23 oct. 2020 par Monsieur Bulles
Orpale 1985 par De Saint-Gall Cette cuvée de champagne a 35 ans au moment de sa dégustation et elle confirme une fois de plus que l'appellation dont les bouteilles sont généralement consommées dans les 48 heures qui suivent leur achat, est également celle qui offre de magnifiques vins de longue garde ! Le champagne est un vin dont on ne soupçonne pas assez l'endurance aussi solide que les meilleurs vins blancs de Bourgogne, voire ceux du Jura... L'Orpale 1985 du Champagne De Saint-Gall témoigne de ce fait.

Commentaire de la cuvée Orpale 1985 du Champagne De Saint-Gall (dégustée en octobre 2020) :


La robe est floue, dorée et le plus épatant reste l'effervescence aux bulles évidemment menues, toutefois abondantes et foisonnantes, qui dansent dans le verre, alors qu'on était en droit de constater un vin plus tranquille que mousseux.
Le nez est expressif, captivant, curieusement sans notes de rancio trop prononcées. 

Au cours de la soirée que cette cuvée célèbrera avec un repas de sushi (thon rouge, anguille, tempura, etc), ses arômes ne vont pas s'échelonner, mais plutôt s'entrecroiser. 

Ainsi, comme toutes les saveurs des vins blancs âgés à base de savagnin et/ou de chardonnay qui nous ensorcèlent par leur profondeur, leur rareté et leur mystère, celles de ce champagne vont s'offrir et perdurer tout le long du repas : zestes d'oranges confites, raisins secs, noix de Grenoble, sirop d'érable, croissant frangipane, miel, praline, vernis, grué de cacao, tiramisu, cappuccino, caramel salé et même une trame saline, toujours présente, dans l'enveloppe d'une texture pleine, soyeuse et tapissante. 
Immense et mémorable : un grand moment de dégustation de bulles somptueuses.
La cuvée Orpale 2002 de De Saint-Gall est disponible en SAQ, au Québec, à 145,50 $

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12 oct. 2020 par Monsieur Bulles
Désir Extra-Brut par Doyard-Mahé Basé à Vertus, au sud de la Côte des Blancs, la famille Doyard-Mahé est dans l'univers du champagne depuis un siècle. Propriétaire de six hectares de chardonnay classés Premier Crus, la vigneronne Carole Doyard est l'arrière petite-fille de Maurice Doyard qui fut co-fondateur du CIVC (Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne) en 1941. Représentant la quatrième génération, Carole a d'abord travaillé en cave avec son père dès 2005, alors qu'elle suivait des études en viticulture, puis en 2009, la direction de l'entreprise lui a été transmise. Six champagnes, un coteaux champenois et un ratafia sont élaborés par la maison, je vous présente ici la cuvée Désir, un Blanc de Blancs, établi en Extra-Brut.
Commentaire de la cuvée Désir - Extra-Brut - Doyard-Mahé :

Le nez est expressif et le crescendo aromatique particulièrement net :  macaron léger aux amandes, pain brioché et sensation de craie se succèdent jusqu'à l'aération qui offre quelques accents salins. La bouche est curieusement et agréablement gourmande pour un extra-brut, comme si le chardonnay de base était issu d'une année chaude (2015 ?). 
Les bulles sont encore jeunes et fougueuses en bouche, leur foisonnement installe l'amplitude et la texture crémeuse attendue tout en véhiculant les arômes initiaux perçus, de pâtisseries peu beurrées. 
Entre vivacité et justesse du dosage, on déguste finalement un champagne qui se démarque par son énergie, donc impeccable en apéritif, toutefois assez solide pour passer à table sur une entrée de ris de veau saisis au beurre salé ou un carpaccio de pétoncles si vous préférez le sel plus iodé ! 
Le champagne Doyard-Mahé est représenté au Canada par le Club de Vin et importateur Opimian (en importation privée au Québec).

