020 Qu'elles soient de Champagne, de Catalogne, de Bourgogne, de Lombardie, de Vénétie ou d'ailleurs, les bulles réveillent en nous la bonne humeur et dieu sait qu'en ce moment, nous avons tous besoin de réjouissance... Voici une sélection de bouteilles à moins de 100 $ avec des idées de mets pour mieux les apprécier ! Ce choix de 20 champagnes et de 20 mousseux a été influencé par leur disponibilité sur le marché du Québec. J'ai donc retiré certaines bouteilles initialement retenues, car il y en avait trop peu dans les succursales de la SAQ ou elles étaient déjà épuisées lors des tests.
LES CHAMPAGNES :

Agrapart - Les 7 crus - Blanc de Blancs - Brut - 83 $ :
Un champagne toujours aussi pur et charmeur à travers ses notes subtiles de réglisse, d'amandes et de cire d'abeille qu'on perçoit dans une effervescence aux bulles fines et vives. 
Plus pâtissier qu'il y a quelques années dans les parfums perçus en bouche (l'assemblage de millésimes doit en être la raison), il offre une impression d'onctuosité et de profondeur dans un volume au contour tout de même ciselé puisque c'est du chardonnay ! 
On passe à table ? Saumon poché, sauce crème à l'estragon.

Champagne Gosset - Grande Réserve - Brut - 75,25 $ 
Le nez aussi intense que délicat de cette cuvée rappelle la pêche blanche et la chair de noix de coco râpée, puis la mie de pain, les pommes brunes et la pâte d'amandes à l'aération. Corsé et fin en bouche, c'est là un vin de repas parfumé qui révèle des flaveurs un peu mielleuses tendant parfois vers la praline. 
La tension finale lui confère de l'élégance, et il termine sa course de façon imposante, sans rien déséquilibrer. 
Un grand vin effervescent de repas du dimanche.

Champagne Bollinger - Special Cuvée Brut - 86 $
La vinosité de la maison est bien là au nez, mais elle est voilée par des arômes de fleurs fanées, de toasts blonds et la texture en bouche est plus tapissante que profonde. 
L'effervescence est fine, soutenue par la puissance vinique qui transporte des arômes de compotes de fruits (poires et pêches blanches), de pâtisseries beurrées et de pralines. 
C'est un excellent champagne pour les amateurs de vins corsés et finement parfumés, qui s'harmonisera confortablement avec un tartare de thon rouge épicé, par exemple. 

Champagne Drappier - Clarevalis - Extra-Brut - 61,50 $
La nouvelle génération est bien en place dans la famille Drappier. Une nouvelle cuvée le souligne, elle porte le nom latin de l'abbaye cistercienne de Clairvaux, voisine de la maison de champagne dont les caves ont d'ailleurs été construites par ses moines au 12ème siècle ! 
L'étiquette de la bouteille reprend une enluminure de la Grande Bible de Clairvaux et le vin me direz-vous ? 
Et bien, il est à la fois tendu dans les arômes et grenu dans la chair : anis, muguet et fraise pour les premiers, vinosité blonde qui accroche les papilles pour la seconde. Et toujours cette finale saline sans doute issue de l'océan qui couvrait la zone il y a des millions d'années ! 
À découvrir au service du fromage, avec par exemple, un Saint-Félicien étalé sur un croûton de pain de campagne grillé. Bon appétit.

Champagne Henriot - Souverain Brut - 58,25 $

D'abord axé sur des arômes de tarte au citron, puis éclatant d'amandes fraîches qu'on perçoit également en bouche dans une rondeur de frizzante, ce vin conserve sa vivacité jusqu'en finale de dégustation.Sa nervosité se conjugue aux notes de bergamote et de gingembre, et de façon plus classique, à des notes de pain blond grillé en finale. Un rendez-vous facile à table avec un feuilleté jambon fromage.

Deutz - Brut Classic - 62,75 $
Cette cuvée est d'une constance dans ses arômes et son comportement année après année. 
Et elle est là l'immense prouesse des chefs de cave champenois : offrir un style avec des assemblages de vendanges différentes. 
Quand j'ai le goût de fruits printaniers et de fraîcheur florale, un verre de ce champagne m'en offre la garantie, avec la discrète finale de pain au lait également attendue. Chapeau ! Le Chaource sur craquelins de blé et de sésame fut adéquat.

Champagne Bourdaire-Gallois - Brut - 48,25 $
Un pinot meunier beaucoup plus expressif en bouche qu'au nez comme toujours, quelle que soit la base annuelle, quoiqu'ici sur la 2016, l'expression de cannelle saupoudrée sur une tarte aux pommes, se montre assez nette. 
Ce champagne s'affiche en Brut, mais c'est en fait un Nature (moins de 2 gr de sucre), donc tension palpable avec un côté sable chaud en finale (me semble que ce meunier à les pieds dans la sable justement.) 
La  texture est veloutée, les bulles sont nouées, l'ensemble se montre davantage sur des accents fruités que toastés, tout est frais, croquant, et surtout salivant, c'est bien là l'essentiel. 
Un beau champagne construit pour une table de tapas, de cicchetti ou de petiscos,  selon le pays que vous préférez !

