10 fév. 2020 par Monsieur Bulles
Cuvée Charles Brut de Charles Collin Il a été quelques années en importation privée, le voici sur les clayettes officielles à un prix très abordable. Cette cuvée nommée Charles est élaborée au sud de l'appellation, dans la Côte des Bar où domine le pinot noir. Ici, ce dernier compose 80 % de l'assemblage avec le chardonnay. Charles Collin est une coopérative qui regroupe autour de 140 adhérents possédant environ 400 hectares. 2,5 millions de bouteilles dorment dans les caves de la marque qui vend 400 00 bouteilles par année.


Commentaire de la cuvée Charles Brut - Champagne Charles Collin :


J'ai laissé le verre respirer quelques minutes, car le vin était peu expressif. Se dégagent alors d'agréables notes de pain grillé blond, voire de biscuit au sucre roux, derrière des accents de fruits jaunes très mûrs. 
Ce sont ces derniers qu'on retrouve dès l'attaque en bouche au sein d'une matière à la fois riche et pimpante : des bulles nouées et persistantes qui transportent la fraîcheur du sud de l'appellation... 
On déguste un champagne davantage marqué par le fruit que la minéralité, plus biscuité que tranchant, fidèle au pinot, indéniablement construit pour la table (en tête-à-tête?) ou un apéritif gourmand. 
Dans tous les cas, parfaitement équilibré de l'attaque à la finale. 
collin etiquette
54,75 $ / code SAQ 13212109

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7 fév. 2020 par Monsieur Bulles
abrami Les femmes oenologues sont encore rares dans l'univers des bulles. Dans celui du Franciacorta, Elisabetta Abrami fait figure de novice et pourtant, en moins de 15 ans, le domaine qu'elle a acheté en 2005 pour le conduire en méthode biologique, est déjà parmi les plus observés des amateurs. Les 2/3 plantés en pinot noir ont engendré un Blanc de Noirs qui, rapidement, a rencontré les éloges. Quant à son rosé, enfin sorti, il est à l'image du caractère de son élaboratrice : déterminé et élégant.

Commentaire de dégustation de la cuvée Rosé Brut d'Elisabetta Abrami :

Le premier nez rappelle un jus d'orange sanguine, puis quelques accents de noyaux de fruits donnent le ton à ce Franciacorta dont la vinosité rouge, très expressive en bouche, est habillée d'élégance grâce à l'effervescence aérienne. 
Le fruité parle davantage que l'élevage sur lattes, on ne s'oriente pas vers des notes pâtissières, mais plutôt vers celles de salades de fruits d'agrumes et de baies rouges. 
La fraîcheur, voire la pureté, parcourt toute la dégustation à l'équilibre soigné, depuis l'attaque jusqu'à la finale un tantinet amère, de celles qui font les excellents mousseux. 
Un franciacorta qui peut accompagner maints plats savoureux, comme par exemple, une entrée de sashimi de thon rouge, aux graines de sésame.

Bon appétit !
38 $ / Code SAQ : 14293553 / Représenté au Québec par l'agence Divine Sélection

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4 fév. 2020 par Monsieur Bulles
cuvée jb de montaudon Reine noire du music-hall parisien des années 1930, Joséphine Baker a signé un contrat avec la maison de champagne Montaudon en 1936 qui lui fît quelques bouteilles pour Les Folies Bergères, le cabaret où elle officiait à Paris. La cuvée existe toujours. L'étiquette a repris la silhouette de la célèbre danseuse à la ceinture de bananes. Dirigée pendant 4 générations par la famille Montaudon, la marque est rachetée par Moët-Hennessy (groupe LVMH) en décembre 2008 qui la cède au Champagne Jacquart (groupe coopératif Alliance Champagne / Covama) en janvier 2011, tout en conservant les 45 hectares de vignoble de la maison et les contrats d'approvisionnement en raisins, provenant d'environ 150 hectares.
Commentaire de la cuvée Joséphine Baker par Montaudon - Brut :

50 % pinot noir et 50 % chardonnay pour cette bouteille qui est restée 3 années en cellier domestique, après achat, et dont les arômes comme la robe dorée, démontrent les effets du temps : fruits jaunes, pâtisseries légèrement beurrées, rancio léger.