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31 août 2020 par Monsieur Bulles
Brut Nature par Joseph Perrier Elle va fêter ses 250 ans en 2025 et pourtant, la maison Joseph Perrier n'est pas la plus connue du grand public. Solide et respectée, elle est la dernière maison toujours installée dans l'ancienne capitale commerciale de la région, Châlons-en-Champagne. Au cours des 5 dernières années, la direction générale et la direction des caves ont été transmises à une nouvelle génération qui, pour mieux signaler un vent de renouveau, signe le premier Brut Nature de la famille. Verdict ?

Commentaire de la cuvée Brut Nature de Joseph Perrier :

Alors qu'on pourrait s'attendre à un champagne à la vivacité marquée étant donné la catégorie (Nature / 0 gr), on déguste un vin blanc à la vinosité blonde, construite par le temps. 
Le fruité blanc est net, toutefois légèrement confit (citron confit), gagné par des notes de poires pochées, puis de pêches après un certain temps dans le verre.
La texture est en harmonie avec cet ensemble aromatique mature, elle est onctueuse, illustrée par des perles nouées, longues en bouche.
Aucun accent pâtissier, ni même l'habituel caractère brioché des champagnes dans ce Brut Nature, juste un soupçon épicé qui englobe le volume crémeux. 
On perçoit un travail de patience mené en cave afin de trouver l'équilibre entre l'épanouissement et la fraîcheur conservée, afin d'obtenir une cuvée prête à boire au moment de sa commercialisation. 
Un champagne certes apéritif, que je préconise cependant en ouverture de table, sur un plat d'entrée où s'entremêlent poissons et fruits de mer.
En importation privée au Québec auprès de l'agence Vintage & Associés

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21 août 2020 par Monsieur Bulles
le sommelier À la veille de concours de sommellerie dans le monde, dont celui du Québec qui aura lieu à la mi-septembre 2020, je m'aventure sur le délicat sujet du commentaire des vins dégustés à l'aveugle (on dit aussi à l'anonyme). Ayant été juge dans plusieurs compétitions officielles, j'ai noté un fait qui semble s'accentuer avec le temps : les candidats nomment une multitude exagérée, et parfois irrationnelle, d'arômes perçus, au cours de cette épreuve. Alors que l'étude de Charlotte Sinding* - qui a déjà 8 ans - soutient qu'un dégustateur profane ou professionnel ne pourrait percevoir et retenir que 4 odeurs, pourquoi un sommelier compétiteur joue la carte de la démesure ?
Oui, certains cépages ont des personnalités si abouties qu'ils dégagent un, deux, voire trois arômes évidents.
Mais pas 36 !
Dans tous les cas, pas autant au moment d'une dégustation de compétition qui dure entre 3 et 5 minutes.
Sur le papier, oui. Un ou des cépages assemblés, développent une multitude d'arômes, selon des stades d'évolution provoqués par le temps qui passe. 
Parce que c'est justement le temps (et l'oxygène) qui imprègne le vin et fait évoluer ses arômes.

"On décèle des notes de citron, d'agrumes variés, de pommes, de gâteau au fromage qu'on aurait aromatisé aux zestes, puis de miel à l'aération, d'hydromel qu'on aurait laissé trop longtemps sur la table. Il y a une touche beurrée aussi, un peu caramélisée qui rappelle les bonbons butter scotch. C'est un vin d'une belle minéralité. Qui me rappelle la mine de crayon, un peu la coquille d'huîtres... J'y perçois aussi un caractère humide qui rappelle le grenier de ma grand-mère..."

Voilà le genre de commentaire "court" de l'analyse olfactive, que j'ai déjà entendu dans une épreuve !
Imaginez ce qui a suivi lorsque le candidat à donné son avis, après avoir pris le vin en bouche !

Entre les paradoxes aromatiques de cette description et la personnalisation d'un arôme perçu, au demeurant touchant (le grenier de la grand-mère), il est clair que le candidat a ici, joué, d'une certaine habileté. 

Mais il a manqué de perspicacité. 
Ou il a pris les membres du jury pour des sots.

Pourquoi ?

