19 mai 2019 par Monsieur Bulles
Borne Recaredo Un mini cataclysme s'est abattu cet hiver en Catalogne : 9 vignerons de renom ont quitté l'appellation DO Cava. Cela signifie qu'ils n'associeront plus leur nom à une bouteille de Cava, vin effervescent espagnol, mondialement célébré. Est-ce que cela va bouleverser la vie du consommateur profane de vin. Aucunement. Est-ce que cela va bouleverser l'industrie viticole espagnole. Certainement. C'est un peu comme le jeu des dominos alignés : on pousse le premier de la ligne qui entraîne dans sa chute tous ceux qui sont devant lui. Parfois, parce que l'alignement a été mal établi, la chute progressive s'arrête, laissant des dominos debouts. Cava et Corpinnat, c'est le jeu des dominos.
Tout d'abord, qu'est-ce que Corpinnat ? 

Corpinnat (contraction catalane de "nescut al cor del Penedes" = Cor-Pinnat = Né au coeur du Pénédès) est la marque d'une association de 6 vignerons renommés (Associació d'Elaboradors i Viticultors Corpinnat / AVEC) de Catalogne - aujourd'hui 9 vignerons - enregistrée en 2017, lancée en 2018, dans le but de valoriser un vin effervescent, véritablement catalan. 

On y trouve jusqu'à ce jour, les domaines Recaredo, Gramona, Nadal, Sabaté i Coca, Llopart, Can Feixes, Julia Bernet, Mas Candi et Torelló. 

Pourquoi une valorisation ? 

Simplement parce que les administrateurs de la DO Cava n'ont pas su, depuis 20 ans, faire évoluer leur cahier des charges et niveler par le haut, en tenant compte des avis de leurs meilleurs adhérents vignerons. 
Les alertes à l'interne, administratives et viticulturelles, avaient été envoyées. Rien n'a bougé dans le bon sens. 
Associée à des prix dérisoires (4 euros la bouteille de cava), l'appellation a été discréditée, malgré les efforts de qualité d'une poignée de familles, dont certaines ont d'ailleurs préféré joindre les rangs de l'appellation Classic Pénédès, créée en 2013.

Des lanceurs d'alerte non écoutés.

La sortie de la famille Raventos de la DO Cava en 2010 a été l'étincelle d'un feu assez lent à prendre, mais qui aujourd'hui, embrase une région. 
La création de Corpinnat a été la conséquence logique du laxisme de la DO Cava; Les deux entités ont vécu ensemble quelques mois, cependant, elles ne parlaient plus la même langue. La mention Corpinnat souhaitée par ses initiateurs sur des étiquettes de DO Cava était une revendication d'excellence et d'autonomie. Le message envoyé au consommateur aurait été clair : si vous lisez Corpinnat sur une bouteille de cava, c'est qu'il est excellent. Si Corpinnat n'apparaît pas sur l'étiquette, vous achetez des bulles anodines. 
Le divorce était prévisible.
On parle de sortie de Corpinnat de la DO Cava, mais y a t-il eu réellement une entrée ? 
Car d'un point de vue commercial, les effets de Corpinnat sur le marché des DO Cava ont été pratiquement nuls.
Ce n'est pas une sortie. 
C'est l'annonce officieuse d'une nouvelle appellation vinique, au coeur d'un terroir ancestral.
Elle témoigne des enjeux économiques et politiques dans le secteur agricole local et elle confirme les limites bureaucratiques du système des appellations en Europe. 

Le règlement Corpinnat résumé :