Champagne Pierre Gerbais - Grains de Celles - Brut - 51,75 $
Sec et léger en bouche avec des notes de verveine et de pommes, ce champagne ne manque pas non plus de fruité rouge qu'on décèle si on le laisse respirer dans le verre quelques minutes. Les pinots dominent (le blanc et le noir), s'imposent donc en finale de dégustation avec un côté plus auxerrois, les voisins très proches du sud. 
Bref, vous voulez connaître la diversité champenoise, encore trop méconnue : goûtez ce Grain de Celles du sud champenois (le village d'où il est issu), il vous en mettra dans la vie, du sel !

Champagne Fleury - Blanc de Noirs - Brut - 56,50 $

Nez discret, très légèrement malté. L'attaque en bouche se veut ferme et vinique, son fruité rappelant les prunes et les pommes très mûres. La persistance tient davantage aux arômes (biscuit spéculoos) qu'à la texture, moyennement accrocheuse. 
L'effervescence a quant à elle un beau volume, aérien et rafraîchissant. Un champagne plus fruité que minéral qu'on pourra essayer sur une entrée chaude de feuilleté de ris de veau.

Champagne Pascal Doquet - Horizon Brut - 59,75 $ / Magnum à 125,25 $
Très subtilement torréfiée au nez, cette cuvée rappelle d'abord le café au lait pour ensuite se montrer plus classique à l'aération à travers des notes de talc et de céréales de petit déjeuner. 
Crémeux en bouche grâce à des bulles serrées et denses, ce vin bénéficie d'une fraîcheur qui enveloppe sa texture tout au long de la dégustation. Un champagne élégamment parfumé, à la fois sobre et imposant dans le comportement qu'une pizza aux 4 fromages - ben oui, restons simple - saura mettre en valeur !

Champagne Billecart-Salmon - Brut Réserve - 69,25 $
Un champagne qui a du corps, très expressif en bouche à travers des arômes qui pinotent (noyaux, canneberges, cerises) sans gommer la tension générale et les accents plus délicats d'amandes. C'est une cuvée gourmande grâce à son effervescence moelleuse, peu longue et soutenue en finale par un léger caractère épicé. Une belle vinosité pour passer à table avec des ris de veau en vol-au-vent.

Champagne Charles Heidsieck - Brut Réserve - 67,50 $
Délicatement parfumé (biscuit sablé, pêches chaudes, ananas grillé, toast blond) au premier nez, plus grillé, presque épicé à l'aération, il se montre plein, gras, pénétrant en bouche grâce à une effervescence crémeuse et longue. 
C'est un champagne expressif, vineux et charpenté, un champagne de gourmand qui peut s'apprécier facilement à table sur un plat où les champignons poêlés seront les bienvenus. 
Ce champagne est parmi les meilleurs « Brut sans année » des grandes maisons.

Champagne Coessens Largilier - Blanc de Noirs - 82,75 $
Le nez rappelle une salade de fruits jaunes avec une fine touche d'amertume (torréfaction). L'attaque en bouche est immédiatement axée sur le fruit, l'effervescence se distingue par des bulles gonflées, toutefois nouées, qui apportent de la fraîcheur en bouche. 
Un bon champagne d'apéritif, fruité et croquant, découvrir sur des toasts de fromage de chèvre.

Champagne Françoise Bedel - Dis "Vin Secret" - Brut - 74,25 $
e ne change rien au commentaire de mon livre : Nez fin, légèrement lacté (notes de chocolat au lait), plus axé sur les fruits jaunes confits à l'aération, qu'on retrouve en bouche dès l'attaque, au sein d'une effervescence foisonnante, plus crémeuse qu'autrefois. 
La petite pointe d'amertume en finale offre un caractère mordant, c'est un champagne de pinot meunier dominant abordable, charmeur et charnu, bien construit. 
Il est prêt le poulet rôti au four ?

Champagne Ruinart - Brut - 85 $
Délicat par des notes de viennoiseries au nez (plus présentes qu'autrefois) qui couvrent celles d'agrumes, ce champagne s'exprime avantageusement en bouche grâce à une effervescence enveloppante qui transporte des arômes de tarte amandine aux poires. 
C'est un champagne au bouquet charmeur, élégant en bouche, permettant une polyvalence dans les harmonies culinaires délicates, depuis l'apéritif jusqu'au dessert, selon les goûts.

Champagne Jacquesson - Cuvée 742 - Brut - 77,75 $
La vinosité blonde est la signature Jacquesson et l'avoir conservée sur le millésime 2014, sauvée par un mois de septembre sec et étouffant (j'y étais), est remarquable. Un peu de noisette et une note qui rappelle certains xérès au premier nez désorienteront le dégustateur qui, dès la première gorgée tombera pourtant sous le charme d'une crème de bulles vives et persistantes qui accompagnent des saveurs de fruits jaunes confits. 
Cette cuvée 742  délicatement née, nous surprendra, j'en suis sûr, dans 10 ans ! Avis aux amateurs.

Champagne Louis Roederer - Brut Premier - 74,75 $
Briochée, florale, un tantinet vineuse, cette cuvée est très représentative du style de la maison, où s'entremêlent les flaveurs de fruits secs, de crêpes vanillées et de thé. Tension discrète à l'attaque, onctuosité séduisante en bouche, l'opulence et la distinction s'emparent des papilles. Un champagne qui peut facilement soutenir le foie gras poêlé d'une entrée recherchée.