Parce que pour mieux montrer son savoir, pour mieux se protéger aussi, le candidat énonce en fait, des arômes primaires, secondaires et tertiaires (comme on dit), et même des notes qui connotent un défaut.
Forcément, il y a bien un ou deux arômes mentionnés qui auront été effectivement présents dans le vin.
"Je vais étaler ma science, je vais y glisser un peu d'originalité, et le tour sera joué." se disent certains sommeliers compétiteurs face à un jury.

Et bien non.
Je suis désolé. 
Un verre de vin présenté dans un concours ne peut pas présenter autant d'arômes.

En règle générale, le jury a testé le vin juste avant l'épreuve (la même bouteille), il a noté les arômes évidents pour s'attendre à les lui voir présentés simplement, sans fioriture, sans poésie.

Cependant, les feuilles de correction du jury ne semblent pas proposer des retraits de point face à ce genre de commentaire de vin puisqu'au cours de trois compétitions sommelières auxquelles j'ai assisté en 2016, en tant que spectateur, tous les candidats ont adopté le même comportement avec, évidemment, des nuances dans les analyses, et tous, se sont vus féliciter et obtenir la majorité des points pour cette partie d'épreuve !

Pourquoi cela m'a t-il interpellé ?
Parce que nous avons pu, avec quelques collègues du milieu, déguster par la suite, les vins de l'épreuve...
Aucun n'aurait pu recevoir les commentaires pléthoriques entendus. 

Cela m'a fait penser aux contre-étiquettes qui pullulent, en suggérant une profusion de mets incongrus avec le vin que la bouteille contient. C'est grotesque.

Peut-être donc, qu'en matière de consommation comme en matière d'interprétation des alcools, la modération a effectivement meilleur goût...


"Perception des mélanges d'odeurs" par Charlotte Sinding - Thèse soutenue en 2012 (Docteur de l'Université de Bourgogne).

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6 août 2020 par Monsieur Bulles
service Comme pour les vins tranquilles, le temps marque le champagne qu'on garde en cave, chez soi. Car oui, le champagne est un vin qui se garde ! Et pour mieux vous conseiller de tenter l'expérience de laisser des bouteilles dans votre cellier, durant quelques années, voici une idée des saveurs que vous dégusterez plus tard...
Dans l'univers des vins effervescents et en particulier dans celui du champagne, on parle de Blanc de Blancs lorsque le vin comporte essentiellement du chardonnay et de Blanc de Noirs lorsque le vin comporte surtout du pinot noir et/ou du pinot meunier.  Si ces 2 catégories offrent évidemment deux palettes aromatiques et gustatives différentes, elles évoluent chacune de leur côté avec le temps qui passe et ce sont ces étapes que je vous présente ici, pour mieux apprécier la richesse du champagne. 
Sachant qu'en général, les bons champagnes non millésimés sont commercialisés 2 à 3 ans après leur élaboration, les fourchettes de durée mentionnées en tiennent compte.   

Blanc de Blancs: moins de 5 années après achat   

La robe sera de couleur ivoire à jaune très pâle aux reflets verts, le nez sera axé vers les fleurs blanches ou roses, les fruits blancs et jaunes acidulés et les notes herbacées. En bouche, l'acidité, la nervosité et la fraîcheur qui rappellent souvent le sel (minéralité) seront nettes et expressives. L'effervescence sera fougueuse ou aérienne.   

Blanc de Blancs: 5 ans à 9 ans après achat   

La robe présentera une couleur jaune or pâle, plus soutenu si le vin a connu un séjour en fût. Le nez sera axé sur les fruits blancs et jaunes très mûrs, quelques notes de fruits séchés se laissant facilement capter, un caractère qui rappelle le beurre frais et les pâtisseries feuilletées sera également perceptible. En bouche, l'acidité sera moins tranchante, toutefois décelable en finale de dégustation, le caractère de l'effervescence se fera plus charnel.   

Blanc de Blancs: au-delà de 9 ans après son achat.   

La robe présentera une couleur dorée aux reflets qui rappellent les nuances du bronze.  Le nez se montrera cuit ou grillé avec toutes les nuances également, en fonction de la nature de l'arôme perçu: pain, fruits, graines, noyau, pâtisseries, champignons, etc... En bouche, la texture sera ronde et enveloppante, elle pourra toujours être marquée par une fine acidité quand le vin sera de grande qualité. 