Le dosage apparaît appuyé pour la catégorie Brut, il soutient donc les parfums initiaux perçus, apportant aussi une certaine plénitude. L'effervescence est soignée, les bulles sont fines, également touchées par le temps passé.
C'est un champagne aux contours classiques, bien fait, plus gourmand que minéral, qui accompagnera un fromage riche et puissant ou un dessert à pâte feuilletée.Joséphine Baker à Épernay
En importation privée au Québec

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3 fév. 2020 par Monsieur Bulles
logo vn Le vin « nature » ou « naturel » existe sans doute depuis que l'homme a pressé des fruits pour en obtenir un moût à transformer... Même si sa définition est opaque, du vin dit nature est commercialisé dans le monde entier depuis une quinzaine d'années. Or, il n'existe pas. C'est-à-dire qu'il n'est pas officiellement et juridiquement reconnu. Il est même interdit d'en faire mention à titre commercial, dans la Communauté européenne, sous peine de poursuites. Jusqu'à aujourd'hui...
Aborder le sujet du vin nature était irrationnel il y a 30 ans, intriguant il y a 20 ans, avant-gardiste il y a 10 ans, à la mode il y a 5 ans, polémiste depuis 5 ans, finalement constructif depuis un an et sans doute commun... dans 5 ans !

Grâce à une poignée de vignerons qui ont misé sur le dialogue plutôt que sur la provocation, et qui ont su parler conviction sans s'aventurer sur la voie (la voix) dogmatique, une charte d'engagement concernant l'élaboration de vins dits nature sera validée le 21 février 2020. 
Toutefois, elle sera sous observation par l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) pendant 3 années avant sa ratification.
Cet encadrement juridiquement établi évitera, je l'espère, les dérives verbales qu'on entend depuis plusieurs années, à l'occasion, chez des vignerons, dans les salons commerciaux, chez les cavistes et dans les restaurants...
Malheureusement tenues par les acteurs de la filière vin et repris naïvement par le consommateur profane, elles véhiculent parfois des sottises présentées comme une catéchèse. 
Hors le vin n'est pas une religion. 
Et ce sont les religions qui divisent. 
Souhaitons donc que cette charte d'engagement cimente, inspire et diffuse des idées séculières, avant tout.
Comme je l'ai déjà écrit ici : dans vivre et laisser vivre, il y a un peu de boire et laisser boire comme on veut.vin nature
En cliquant sur l'image ci-jointe, vous pourrez lire les 12 points de la charte d'engagement de Vin Méthode Nature