Champagne Tarlant - Zéro - Brut Nature - 53,25 $
Un champagne aux accents marins, un brin austère et anisé qui séduit après quelques minutes dans le verre à travers des flaveurs d'agrumes, puis de pâtisseries beurrées. L'effervescence apporte une matière veloutée qui canalise l'acidité en bouche. 
Une cuvée d'apéritif qui peut aussi passer à table avec quelques charcuteries en entrée, voire un pâté en croûte.

Champagne Benoît Marguet - Shaman 17 - Extra-Brut - Bio - 82 $ (IP auprès de l'Agence Bacchus 76)
Énergie et puissance sont en quelque sorte ce qu'on retient de cette cuvée d'Ambonnay où domine un pinot noir (70%) avec des accents d'agrumes très mûrs, voire confits. La jeunesse parle à travers quelques notes florales qui s'activent selon les agitations du verre, c'est un champagne qui bouge, qui étonne par son endurance et par ses arômes aucunement "autolysés". 
On est loin des stéréotypes de l'appellation et personnellement, je vais patienter pour découvrir le comportement de ce millésime dans quelques années... 
Bref, je vais devoir acheter quelques bouteilles.

Champagne Clandestin - Extra-Brut 2017 - 77 $ en SAQ ( le 2016 est en IP auprès de l'Agence Rézin)
Vinosité et pureté en bouche se donnent la main avec des accents bourguignons marqués (noyaux, cerises). Ces caractéristiques semblent devenir la signature du sud de la Champagne chez quelques jeunes vignerons qui bousculent efficacement les façons de guider la vigne, puis d'élaborer des bulles de parcelles. 
Benoît Doussot signe ici une cuvée éclatante de présence. Et d'avenir sûrement...

LES AUTRES BULLES

EN ESPAGNE :

Raventos I Blanc - L'heureu 2017  - Conca del Riu - Bio - 26,65 $
Parmi les classiques au Québec (alors qu'il est assez rare ailleurs dans le monde), ce mousseux catalan est un must à déguster si vous êtes amateur de bulles. Délicat dans le comportement de son effervescence, plus axé sur les agrumes côté arômes que vers ceux d'évolution briochée, il est idéal avec des huîtres (bientôt Noël !). Quant aux autres cuvées de la même maison, si vous tombez dessus en SAQ, vous achetez les yeux fermés.

Cava Parès Balta -  Bianca Cusine 2012 - Bio - Parès Balta - 36,25 $ :

Qui ne connaît pas le cava d'entrée de gamme de Parès Balta Brut à 16 $ sur notre marché ? Voici le grand frère, plus solide, plus affirmé, plus cher aussi, mais il vaut tellement le coup ! (et le coût !) 
Aussi tendu, davantage dense, donc plus long en bouche et plus orienté vers des accents pâtissiers que ceux de pommes, avec une touche de miel et une petite pointe anisée en finale de dégustation qui nous indiquent son beau potentiel de garde (avis à ceux qui ont un cellier / 2025). 
La bûche de Noël au chocolat blanc ou avec meringue a trouvé ses bulles !

Alta Alella - Mirgin - Brut Nature Bio - Reserva 2017 - 21,80 :
Élaboré sur la plus petite appellation d'Espagne, ce cava d'entrée de gamme de la maison Alta Alella est élaboré par l'une des plus sérieuses familles viticoles locales, attentive à l'environnement, aux cépages typiquement catalans et à leur pérennité. 
La salinité constante de ces bulles n'alterne en rien le fruité blanc dominant. L'effervescence est crémeuse, donc séduisante. 
Entre plénitude et tension, on se dit que les autres cuvées de la maison doivent être magnifiques (dégustez-les si vous les trouvez en succursales, car la SAQ a bien fait son travail). 
Testez celles-ci avec une omelette au fromage de chèvre et poivrons jaunes, vous m'en direz des nouvelles !

Agusti Torello Mata - Reserva Brut Nature 2016 Bio - 22,45 $
À moins de 23 $ dans le réseau, on est dans le Top 50 des mousseux issus de seconde fermentation, tous pays confondus. 
Ce mousseux catalan offre un crescendo aromatique que j'aime appeler "scolaire", tellement il est net, précis et enjôleur (pommes, épices, croissant,), idéal pour comprendre la DO Cava qui sort enfin de sa crise identitaire. 
Bref, revenons-en au plaisir pur, la fraîcheur rappelle ici celle de la mer non loin du domaine... 
Alors, une paella aux fruits de mer, ça vous dit ?
 
EN FRANCE :

Crémant de Limoux - Antech - Expression 2018 - 19,80 $
Dégusté à l'aveugle, je me suis dit, ça doit valoir 25 $... Que dire d'autre ? La vivacité des pommes, côté aromatique, est présente. Les bulles sont des perles qui créent la sensation crémeuse attendue en bouche. Il y a aussi un soupçon de parfums de baklavas... L'équilibre entre l'attaque qui claque et la finale qui titille les papilles est parfaite. Ça bouge à Limoux.
Apportez les chips et savourez !

Crémant de Limoux - Monsieur S - Brut Nature 2017 - 26,55 $
Tout juste de retour au Québec pour les fêtes, cette cuvée élaborée par Étienne Fort confirme le talent de la nouvelle génération qui impose son style : droit, solide, vif, un peu mordant parce que jeune et non dosé, donc avec un certain potentiel de garde. 
Blanc et jaune côté couleurs des fruits perçus, on pense immédiatement à des huîtres de Bouzigues pour apprécier cette cuvée; on se contentera des nôtres, celles de Caraquet ou de Malpèque sont aussi délicieuses.