Blanc de Noirs: moins de 5 années après son achat  

La robe sera de couleur chair à jaune pâle aux reflets blonds, le nez sera axé vers l'anis, le fenouil, les feuilles d'arbustes, les baies rouges et les fleurs blanches. En bouche, l'acidité sera enrobée par la rondeur du vin. Les flaveurs pourront rappeler le thé aux fruits rouges, les agrumes confits, voire la réglisse. L'ensemble sera plus consistant que tendu, la texture sera accrocheuse.   

Blanc de Noirs: 5 ans à 9 ans après achat.     

Comme pour un Blanc de Blancs, la robe présentera une couleur jaune or pâle, plus soutenu si le vin a connu un séjour en fût. Le nez sera axé sur les fruits jaunes très mûrs, les petites baies rouges et les fruits secs tels que les amandes, les noisettes, voire les pistaches, ainsi que les céréales sucrées ou grillées. Si un caractère pâtissier se laisse saisir, il rappellera les tartes à la crème pâtissière et aux fruits blancs et les feuilletés peu beurrés. En bouche, les arômes seront légèrement toastés - plus blonds que bruns - ou cuits, la texture sera satinée et présentera une fine acidité dans son enveloppe.   

Blanc de Noirs: au-delà de 9 ans après son achat.   

La robe présentera une couleur dorée ou ambrée aux reflets qui rappellent les nuances du vermeil.  Le nez se montrera expressif, plus grillé que toasté, voire puissant et rappelant les eaux-de-vie. Les arômes seront légers ou marqués, souvent axés sur les fruits en compote, le miel, le sirop d'érable, les notes de  sous-bois, les feuilles mortes mouillées, les champignons, la torréfaction de grain. En bouche, la texture sera ronde et enveloppante, l'impression de plénitude et de gourmandise sera nette et longue.

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11 jui. 2020 par Monsieur Bulles
Brut Réserve - Charles Heidsieck Trop longtemps occultée par la grande soeur Piper, la maison Charles Heidsieck renaît... La vie de Charles Heidsieck fut si pittoresque qu'elle fut portée au cinéma, incarnée par Hugh Grant ! Issu d'une famille allemande installée en Champagne depuis plusieurs décennies, il fonde sa maison en 1851 avec son beau-frère Ernest Henriot. Élégant, éduqué et ambitieux, il a su conquérir le marché de la jeune Amérique d'alors, puis celui de l'Europe de l'Est. Aujourd'hui propriété du groupe EPI, l'élaboration des vins a été confiée au chef de cave Cyril Brun en 2015 qui perpétue un style unique, illustré par des vins intenses et profonds.
Les amateurs d'histoire en sauront plus en cliquant sur ce lien.

12, allée du Vignoble  51100 Reims 
03 26 84 43 00 

Commentaire de la Cuvée Brut Réserve 

Expressif dès le premier nez, ce champagne présente un crescendo aromatique charmeur, évidemment intense après quelques minutes dans le verre : on perçoit d'abord des notes de biscuits sablés, des pêches chaudes, puis d'ananas grillé et enfin des toasts grillés blonds. 
Plus grillé, voire même épicé en bouche, il se montre très rond grâce à une effervescence crémeuse et longue. On y retrouve les saveurs initiales qui s'agitent sur les papilles, donnant envie d'en reprendre.
C'est un champagne charpenté, à la vinosité blonde et au contour délicatement minéral, un champagne de gourmand qui aime les bulles à table sur un plat où la pâte feuilletée beurrée ou les champignons poêlés seront les bienvenus. 
Une cuvée qui entre parmi les meilleurs « Brut Sans Année » des grandes maisons. 
67,50 $ au Québec / Code SAQ : 13677272