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27 jan. 2020 par Monsieur Bulles
Coupe de pinot noir En introduisant les désherbants dans la viticulture au sortir de la Seconde Guerre mondiale, on ne s'attend pas à ce qu'ils anéantissent l'essence même des appellations d'origines contrôlées, instituées 25 ans plus tôt. Que voulait alors démontrer le principe des AOC ? Qu'en un lieu donné et précis, au sol et au microclimat particuliers, un cépage apporterait un goût authentique, inconcevable ailleurs. Qu'un terroir précis avait un goût propre. 60 ans plus tard, faut-il être bio pour respecter les fondements de l'AOC ?
Le viticulteur de l'époque voit logiquement dans le désherbant que l'industrie lui propose, une aide précieuse à son dur labeur lui assurant un gain de temps et un bouclier pratiquement inviolable face aux champignons, aux insectes ou aux microbes. 
Ce que le viticulteur de l'époque omet de voir, c'est que sa vigne vit à partir des micro-organismes et ces derniers vivent et diffèrent en fonction des caractéristiques du micro-climat. En tuant les vies du sol, les désherbants vont progressivement tuer les facteurs nécessaires à la vigne.  
Arrive alors la parade de l'homme : l'engrais chimique pour nourrir cette vigne. 
Comment ? En la déshydratant.  
La vigne ayant besoin d'eau pour survivre, elle va l'emmagasiner à l'excès, provoquant une croissance exagérée donc déséquilibrée; mais la production est là et elle satisfait tout le monde, car tout le monde s'enrichit et le peuple est nourri. 
On sort alors de la Seconde Guerre mondiale, l'Europe crève de faim, il faut la reconstruire et tous les agriculteurs (viticulteurs) vont accepter ces produits systémiques, car ils leur permettront de travailler, d'augmenter les rendements, de vendre leur production, donc de survivre.
Sait-on alors qu'on est entrain de faire perdre la mémoire à la vigne ? Qu'on l'oblige à se nourrir par en haut plutôt que par en bas ? 
La vigne en oublie les solstices et les cycles solaires quotidiens et la seule défense qui lui reste, c'est la pourriture.  
On entre alors dans le cercle vicieux des recherches scientifiques et l'homme, toujours plus avide de conquérir des marchés, lance l'anti-pourriture. 
Réaction de la vigne affaiblie : des nouvelles maladies.  
Réaction de l'homme : les traitements systémiques !  
Ça y est, on y est !  On n'est plus à la surface de la vigne, à son simple contact, on est en elle. On touche la sève. On va enfin pouvoir contrôler son métabolisme.  
Et qu'est-ce qu'il y a au bout du parcours ? Le goût !  
En contrôlant la vie de la vigne, l'homme va pouvoir contrôler le goût, son goût.  
C'est la course aux enzymes et aux levures. Artificielles, bien sûr. 
« Tu veux du cassis dans ton merlot ? »  
« tiens, voici l'enzyme XYZ. Efficace et sans aucun danger. » 
« ah, c'était de la lavande que tu voulais ? » 
« Tiens, ça c'est l'enzyme ZYX. À ta prochaine récolte, ton vin rouge sentira la Provence !! »
« Et pour la cuvaison et le travail dans les chais, vous avez des solutions ? Juste au cas où ? »  
« Évidemment Monsieur, la technologie aujourd'hui, c'est un jeu d'artifices !! » 
Effarant, dites-vous ? Certainement. 
La réalité dépasse toujours la fiction.  

Bio et biody pour qui veut...

Lorsqu'au début du 20ème siècle, après la crise phylloxérique, le vigneron accablé et ruiné, espère une aide des prémices de la recherche scientifique en viticulture, il ne peut se douter que son petit-fils en viendra à manipuler la vigne, plutôt que de la guider. On ne peut pourtant l'en blâmer. On enfermait alors bien les gens qui prétendaient que l'homme volerait et atteindrait un jour la lune ! 
Un siècle plus tard donc, une certaine viticulture s'élabore en laboratoire et face à elle, quelques irréductibles vignerons luttent avec un nouveau concept, qui n'a de nouveau ou de moderne que le nom : la biodynamie.  
Et qu'est-ce que la biodynamie ? 
Simplement le respect du métabolisme de la vigne par le respect de son environnement.
Déjà au Moyen Âge, les moines utilisaient les propriétés médicinales des plantes pour lutter contre les ennemis naturels de la vigne et utilisaient les astres du ciel pour guider les récoltes. Ils avaient compris que seules la vraie lumière, la vraie eau et la vraie terre donnaient une identité, une authenticité à la vraie couleur et au vrai goût du vin. 
Au-delà des modes et du commerce, la biodynamie ne repousse pas la technologie, elle écoute d'abord la nature sans la précipiter. Elle utilise simplement les qualités de la nature sans vouloir les épuiser. Les contrariétés rencontrées ne sont pas anéanties, mais étudiées pour connaître les raisons de leur présence, car dans la nature, tout est complémentaire. 
Il y a encore 30 ans, on a crié aux fous, aux illuminés du cosmos ou aux écolos anti-progrès lorsqu'une poignée de vignerons suisses et français ont revu leur façon de travailler la vigne. 
Curieusement, de grands noms du vin s'intéressent aujourd'hui de plus en plus à la biodynamie et ceux qui en sont devenus adeptes obtiennent de tels résultats, qu'ils deviennent les plus ardents défenseurs de ce mode de culture, inventé dans les années 1920 par l'Autrichien Rudolph Steiner.  
Et cette philosophie de viticulture n'est plus seulement européenne avec des locomotives dans la plupart des appellations (Cazes, Chapoutier, Joly, Pujol, Bizes-Leroy, Trapet, Larmandier, Eymann, Granges-Faiss, Palacios, Albet I Noya, Niccolaini ou Eblin-Fuchs), elle est mondiale (Reyneke-Farquharson, Milton, Castagna, Sinskey ou Espinoza) et pour comprendre les résultats de la biodynamie, il vous suffit de goûter à tous ces bons vins... en cliquant sur le lien vers le volet Bio de la SAQ.       

