22 août 2016 par Monsieur Bulles
Klumpp Rosé Brut 2011 Avec 525 millions de sekts (33 % de sa production totale du vin), l'Allemagne est la deuxième élaboratrice de vins effervescents dans le monde. Et elle est la première consommatrice de bulles avec 488 millions de bouteilles ! Si la grande majorité des vins effervescents allemands présente encore un taux de sucre élevé, davantage de la catégorie Demi-sec que Brut, certains récoltants osent la pureté et la tension. Fondée en 1983 par Ulrich et Marietta Klumpp, le domaine Klumpp est devenu une vraie affaire de famille lorsque Markus en 2004, puis Andreas en 2010, leurs fils, ont décidé de s'impliquer au niveau de l'élaboration du vin pour le premier et au niveau de la conduite de la vigne pour le second.

Leurs vins tranquilles sont aujourd'hui appréciés des meilleures tables allemandes, leurs vins mousseux - élaborés à partir de leurs moûts par une coopérative de Pfalz - sont tout aussi délicieux et ce qui est le plus important sans doute, est que grâce au dynamisme des Klumpp, la région viticole du Nord-Baden est entrain de renaître.   

Commentaire du Pinot noir 2011 - Sekt - Brut


Le premier nez du pinot noir 2011 de Klumpp est discret, axé sur des fruits blancs secs (raisins, pêches) pour s'ouvrir sur des accents plus rouges de cerises, voire de fraises. L'attaque en bouche est mordante, autoritaire, presque tannique, on déguste un rosé qui a une belle présence en bouche. 

Seule l'effervescence soignée aux bulles gonflées apporte la fraîcheur nécessaire à ce Sekt facilement structuré pour une entrée chaude de crustacés. 


Lieu : Heidelberger Strasse 100 Bruchsal 76646 
Téléphone : +49 (0) 7251 16719

16/20 selon le barème du Guide Revel

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15 août 2016 par Monsieur Bulles
Guinot Rosé Brut Impérial Crémant de Limoux Parmi les crémants Français, ceux de Bordeaux et de Limoux sont les plus méconnus. Le volume global produit sur l'appellation Languedocienne en est l'une des causes. C'est pourtant ici, dans l'Aude (et dans le Jura) que sont élaborés actuellement les meilleurs vins effervescents de l'hexagone. La plus ancienne maison de Limoux le démontre à travers sa cuvée Impérial Rosé.



Commentaire de la cuvée Tendre Rosé - Impérial - Crémant de Limoux : 


Nez discret, toutefois net, de fraises et de cerises qu'on retrouve en bouche au sein d'une effervescence plus aérienne que consistance, toutefois persistante. L'attaque est fruitée, moins biscuitée que les autres vins de la maison, moins appuyée sur le rancio. 
On y retrouve le style gourmand et charmeur des autres cuvées, sans doute apporté par le dosage perceptible en finale de dégustation qui, loin de contrarier la fraîcheur, soutien le fruité rouge du vin. 
Un rosé effervescent de grand plaisir, bien construit, qui peut se déguster au dessert sur une pâtisserie peu sucrée.
35,35 $ en IP au Québec (Agence Vins de Château) / autour de 13 euros en Europe

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12 août 2016 par Monsieur Bulles
Monastère de Rila Les voyages de presse organisés pour les médias par des agences de tourisme sont davantage épuisants qu'épanouissants. Oui, nous sommes gâtés parce que nous voyageons, oui nous sommes gâtés parce que nous cheminons dans un univers attrayant, oui le plaisir des sens est constamment présent dans notre quotidien. Toutefois, cela reste une profession; donc une tâche où la fatigue, voire l'épuisement est possible, naturel, normal, logique et légitime. On attend de nous - la presse du voyage et des arts de la table - des articles qui mettront en valeur ce qui a été visité, rencontré, goûté. Les institutions qui nous invitent le savent. Leur mission est de nous séduire. Parfois, il y a des dérapages...
Bulgarie : Plovdiv - Sofia via Rila et Sandanski : départ imminent. 

Quand j'ai vu le bus, style année 1990 (sans doute acquis juste après la tombée du rideau de fer), mis à notre disposition par l'office de tourisme de Bulgarie, je me suis dit que la tournée allait être pittoresque. 
Une courte tournée de deux jours suivait le plus grand et, selon moi, le meilleur concours de dégustation de vin dans le monde, le Concours Mondial de Bruxelles (CMB), organisé en cette année 2016 à Plovdiv. 
Nous étions une cinquantaine de journalistes du monde entier à avoir accepté l'invitation de l'agence de voyage Bulgare Travel Atelier. Cinq groupes de dix personnes pour cinq bus à l'assaut culturel de la Bulgarie. 

Plovdiv étant la capitale européenne de la culture en 2019, tout le monde a pensé que les guides engagés pour la circonstance, sauraient nous présenter au mieux leur pays.  

Quand j'ai vu le chauffeur (aussi accueillant que Leonid Brejnev devant un défilé de la place rouge) essayer de caser dix valises dans le coffre arrière qui ne pouvait en contenir que sept, j'ai su que le pittoresque allait être pénible. 
Il y a des indices qui ne trompent pas quand on voyage depuis 20 ans. 
   