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10 jui. 2020 par Monsieur Bulles
Pol Roger - Royal Warrant Si vous regardez de plus près la coiffe ou les épaules de certaines bouteilles de champagne, vous apercevrez un cachet avec cette inscription : « By appointment to Her Majesty the Queen ». Qu'est-ce que c'est ? Il s'agit du Royal Warrant, le brevet royal de la cour d'Angleterre accordé à des sociétés qui vendent leur création à la maison souveraine. De multiples produits, depuis un chandail de laine jusqu'à de la porcelaine, en passant par un tracteur (!) ont reçu la caution officielle de la reine ! À quoi sert-elle ?
À rien !
J'exagère un peu.
C'est une reconnaissance officielle, une mention honorifique qui, certes, aident les ventes du produit gratifié si le consommateur porte une attention particulière à ce qui entoure une cour royale. 
Le sceau rassure le consommateur qui s'imagine partager les mêmes goûts que l'aristocratie régnante. 
En aucun cas, il ne s'agit d'une garantie de qualité même si un comité a la charge de vérifier la nature des produits. 
La plupart des Royautés de ce monde ont et offrent leur sceau de fournisseur, depuis la Suède jusqu'à la Thaïlande en passant par le Japon. 
Même les monarchies déchues comme celle de la France, de la Hongrie, de la Roumaine ou de la Russie véhiculent encore leur caution.

Il faut noter que les brevets sont multiples au sein d'une même famille royale. La Britannique présente par exemple, celui de la Reine, celui du Duc d'Édimbourg et celui du Prince de Galles. 

Elle a présenté également le brevet de la Reine-Mère jusqu'en 2007. Celui-ci ayant été supprimé 5 années après le décès d'Élizabeth 1ère.

Jusqu'à aujourd'hui, la famille Britannique autorisent 9 maisons de Champagne à présenter l'armoirie officielle. Certaines maisons peuvent disposer de plusieurs brevets royaux, issus de cours différentes.

Moët & Chandon, Louis Roederer, G. H. Mumm et Veuve Clicquot-Ponsardin disposent du brevet de la cour royale d'Autriche-Hongrie.
Quant à la cuvée Cristal de Louis Roederer, elle est la seule à disposer du brevet de la cour royale Russe.

Combien ça coûte ?

Et bien curieusement rien ! 

Ces brevets sont décernés gratuitement. Aucune catégorie de transaction et aucun troc ne sont permis. Toutefois, en ce qui concerne les brevets Britanniques, une cotisation de 600 livres est prescrite, ce qu'on considèrera comme modeste au regard de ce que l'armoirie peut rapporter au niveau commercial. 
  
Les règles peuvent évoluer. Ainsi, les fournisseurs officiels de la Reine d'Angleterre étaient autrefois exempts de taxes marchandes ou d'impôts. Enfin, sauf exception (voir Cristal de Roederer), le Royal Warrant britannique est décerné à une entreprise pour l'ensemble de ses produits et non pour un seul produit, afin d'éviter que les consommateurs sachent quel est ce dernier, consommé par la reine ou le roi.

Est-ce profitable ?

Autrefois oui. Aujourd'hui peut-être. 

En effet, certaines marques ne véhiculent plus systématiquement l'information dans leurs communiqués ou leurs produits, jugeant peut-être qu'elle apparaît désuète, archaïque, anachronique ou précieuse au regard de nouveaux marchés à conquérir. 
Quoi qu'il en soit, les brevets royaux habillent les coiffes ou les étiquettes de bien des vins effervescents ou tranquilles. La cour britannique étant la plus célèbre et la plus populaire, voici la liste chronologique des champagnes qu'elle a brevetés, dans la langue officielle :  

Champagne Lanson : Purveyors of Champagne HM The Queen Master of the Household - Obtenu en 1900   
 
Champagne Bollinger : Purveyors of Champagne HM The Queen Master of the Household - Obtenu en 1955   

Champagne Moet & Chandon : Purveyors of Champagne HM The Queen Master of the Household - Obtenu en 1955    

Champagne Veuve Clicquot-Ponsardin : Purveyors of Champagne HM The Queen Master of the Household - Obtenu en 1955    
 
Champagne Louis Roederer : Purveyors of Champagne HM The Queen Master of the Household - Obtenu en 1962    

Champagne Krug : Purveyors of Champagne HM The Queen Master of the Household - Obtenu en 1962    