Crémant du Jura - Jacques Tissot - 27,55 $
J'ai pensé à un sablé Breton aux écorces d'oranges au premier nez, puis dès l'attaque en bouche, les oranges se sont transformées en citrons ! Ne le buvez pas trop froid, laissez-le s'ouvrir, laissez les notes de biscuits beurrés parler, elles sont nettes et en belle osmose avec l'effervescence crémeuse. Beau Crémant du Jura donc qui peut facilement convenir avec une quiche aux lardons et au fromage Comté. Forcément ! Au fait, il est 5$ de moins qu'à la LCBO en Ontario !

Crémant de Bourgogne - Vitteaut-Alberti - Blanc de Blancs Brut - 24,50 $
Il y a des classiques dans toutes les appellations; en voici un qui ne déçoit jamais. Expressif, crémeux et vif, ce vin effervescent représente parfaitement la Bourgogne blonde à travers des arômes de brioches aux zestes de citrons. 
Si votre budget ne permet pas l'achat d'un champagne, orientez-vous vers ces bulles et savourez; en fermant les yeux, vous pourrez presque sentir la craie du voisin marnais... Et en parlant de brioche, grillez-en vous une tartine pour la couronner d'un morceau de foie gras, la mariage sera adéquat !

Vouvray - Catherine et Pierre Breton - Epaulée Jeté - 31,25 $

Ce n'est pas le mousseux le plus accessible côté portefeuille en SAQ, mais c'est l'un des plus aboutis. Et si vous aimez la minéralité qui rappelle celle de la pierre à fusil, elle est présente derrière les plus classiques notes d'agrumes. Pour l'aspect boulanger, laissez le vin s'aérer un quart d'heure dans le verre et la baguette fraîche se diffusera. 
Pendant ces quinze minutes de patience, vous aurez ingurgité de délicieuses gorgées de perles viniques qu'une terrine de poisson à l'estragon aura pu accompagner... Un excellent chenin ligérien. 

Vouvray - Sébastien Brunet - Brut 2018 - Bio - 24,05 $
Ça claque, c'est nerveux, c'est tendu, ça rappelle la levure de boulanger au premier nez pour rapidement s'orienter vers la tarte à la lime qu'on décèle davantage une fois le vin en bouche. 
L'essentiel est atteint, c'est le genre de vin qui fait aimer le chenin. Et pour continuer avec les rimes faciles, découvrez ce vouvray avec un morceau de Tomme de Grosse-Île !

Crémant du Jura - Domaine Grand - Prestige - 27,75 $ 
Dégusté une première fois au printemps, ce crémant m'avait subjugué ! Et comme sa qualité se confirme cet automne, je vous le propose pour cet hiver !Je réitère donc mes propos : Blond comme les noisettes, blond comme une baguette fraîche et croustillante, blond comme une pomme jaune, blond comme le beurre breton (forcément) et blond comme les céréales du matin ! Foncez, foncez dans votre succursale, le Jura vous y attend, puis passez par votre fromagerie pour découvrir ce crémant avec un morceau de Louis d'Or.

Cerdon - Méthode Ancestrale - Renardat-Fâche - 25 $
C'est le seul Bugey-Cerdon en SAQ, c'est le seul vin rouge français effervescent en SAQ et comme il semble y en avoir en stock, vous avez l'occasion de goûter du gamay sucré qui pétille, qui est excellent, qui sent bon le raisin frais et la rose, et qui, j'en suis sûr, plaira à vos invités s'ils ont l'esprit ouvert. 
D'ailleurs, le plateau de charcuteries variées qui leur sera tendu avec ce rougeoyant pétillant, facilitera également la découverte ! 

EN ITALIE :

Franciacorta - Bellavista - Alma Gran Cuvée Brut - 39,50 $
Si vous ne connaissez pas encore le Franciacorta, cette cuvée de la maison Bellavista est une excellente occasion de vous initier à cette appellation Lombarde qui, selon moi, offre parmi les meilleures bulles issues de seconde fermentation dans le monde, hors Champagne. 
Agrumes et pâtisseries légèrement beurrées parcourent la bouche côté parfums, quelques amers nécessaires accompagnent l'effervescence et apportent un peu de matière, on déguste un excellent mousseux dans cette catégorie tarifaire. 
On passe à table ? Ce sera boudin blanc grillé, frites et salade verte pour moi ! 

Ca'di Rajo - Lemoss - Frizzante - 16,90 $
Attention, ce n'est pas un prosecco, même si c'est un 100% glera et que la même marque en édifie des excellents. Ça vient juste d'arriver en SAQ, c'est vif, perlant, fondant, citronné avec cette petite touche d'amertume de peau d'amande propre à ce cépage. Bref, c'est simple, c'est accessible et avec des chips de votre marque préférée, vous serez comblé !

Silvano Follador - Prosecco Superiore - Metodo Classico Extra-Brut 2018 - 32.75 $
Les détracteurs de prosecco seraient confondus ! C'est la réflexion que j'ai eue à la dégustation de cette magnifique cuvée qui prouve que dans l'océan de l'appellation vénitienne, il y a des pépites ! 
C'en est une, commandez-la seulement en ligne, et même s'il n'y en a plus beaucoup, je me devais de vous guider vers ces bulles. C'est tout.