Trois valises ont donc dû prendre place à nos côtés, dans le mini-bus. Bienvenue dans l'univers routier Bulgare, inconfortable et risqué.   
Puis le guide nous a donné le programme des deux jours de tournée. 
Curieusement, il avait été révisé: le sien démarrait à 8 h, le nôtre à 7 h. Il était 8 h 30, donc le guide s'est présenté avec 1 h 30 de retard. Une fois les vérifications d'usage terminées, on s'est mis en route à 9 h, soit 2 h de retard sur le programme officiel.    
Le groupe de dix que nous formions a alors dégagé une attitude de scepticisme, voire d'agacement, qui devait logiquement s'accroître au cours de la journée. Travel Atelier avait sélectionné pour nous le sud-ouest du pays avec un monastère, une ville historique et trois domaines viticoles à découvrir. 
 
Sur le papier, c'était attractif. Sur une carte géographique, c'était abusif. 

En survolant rapidement la carte, j'ai pronostiqué qu'on ferait au moins 10 h de bus en deux jours. Ce matin, c'est autour de 180 km à faire, à une moyenne de 70 km/h à cause de l'état de la route (aussi impeccable que celles de Montréal), de ses lacets et du monastère à atteindre qui culmine à 1200 m d'altitude. 
On s'est dit qu'on y arriverait vers 12 h 15. 
Ce n'est pas grave, on y était attendu à 11 h 15 sur le programme officiel.  

Au demeurant sympathique, notre guide s'adressa à nous deux fois, entre deux manipulations de son téléphone qui le divertissait d'un jeu de  "candy crush fruit".  Peu bavard, sa première intervention fut pour nous signifier que nous roulions en bordure d'une rivière qu'on ne pouvait pas apercevoir à cause des fenêtres embuées (la clim était en option en 1990). 

Sa deuxième intervention fut pour nous proposer un arrêt pipi après 1 h 30 de route, à mi-parcours du trajet.  À mi-parcours, ça signifiait donc 3 h de route. 
Comme la bouteille d'eau ou le café n'était pas offert (et pourquoi pas prévu aussi, c'est un bus touristique, pas une ambulance!), tout le monde en profita pour s'acheter une réserve salutaire de collations diverses à la station-service. 
De retour dans le bus, une vague de siestes s'abattit sur nous; sans doute l'effet du petit déjeuner sommaire de la cantine de l'hôtel.    

12 h 15, monastère de Rila en vue, la première étape.    

Notre guide s'active, il a compris que le retard ne sera jamais rattrapé. Il faut quand même accélérer le rythme. 
Faites crépiter les kodacs rapidement parce qu'après, il y a un musée d'icônes, de croix de bois et de bibles ancestrales. On va le faire en 1/2 heure, c'est suffisant.  Et oui messieurs dames, on est partis très en retard, faut avancer maintenant. 
Après tout, un monastère du XIIIème siècle, tout le monde s'en fiche. Il appartient seulement au patrimoine culturel mondial.   
45 mn, c'est suffisant pour qu'il imprègne votre mémoire.   
En parlant de mémoire, on va y aller parce que les verres de vin et le lunch doivent être déjà servis au vignoble et on est quand même à 2 h de route.  

C'est la deuxième étape de la journée, on y était attendu à 13 h 30, il est 13 h 15.   J'ai bien fait de m'acheter des chips à la station-service.   

Ah tiens, la collègue Luxembourgeoise s'énerve.  Elle aime bien la ponctualité, dit-elle au guide plus blasé que réceptif. À mon avis, elle pète un plomb avant la fin de la journée.   

En effet monsieur le guide, il fait plus chaud qu'à Plovdiv, on est à la frontière grecque.   
Pertinente votre troisième intervention de la journée.  
Ah oui? Il y a aussi une rivière qui délimite les deux pays ? 
Vous avez l'air d'aimer ça les rivières?  Ça tombe bien, je vois sur la carte qu'on va en croiser trois, demain, en remontant sur Sofia, on va avoir de la conversation.   

15 h 15, arrivée au vignoble Orbelus. 
L'heure où l'on devait le quitter sur le programme. 
   
On va peut-être manger tout de suite, avant d'admirer votre chaîne d'embouteillage, parce que voyez-vous, on a la dalle. L'ami Croate a les dents qui rayent le parquet et les deux Italiens hallucinent des spaghettis. On dégustera vos vins pendant le repas monsieur le vigneron, ça va calmer tout le monde. 
   
Tiens, la Luxembourgeoise n'est plus là. Elle a craqué. Elle a demandé au chauffeur de la conduire dès maintenant à l'hôtel.   
17 h 30, fin de la visite du vignoble. Les vins et l'accueil furent excellents. Il faut quand même le souligner.  
Mais, on n'a toujours pas rattrapé les 2 h de retard. Le chauffeur est revenu, il a eu le temps de déposer la collègue du Luxembourg à l'hôtel. Il ne doit pas être très loin ce dernier. En effet, l'hôtel est à 1/2 heure nous dit le guide.    
 
Sur le programme, c'est la visite de la ville de Sandanski, ville natale supposée de Spartacus. Et oui, le héros était Thrace, pas Romain.  Sauf que la visite devait commencer à 15 h 30... 
Et il va être 18 h.  Spartacus attendra...    

Comme la fatigue et l'exaspération générale ne suffisent pas, la pluie se met de la partie lorsqu'on arrive à l'hôtel.   On a tous mal au dos, on a presque fait 5 h de route dans un bus moins confortable que les jaunes canaris des commissions scolaires du Québec. 
Personnellement, je commence à tirer la gueule, celle du collègue Croate est déjà à terre. Le Belge résigné, garde le silence ; la Française a commencé son rapport pour l'agence de tourisme, le Chinois rit jaune, si, si...      