Champagne GH Mumm & Cie : Purveyors of Champagne HM The Queen Master of the Household - Obtenu en 1964    

Champagne Laurent-Perrier : Purveyors of Champagne HRH The Prince of Wales Obtenu en 1998    

Champagne Pol Roger : Champagne Supplier HM The Queen Master of the Household - Obtenu en 2004

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2 jui. 2020 par Monsieur Bulles
Pierre tombale de dom Pierre Pérignon à Hautvillers Parmi les petites histoires de la légende sur la création du champagne, il y a celle du voyage de dom Pérignon à Limoux pour y parfaire ses connaissances en vinification... Cette anecdote assiérait les compétences du moine dont parlent ses contemporains et elle cautionnerait aussi les travaux d'une vie de recherches pour rendre meilleur le vin d'alors, voire pour le rendre effervescent... Cependant, si l'on se fie précisément et seulement aux écrits d'époque, le célèbre procureur de l'abbaye d'Hautvillers dont on a fait le père du champagne, n'a jamais bu un seul vin mousseux de sa vie, qu'il soit de son terroir ou d'un autre...



Bien sûr que dom Pérignon a bu du champagne, son champagne ! 
Toutefois, son vin était tranquille.

La question n'est pas qui a inventé l'effervescence dans le vin ? Puisque la réponse est simple : la nature seule l'engendre, la maintient ou la défait.

La question est : qui a désiré créer de l'effervescence et la maintenir dans une bouteille ? 

Cette question génère bien des débats et agace souvent les représentants de certaines régions viticoles où le vin pétillant est emblématique ou populaire (Champagne, Limoux, Angleterre, Lombardie, Pénédès, etc). 
Chacun "défend son biscuit" en apportant un argument historiquement archivé pour mieux commercialiser ses bulles.

Le vin effervescent embouteillé est, en fait, une création empirique et collective, tributaire de l'évolution des techniques de vinification et de conditionnement, des modes de consommation et des arts de la table, dans toute l'Europe "post-Renaissante".

Et concrètement, ce serait plutôt le climat qui aurait engendré l'effervescence vinique : ce qu'appellent les climatologues, le petit âge glaciaire, une période de refroidissement qui a touché l'Europe durant 4 siècles, dont certaines décennies ont présenté des étés froids et des hivers glacials. 
Les conséquences ont été nombreuses et variées, celles qui ont touché la flore et sa conduite par l'homme ont été déterminantes dans l'apparition de nouveaux produits dont le vin... qui devînt pétillant. 
Les régions dont l'amplitude thermique quotidienne était au demeurant conséquente - c'est à dire les zones montagneuses - présentaient déjà des vins pétillants. Les manuscrits des communautés monastiques de Catalogne, du Valais, du Piémont, de Lombardie ou du Trentin en parlent régulièrement. 

Même si elle n'était ni comprise, ni expliquée, on l'observait : la fermentation alcoolique était freinée naturellement dans les caves par la fraîcheur des Alpes ou des Pyrénées pour donner des vins avec du sucre fermentescible résiduel, peu alcoolisés et pétillants. 
Le nord de l'Italie et le sud de la France - logiquement aux mêmes latitudes - foisonnaient d'abbayes viticoles et brassicoles. Et de celles qui ont laissé des souvenirs manuscrits, on peut y trouver des mentions de vin qui se transforme parfois curieusement, qui bouge, qui dévie, qui frémit dans les tonneaux ou qui, lorsqu'on l'enferme dans un flacon, se met à l'éclater ou à en sortir violemment. Bref, le vin devient quelque chose qu'on ne désire pas ! 
Qu'on ne désire pas encore...

L'industrie et les autorités contemporaines du vin ont accepté que la communauté Bénédictine de Limoux soit la gardienne des origines officielles des premières bulles dans une bouteille de vin. L'attestation est un des livres de comptes du calvaire de la ville, datant de 1544, mentionnant une blanquette commandée en bouteille par le seigneur local d'Arques. Écrit en "franco-occitan d'alors", il n'y ait pourtant pas fait mention d'effervescence...
 