Venturini Baldini - Graniers Brut - Colli di Scandiano e di Canossa - Bio - 21,55 $
Des bulles d'Émilie-Romagne et l'occasion de déguster le cépage malvoisie à travers des bulles fines et nouées qui ne manquent pas de caractère. 
C'est léger, aérien et zesté, c'est simple et équilibré, et les quelques crevettes trempées dans une sauce tomatée qui pourront l'accompagner, feront de votre apéritif entre amis, un moment tout désigné !

Bisol - Talento Brut 2005 - Non Dosé - 35,25 $ 
Cette appellation d'élaboration et non de lieu est controversée en Italie, car on y retrouve le pire comme le meilleur. Bisol heureusement est dans le lot de ce dernier. 
Si vous connaissez la pâtisserie Paris-Brest, et bien voici sa version en bulles ! Imaginez la gourmandise en bouche ! 
C'est un pinot noir effervescent qui pourrait séduire bien des champenois de Bouzy, d'Aÿ ou d'Ambonnay, si vous voyez ce que je veux dire... 
À acheter les yeux fermés.

CHEZ NOUS ET AILLEURS DANS LE MONDE :

Domaine Bergeville - L'intégrale - Extra-Brut - Québec - Canada - 33 $ (Au domaine)
Oser un dosage minimal dans l'élaboration d'un mousseux au Québec, c'est prendre le risque d'obtenir un vin agressif et squelettique. Certes acéré, ce vin ne manque pourtant pas de rondeur, voire d'onctuosité grâce à des bulles menues et nouées qui apportent justement l'effet crémeux attendu et surtout, elles donnent la main à des arômes de pommes, voire de pâte brisée, sans doute acquises grâce au temps sur lattes. 
Bref, c'est une réussite, on applaudit et on partage cette Intégrale avec un fromage voisin comme le Chemin Hatley de La Station.

Léon Courville - Muse 2018 - Brut - 36 $ (Au domaine)
Espérons qu'il en reste si vous passez au domaine, le seul moyen de découvrir ce mousseux soigné, riche et même pâtissier ! Car en effet, des accents de tarte amandine se laisse saisir et ce qui m'a surtout séduit, c'est l'équilibre atteint entre l'attaque et la finale en bouche, durant la dégustation : ça claque au départ, ça amortit sur les papilles et ça réveille une fois dégluti. 
Inspirante et vivifiante Muse qui saura accompagner une salade d'avocats et de crevettes avec quelques suprêmes de pamplemousses roses.

Roederer Estate - L'Ermitage 2013 - États-Unis d'Amérique - 73,50 $
Je le répète depuis des années en ce qui concerne cette cuvée d'exception : elle est moins dispendieuse au Québec qu'au domaine. Alors oui, c'est le prix d'un bon champagne, mais oui, je confirme qu'elle est également meilleure que certains d'entre eux ! 
Ne cherchez pas de minéralité saline ici, on est sur la gourmandise pâtissière et fruitée, la plénitude et la vinosité blonde. 
Un Koulibiac serait parfait avec ce vin et pour les dents sucrées, une pâtisserie où le moka apparaît, serait parfait. 
Dans tous les cas, vous avez ici la bouteille cadeau par excellence !Bulles 2020
J'ai goûté, j'ai adoré, cependant très peu de ces cuvées en SAQ il restait : Champagne Lanson Extra-Âge (Profond), Champagne Laherte Blanc de Blancs Brut Nature (Exceptionnel), L'Atavique de Mouzon Leroux (Original), Champagne Nathalie Falmet Brut (Délicieux), Champagne Vilmart & Cie Grand Cellier (Un must), Champagne Larmandier-Bernier Terre de Vertus (Droit), Champagne Henri Giraud Esprit (Exquis), Cava Recaredo Serall del Vell (Remarquable), Bisol Talento Non Dosé Extra Brut 2004 (Édifiant), Franciacorta Ca'del Bosco Vintage 2013 (Incontournable), Franciacorta Elisabetta Abrami Rosé (À découvrir), Benjamin Bridge NV (Vivifiant), Vouvray Le Naturel Sébastien Brunet (Tendu), Crémant d'Alsace Bernhard & Reibel (Délicieux).

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29 nov. 2020 par Monsieur Bulles
faux sirop Depuis bientôt 10 ans maintenant, des distilleries s'érigent au Québec et offrent des eaux-de-vie originales où la créativité est la signature de chaque marque. Les meilleures sont généralement celles issues de céréales, puis celles de pommes ou de poires, de petites baies et enfin d'érable. Et puis, il y a les rhums ! Et oui, dans un pays où la canne à sucre est logiquement absente, on fait du rhum ! En fait, certains arrivent - déjà élaborés - des Antilles en conteneur pour être retravaillés ou épicés, d'autres sont issus de mélasse qu'on fait venir du bout du monde, pour être distillée dans la belle province. Toutefois, ne trouvez-vous pas curieux de faire du rhum au Québec ? Car, ce qui me chiffonne le plus, c'est qu'on nous les présente comme des produits 100 % Québec !