À l'hôtel, Ô surprise, seuls quatre journalistes descendent ici. Trois étoiles sur la porte, c'est comme une étoile à l'ouest du Rhin. On nous annonce que le groupe est divisé en deux.   
C'est con, on avait noué une solidarité conviviale, on se motivait pour ne pas craquer.  On allait parler l'espéranto, tout le monde se comprenait, rien qu'en regardant les poches sous les yeux. 
   
J'accompagne donc les six autres collègues dans un autre hôtel... qui n'en ai pas un !  C'est une pension de famille, style soviétique pré-pérestroïka. On a fini par la trouver après avoir tournoyé dans Sandanski in the rain, la ville qu'on devait visiter entre 15 h 30 et 18 h.  Sauf qu'il est 18 h.   

La tournée se transforme en "Retour vers le futur au pays des soviets ».   
Comment dire ? Sandanski by night, sous la pluie, c'est un peu comme Joliette dans les années 1980, sans éclairage dans les rues. Sandanski est sans doute magnifique et attrayante, c'est une ville thermale parsemée d'artères piétonnières. Sauf que nous ne les verrons jamais.   

On découvre nos chambres et là, les Italiens craquent.  
Ça gueule un Italien qui se fâche.   

Et oui, on a tous une salle de bain 3 en 1.  Il y a les 5 à 7, maintenant il y a les 3 en 1 : toilette, lavabo et douche dans trois mètres carré où il faut brancher le cordon de la douche sur le robinet du lavabo pour avoir un espace douche dont le support est au-dessus du lavabo !!  
Si t'es fatigué, tu t'assoies sur les toilettes, elles sont juste en dessous! (J'ai des photos pour ceux qui en doutent)    
Le sort s'acharne sur l'Italie : le couvercle des toilettes des Italiens ne s'ouvre pas! Il est bloqué. J'ai cru que le Vésuve et l'Etna allaient exploser en même temps !  
 
Internet ? Vous n'y pensez pas ? Incroyable, il y a internet et ça fonctionne parfaitement.  
Et le programme ? 
Le guide, à peine embarrassé, propose de déambuler dans les rues mouillées où tout est fermé! Non merci, on va plutôt aller se détendre autour d'une bière avant le souper. 
Ah bon, le souper n'est pas prévu ? C'est vrai qu'on est sorti de table à 16 h, mais il se peut qu'on ait faim d'ici une heure, non ? 

Ok, très bien, on se paiera nous-mêmes une pizza tout à l'heure. Une pizza Bulgare, les Italiens vont adorer.    
Tiens, la Française a disparu. Elle s'est achetée trois pêches dans un dépanneur avant de remonter à sa chambre. Elle a raison, la journée fut tendue, un bon matelas la détendra.   
Quoique... Je constaterai deux heures plus tard que le matelas du pensionnat de mon enfance était meilleur.   

Deuxième journée.   

On s'est écouté dormir tellement les murs sont épais, mais on est reposé.  
Le petit déjeuner nous attend, il est 8 h. 
Un verre de yaourt nature liquide (ben oui, on est en Bulgarie) et la spécialité locale nous sont offerts: une pâte à pain frite dans l'huile, à base de fromage caillé. 
Un peu gras et lourd pour commencer la journée, mais à Rome, on fait comme les Romains.  

Vous avez des fruits ? Non ? 
Un café peut-être ? Le café, je vous conseille vraiment de nous en trouver un, sinon les Italiens, ils vous rejouent la dernière scène de « Spartacus ».   

Côté programme, on a deux vignobles à visiter aujourd'hui.  

Le premier est en bordure de la ville, le second, à 100 km d'ici. 
Allons-y, ne nous mettons pas en retard. La nuit a effacé celui d'hier. Le retard d'hier, vous suivez ?   

Domaine Melnik.  
Beau vignoble, belle cuverie rutilante, beau parc à fûts Bulgares et comme toujours, la chaîne d'embouteillage qu'on nous présente comme si c'était l'attraction suprême dans l'univers du vin.  

Il doit y avoir quelque chose de sexuel avec la chaîne d'embouteillage pour un vigneron parce que, que vous soyez à Sydney, à Mendoza ou à Bordeaux, elle est toujours présentée comme le Saint-Graal. 

Les vins du domaine Melnik sont bons, c'est là l'essentiel.  Merci aux subventions européennes qui ont permis des investissements conséquents parce que le contraste est tout de même saisissant entre ces « wineries » qui n'ont pas vingt ans et les maisons délabrées de villages, parfois complètement abandonnés, qu'on croise sur la route.   

12 h 30. On remonte dans le mini-bus. On nous attend au vignoble Uva Nestum. 
Vous avez faim ? Ça tombe bien, le lunch est prévu pour 15 h, là-bas.   

Uva Nestum. 
Ici, c'est 2 en 1 : spa et vin. Hôtel, thalassothérapie et oenotourisme avec restaurant de qualité.   
Hôtel ? Vous avez dit hôtel ?   