Quand la nature vous gagne...

Enfin, au début de ce troisième millénaire, un mouvement est apparu. 
Appelons-le Nature puisque c'est le terme employé à travers les vins qui l'illustrent; même si ce terme est désormais galvaudé et utilisé comme une absolution dans les débats entre les vignerons bio et les vignerons non bio...
Rien n'est officiellement déposé avec les vins dits Nature, mais en général, ils sont bio et on a laissé la nature s'arranger avec elle-même, en la guidant le moins possible pour donner des vins qui n'ont pas le goût des autres vins et qui, noeud du problème, ont le goût des vrais vins ! Pour ceux qui les élaborent !
Parce qu'en fait, il est là le problème de la viticulture et de la consommation de ce qui en est issu, aujourd'hui : on boit dogmatique ! Consommer, c'est voter, comme dit l'adage.
On ne demande pas au consommateur s'il aime ce qu'il boit, on lui demande si il sait ce qu'il défend en buvant son verre de vin. Défend-t-il la renaissance de l'agriculture ou défend-t-il la poursuite de l'agriculture industrielle ? On lui demande de choisir un camp !
Il est là aujourd'hui le problème. On boit manichéen ! 
Si tu bois bio et nature, t'es un gentil; si tu bois pas bio, t'es un méchant. Et si, en plus, tu bois pas nature, t'es un ignorant !
Ben non. Ça ne marche pas comme ça. Désolé. 
Je bois bio, je bois pas bio, je bois nature, je bois pas nature. Laissez-moi boire comme je veux. 
Et surtout, laissez-moi boire et ne m'emmerdez-pas, en plus, avec votre mois sans boire. 
Si je veux crever en buvant pas bio, c'est mon droit. Et comme je vais crever aussi, de toute façon, en buvant bio et nature, arrêtez de me donner des leçons de consommation. 
Je bois bio et nature aussi, sans donner de leçon. 
Et parce que je trouve cela bon, d'abord, bio ou pas bio !

On est entré dans le siècle spirituel, paraît-il, dans le siècle où les dogmes refont surface pour mieux nous séparer, pour mieux nous diviser.

J'ai toujours pensé que le vin avait été fait pour partager, pour échanger, pour communiquer, pour rire, pour rapprocher, pour accepter.
J'y crois encore...nature
Un cahier des charges concernant le terme Nature employé à l'usage vinique a été présenté au salon Millésime Bio de Montpellier, ce 28 janvier 2020. Il sera déposé le 21 février 2020. Ci-joint les 12 points de la charte d'engagement.

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22 jan. 2020 par Monsieur Bulles
grand rosé forget Michel Forget, descendant de Louis Forget qui, au 19ème siècle vendait son raisin aux grandes maisons, est à la tête de cette exploitation qui élabore son propre champagne depuis les années 1920. 300 000 bouteilles plus tard, grâce à 18 hectares de vignes situés sur la Montagne de Reims, Forget-Brimont décline une dizaine de cuvées de belle facture. Le Québec connaît bien le Rosé Brut d'entrée de gamme de ce vigneron pour en avoir fait le leader de la catégorie pendant plusieurs années dans la province. Voici à présent le grand frère ! Ne le manquez pas...
Commentaire de dégustation de la cuvée Grand Rosé Brut Premier Cru de Forget-Brimont :

Nez très expressif de griottes, puis d'oranges sanguines à l'aération dont on retrouve la fine amertume du zeste dès l'attaque en bouche.  
La vinosité est d'un fruité rouge très pur, on découvre à la fois une grande fraîcheur et une matière finement tannique. 
Aucune note de rancio, même léger, on a misé ici sur l'éclat des pinots qui dominent l'assemblage et le temps passé sur lattes, a surtout habillé la structure du vin en apportant rondeur et ampleur.
Ce champagne rosé joue ainsi la carte de l'élégance et de la solidité. 
Cette remarquable présence mérite un passage à table plutôt qu'une présentation à l'apéritif. 
Quelques tranches de thon en sashimi avec graines de sésame grillées, un tartare de saumon épicé, peu relevé, ou en sortie de repas, un fromage à croûte lavée jeune sera l'hôte de choix. contre etiquette grand rosé forget
58,75 $ / Code SAQ : 14199911 / Importé par l'agence Tocade