Je pense les avoir tous goûtés. 
Du moins, jusqu'à la semaine dernière, car à la vitesse où les alcools québécois sont lancés sur le marché depuis 2 ans, il se peut qu'il en sorte un nouveau aujourd'hui ou demain.
Je parle ici des rhums du Québec; élaborés au Québec !
Et le simple fait d'écrire rhum du Québec, c'est comme écrire ananas de Suède, citron d'Islande ou papaye d'Angleterre ! 
C'est incohérent. 
C'est incohérent parce que c'est naturellement impossible.
Pourtant, quand j'ai exprimé cette opinion à des élaborateurs de rhum au Québec, ils ont froncé les sourcils. 
On m'a regardé comme un naïf, un conservateur, un pointilleux. 
Je touchais à l'esprit créatif en formulant l'absence d'authenticité, donc j'étais un rabat-joie. Même si je reconnaissais la qualité du produit transformé...
Elle est pourtant bien tangible cette absence d'authenticité ! 
Il n'y a absolument rien de Québécois dans ces rhums ! Rien !
Sauf la créativité de leurs élaborateurs. 
Et je reconnais ici qu'elle est remarquable.
Il y a certes de la foi dans ces rhums du Québec, mais c'est de la mauvaise foi. 
Oui, je lis sur certaines bouteilles les précisions "affiné", "épicé", "vieilli", signifiant que le produit est transformé ou achevé ici, au Québec. 
Et oui, le consommateur - bien averti seulement - sait que Bacardi, Captain Morgan, Carioca ou Lamb's sont des rhums d'ailleurs, embouteillés au Canada. 

Mais ne jouons-nous pas trop sur les mots, sur la calligraphie, sur la mention d'un pays ou d'une marque en petits caractères qui infusent dans le subconscient du consommateur une authenticité finalement sournoise ?
Appelons-les eau-de-vie de mélasse, eau-de-vie à base de rhum ou eau-de-vie de plantes, mais s'il vous plaît, n'allons pas ternir l'image du rhum, car ces créations, parfois, n'ont pas le goût du rhum. 
Ou lorsqu'elles l'ont, c'est grâce à un embouteillage de vrai rhum, sans artifice ajouté, qui vient d'une île des Caraïbes ou d'Amérique du Sud, avec une étiquette qui elle seule, est Made in Québec

Très peu de distilleries québécoises, aujourd'hui, distillent réellement de la mélasse importée. 
Et aucune ne distille du pur jus de canne à sucre, simplement parce que ce n'est pas possible.

Qu'ils soient agricoles ou traditionnels, il y a suffisamment de vrais rhums ordinaires sur la planète. 
Dispensons-nous d'en allonger la liste. 
Élaborons des gins, des vodkas, des whiskys, des eaux de vie d'érable ou de petits fruits locaux car là, nous sommes originaux, attirants, compétents, authentiques et faciles à promouvoir. 
Là, nous sommes vraiment 100 % Québec.
Avec le rhum, on brouille les cartes et nous sommes tous naïfs.
"Oui, mais la demande est là" me répond t-on. "Le consommateur est satisfait de ce qu'on lui offre. Il y a un marché".
Certes. Et je reconnais qu'il y a des transformations délicieuses, élaborées dans la province.

Dans ce cas, que l'origine géographique du rhum embouteillé ou de la mélasse transformée soit inscrite sur l'étiquette de la bouteille !

Arrêtons de marcher sur la tête.
Parce que le jour où l'on verra arriver dans nos épiceries du sirop d'érable aux couleurs des Havana Club, Trois Rivières, Saint-James, La Mauny, Dictador ou Diplomatico de ce monde, évidemment produit au Québec, mais "encanné" sous le soleil des tropiques "parce qu'il y a un marché", j'en connais plus d'un, ici, qui manifesteront leur colère, en brandissant un petit drapeau fleurdelisé au nom du respect de l'authenticité.

Et quoiqu'il arrive, si la Martinique élabore demain du sirop d'érable, le buzz est assuré, comme disent les Français. 
Il est certain que le monde entier voudra y goûter ! 
Moi le premier !


2 eaux-de-vie Québécoises issues de mélasse de sucre de cannes à sucre, affichant le terme Rhum, s'approchent par leurs saveurs et leur comportement de  "vrais" rhums : Le Sainte-Marie et le Rosemont. 
Rhum Rosemont

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23 nov. 2020 par Monsieur Bulles
portos Parce que le Canada, et en particulier le Québec, n'importent plus autant de portos qu'il y a 15 ans, parce qu'on en consomme certes moins qu'il y a 15 ans, j'entends parler de mode. Le Porto n'est plus à la mode ! Quelle aberration ! S'il y a bien un vin qui est en dehors des tendances, c'est bien le Porto. Depuis trois siècles qu'il existe, il a connu des hauts et des bas selon les époques et pourtant, il est toujours là : noir ou ambré, riche ou soyeux, fruité ou oxydatif; il est le vin intemporel par excellence. 3 articles paraîtront sur ce site avant le 31 décembre 2020 au sujet du Porto : je survolerai d'abord son actualité en suggérant des valeurs sûres de toutes ses catégories; le deuxième article présentera le Porto blanc qui vit actuellement une vraie renaissance; et le troisième article sera consacré aux accords culinaires que les portos peuvent offrir...
Avec les demi-bouteilles, il y a une centaine de bouteilles de Porto de 750 ml à l'heure actuelle sur le marché du Québec, réparties en une vingtaine de marques. 
Dans le volume, comme dans la diversité de ces dernières, c'est 4 fois moins qu'il y a 15 ans !!
Le Québec était le premier consommateur de Porto au Canada entre 2000 et 2010, qui était le deuxième pays dans le monde à importer la plus grosse quantité de portos, dits de haut de gamme, soient les tawnies et les vintages. 