Corpinnat a été créé en vue de simplifier une démarche tout en la précisant. C'est en fait un mousseux européen «Vi Escumós de Qualitat» (VMQ / Vin Mousseux de Qualité) que n'importe quel vigneron a le droit d'élaborer sous certaines conditions : Seulement 46 villages appartenant à la région de l'Alt Penedès, du Baix Penedès, de l'Alt Camp, d'Anoia et du Baix Llobregat peuvent faire du Corpinnat (ce qui représente 22 000 ha). Le vigneron utilise ses propres raisins (il est propriétaire des parcelles), récoltés manuellement, issus de la viticulture biologique, spécifiques à la région historique du Pénédès (Xarel·lo, Macabeu, Parellada, Malvasia en blanc / Grenache, Monastrell, Sumoll et Xarel·lo Vermell en rouge) dans le but d'élaborer son propre vin tranquille et de le transformer en vin effervescent par seconde fermentation en bouteille, chez lui, et de l'élever au moins 18 mois sur lattes (9 mois pour le Cava). 
Il lui est strictement interdit d'élaborer des bulles pour un autre (1/3 de la production du cava n'est pas élaboré par la marque qui est sur l'étiquette). 
Aussi, Corpinnat a instauré une valorisation du prix au kg du raisin, vendu dans le Pénédès, avec un minimum de 0,70 euros / kg, ce qui représente le double du tarif des raisins, employés sur la DO Cava. 
Enfin et c'est, selon moi, le point névralgique de ce dossier : Corpinnat est une appellation de lieu, alors que la DO Cava est une appellation d'élaboration. Si cette dernière avait été une appellation comme celle du champagne ou du franciacorta, la situation serait ô combien différente.

La situation actuelle de la DO Cava.

Globalement, 230 millions de bouteilles sont produites annuellement et commercialisées sous la DO Cava, dont 85 % est contrôlé par trois marques, qui s'échangent la direction de l'appellation périodiquement : Freixenet, Codorníu et García Carrión. Même si les derniers chiffres commerciaux de la DO Cava sont flatteurs, le règlement de Corpinnat empêche logiquement la plupart des acteurs de l'appellation de se joindre aux neuf vignerons. 
Certes, la création du Cava de Paratge au sein de la DO Cava, en 2017, aurait pu freiner le mouvement séparatiste, mais il était trop tard. Recaredo et Gramona réfléchissaient déjà, suite à la sortie de Raventos I Blanc, a une solution bienveillante et restructurante. De plus, l'instauration des Paratge a été quelque peu baclée, rapidement pensée pour éteindre un feu déjà trop important, comme si on avait placé la charrue avant les boeufs : on a élevé au rang de références une quinzaine de lieux-dits dont les cavas qui en seraient issus, seraient élaborés avec plus de soin que tous les autres. 
Ce qui revient à dire qu'en-dehors des Cava de Paratge, le terroir et la qualité sont absents. De plus, en considérant les qualités d'un domaine hors de Catalogne, autorisé à faire du Cava, il pourrait revendiquer le terme Paratge, ce qui rend presque caduque l'essence de ce dernier. 

L'avenir de Corpinnat.
 
Si les instaurateurs ont proposé le nom Corpinnat comme une appellation de terroir avec des limites géographiques définies, sur le modèle d'une AOC régionale, qui permettra de faire évoluer son cahier des charges, le point qui m'apparaît délicat pour une reconnaissance publique future est tout simplement le nom : Corpinnat.
À moins de parler le catalan - et encore -, ce nom ne dit strictement rien à personne, car il n'existe pas ! Ce n'est pas une parcelle, ce n'est pas un lieu-dit, ce n'est pas un village, ce n'est pas une région. 
Cherchez le sur une carte du Pénédès, vous ne le trouverez pas. 
Or, donner le nom d'un lieu à un vin, l'ancre immédiatement dans le subconscient populaire, facilite sa reconnaissance et construit progressivement sa renommée parce que le consommateur y trouve facilement un repère. 
En revendiquant Conca del Riu Anoia en 2010, la famille Raventos ne s'est pas trompée sur ce point, même si elle attend toujours la reconnaissance officielle de ce lieu en tant qu'appellation vinique...
A moins donc, que Corpinnat ne devienne une nouvelle entité géographique validée par les instances politiques espagnoles, les vignerons qui l'incarneront ont davantage un travail de marketing à faire aujourd'hui, qu'un travail de vigneron, car de ce côté là, nous savons déjà qu'ils font effectivement les meilleurs vins effervescents d'Espagne.