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17 jan. 2020 par Monsieur Bulles
ratafia h.giraud Président de « l'Association des Producteurs de Boisson Spiritueuse à Indication Géographique Champenoise", Claude Giraud souhaitait des lettres de noblesse pour le Ratafia de Champagne depuis longtemps : "Il a 8 siècles d'existence, mais personne ne le sait. Il fallait donc le faire renaître, le populariser, le faire accéder à une reconnaissance officielle par l'INAO. On a failli le voir disparaître pour des raisons administratives, mais on s'est battu et le ratafia champenois est devenu une IGP en 2015 avec un cahier précis au niveau de son élaboration et des mentions de vieillissement. Et pour qu'il se distingue des autres mistelles, on a créé dernièrement une bouteille à la silhouette particulière qui existe en deux contenance, 50cl et 70 cl".
La plupart des vins dont le taux d'alcool naturel dépasse les 15 degrés (mistelles ou vins mutés) ont été créés à la Renaissance, époque des explorations maritimes où les fûts transportés, rencontraient les affres des intempéries et de l'oxydation. On les renforçait donc à l'alcool (de fruits ou de céréales), au sucre ou au sel. Les plus célèbres ont traversé les époques : xérès, porto, malaga, madère, marsala, etc... 

Le Ratafia est né de la même nécessité, toutefois, il ne s'agit pas d'un vin muté, mais d'une mistelle, soit du jus de raisin non fermenté, mélangé à de l'eau-de-vie, car les vignerons champenois, conscients que les cépages qu'ils employaient, étaient particulièrement vifs et acidulés, désiraient garder cette fraîcheur au lieu de la brûler par adjonction d'alcool lorsque leur vin fermentait. 

Le terme Ratafia, quant lui, continue de poser un problème d'origine, puisque les linguistes ne sont pas d'accord sur celle-ci. En effet, le tafia et le ratafia seraient des termes des Antilles, entendus par les colons occidentaux, lorsque ces derniers donnaient à boire aux esclaves. Le tafia est d'ailleurs le premier nom donné au rhum. Toutefois, le mot tafia est aussi repéré et rapporté dès le milieu du 16ème siècle dans un échange de brandy de colons à maître planteur. 
Enfin, l'expression latine "rata fiat" signifiant "que le marché soit ratifié" aurait pu être employée lorsqu'on propose un verre une fois une entente conclue.

Le produit
Aujourd'hui, l'indication géographique « Ratafia de Champagne » ou « Ratafia champenois » désigne une boisson spiritueuse, obtenue par aromatisation d'un alcool d'origine viticole (eau-de-vie de vin, eau-de-vie de marc, distillat vinique, distillat de vin) avec du moût de raisins. Tous les cépages de l'AOC Champagne sont autorisés, seul ou assemblés; le chardonnay, le pinot noir et le pinot meunier étant les principaux.

Son élaboration
Ces moûts sont obtenus dans la limite de 2 666 litres de moûts débourbés pour 4 000 kilogrammes de raisins mis en oeuvre. Toute opération d'enrichissement des moûts est interdite.
Afin de ne pas masquer les arômes premiers des moûts de raisin, l'eau-de-vie de marc ne peut pas représenter plus de 20 % du volume d'alcool pur total des alcools utilisés lors de l'élaboration. La fabrication doit avoir lieu dans un délai de 20 jours après la date de pressurage des raisins entrant dans la composition des moûts mis en oeuvre.