Bref, on peut dire que le Québec d'alors, était le troisième amateur de Porto de prestige au monde après la Grande-Bretagne et le Portugal !

Le consommateur actuel délaisse les vins moelleux, liquoreux, mutés. La tendance est au sans sucre, au sec, au brut, au non dosé, dit-on... Un sacré paradoxe lorsqu'on analyse le taux de sucre des vins secs les plus vendus dans nos sociétés contemporaines qui, de plus, vivent à l'heure des cocktails en tout genre !
Je ne vais pas le nier, le Porto a été éconduit pour plusieurs raisons depuis 20 ans, des raisons liées aux modes de vie et aux modes de consommation qui ont été bousculées : son taux de sucre élevé, son degré d'alcool élevé et son image désuète. 

Par ailleurs, c'est lui, le Porto, qui a fait connaître les vins secs du Douro qui ont, en quelque sorte, pris sa place d'ambassadeur de la région éponyme et je crois que c'est grâce à eux, que le Porto, aujourd'hui, va vivre une renaissance dans la décennie qui s'ouvre.

Quelle que soient les opinions, on ne peut contester que le Porto a gardé son magnétisme odoriférant auprès de tous les consommateurs. Il reste le seul vin au monde à offrir toute la gamme des arômes possibles et imaginables, selon la catégorie qu'on dégustera. 

Et cette caractéristique vous permet une chose unique : remonter dans le temps - le vieux rêve de l'homme - à travers des parfums qui vous rappellent votre enfance, un souvenir, un lieu, un moment, une rencontre...

Depuis les fruits jusqu'aux épices en passant par les effluves les plus curieux ou les plus rares, le Porto est sans doute le seul vin au monde à offrir de façon aussi intense et reconnaissable, tous les arômes que vous lirez sur une roue des saveurs de tous les vins, de tous les alcools !
Et puis...
Vous en connaissez beaucoup des vins dont le nom propre est devenu un nom commun ? 
Le Porto est le premier. 

Voici une courte sélection de portos particulièrement accessibles dans leur catégorie qui vous transporteront dans une multitude saveurs :

FEIST

Fondée à Londres en 1836 par les frères Feist (d'origine allemande), la marque Feist appartient depuis les années 1930 au groupe Barros Almeida. Elle offre de jolis portos de type tawny et colheita dans un style souple, léger, toujours accessible. Comme leur tarif !
Feist - Colheita 1998 - 36 $ en SAQ :
Aucun vin ne peut offrir une plongée dans le temps à ce prix !
Et côté parfums qui s'épanouissent dans une texture soyeuse et longue, on se noie dans ceux d'écorces d'oranges, d'abricots secs, de noix, de grué de cacao, de cannelle et de nougat qu'un simple carré de chocolat noir saura accompagner à merveille.

KOPKE
La marque Kopke, reconnue comme la plus ancienne des Vins de Porto (1658), a possédé autrefois la Quinta de Roriz.
Kopke - Tawny 30 ans - 99 $  en SAQ : 
Le cadeau de Noël par excellence ! Il n'y a que 3 portos de cette catégorie en SAQ, le Kopke est le plus délicat et le plus long en bouche, bienvenue dans l'univers de la torréfaction. 

OFFLEY FORRESTER  
Le britannique William Offley s'était installé en tant que marchand de vin à Porto en 1737 et en 1803, l'écossais Joseph Forrester devint partenaire de la maison et y envoya son neveu Joseph James Forrester en 1831 pour s'occuper des affaires de la famille. 
Offley - Tawny 30 ans - 97,75 $ en SAQ :
Suave et capiteux, on passe par tous les stades aromatiques envoûtants des vieux Vins de Porto, de la cassonade aux épices en passant par les écorces d'agrumes confites et le vernis à ongles. C'est un vin pénétrant et complexe, à boire sans accompagnement.

SANDEMAN
Fondée en 1790 par George Sandeman, l'histoire de cette société est liée à l'histoire de l'Espagne et du Portugal. Et c'est toujours un Sandeman à la tête de la maison !
Sandeman - Vintage 2001 - 25,75 $ en SAQ : 
Même au Portugal, on ne trouve plus ce Porto ! Un Vintage qui a bientôt 20 ans pour ce prix n'est pas une aubaine, c'est une erreur commerciale ! Profitons-en !
De la soie et des notes de tabac autour d'un boisé délicat qu'on pourra découvrir avec une joue de boeuf braisée, parce que oui, certains portos se révèlent aussi à table ! On verra cela dans un prochain article...

FERREIRA
L'histoire de cette maison fondée en 1751 par José Ferreira se confond à celle de la région toute entière ! C'est Antònia Adelaide Ferreira, son arrière-petite-fille, qui va porter la marque au Panthéon du Vin de Porto à l'instar de Nicole-Barbe Ponsardin en Champagne. 
Ferreira - Tawny - Dona Antonia - 19,95 $ en SAQ :
C'est un grand classique de la marque et il est toujours aussi agréable à boire grâce à un volume léger, fait de tanins veloutés qui tapissent la bouche. Sa finale généreuse permet la persistance des arômes de fruits rouges cuits. Un must pour s'initier au tawny...