À court terme, c'est une lutte juridique qui s'ouvre. David a terrassé Goliath, paraît-il...Montserrat, la chaîne de montagnes

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18 mai 2019 par Monsieur Bulles
reflet d'antan Basée à Ludes, la famille Berèche élabore ses propres champagnes depuis 30 ans, après avoir vendu ses raisins au négoce pendant plus d'un siècle. Jean-Pierre et Catherine travaillent aujourd'hui avec leurs fils Raphaël et Vincent qui bichonnent 10 hectares en propriété. Une dizaine de cuvées sont régulièrement offertes aux amateurs les plus exigeants qui sont rarement déçus d'avoir pénétré l'univers créatif des frères Berèche...


Commentaire de la cuvée Reflet d'Antan Brut de Berèche et Fils : 


Quels que soient les millésimes de base, ce champagne se montre toujours intense et vineux, axé sur un fruité blond qui rappelle délicatement la poire chaude, la tarte aux pommes chaudes, les abricots très mûrs, puis après quelques minutes en aération, les épices indiennes où le poivre domine. 
Ce champagne bouge, vit dans le verre, regagne en fraîcheur minérale pour mieux repartir vers des notes de salade de fruits jaunes, il ne désoriente pas, il séduit.

Profond, velouté, voire soyeux puisque les perles tournent en bouche grâce à une effervescence gagnée par le temps, le vin s'étire longuement. 
On est dans l'univers des grands vins de table, anoblis par les bulles !
135 $ / Code SAQ : 12899210

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15 mai 2019 par Monsieur Bulles
Brut nature de Drappier Établie à Urville depuis le 17e siècle, la famille Drappier détient une cinquantaine d'hectares de vignes et s'approvisionne auprès de vignerons de la Côte des Bar et de la Marne. Elle dispose de splendides caves voûtées construites au 12e siècle par les moines de Clairvaux où dorment aujourd'hui les cuvées particulières. Locomotive des champagnes de l'Aube grâce à André Drappier, qui perçut le potentiel de la région dès les années 1950, la maison est aujourd'hui dirigée par son fils Michel qui, dans les années 1990, a su intelligemment augmenter le volume et créer diverses cuvées.

DRAPPIER - Brut Nature - Pinot Noir Zéro Dosage :

Orienté vers un fruité blanc légèrement pâtissier au nez, ce champagne est devenu avec le temps, un incontournable des cuvées Drappier et surtout, des cuvées Extra-Brut champenoises en général. 
Vif à l'attaque, racé et puissant en bouche, persistant dans les arômes initialement perçus, ainsi que dans son effervescence, il dégage une vraie vinosité, sans rancio, exprimant un caractère de belle pureté. 

La plupart des cuvées sans dosage se révèlent creuses et fuyantes, peu longues, alors que celle-ci offre une corpulence étonnante et riche. 
Une référence en la matière qui à de quoi convertir bien des amateurs aux extra bruts. 
52 $ / Code SAQ : 11127234 / 110 $ le magnum

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14 mai 2019 par Monsieur Bulles
millénaires 1995 de ch Est-ce que le champagne vieillit bien ? Aussi bien que les vins tranquilles ? Et peut-on le glisser dans notre cellier plusieurs années ? Absolument ! Je dirais même qu'il a un potentiel d'endurance bien plus élevé que certains vins blancs ou rouges, supposément de garde... Mais comme pendant des décennies, la Champagne n'a pas commercialisé son vin comme un vin de garde, mais comme un vin de célébration, personne ne devine l'endurance de ce vin. Et pourtant...

Oui, le champagne et les mousseux de certaines appellations se gardent. 
Ils se conservent en cellier et se bonifient aussi bien que les vins tranquilles. 
Cependant, comme les vins effervescents ont toujours été commercialisés comme des vins de célébrations, des vins à consommer dès leur achat - qu'il soit de Champagne ou d'une belle appellation de bulles - aucune marque n'a véhiculé leur potentiel de garde.

Bien sûr, des nuances sont à apporter. Et comme avec les vins tranquilles, tous les effervescents ne peuvent se conserver avantageusement. 

En outre, si tous les vins effervescents sont prêts à boire dès leur commercialisation, certains gagnent à être attendus un certain temps selon les caractéristiques gustatives aspirées. 
Les cuvées issues d'un seul millésime, de prestige ou non, ont généralement des potentiels de garde de plus de 20 ans. 

Celles de Champagne vont évoluer comme un grand vin de Bourgogne blanc tandis que les mousseux d'appellation évolueront comme un vin blanc donné, dont le point commun sera le cépage ou l'assemblage des cépages.