De leur côté, les Britanniques attribuent à leur compatriote Christopher Merret (Morret dans certains écrits) - médecin naturaliste - l'observation et l'explication de la seconde fermentation en bouteille dans les années 1660, ayant entraîné l'essor des vins pétillants dans les cours royales européennes. S'appuyant sur une présentation archivée (d'édition post-mortem), qu'il a donnée à la Société Royale de Londres, aucune ligne ne mentionne un terroir viticole quelconque ou des cépages adéquats. Et sa thèse ne présente pas les étapes d'une construction, mais seulement la recommandation d'emploi de sucre ou de mélasse pour améliorer le vin (ou le cidre !), procurant parfois une effervescence dans le produit fini.

Quant à dom Pérignon, inconnu jusque dans les années 1930 si ce n'est des familles légataires de l'abbaye d'Hautvillers, il doit sa renommée a une habile édification de ses talents dans un but d'abord commercial, qui a néanmoins mené à des recherches historiques substantielles, malheureusement parfois, librement interprétées et rarement corrigées. 
Et si l'historien doit s'en tenir aux faits authentiquement retranscrits, dom Pérignon a seulement séparé les variétés de cépages lors des vendanges, répertoriés les meilleurs et élaboré d'excellents vins tranquilles dont la popularité est allée jusqu'à Paris. 
Ses travaux ont considérablement apporté à l'univers viticole et vont influencer ses successeurs. Parmi ces derniers, certains s'orienteront vers les bulles. 
Aucun écrit, cependant, ne mentionne les siennes...

Véhiculer que les moines de l'abbaye de Saint-Hilaire de Limoux embouteillaient du vin pour le rendre pétillant relève de la fable.

Véhiculer que c'est au cours d'un pèlerinage chez ses confrères Bénédictins de l'Aude que le jeune dom Pérignon a observé le phénomène de l'effervescence pour mieux l'étudier à Hautvillers, en Champagne, relève de la fable.

Et véhiculer que Christopher Merret a défendu, voire enseigné la seconde fermentation vinique relève de la fable.

Le devoir et la passion ont sans aucun doute guidé ces hommes. Tous ont contribué à améliorer les vins tranquilles grâce à la nature et pour des raisons commerciales. 
Certains vins devenant effervescents, ils ont été recherchés par une infime minorité de consommateurs nantis d'alors, issus de l'aristocratie anglaise et française qui ont fait confiance aux disciples de ces précurseurs.
 
En somme, Dom Pérignon, Christopher Merret et les moines de Limoux ont été les premiers influenceurs de l'industrie du vin effervescent. 
Mais ce sont leurs émules qui ont désiré, en bouteille, faire des bulles.
DP à l'accueil de la maison Moët & Chandon
Source : Champagnes, guide et révélations / G. Revel / Édition IQ

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24 juin 2020 par Monsieur Bulles
Cuve Ovum chez Drappier Le champagne est un vin d'assemblage de récoltes depuis environ 150 ans. C'est à dire qu'on a décidé un jour qu'on ajouterait à la dernière récolte, du vin des précédentes années qu'on a précautionneusement conservé en cuve. Une mesure qui vise aussi bien la garantie de qualité que celle de la quantité, une mesure pertinente qui sauve la Champagne de façon cyclique...
Alors qu'ils ont toujours été issus d'une seule récolte, pratiquement systématique jusqu'au milieu du XIXème siècle, les champagnes sont devenus des multi-millésimes (le terme millésime ne sera employé qu'au XXème siècle) ou BSA (brut sans année) pour des raisons de stockage sécuritaire et de gestion commerciale. 

Les vins de réserve sont, depuis 1889 en Champagne, les vins de vendanges précédentes qui servent à élaborer la cuvée, avec la dernière vendange. Cette opération a d'abord été une mesure d'amélioration de la qualité, car le vin de celle-ci était agressif et même les dosages finaux très appuyés, n'apportaient pas la correction désirée. En additionnant des vins habillés par le temps au jeune vin, on obtînt alors du champagne à la vinosité plus équilibrée qui permit aussi, de mieux contrôler les dosages de sucre.