RAMOS PINTO
Une famille emblématique du Douro dont les anecdotes historiques ne se comptent plus. Les frères Ramos-Pinto ont notamment acheté, en 1919, deux domaines : la Quinta da Urtiga et la Quinta do Bom Retiro. Cette dernière fut la première de la région à avoir une piscine.
Ramos Pinto - Porto blanc - Lagrima
 - 22 $ en SAQ :
Le genre de bouteille qu'on a chez soi en permanence et qui peut rester entamée pendant plusieurs semaines sans que le temps ne vienne la corrompre. Agrumes confits, zestes de mandarines et notes de miel dans une fluidité veloutée sauront toujours satisfaire l'invité surprise à l'heure de l'apéritif avec quelques amandes salées ou en sortie de table avec un morceau de vieux cheddar.

TAYLOR FLADGATE 
Éternellement lié aux grands Vins de Porto, la société existe depuis 1692 mais, le nom Taylor n'apparaît qu'en 1816 et l'identité actuelle Taylor, Fladgate & Yeatman ne date que de 1844. L'endurance des portos Taylor est exceptionnelle.
Taylor Fladgate - Porto blanc - Chip Dry - 22,45 $ en SAQ :
C'est vif, c'est frais, presque sec, axé sur les agrumes, idéal en cocktail avec un tonic, impeccable tout seul aussi, sur glace, avec quelques crevettes en tempura à l'apéritif et étonnamment adéquat en dessert avec une tarte au citron.

NIEPOORT
La maison fut fondée par Eduard Kebe en 1842 et il prit un certain F.M. van der Niepoort comme associé cinq plus tard. À la mort de ce premier en 1858, la maison prît le nom définitif de Niepoort et depuis, elle est transmise de père en fils. 
Niepoort - Vintage 2015 - 102,25 $ en SAQ :
Serré, encore gras, concentré sans être lourd, ce Porto encore jeune peut courir jusque 2040, toutefois aujourd'hui, vous saurez apprécier ses arômes de mûres, de cerises griottes et de poivres. Et avec une viande rouge grillée, si vous le testez dès aujourd'hui, l'accord est aussi gourmand que surprenant ! 

GRAHAM'S
C'est en acceptant d'être payé avec 27 pipes (tonneaux) de Vin de Porto que William et John Graham, deux écossais établis dans le commerce du textile depuis 1820, comprirent qu'il y avait davantage de profits à faire en vendant du vin plutôt que de la laine car, une fois ces fûts facilement revendus, il se lancèrent uniquement et définitivement dans ce nouveau commerce en 1826. 
Graham's - Six Grapes - 24,10 $ en SAQ :
Dans le style de la maison, à la fois puissant et serré, c'est un vin qui pourrait se comparer à certains types LBV s'il ne gardait pas régulièrement cette touche florale élégante et fraîche. Un incontournable de l'appellation.

POÇAS
La même famille aux commandes depuis un siècle dans le Douro, aussi humble que ses vins secs et mutés sont somptueux. 
Poças - LBV 2013 Junior - 24,15 $ en SAQ :
Le meilleur Late Bottled Vintage au dessous de 25 $ actuellement au Québec. Fruit rouges et noirs, tanins veloutés, puissance contenue, une caresse juste assez sucrée sur vos papilles pour mieux apprécier un carré de chocolat noir ou un fromage bleu de votre choix.
À la demande de l'IVDP, j'emploie ici le terme Porto à titre de nom propre, au singulier, et le terme portos au pluriel, à titre de nom commun, afin de "respecter au mieux" les règles de la langue française.

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13 nov. 2020 par Monsieur Bulles
Delmas Passion Dans les années 1960, Omer Delmas cultivait trois hectares de vignes qu'il avait héritées de son père. Il transféra sa terre à son fils Bernard Delmas, cuisinier de formation, qui depuis les années 1980 a fait du domaine familial, converti à l'agriculture biologique, l'un des meilleurs et des plus représentatifs de la région limouxine. La surface a depuis décuplé, permettant une production moyenne annuelle de 180 000 bouteilles.


Commentaire de la cuvée Passion 2015 Nature Brut Bio de Bernard Delmas / Crémant de Limoux :


Le nez est discret, non beurré (le vin est encore jeune), quelques accents levurés se laissent saisir. C'est après plusieurs minutes dans le verre qu'on capte un côté boulanger qui rappelle la version Brut. 
L'attaque en bouche est vive, tendue, zestée, la version Nature est nette. 
Les bulles sont des perles, la texture est suave, tapissante. L'enveloppe citronnée s'accroche sans agresser, tout est à la fois fin et crémeux. 
C'est le genre de bulles qui donnent envie d'en reprendre à condition d'être patient, de se comporter avec elles comme avec un vin tranquille, et oui !
À l'apéritif, sur une entrée d'huîtres, un fromage de chèvre ou une tarte aux agrumes.
Un excellent crémant de Limoux. Un excellent crémant tout court ! Et un vin de garde qui devrait facilement rouler jusque 2025...contre étiquette Delmas Passion Bio
23,35 $ en SAQ / Code 14461609 / Mentionné dans tous les Guide Revel depuis 2007

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