Son élevage 
Après fabrication, les liqueurs subissent une maturation de 10 mois minimum avant conditionnement. La maturation est réalisée en cuves ou en fûts (l'emploi de copeaux de bois est interdit).
Au cours de cette phase, des ajouts d'alcool sont autorisés afin d'ajuster le titre alcoométrique volumique acquis. 
Le Ratafia de Champagne pourra revendiquer la mention « Vieux », pour des liqueurs vieillies au moins 3 ans à compter de la mise sous bois et la mention « Très vieux », pour des liqueurs vieillies au moins 8 ans. 
Il ne vieillit pas une fois embouteillé et ne s'oxyde pas, il conservera donc son identité primaire, aromatique et gustative.

Il doit respecter les conditions suivantes : 
- un titre alcoométrique volumique compris entre 16 % et 22 % ; 
- une teneur minimale en sucre exprimée en sucre inverti de 110 grammes par litre ;
 - une acidité totale inférieure à 10 grammes par litre (exprimé en H2SO4) ; 
- un taux de dioxyde de soufre inférieur à 80 milligrammes par litre.

Actualité
La production de Ratafia de Champagne est encore confidentielle (seulement 290 litres par hectare / autour de 120 élaborateurs) et sa promotion, curieusement, reste timide puisque même les vignerons, les maisons et les coopératives qui en élaborent, ne le mentionnent pas systématiquement dans leur présentation de gamme de champagnes. 
Le potentiel de production annuelle tourne autour de 17 millions de bouteilles (6% de l'AOC).

Au Québec, 2 Ratafias de Champagne sont proposés en SAQ; celui de Vilmart & Cie à 63,50 $ les 700 ml (100% pinot noir) et celui de Vincent Couche à 44,50 $ les 500 ml (100% pinot noir).

Commentaire du Ratafia Solera 90-13 de Henri Giraud (IP au Qc auprès de l'agence Alternative Wines & Spirits) :

Nez de confiture de coing, de fleures séchées qu'on retrouve en bouche au sein d'une texture plus souple que grasse. Quelques notes de cerise se laisse capter également après un certain temps d'aération. 
On déguste de la fraîcheur, de l'élégance, la puissance est contenue, l'univers traditionnel des vins dits de liqueur est ici aux antipodes, il n'y a pas de chaleur, pas de sucrosité excessive, pas d'impression de lourdeur, tout est caressant. 
Le pur jus de raisins est presque intact, il est comme en surexposition.
De multiples accords culinaires sont possibles avec le Ratafia de Champagne, depuis l'apéritif avec quelques canapés de mousse de foie au dessert fruité ou chocolaté, en passant par un classique foie gras poêlé ou quelques pétoncles grillées et caramélisés. 
L'essentiel est de respecter ce qui le caractérise : la subtilité.
claude giraud en entrevue
La ratafia est également produit en Bourgogne selon un cahier des charges propre à lui...

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14 jan. 2020 par Monsieur Bulles
picamelot Philippe Chautard dirige aujourd'hui la maison fondée par son grand-père Louis Picamelot en 1926. La maison a évolué au cours du XXe siècle en achetant une carrière de craie à Rully qui jouxte la cuverie. C'est en agrandissant petit à petit l'exploitation familiale au cours des trente dernières années que ce domaine a pu renouveler et étoffer sa gamme de crémants de Bourgogne. En acquérant 8 hectares supplémentaires sur les coteaux de Talant, près de Dijon, en 2016, la maison Picamélot s'inscrit aujourd'hui parmi les meilleures élaboratrices de bulles françaises.

Commentaire de la cuvée Les reipes 2014 Extra-Brut de Louis Picamélot - Crémant de Bourgogne :

Nez expressif de poires et, plus discret, de galettes bretonnes et de macarons aux amandes après aération. On s'attend à les retrouver en bouche, toutefois le fruité blanc et jaune l'emporte.
L'attaque en bouche est axée sur des arômes d'agrumes, ceux du temps passé en cave sont encore timides, l'effervescence est plus aérienne que riche et la finale encore tranchante. 
Ce vin est un adolescent, il peut facilement se glisser en cave jusque 2022. 
Le chardonnay bourguignon exprime sa jeunesse aromatique (fenouil, guimauve, raisins blancs séchés). 
Élaboré en extra brut, son endurance semble avoir été prévue par ses élaborateurs.
La richesse de sa chair et les notes pâtissières devraient s'exprimer d'ici deux ou trois ans.
Les patients peuvent glisser ce flacon en cave, il surprendra assurément. 
Les impatients vont se régaler avec un carpaccio de pétoncles, une salade de crevettes au pamplemousse rose ou un fromage de chèvre crayeux.
Et pour moins de 30 $, on achète facilement 6 bouteilles.
Code SAQ : 14209673 / 29,85 $