Dites voir monsieur le propriétaire, ne pouvions-nous pas être hébergés hier soir chez vous ? 
 Oui, bien sûr. 
On l'a même proposé à l'agence de tourisme, car cela nous semblait logique pour des journalistes vinicoles, on voulait passer davantage de temps avec vous, mais on ne nous est jamais revenu. Sans commentaire.   

En tous cas, vos vins sont très chouettes, votre resto super agréable avec un menu typé qui efface toutes nos critiques gastronomiques de la semaine. 
J'ai adoré votre cépage Rubin. Bravo Uva Nestum, grâce à vous, la Bulgarie devient attractive.   
Oui monsieur le guide ? Il est 17 h ?  Vous avez raison, on va y aller parce qu'on a quand même 3 h de route pour remonter jusqu'à Sofia.  

Si je calcule bien, j'avais un peu raison hier, au départ de Plovdiv : on aura fait autour de 10 h de bus en deux jours. Je dis ça parce que mon coccyx est entrain de me le rappeler.   

Vous en voulez une dernière ?   

Dans le mini-bus de scoobidoo, la porte coulissante des passagers s'est ouverte toute seule, tandis qu'on roulait  à 100 km/h sur l'autoroute ! Je vous le jure. 
C'est moi qui l'ai refermée tandis que le chauffeur, placide, a continué de rouler sans ralentir, malgré les cris des collègues.  

Alors oui je suis gâté dans ma profession que je n'échangerais pour aucune autre, mais voyez-vous, il y a des voyages de presse qui sont des voyages de stress, qui poussent finalement à rapporter leur forme plutôt que leur contenu.
Article paru dans le numéro d'août/septembre 2016 du magazine Vins & Vignobles

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11 août 2016 par Monsieur Bulles
La route 40 en Argentine Au cours des deux dernières décennies, l'Argentine a conquis les grands marchés mondiaux avec le malbec, faisant de ce cépage un emblème national, même s'il ne compose qu'un tiers de l'encépagement du pays. Cette conquête a été entreprise grâce à des volumes impressionnants au détriment, logiquement, de la notion de terroir. Qu'il vienne de Neuquen, de La Pampa ou de Mendoza, le malbec avait le même goût. Il se distinguait selon la surextraction tannique et l'élevage sous bois, décidés par l'oenologue qui répondait essentiellement à des besoins commerciaux. Les vins argentins étaient des vins de techniciens, plutôt que des vins de vignerons. Le vent a tourné ; une nouvelle génération d'oenologues, adoubée par ailleurs, par celle qui l'a précédée, s'intéresse aujourd'hui, à la nature du sol, aux variations du climat et à l'essence même des cépages pour élaborer des vins plus authentiques. L'Argentine a pris conscience qu'elle avait un terroir.
La locomotive malbec   

Lorsqu'on visitait un domaine argentin à la fin des années 1990, le propriétaire était très fier de montrer ses rutilantes cuves en acier inoxydable et son parc à tonneaux de bois neufs, américains ou français. L'emphase était davantage posée sur la vinification et l'élevage, plutôt que sur les caractéristiques des surfaces plantées. Vinexpo Bordeaux, alors premier salon international du vin, présentait à peine une dizaine de marques argentines. L'industrie savait qu'on élaborait du vin à Mendoza, mais elle ne pouvait pas le goûter parce que 85 % de sa production était consommée par les argentins. 
Le troisième millénaire a sonné, Mendoza s'est réveillée en voulant se faire connaître hors de ses frontières. Un modèle était nécessaire, la Californie fut cette inspiratrice. Des installations efficaces et séduisantes, signées par des architectes reconnus, s'érigèrent au milieu de centaines d'hectares désertiques qu'on avait modelées de façon cartésienne avec des cépages internationalement reconnus. Et comme il serait plus facile de vendre à l'export un cépage populaire, plutôt qu'une région totalement méconnue, le malbec prit son envol. L'appellation Cahors étant alors en crise d'identité, il y avait un marché à prendre. Le malbec argentin allait captiver le monde.   

Génération rendement, génération cuverie.   

Toutefois, dans les années 2000 qui marquent la mondialisation des marchés, l'Argentine viticole a besoin d'un cépage propre à elle. Le criolla est rustique, meilleur à manger qu'à boire, la bonarda a peu de charme ; les domaines se tournent alors vers le torrontès, un croisement de muscat et de criolla, qui se conduit facilement. Ses saveurs sont séduisantes, exotiques, la fraîcheur est au rendez-vous, la cuisine asiatique est à la mode et les sushi-shop envahissent les grandes villes ! Le vin blanc de torrontès est ainsi révélé au consommateur. 

Dans le même temps, les vins effervescents entament leur croissance sur la planète vin. Ils sont essentiellement élaborés en Europe et sont également consommés par le vieux continent.  Charmat ou traditionnelle, la méthode doit surtout répondre au marché local sud-américain, à une nouvelle génération de consommateurs qui veut fêter à moindre frais. Le champagne est inabordable, le champaña argentin sera accessible. Tant pis si le CIVC (Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne) se tire les cheveux ! L'Argentine fait des bulles que personne ne connaît parce qu'elle les consomme presque intégralement, elle devient le cinquième producteur de vin au monde, elle semble avoir réussi son pari, tout en exportant peu (20% de sa production). Sa consommation est, en outre, une des plus élevée au monde : 45 litres per capita ; autant que les Français et les Italiens. 