Certaines grandes maisons de champagne véhiculent d'ailleurs, actuellement, cette réalité... ce potentiel de garde.
Alors que pendant des décennies, elles se sont attachées à vendre leurs cuvées pour être consommées de façon frivole, lors de réceptions et de fêtes où l'on tend son verre sans demander ce qu'on y verse, elles prônent aujourd'hui que le champagne est avant tout un vin blanc à part entière dont les paliers d'évolution gustative s'accordent adéquatement à table, sur des mets précis et travaillés. 

Et pour mieux démontrer les effets agréables du temps sur le champagne, certaines maisons mettent en marché de vieux millésimes, tardivement dégorgés.  
Moet & Chandon propose depuis 10 ans ses vieux millésimes dégorgés quelques mois avant leur commercialisation, Veuve Clicquot a sa gamme de Cave Privée, De Telmont se fait connaître avec sa collection Héritage, Lanson offre ses "Vintage Collection" dégorgés à la demande depuis plus de 30 ans et ses Extra-Âge font le bonheur des amateurs. 
Quant aux Plénitudes de Dom Pérignon, elles sont les ambassadrices de cette évidence. 

Toutefois, ses cuvées restent rares et dispendieuses. 
Et puis, il y a une nuance à apporter : elles ont attendue en cave champenoise avant leur dégorgement tardif. Elles ont donc attendue en tant que vin blanc en phase de champagnisation. Ce sont des vins qui sont prêts à boire pratiquement juste après leur dégorgement.

Les Brut Sans Année, ces cuvées qui composent 90 % de la production et qui passent 15 à 40 mois sur lattes avant leur dégorgement et leur commercialisation, sont aussi à découvrir comme des vins de garde, de moyenne garde certes.
Ce sont elles qu'il faut oser glisser une dizaine d'années dans nos celliers personnels pour mieux apprécier leur comportement et leurs saveurs d'évolution. 

Faites l'essai chez vous: acheter le BSA de votre maison préférée et oubliez-le au moins 8 ans. Vous le retrouverez arrondi par le temps et ce dernier lui aura transmis des arômes insoupçonnables à travers des bulles, certes moins vibrantes que dans leur jeunesse, mais tout aussi persistantes, si la qualité initiale était là.

Bref, même non issue d'un millésime ou d'une particularité qui en fait une cuvée spéciale, une bouteille de champagne a une endurance remarquable.

Dernièrement, j'ai eu le plaisir d'ouvrir la Cuvée des Millénaires Blanc de Blancs 1995 de Charles Heidsieck. 
Plusieurs fois dégustée, elle restera parmi mes plus grands souvenirs de dégustation de champagnes et je considère que cette cuvée est parmi les meilleures de la décennie 1990 de la région. 
Mais pourquoi cette ultime cuvée m'a encore ému ? 
Simplement parce que ce vin a été commercialisé à différents stades de dégorgement au cours des vingt dernières années, afin d'offrir au consommateur une fraîcheur contrôlée et un plaisir précis.
Et il se trouve que la bouteille consommée fut l'une de la première commercialisation (l'habillage de la bouteille a d'ailleurs changé au cours des années). 
Elle a donc attendue, déjà dégorgée, dosée et définitivement bouchée, dans mon propre cellier pendant 18 ans. 
On aurait pu s'attendre à un champagne fatigué, aux bulles éteintes et au rancio marqué. Or, ce Blanc des Millénaires 1995 a été à la hauteur des meilleurs Corton-Charlemagne ! Et le plus surprenant aura été son effervescence, toujours vive et étonnamment perdurante.

Le champagne est un immense vin de garde.

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8 mai 2019 par Monsieur Bulles
Rosé Brut du Château de Cartes Les progrès de la viticulture québécoise ont été remarquables depuis 30 ans, ceux en matière de vinification le sont tout autant depuis 10 ans ! La preuve ? Les bulles de la province. Aujourd'hui, la plupart de nos vignerons en font et il faut noter qu'il ne faut pas attendre plusieurs millésimes d'essais avant de les réussir. Avec une quinzaine de mois sur lattes, le rosé effervescent du Chateau de Cartes démontre que la patience engendre d'étonnantes cuvées.