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10 jan. 2020 par Monsieur Bulles
entreillage En 30 ans, la production mondiale de vin effervescent - toute méthode d'élaboration confondue - a augmenté de 40 % ! La plus phénoménale croissance est celle du Prosecco (DOC et DOCG) qui est passée de 30 millions de bouteilles en 1990 à 600 millions de bouteilles aujourd'hui ! Du jamais vu dans l'histoire mondiale du vin. Les appellations champagne, cava, prosecco et crémant sont les plus renommées. Leurs ventes assemblées représentent 1,2 milliard de bouteilles ! Les Sekt d'Allemagne, les mousseux d'appellations italiennes diverses et les mousseux russes, ukrainiens ou brésiliens, surtout connus localement, chez eux, culminent à 400 millions de bouteilles vendues annuellement. Et puis, il y a les autres bulles, celles qui n'ont pas de terroir bien défini; seulement une méthode d'élaboration : elles forment près de la moitié de la production totale de bulles dans le monde ! C'est énorme ! Alors, qu'est-ce qui peut expliquer cet engouement pour les bulles ? Deux évènements politiques majeurs. Deux évènements au cours des trente dernières années qui ont provoqué la frénésie mondiale pour les bulles !
Cette frénésie représente aujourd'hui 2,5 milliards de bouteilles de vins effervescents vendues !

Le premier évènement était prévisible, voire attendu. Ses effets économiques avaient presque été calculés en amont, donc ils pouvaient être contrôlés. Ils l'ont globalement été. 
Personne n'a vu arriver le second évènement. Ses effets économiques n'avaient pas été envisagés. On les subit encore aujourd'hui.

Le premier évènement est la chute du mur de Berlin en 1989 causant la dislocation du bloc de l'Est. Les 250 millions de consommateurs confinés derrière le rideau de fer pendant 30 ans, ont décidé que leur libération progressive passerait par les bulles !

Le second évènement est l'ouverture à l'économie des marchés de la Chine populaire. En adhérant à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001, après 15 ans de négociations et de réformes économiques internes, la République populaire de Chine allait faire sauter les bouchons !
Freinés, rationnés et frustrés dans leur mode de consommation par des systèmes politiques despotiques et communistes, des dizaines de millions de consommateurs ont voulu vivre comme ceux des systèmes occidentaux capitalistes. 

L'Est a copié l'Ouest. Frénétiquement.

La demande de bulles a alors dépassé son offre. 
Ces deux évènements ont amorcé un besoin et les trois grands pays viticoles d'alors (France, Italie, Espagne) ont dû y répondre les premiers. Ils en avaient le potentiel agricole, toutefois, l'aspect administratif véhiculé par des valeurs marquées, c'est-à-dire le système des appellations, a rapidement montrer ses limites. À l'exception de la Vénétie qui esquissait alors le cahier des charges du prosecco, la Champagne et la Catalogne étaient aux portes de mésaventures économiques et identitaires. 
L'histoire a été opportune au prosecco.
La conquête de l'Est par les Marnais et les Ibères a été timide. Les nouveaux consommateurs slaves et asiatiques ont dû se tourner vers leur propre production, qu'intensément ils ont accrue.

5 %, c'est l'augmentation de la consommation de vins effervescents dans le monde en 15 ans, de 2005 à 2020. 
Les vins effervescents (champagnes et mousseux) représentent aujourd'hui 8 % de la consommation globale des vins dans le monde.
Si l'Allemagne est le premier pays consommateur de bulles avec 3,3 millions d'hectolitres (1/6e de la consommation mondiale), c'est la Russie qui surprend en venant se placer au deuxième rang des pays consommateurs avec 2,42 millions d'hectolitres, elle qui n'était même pas dans le Top 10 il y a seulement 20 ans. 
Les États-Unis d'Amérique sont troisième avec 1,9 millions d'hectolitres, tandis que la France se place au quatrième rang avec 1,8 millions d'hectolitres dont 90 % est issu de son propre terroir (champagne, crémant, etc). 
La France est passé au deuxième rang des producteurs de vins effervescents dans le monde (550 millions de bouteilles), assez loin désormais derrière l'Italie qui, grâce au Prosecco, frôle les 800 millions de bouteilles (600 millions de prosecco DOC et DOCG) !