En 2010, elle n'est plus seulement synonyme de football, de tango ou de gaucho, l'Argentine est devenue synonyme de vin. Ou plutôt de malbec. De malbec facile et bon marché, de vins faciles et bon marché, qui plaisent à tout le monde, sauf aux connaisseurs, aux consommateurs exigeants, aux vrais amateurs de vin. Certes, des cuvées dites Premium ont été élaborées dès le début de l'aventure, commercialisées à gros prix et à gros renfort de marketing : du malbec ou des « blend » chargés en couleur, en matière et en carbone de bois, sans élégance, qui plaisent aux buveurs d'étiquettes... On ne les boit pas, on les mange. 

Le vigneron n'a pas su prendre la place du technicien. Ce dernier, influencé et fier d'avoir reçu la caution décernée en pourcentage par les gourous américains, parade devant ses cuves d'acier inoxydable et la chaîne d'embouteillage qui n'en finit plus. Il accroche les médailles de concours dans son bureau et il connaît parfaitement les fiches techniques de ses marques. Il est finalement en parfaite harmonie avec le marché. Comme Diego Maradona dont il a connu les exploits lors de son adolescence, il a placé l'Argentine parmi les grands pays viticoles.  

Génération internet, génération terroir   

Toutefois, le monde a changé, la génération Y a pris le pouvoir. Elle, c'est Lionel Messi qu'elle admire. Elle n'a pas les mêmes attentes que la génération X. Le prolongement de son bras est un IPhone, elle mange bio tout en consommant du Mc Do et elle est née dans l'esprit du recyclage, donc dans l'intérêt de l'environnement. Elle est bourrée de paradoxes et c'est sans doute avec le vin qu'elle surprend le plus, car elle veut boire vrai, elle veut boire de l'authentique. 

Les oenologues de cette génération sont ainsi : ils ne sont pas plus compétents que leurs aînés, ils ont seulement voyagé davantage, ils parlent deux langues quand ce n'est pas trois, les dérives climatiques les préoccupent et ils sont connectés en permanence. Lorsque vous allez à leur rencontre, ils ne vous accueillent pas dans la cuverie en chemise blanche, mais entre deux rangs de vignes, le cellulaire dans la poche et les Nike aux pieds. Ils vous parlent sol, strate, calcaire et cailloux avant de parler cépage. L'acier inoxydable n'est pas systématique pour leurs vinifications, ils aiment le béton sans époxy pour leurs cuves, qu'elles soient cubiques ou ovoïdes, et l'origine de leur futaille n'est pas seulement californienne ou limousine. 

Bref, ils n'ont pas d'idées préconçues ou arrêtées et, sans être capricieux, ils sont parfaitement conscients que cette liberté est due aux revenus conséquents du travail de ceux qui les ont précédés. Ils ne font pas mieux, ils font différent. On les a envoyés dans la nature, on les a éduqués à être vigneron, à connaître le terrain. Ils partagent leurs idées entre eux, sans crainte de la concurrence. Ce sont des passionnés, on leur donne donc la permission de créer parce que des parcelles se sont dessinées. Les cents hectares sur lesquels on opérait unilatéralement il y a 15 ans, sont à présent découpés en fonction de la nature du sous-sol et des vents qui les balayent. Des cinq à sept cuvées de vins que les grandes marques argentines proposaient alors, on est passé à un choix d'une vingtaine d'étiquettes, plus précises, plus originales, plus orientées sur une sous-région. 

Cependant, il reste à mieux légiférer cette industrie déjà solide, car si le terroir viticole argentin existe, il faudrait le développer à l'européenne, selon le principe d'appellation d'origine, plutôt qu'à l'américaine, sur le principe de marques déposées par des entreprises. Lorsqu'on observe, par exemple, la zone couverte entre la rivière Mendoza et la rivière Tunuyan, il y a là six sous-régions admirables de personnalité géologique (San Pablo, Los Arbolas, Vista Florès, La Consulta, Altamira et El Cepillo), mais certaines ayant déjà été déposées à titre de marque privée par des compagnies vinicoles, elles ne peuvent plus être empruntées pour définir une appellation contrôlée qui servirait la crédibilité de toute la filière viticole.   

Trilogie et créativité   

L'attraction pour les vins argentins est évidente et les tarifs appliqués, particulièrement abordables, ne sont pas étrangers à leur succès. Blanc ou rouge, les bouteilles vendues autour de 15 $ sont plaisantes. Plus cosmétiques qu'authentiques, mais agréables. Autour de 25 $, le consommateur peut avoir un excellent vin, qu'il soit de Salta, de Mendoza ou de Patagonie. C'est toutefois dans cette gamme de prix que le vin argentin reste, ce qu'il ne devrait pas : caricatural. C'est un malbec ou un assemblage de type bordelais, concentré et boisé, qui plaît au palais, mais qui nourrit davantage qu'il ne désaltère. Et quelle que soit la marque établie ou la signature de l'oenologue, ils se ressemblent tous. 