Commentaire du Brut Rosé 2017 du Château de Cartes - Québec :


Curieusement discret au nez, ce vin étonne dès l'attaque en bouche par son caractère solide, voire tanique et ferme alors que le fruité rouge est pur, sans aucune note de sucre ou d'adjonction quelconque, encore trop souvent perçue dans certaines bulles de la province. 
Bref, on déguste un très bon mousseux rosé qui présente de légères notes de fraises et de noyaux de cerises. 
La vinosité domine la minéralité, la puissance est contenue. Le cépage st-croix a été judicieusement conduit.
On est en présence de bulles taillées pour la table, en tous cas pour une entrée ou un apéritif avec canapés variés et consistants.

Une très belle surprise qui confirme que les bulles sont l'avenir du Québec viticole, comme je le répète depuis 20 ans !

PS : attention, la cuvée dégustée (100 % st-croix non dosé) n'est peut-être pas la même qui est actuellement vendue en SAQ, présentant du radisson assemblé à du st-croix et dosé à 8 gr. 
Contactez le domaine pour de plus amples renseignements.
29,10 $ / Code SAQ : 12357453 / Représenté par l'agence Langevins au Québec

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6 mai 2019 par Monsieur Bulles
Lo Sparviere N.7 Les amateurs de vin seront peut-être étonnés d'apprendre que la famille Gussalli Beretta, célèbre pour l'arme qu'elle a créée, est aussi propriétaire de domaines viticoles en Toscane, dans les Abbruzes et en Lombardie. Dans cette dernière région, c'est évidemment du Franciacorta qu'elle élabore. Lo Sparniere (l'épervier) est la marque enregistrée pour l'exploitation agricole de 150 hectares, située à Monticelli Brusati. 30 hectares de vignes y sont consacrées pour l'élaboration du Franciacorta.

Commentaire de dégustation :

De l'hydromel au nez et de l'hydromel en bouche, du moins dans les arômes, c'est ce qui prédomine nettement en ce qui concerne ce vin effervescent, composé exclusivement de chardonnay.

La texture est dense, les bulles s'accrochent au sein d'une enveloppe qui rappelle tout de même le citron confit dans les saveurs, apportant ainsi la fraîcheur attendue des bons mousseux.

C'est un Franciacorta qui a assez de matière et de présence pour soutenir un plat à table à base de crème par exemple, toutefois, les gourmands s'y précipiteront dès l'apéritif avec quelques pailles feuilletées au fromage.
Conre étiquette Sparviere
31,25 $ / Code SAQ : 13921706 / représenté par l'agence Tocade au Québec

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3 mai 2019 par Monsieur Bulles
alignement de verres Les réseaux sociaux sont les meilleurs supports médiatiques pour analyser le comportement du consommateur et du lecteur contemporain. Et quel que soit le sujet abordé, on s'aperçoit que les articles les plus lus sont les articles les plus courts; les articles qu'on lit en 30 secondes. Logique me direz-vous. La forme et le sensationnalisme prévalent au fond et à la réflexion. Dans notre société de consommation compulsive où l'on prend pour aussitôt jeter, il semble dès lors paradoxal que le vin et ses attraits attirent de plus en plus d'amateurs. Car dans le fond, s'il y a bien un domaine qui nécessite du temps pour apprécier et pour mieux comprendre, n'est-ce pas celui du vin ? Pourtant, tout est devenu kleenex, même dans l'univers du vin...
Depuis les dégustations journalistiques personnalisées jusqu'aux grands salons viniques en passant par les lunchs avec vigneron, tout est devenu kleenex. 
Il faut aller vite, il faut déguster rapidement, il faut multiplier les verres, il faut tout goûter !

Dans les grandes cérémonies commerciales et publiques où le verre de dégustation est offert à l'entrée, je peux comprendre ce comportement avide du visiteur profane (ou avisé) à qui ont offre des centaines de vins différents. 
Son excitation additionnée aux sollicitations des agents commerciaux lui font tourner la tête rapidement et les tests de vins la lui font perdre, parfois...