Pourquoi cet engouement pour des bulles ? 
Parce qu'elles représentent la fête, l'évacuation des soucis et le partage. 
Aucun autre vin tranquille dans le monde n'a le même effet qu'un bouchon "de champagne" qui saute.
Et sur une planète qui, depuis 30 ans, accumule les crises économiques, les conflits sociaux et les soucis existentiels dont les plus touchées sont les classes moyennes, ce sont les cavas, proseccos, crémants, sekt et autres substituts de champagne qui sont devenus l'exutoire effervescent de ces dernières.

Le champagne, bulles des nantis perçues comme un vin de luxe, assumé et ainsi défendu par ses producteurs, a fait des petits qui se sont multipliés. 

Des pays comme la Russie, l'Ukraine ou le Brésil dont on ne soupçonnait même pas le potentiel viticole, sont entrés dans le Top 10 des producteurs de bulles à l'aube du 3ème millénaire.

Pendant 150 ans, le champagne a été lié à la prospérité et à la paix. On continue de le boire quand tout va bien, quand tout va mieux. Il célèbre, il ratifie, il souligne, il réconcilie, il pardonne.
Depuis quelques années cependant, ce sont les autres bulles qu'on fait étinceler. 
Elles, elles apaisent, elles raniment, elles consolent, elles réconfortent. 
Le temps d'un verre... 
Source des chiffres : OIV / FranceAgrimer / Agrex / Global Trade Atlas / Interprofessions / Federdoc, Wine Institute of California, Wines of Argentina, etc

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6 jan. 2020 par Monsieur Bulles
chablis et champagne Je vais tenter d'être élémentaire et clair dans un premier temps tout en étant obligé, dans un second temps de présenter des faits issus de recherches scientifiques. Le terme minéralité est employé souvent à tout va ou pour exprimer une sensation de fraîcheur que se doivent d'avoir, selon moi, tous les vins, qu'ils soient blancs, rosés ou rouges. Qu'il y a t-il derrière ce terme ?
Dans un premier temps, il faut reconnaître que c'est une perception subjective, même si une assemblée d'experts en vins pourra reconnaître objectivement la présence de minéralité dans un vin dégusté. 
C'est pour cela que ce sont des experts...
Elle est ressentie sur les papilles comme une pointe saline qui suit un comportement vinique, droit et pur. Elle est souvent confondue avec la sensation d'acidité, donc d'agressivité. 
On peut différencier ces deux perceptions par le comportement en bouche qu'elles déclenchent : les deux provoquent la salivation, toutefois, l'acidité l'entraîne pour nettoyer les papilles et retrouver une forme de neutralité aromatique, tandis que la minéralité l'entraîne pour mieux révéler les arômes et le volume du vin qu'on déguste. 
La minéralité est donc considérée comme agréable puisque c'est elle, finalement, qui apporte de l'énergie au vin. 
Les termes aromatiques qui s'y rapportent ? Algue, air marin, craie, coquille d'huîtres, silex, pierre à fusil, hydrocarbures sont les plus fréquents. 
Existe t-il une relation entre la minéralité d'un vin et celle de son sol maternel ? 
Sur ce second point, bien des travaux continuent d'être menés par des scientifiques, qu'ils soient géologue, biologiste ou oenologue comme feu Denis Dubourdieu, Geoffrey Orban, Georges Truc ou David Lefebvre. 
Aucun d'entre eux n'a livré de thèse définitive, toutefois, leurs conclusions, selon des approches personnelles, convergent vers au moins trois faits que je résume ici : 
Les pratiques agronomiques déterminent le niveau de minéralité. 
Le facteur millésime influe sur les paramètres de la minéralité du sol. 
Il y a un lien tactile et aromatique entre le sol et le vin qu'on remarquera en dégustant de la roche en solution. 

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