Il faut donc grimper dans l'échelle tarifaire pour découvrir une certaine créativité ou une notion de terroir. Pour cette dernière, la plupart des grands noms (Trapiche, Catena, Norton, Zuccardi, etc...) ont sorti dernièrement des trilogies représentatives d'une aire qu'ils conduisent. Trois vins rouges élaborés de la même façon, toutefois issus de trois parcelles juxtaposées ou voisines, au sous-sol et à l'effet climatique particuliers, pour mieux démontrer l'effet terroir. Évidente sur le vieux continent, cette vision est nouvelle en Argentine et sans aucun doute, prometteuse. Chaque vin se distingue clairement et surtout, surtout, ils sont plus élégants, moins lourds et plus équilibrés que les autres vins des différentes catégories au sein d'une même marque. Comme si cette notion de terroir avait aussi apporté la notion d'esculence (terme désuet, mais tellement plus beau que digestibilité). 
Le cépage cabernet franc semble accompagner ce nouvel esprit. Plus consistant que la bonarda que les maisons emploient pour leurs entrées de gamme, on le voit de plus en plus dans les assemblages, voire même travaillé individuellement. Il est sans doute le plus prometteur parmi les rouges argentins, car son bouquet et sa solidité permet une belle créativité. Cette créativité justement, passe par une vision plus contemporaine des vinifications et de l'élevage. 

Le phénomène est mondial : les vignerons reviennent au ciment. Vierge et poreux pour une meilleure oxygénation ou protégé à l'époxy pour une garantie sanitaire, le contenant « concreto » semble de plus en plus apprécié à Mendoza. Sebastian Zuccardi a lancé un malbec 100 % ciment particulièrement savoureux qui sort des sentiers battus locaux. Plus européen qu'américain dans le comportement, ce vin marque clairement une transition dans l'industrie locale qui, s'il plaît assurément aux foodies influents et à une nouvelle génération de consommateur (les « Millennials », pourtant éduqués au malbec glycériné), lève aussi la question de la validation sur le marché étranger. 
Car encore faut-il exporter le vin... L'Argentine s'est fait connaître à l'étranger en y proposant que le cinquième de sa production, plus technologique qu'artisanale. Elle doit à présent exporter davantage et le faire avec des vins représentatifs de la diversité de sa géographie. Elle doit désormais démontrer qu'elle a pris le temps de parcelliser ses immenses étendues pour mieux nous faire découvrir son terroir.   

Styles classiques de Mendoza :   

Blanc de Blanc - Zuccardi - Cuvée especial - Méthode traditionnelle   

La famille Zuccardi a compris qu'un bon mousseux est un mousseux qui est resté très longtemps sur lattes pour se laisser habiller par le temps. Brioché et onctueux, tendu et rafraîchissant, ce B de B se classe dans le top 5 des meilleurs effervescents argentins   

Cadus - Méthode Champenoise - Brut Nature - Nieto Senetiner   

La mention de la méthode d'élaboration usurpée agace même si elle est très discrète sur la bouteille ; je préfèrerai lire metodo classico, mais je laisse le CIVC faire son travail et l'Argentine viticole réfléchir à la notion d'identité... Ce vin est un pinot noir avec un peu de malbec. Sans être vinifié en rosé pur, il présente une couleur chair originale et accueillante. Certes très bon dans l'ensemble, il pourrait être excellent si l'élevage sur lattes avait été plus conséquent. L'autolyse l'aurait nourri, les arômes eussent été plus biscuités et la texture plus grasse, plus enveloppante. On déguste donc un excellent effervescent au volume plus aérien que solide, au fruité qui rappelle les arômes d'une salade de fruits blancs et à la longueur estimable sans la touche biscuitée. Bref, ce mousseux a énormément de potentiel si la marque décide, un jour, de valoriser sa gamme estimable de vins effervescents en poussant plus loin les étapes de la seconde fermentation en bouteille.   

Chardonnay Grande Reserve 2014 - Diamandes de Uco - Valle de Uco

Le plus européen de la gamme Diamandes, car juste assez toasté et pâtissier, et citrique dans les contours au point où il pourrait passer pour un bon Bourguignon. Comme quoi le chardonnay argentin peut se présenter avec sobriété, sans lourdeur alcoolique et sans les habituelles notes de pop-corn beurré, si l'on n'abuse pas de la futaille... Accord parfait avec du homard canadien.   

Republica del Malbec 2013 - Matias Riccitelli - Mendoza   

Solide et élégant à la fois, ce rouge typé démontre le chemin parcouru du malbec argentin lorsqu'il est bien travaillé. Aucune lourdeur avec une pointe de silex en finale qui place ce vin parmi les meilleurs argentins. Chapeau.   

Corbec 2010 - Valle de Uco - Masi Tupungato - Mendoza   

Frais et concentré à la fois grâce à du corvina et du malbec laissés sur claies. On y décèle même une enveloppe acidulée à l'italienne. Original et parfaitement maîtrisé.   

Clos de Los Siete 2013 - Michel Rolland - Mendoza   

Devenue désormais classique, cette cuvée particulièrement abordable pour autant de plaisir se présente charnue et finement toastée, dans le style de son élaborateur qui offre des vins d?une constance de qualité remarquable.   

Octava Superior 2012 - Abre Mundos - Monteviejo - Mendoza   

Mon préféré parmi les marques de Monteviejo et peut-être le moins concentré de la gamme, donc digeste et droit. Un rouge dont on finit la bouteille à table, c'est bien là l'essentiel.   

Don Nicanor - Malbec 2014 - Nieto Senetiner - Mendoza   

Nez discret voire fermé, bouche veloutée, fruité noir avec quelques notes de violettes, boisé bien intégré, solide dans l'ensemble sans être trop enveloppé. Un malbec distingué, bien construit, toutefois plus classique qu'avant-gardiste.       