Toutefois, même lorsqu'une verticale de vin est offerte - pourtant coûteuse et délicate à monter - le temps ne s'arrête pas, il continue de courir. 
Et dieu sait que s'il y a bien des vins à accueillir posément, c'est bien ceux qui ont été enfermés longtemps dans leur parois de verre. 

Mais l'époque est à la consommation compulsive; même avec le vin, produit qui pourtant, demande peut-être plus d'attention qu'un autre.
Ce comportement frénétique pourrait-il changer ? 
Je ne le pense pas parce que le vin, c'est une religion. 
Et quelle que soit la nature théiste de cette dernière, elles sont toutes altérées.

Il y a de plus en plus de salons des vins, plus ou moins pertinents, plus ou moins structurés, plus ou moins orientés. 
Cependant, il y en a de trop.
Il y a de plus en plus d'offres et la méthode pour le faire savoir est de plus en plus envahissante et répétitive parce que désormais, elle se fait à travers les réseaux sociaux.

Les grandes messes d'autrefois sont moins achalandées. 
On y retourne pour les soirées avec les vignerons, pour la poignée de main amicale serrée devant la table de dégustation, pour la photo souvenir, mais pas forcément pour le vin parce qu'on l'a déjà dégusté au cours de l'année; dans une autre assemblée. 

Ce sont vraiment des messes : elles se répètent, on y va par habitude, mais sans réelle foi et l'on pense surtout au coup qu'on va prendre tous ensemble, après.

Les salons des vins sont devenus nos églises.
Salon des vins

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30 avril 2019 par Monsieur Bulles
tradition par EO Avec une douzaine d'hectares de vignes en propriété sur des Grands Crus et des Premiers Crus, Francis Égly est devenu en quinze ans l'un des vignerons champenois les plus adulés des connaisseurs. Au cours des 50 dernières années, sa famille a pu progressivement acquérir les meilleures vignes sur Ambonnay, Bouzy, Verzenay et Vrigny, le domaine ayant été fondé au sortir de la Seconde Guerre mondiale. La particularité des champagnes Égly-Ouriet étant un faible dosage pour mieux définir le terroir, il faut une maturité précise des raisins, un long repos sur lattes et un usage dosé de la futaille : le gage d'une signature particulière.
Commentaire de la cuvée Tradition - Grand Cru - Brut :

Ce sont les mêmes sensations perçues au fil des années : cette cuvée sent d'abord la mine de plomb, la craie, puis elle développe des notes plus populaires, plus faciles à déceler après une certaine aération. On entre alors dans une pâtisserie où les fruits secs et le sucre brun se laissent respirer. 
Même impression en bouche où, après une attaque minérale, un peu saline, l'effervescence vive et étirée, transporte des accents corsés, voire fumés. 
C'est un très bon champagne, constant dans ses caractéristiques, idéal pour découvrir la signature de la maison, à déguster à l'apéritif bien sûr, ainsi qu'à table sur une entrée chaude, par exemple, de feuilleté au ris de veau.
114 $ / Code SAQ : 13319475

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25 avril 2019 par Monsieur Bulles
2009 de H. Blin Alors que l'excellent millésime 2008 de la plupart des maisons est en vente depuis 2 ans, on voit le 2009 sortir progressivement et comme toujours avec les années en 9 depuis 50 ans en Champagne, on déguste des vins plein et mature dès leur commercialisation. C'est en s'associant à 28 confrères récoltants en 1947 qu'Henri Blin enregistre la coopérative qui porte son nom. Bénéficiant alors d'une quinzaine d'hectares, ceux-ci vont grossir avec le temps pour atteindre aujourd'hui 110 hectares que se partage une centaine d'adhérents qui mettent en avant le pinot meunier, majoritaire dans les cuvées de la marque.
Commentaire de la cuvée Vintage 2009 Brut de H. Blin :

Vraiment expressif au nez - comme plupart des 2009 déjà commercialisés - et particulièrement pâtissier, on perçoit des notes de crème aux oeufs, de kouglof, puis de réglisse à l'aération. L'effet beurré perdure en bouche, ce sont alors des arômes de pâte sablée qui s'accrochent aux papilles grâce aux perles de la texture crémeuse. 
Quelques amers tutoient l'acidité de jeunesse qui pointe encore en finale, ce champagne plus mature rapidement que le millésime qui a précédé, est délicieux à boire aujourd'hui et les patients qui ont un cellier, pourront aussi l'y glisser jusque 2024.
Je préconise aux impatients de l'accompagner avec un homard - qui arrive bientôt sur le marché - au beurre blanc aromatisé de sel de truffe (léger sur la truffe)...
72 $ en importation privée / agence Cellier des Cigales : 514 352 2888