Cependant, ce recoulage, tel que l'appelait le Docteur Guyot, va devenir une intervention de sécurité économique, une mesure de rationalisation. En constituant une réserve de vin, on prévient la pauvreté qualitative, tout en se prémunissant des éventuelles pauvretés quantitatives. À la veille de l'invasion fatale des oïdium, mildiou et phylloxéra qui frapperont la région dans la seconde moitié du XIXème siècle, la notion de vins de réserve, la notion d'assemblage de récoltes devient fondamentale en Champagne, car salvatrice. 
 
100 ans plus tard, au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, les cuves d'acier inoxydable permettront un meilleur contrôle des températures pour une préservation améliorée de ces vins, jusqu'alors protégés dans la futaille, parfois le ciment. 
Aujourd'hui, les connaissances accrues de cette étape, liées aux saveurs contemporaines demandées par le consommateur, entraînent les maisons et les récoltants à diversifier la forme, le volume et le matériau de leurs "réservoirs". 
Bois, acier, ciment et argile, cuves polymorphes, tonneaux, ovum (oeuf) et amphores se partagent ainsi les espaces dédiés à la maturation du vin en Champagne et dans les autres appellations où les bulles sont l'exigence finale...Cuve d'acier inoxydable chez Lanson
Plus de détails dans le livre "Champagnes, guide et révélations" chez IQ Éditeur / 25 $

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19 juin 2020 par Monsieur Bulles
meunier de v-a Installé à Courmas avec sa femme Catherine Cotelle, Cédric Vrain poursuit le travail de récoltant-vigneron amorcé par son père Gérard-Philippe dans les années 1980 (Augé étant le nom de sa mère). Modeste domaine familial, c'est en rachetant progressivement 1,5 hectares, que l'exploitation a pu atteindre aujourd'hui 6 hectares plantés : 4 hectares de pinot meunier, 1,5 hectares de pinot noir et 0,5 hectare de chardonnay. Bon an mal an, c'est autour de 20 000 bouteilles qui sont commercialisées.

Commentaire de la cuvée Tradition / 100% pinot meunier / Champagne Vrain-Augé : 


La particularité de cette cuvée est l'âge moyen des vignes de pinot meunier  sélectionnées : 70 ans ! 
Ce fameux pinot meunier longtemps négligé par les grandes marques de champagne qui préféraient la noblesse du pinot noir et du chardonnay, est devenu au tournant des années 2000, grâce à de petits récoltants comme les Vrain-Augé, le cépage renaissant, mieux analysé, mieux conduit, mieux promu. 
Une preuve ? Essayez de trouver une étiquette de champagne d'une grande marque - avant les années 1990 - affichant fièrement pinot meunier en façade ? Vous allez chercher longtemps...
Alors qu'il représente le 1/3 de la plantation de l'appellation, le pinot meunier a été considéré pendant des décennies comme une troisième épice dans la recette d'un plat : nécessaire, mais pas assez accrocheuse pour transcender les deux autres. 
Ce qui est faux, bien entendu, et c'est grâce à plusieurs vignerons du Massif de St Thierry ou d'autres, dans la Vallée de la Marne, sur des villages comme Oeuilly, Festigny, Cuisles, Baslieux, Passy ou Charly que le meunier est devenu une signature ! 
Parce qu'en y réfléchissant bien, qu'est-ce qui distingue le champagne de tous les autres mousseux dans le monde, en dehors de son sous-sol ?
Et oui... Le pinot meunier.

Et celui de Vrain-Augé - la cuvée Tradition - mérite justement d'être considéré comme une pépite qui présente les qualités premières du meunier : sa rondeur illustrée par des perles qui habillent vos papilles, son bouquet subtilement oxydatif comme un beurre fondant sur une tartine chaude et grillée, sa salinité certes plus minière que bretonne et enfin, sa finale aromatique de noisette qui donne envie de reprendre un verre. 
Bref, vous l'avez compris, le pinot meunier est ici bien servi par la famille Vrain-Augé et pour 58 $ au Québec, pourquoi s'en priver ?


pétanque au champagne
Pinot Meunier 100% disponible au Québec auprès de l'agence Divine Sélection à 58 $

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