Styles contemporains de Mendoza   

Catena Zapata - Altaland - Torrontès 2015 - Salta   

On n'est pas à Mendoza certes, mais ce blanc de la série Altaland signe, comme les rouges, une nouvelle approche de travail viticole en Argentine. Si les notes exotiques (litchi, rose et mangue) sont bien présentes ici, la fraîcheur sans l'amertume (souvent présente avec le torrontès) glisse tout au long de la dégustation pour mieux satisfaire nos papilles. Un blanc de grande facture.   

Trapiche - Costa & Pampa - Chardonnay 2014 - South Atlantic - Chapadmalal   

Certes, ce vin blanc est élaboré à 1000 km à l'est de Mendoza, à 400 km au sud de Buenos Aires, la région viticole argentine la plus marginale du pays. Légèrement beurrée en bouche à cause d'un élevage sous bois appuyé, cette cuvée présente pourtant une enveloppe saline qui charme indéniablement. On dit merci à l'océan atlantique voisin qui a apporté sa fraîcheur. Beau blanc pas cher.   

Zaha - Cabernet franc 2012 - Toko Vineyard - Mendoza   

Peu herbacé pour un cabernet franc, il rappelle toutefois l'Anjou par une chair finement grenue, donc un comportement plus arrondi que concentré. Le fruité rouge noyauté se distingue de l'élevage, ce rouge est une vraie originalité argentine qui tire le cabernet franc vers le haut.  

Concreto 2014 - Familia Zuccardi - Valle de Uco - Mendoza   

Graphite et frais, ce malbec est unique. Il est la preuve que Mendoza peut faire du vin rouge très élégant où le fruité pur et l'identité du sol sont davantage mis en relief que la vinification et l'élevage. De l'authentique malbec.   

Petit verdot 2014 - Finca La Anita - Mendoza   

Souvent dur, ce petit verdot est ici plus rond qu'austère et bien habillé d'un fruité noir, sans être alourdi par l'élevage sous bois. Du beau travail établi par l'oenologue d'origine suisse, établi à Mendoza, Richard Bonvin. Ça ne s'invente pas !   

Adrianna Vineyard - Malbec 2011 - River Stones - Vino de Parcela - Catena Zapata   

Son nom l'indique, ce rouge veut révéler la pierre et il y arrive, puisqu'une heureuse minéralité le rend frais, souple et fruité. L'ossature est toutefois solide, l'élevage la complète sans l'étouffer, les arômes de baies noires enveloppent la dégustation. Devrait rapidement rentrer parmi les grands vins rouges argentins.   

Norton - Lote 112 - Malbec 2012 - La Colonia - Lujan de Cujo - Mendoza
   
Le talent de David Bonomi, oenologue de la maison, est ici évident ; son malbec La Colonia de la trilogie Lote est aussi frais qu'épicé, velouté, long, charmeur et ma foi consistant. Il donne envie d'en reprendre à chaque gorgée dégustée. Le genre de malbec qui fait aimer le malbec. 

Norton - Gernot Langer 2010 - Lujan de Cuyo - Mendoza   

On touche les étoiles de la cordillère !! Aussi discret au nez que loquace en bouche, ce rouge est d'un équilibre fascinant dans le comportement. Soyeux, graphite, poivré, floral, il présente un résumé de toutes les caractéristiques du malbec lorsqu'il est parfaitement conduit, sans les artifices technologiques des vinifications modernes. Un magnifique vin qui se classe aisément dans le top 5 argentin.    
Article à lire aussi dans le numéro d'août/septembre 2016 du magazine Vins & Vignobles

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8 août 2016 par Monsieur Bulles
Cuvée Brut Taudou La famille Taudou est vigneronne depuis 3 générations. C'est aujourd'hui Jean-Pascal, le fils de Jean-Marc, qui représente l'avenir de l'exploitation d'une trentaine d'hectares. Il signe des cuvées effervescentes qui se démarquent nettement des autres bulles Limouxines par de la profondeur et de l'endurance. Une vraie signature qui paraphe le dynamisme renaissant du cru. Un site internet serait nécessaire pour la marque.
Lieu : Rue du Parc 11300 Loupia 
Téléphone : 04.68.69.50.14 
   
Commentaire de la Blanquette de Limoux - Brut : 
 
Nez discret, toutefois propre et net, très marqué par les arômes de pommes. Ceux-ci sont immanquables en bouche, la puissance en plus ! On décèle en effet dans la finale une sensation d'eau-de-vie de pomme, voire de Kirsch. 
Une originalité associée à un volume aérien construit par des bulles de large calibre, toutefois nouées. 
Un crémant qui joue sur la fraîcheur et le fruit, qu'on appréciera à l'apéritif.
16/20 selon le barème du Guide Revel / Autour de 10 euros

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1 août 2016 par Monsieur Bulles
Plaque de Cordon rouge de GH. Mumm Fondée en 1827, cette maison, devenue emblématique grâce au fameux cordon rouge qui croise certaines de ses étiquettes (voir l'origine sur le site), appartient aujourd'hui au groupe Pernod Ricard. Sa cuvée de prestige « R. Lalou » est, à mon avis, trop méconnue, alors qu'elle est parmi les meilleures de la Champagne. Didier Mariotti, chef de cave de la marque depuis 2006, a su apporter davantage d'ampleur et de profondeur dans le comportement du Cordon Rouge, une cuvée locomotive de grande classe...
Lieu : 34, rue du Champ de Mars  51100 Reims 
Téléphone : 03 26 49 59 70    