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23 avril 2019 par Monsieur Bulles
les réseaux sociaux Sans internet, ils n'existeraient pas. Et avant internet, ils existaient peu, ils n'avaient pas de crédibilité, certains ne connaissaient ni le vin, ni la gastronomie. La plupart ne travaillaient pas dans le vin ou la gastronomie, et la majorité ne travaille toujours pas dans ce milieu. Qui ça ? Les influenceurs (-ceuses). Leur force ? Le culot et l'ambition. Leur faiblesse ? Le culot et l'ambition.
Aujourd'hui, leur crédibilité est validée par leurs "selfies" et le nombre de "likes" sur leurs publications. Ils ne vantent pas leur pertinence lorsque vous les croisez, ils vantent leurs "likes"; qu'ils peuvent acheter, puis monnayer, pour pouvoir se faire de nouveau inviter dans les dégustations, les soirées, les évènements ou mieux, pour négocier un voyage, tous frais payés !

Le but est de se montrer. Et de montrer qu'on vous a regardé, qu'on vous a "liké" !

Car il n'est pas utile d'être compétent pour être influenceur (-ceuse). 
Il suffit d'être au bon endroit, au bon moment, et de le faire savoir. Et parfois, de copier/coller !

Et si vous postez un selfie avec une personnalité, souvent plus gênée qu'enjouée d'avoir été alpaguée, vous devenez l'influenceur (-ceuse) du moment, de la semaine, du mois, de l'année. 
L'influenceur des influenceurs, ouah ! 

A vrai dire, tout cela ne me dérange pas. 
Notre société vit à travers les petits écrans qui donnent l'illusion à ceux qui en abusent qu'ils ont la reconnaissance d'un public, même s'ils ne le connaissent pas, ce public. 
Ces petits écrans miroirs font du bien à l'égo; on se sent suivi, aimé, reconnu, voire désiré. 
Ils sont devenus essentiels pour nos ados qui traversent justement une période où tout doit se rapporter à leur égo. 
Les parents, les adultes, comprennent cette période, ils la subissent, ils en rient, ils laissent le temps faire son oeuvre. 
La vie est ainsi.

Cependant, les réseaux sociaux confirment un état d'esprit, propre à ce début de siècle : l'état "adulescent". 
Un adulte à l'esprit adolescent.
Y en aurait-il beaucoup chez les influenceurs (-ceuses) du vin et de la gastronomie ?

Ils n'affichent pas l'étiquette du vin, le verre de vin, la bouteille ou le vigneron. 
Ils s'affichent avec l'étiquette du vin, le verre de vin, la bouteille ou le vigneron. 
Et bien sûr, leur visage ou leur silhouette est bien plus visible que le produit montré.
Tout cela n'est que formel. Tout est dans la façade. 
À une époque où le poids des mots est occulté par le choc des photos, c'est bien normal. 
Que Paris-Match se le tienne pour dit !

Les réseaux sociaux sont des flatteurs d'égo et depuis qu'ils existent, on accepte ces manifestations, souvent pathétiques, qui illustrent une société en manque d'amour et, paradoxalement, en manque de communication. 
Parce que j'entends souvent l'influenceur (-ceuse) se défendre, en me répondant qu'il communique, qu'il donne son opinion, lorsque je lui manifeste mon avis au sujet de ses likes vantards. 
La preuve, me répond t-il, qu'il communique : ses milliers de "followeurs" attendent son opinion. Ses followeurs spontanés et... achetés.
Et pour mieux se justifier, il affiche aussi tous les "Award" qu'il a reçus, tous les pseudo diplômes accrédités seulement par l'entreprise qui les donne !  Et parfois, cette entreprise n'est que virtuelle, elle n'existe que sur internet ! Ben oui, autant s'auto-congratuler entre nous !