Commentaire de la cuvée Cordon Rouge - Brut:   

Cette cuvée, qui existe depuis 1875, a gardé sa vivacité exemplaire grâce à des accents d'agrumes marqués tant au nez qu'en bouche, toutefois, elle est plus onctueuse qu'autrefois. 
L'effervescence n'est plus évanescente, mais riche. Elle transporte une trame aromatique biscuitée, voire mielleuse. Peu complexe, mais franche et constante dans ses atouts, c'est une cuvée BSA équilibrée, remarquablement construite pour un tel volume vendu dans le monde.
16/20 selon le barème du Guide Revel / 59,75 $ au Québec / autour de 30 euros en Europe

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25 jui. 2016 par Monsieur Bulles
Mirgin de AA Privat Attention, on est dans l'exceptionnel abordable... Je n'aime pas comparer les appellations bien définies de mousseux avec le champagne, car cela ne valorise ni l'authenticité de ce dernier, ni celles des autres. Pourtant parfois, les saveurs et le comportement d'un mousseux dégusté à l'aveugle rappellent les bulles de la Marne. C'est le cas ici. Le tarif est d'ailleurs, aussi, celui du champagne et il le vaut largement: la cuvée Mirgin 2011 est parmi les meilleurs vins effervescents d'Europe.
Commentaire de la cuvée Mirgin 2011 de AA Privat :

Le nez est délicatement pâtissier, on peut y déceler des notes d'amandes, de beurre et de kouglof qu'on retrouve en bouche au sein d'une texture suave à l'enveloppe juste assez citrique et fraîche. L'équilibre est parfait, l'effervescence est soignée, ses bulles sont des perles nouées particulièrement persistantes. 
On déguste un grand vin blanc à la fois solide et élégant qui rappelle ceux de la Marne, pourtant bien lointaine, en raison d'une fine trame iodée qui parcourt toute la dégustation.
Cette cuvée Mirgin est parmi les meilleurs vins effervescents d'Europe, elle est une digne ambassadrice de l'appellation Cava, encore trop souvent représentante de bulles faciles et légères. 

56 $ / code SAQ : 12955226

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18 jui. 2016 par Monsieur Bulles
Paparazzi de Podere Castorani La marque Podere Castorani offre à côté de ses vins blancs et rouges tranquilles, quelques bulles très intéressantes dont ce spumante élaboré selon la méthode Martinotti (Charmat) particulièrement réussi...




Commentaire de la cuvée Paparazzi - Rosé - Extra-Dry :


Alors que les arômes au nez rappellent la fraise et le sirop de grenadine, c'est une sensation florale qui se laisse capter en bouche, dès l'attaque, agréablement vive pour la catégorie: c'est un extra-dry qui doit tourner autour de 15 grammes de sucre et pourtant, la texture n'est pas lourde. 

Les bulles sont menues, abondantes et persistantes, la méthode Charmat qui les a créées a été bien conduite, parfaitement maîtrisée, on déguste un mousseux rosé de grande qualité qui saura combler les apéritifs classiques ou sophistiqués. 
Salute!
IP au Québec / 26,75 $ en IP / Agence Sélections F. Fréchette: (514) 868 2020

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11 jui. 2016 par Monsieur Bulles
Reserve Brut de Berèche et Fils Une famille de Ludes qui élabore ses propres champagnes depuis 30 ans après avoir vendu ses raisins au négoce, depuis le milieu du XIXème. Modernes et créatifs, Jean-Pierre, Catherine, Raphaël et Vincent Berèche bichonnent aujourd'hui 10 hectares en propriété.
Lieu : Le Craon de Ludes 51500 Ludes 
Téléphone : 03 26 61 13 28 
 
Commentaire de la cuvée Brut Réserve :

Plus dosé que les autres vins de la maison, toutefois aussi tendu à l'attaque, ce champagne de belle facture classique, présente des arômes de fruits blancs (poire et pêche), de malt et de toasts blonds avec une finale juste assez longue pour l'apprécier avec un brie crayeux.
55,25 $ au Québec / autour de 30 euros en Europe - 15/20 selon le barème du Guide Revel

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4 jui. 2016 par Monsieur Bulles
B de B 2009 de L. Roederer Peu connu, le Blanc de Blancs millésimé de L. Roederer est assez rare sur le marché. C'est un champagne de luxe, un grand vin blanc qu'on choisit pour le repas comme on choisirait un grand Bourgogne blanc pour accompagner un plat de poisson fin, délicatement cuisiné. Sauf qu'ici, le grand vin blanc a des bulles, des bulles créées à la perfection.



Commentaire de la cuvée Blanc de Blancs 2009 - Brut:


Surtout, surtout, dégustez ce vin environ 5 minutes après l'avoir versé dans le verre (pas une flûte!). Il va s'exprimer tout seul: craie, fenouil, silex, mie de pain, pain au lait et finalement pain, très délicatement grillé (davantage croûte de baguette). On est proche d'un Chablis Grand Cru non boisé de quelques années. 
La chair est grasse en bouche, les contours s'accrochent sans agresser, la densité est immense, la finale est déjà longue. C'est une vinosité saline entremêlée au soleil champenois. 
Simplement immense! 
104 $ en SAQ - 18/20 selon le barème du Guide Revel - Code SAQ 12636639

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