Peut-on s'entendre sur le fait que balancer 50 fois la même photo de soi-même, habillé ou en déshabillé, avec un steak frites, un verre de vin, une crème de jour ou un sac à main, debout, assis ou à quatre pattes, n'est plus une transmission d'information, mais bel et bien une transmission de sa névropathie. Presque un appel au secours...

L'influenceur (-ceuse) ne cherche que la reconnaissance d'autrui, aussi éloigné et inconnu, soit-il. Il pense communiquer, mais il communique avec son miroir, ses selfies. C'est plus rassurant. Et ça fait tellement du bien de compter les "likes" qui apparaissent. C'est le prozac du 21 ème siècle !

Je vous assure, tout cela ne me dérange pas. Non, ce n'est pas cela qui me dérange.

Ce qui me dérange aujourd'hui avec eux, c'est l'absence d'humilité et le désir de plaire à tout prix ! 
Au prix de dégrader leur propre image, sans même sans rendre compte. 
Parce qu'il y en a des honnêtes et des compétents, des influenceurs (-ceuses). Mais ils sont devenus minoritaires. 
Et cette minorité n'ose pas dénoncer la majorité. Elle est obligée de suivre, voire de subir les excès de cette dernière. La solidarité est un principe chez l'influenceur (-ceuse). Plaire à n'importe quel prix.

Au prix, par exemple, de dégrader le vin qu'il montre, sans même que le vigneron ou son représentant ne s'en rende compte. 

Comment ?
Par le plus vieux procédé du monde que l'homme ou la femme connaisse. 
En dévoilant sa plastique, en affichant ses courbes !

Le produit est devenu une excuse pour s'afficher de quelque bonne ou mauvaise manière que ce soit et surtout, coûte que coûte ! Glissez les bidous par ici...

Oui, je sais, certains lecteurs vont me répondre : "tu le fais aussi, on te voit avec tes bouteilles dans tes voyages, entouré de vignerons ou d'autres journalistes privilégiés".
En effet, je le fais aussi. Je me suis adapté. J'ai évolué avec mon temps. Un temps passablement bousculé, soit dit en passant, dans les métiers de l'information.
Et j'en suis plutôt fier parce que je suis issu de cette génération, née sous De Gaulle, qui a commencé au stylo ! Même pas à la machine à écrire ! J'ai touché mon premier clavier d'ordinateur à 25 ans ! Vous imaginez donc le grand écart d'adaptation : passer de l'encre à l'écran !

Alors oui, j'assume tout.

Mais vous ne me verrez jamais les fesses à l'air ou autre chose à l'air, avec une  bouteille à la main.
Et pourtant, je vous jure que je peux avoir les services du meilleur photographe au monde pour les mettre en valeur... ces bouteilles !

Les derniers billets de Marc Chapleau - celui-la - et de Marc-André Gagnon - celui-la - parlent clairement de Joanie Métivier qui, malgré la régulière couverture des dégustations auxquelles elle participe, prouvant sa bonne volonté professionnelle, ne gomme pas la façon aguichante et dérangeante de faire valoir cette dernière. 

D'où la controverse de ces derniers jours...

Dans tous les cas, Joanie Métivier doit avoir la caution et la considération de bien des agences de vins puisqu'elle reçoit régulièrement de leur part, des bouteilles et des invitations à luncher et à voyager avec son conjoint. 

Et elle s'est vue récemment offrir la rédaction en chef du magazine Vins & Vignobles, publication de référence dans notre domaine depuis 20 ans, au Québec. 
Elle l'a naturellement annoncé sur les réseaux sociaux. 

Quelqu'un a donc bien dû lui trouver de la compétence, au-delà de ses courbes dévoilées ! Non ?

Donc, à moins que ce magazine ne se glisse dans les prochains mois, dans le rayon des librairies où l'on place habituellement les revues de la catégorie "Adultes", laissons à la jeune femme le temps et la réflexion pour démontrer sa responsabilité, sa pertinence et sa légitimité à travers cette nouvelle fonction.

Comme la formule le dit : laissons-lui une chance.
Car, en ce qui me concerne, je préfère me convaincre - en fait, je l'espère - que Joanie Métivier traverse seulement sa crise d'adulescence...

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