18 fév. 2019 par Monsieur Bulles
Expression 2016 Françoise Antech-Gazeau dirige aujourd'hui avec son père, Georges Antech, une entreprise créée en 1933, qu'ils ont héritée d'Edmond Antech. Profitant de 65 hectares de vignes en propriété qui leur offrent 60 % de l'approvisionnement total, la production frôle le million de bouteilles. Les méthodes de travail se sont évidemment modernisées depuis les années 1930, elles n'ont pas entaché, au contraire, l'excellence des vins. Expression est le nom donné au Québec pour la cuvée commercialisée sous celui de Eugénie en France.


Lieu : Domaine de Flassian  11300 Limoux 
Téléphone : 04 68 31 15 88 

Cuvée Expression - Brut 2016 - Crémant de Limoux 
(assemblage de chardonnay, chenin et mauzac)
     
Le nez est très expressif, d'abord axé sur des fruits blancs (pomme, poire, citron), pour se faire davantage boulanger (mie de pain, croûte de baguette) à l'aération, après plusieurs minutes dans le verre.
Cette impression demeure une fois le vin en bouche qui, sans être beurrée, rappelle quelque peu le pain au lait et le miel. 
L'équilibre entre les amers et l'acidité est net, la structure soutient la fraîcheur jusqu'à la finale, et l'onctuosité de l'effervescence construit une texture ronde. 
C'est un crémant distingué et accompli, particulièrement accessible pour autant de qualité, que je préconise avec une entrée de fruits de mer ou en sortie, avec un fromage à croûte fleurie, assez jeune.Contre étiquette Expression 2016
19,55 $ au Québec - Code SAQ : 10666084

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15 fév. 2019 par Monsieur Bulles
Copyright Fred Laurès pour la Villa Bissinger Dans l'univers du vin, il n'y a pas un seul auteur non anglophone qui démentira ce fait : écrire en anglais est l'unique gage de succès dans sa vie professionnelle, l'unique vecteur de reconnaissance populaire, hors de son pays. Que vous soyez français, allemand, italien, espagnol, russe ou même chinois, si vous écrivez dans votre langue maternelle, vous vivrez mal de votre plume. Elle ne sera qu'une légitimation, une valorisation modestement alimentaire qui accompagne un revenu connexe, plus solide et régulier. Alors que si vous écrivez en anglais, vous augmentez les chances de vivre de votre plume et surtout, vous gagnez l'estime de l'intelligentsia internationale du vin. La preuve ? Internet.
À l'exception de deux ou trois auteurs non anglophones qui faisaient traduire leurs ouvrages en anglais dans les années 1980 - tout en sachant les faire distribuer aussi - il a fallu attendre internet et les médias sociaux pour voir des auteurs non anglophones jusqu'alors reconnus uniquement dans leur pays, percer sur le marché international, afin de s'y faire reconnaître grâce à l'anglais qu'ils ont librement employé comme idiome.

Si internet n'a fait qu'amplifier le phénomène de l'hégémonie anglaise en littérature (de toute sorte), en facilitant la libre diffusion d'écrits d'auteurs qui désirent se faire connaître sans éditeurs traditionnels, il a aussi accentué la domination de l'anglais chez ces mêmes éditeurs.

La preuve ? 

Aucun éditeur britannique (ou nord-américain) ne traduit un ouvrage vinique de langue étrangère vers l'anglais pour le distribuer sur son marché, tandis que les ouvrages anglophones continuent d'être traduits dans une autre langue, pour être distribués dans le pays visé.

L'anglais reste l'idiome autocratique, celui grâce auquel on peut communiquer quel que soit sa langue maternelle, sa culture, ses moeurs, son message... L'anglais est l'unique véhicule possible du verbe sur notre planète quand on veut communiquer avec l'ensemble de cette planète. 
Parfait. 
La langue de Shakespeare a balayé celle de Molière, elle est devenue la langue de la diplomatie et des affaires au début du siècle dernier. Dont acte.

Ce qui est alarmant, c'est que les références non anglophones ne sont plus écoutées, ne sont plus lues, perdent presque de leur crédibilité dans leur propre pays. 
On s'en prive alors que certaines sont plus pertinentes que l'anglophone mondialisante. 
Non seulement la soumission est acceptée, mais elle est de plus, alimentée; alimentée à la fois par le protectionnisme éditorial anglophone et renforcée parce que des éditeurs non anglophones traduisent de l'anglais vers leur langue, mais ils ne font jamais l'inverse, prétextant les difficultés ou les interdictions de distribution et la course vaine à la rentabilité. Ils jugent leur propre langue futile !

Internet n'a fait que confirmer cet état de fait. 

Aujourd'hui, les chroniqueurs qui, comme moi, ont débuté avec du papier et un crayon pour ensuite pianoter devant un écran, tâtonnent dans le cyberespace attractif où même les dégustations sont devenues virtuelles et... anglophones !
Même les grands noms classiques du vin français, espagnol ou italien se sentent obligés de donner des rendez-vous sur le net pour une dégustation virtuelle, toujours offerte en anglais. Eux qui sont les premiers à parler des valeurs du vin, du vin qui rapproche, qui noue, qui humanise, ils sont forcés de jouer les équilibristes en communication électronique, à travers les froids artifices que sont instagram, twitter, facebook et tous les autres que je ne connais pas (encore). Ce rapprochement se faisant bien entendu en anglais !

Quel paradoxe ! Quel contradiction ! 
Mais quelle évidence, aussi ! Quel modernisme !

Comme le vigneron avec son vin, si je veux que mes opinions soient connues au-delà de mon petit périmètre franco-culturel, je me dois d'être virtuel et anglophone. 
Je ne suis pas naïf. 
L'autorité du vin est passée au verbe anglais en 30 ans. Jusqu'aux années 1980, les référents du vin, très rares certes, étaient français ou originaires du pays duquel et dans lequel ils écrivaient. 
L'anglais les a occultés simplement parce que le marché du vin s'est multiplié, qu'il s'est internationalisé et qu'il l'a fait en anglais. Et comme tout au bout de la chaîne vinique, il y a le commentaire du vin, le critique anglophone est né. 
Comme le vin, il s'est multiplié avec la complicité des vignerons, désireux d'être adoubés en anglais, fiers de présenter leur vin commenté et noté en anglais parce qu'il y avait des marchés à conquérir. 
"Nul n'est prophète en son pays" allait être l'adage des journalistes non anglophones...

Dire ou écrire quelque chose en anglais aura toujours davantage de lectorat, d'écoute et d'impact.
Internet, depuis 15 ans, le prouve et ne fait qu'amplifier ce fait.

Même au Québec, les références de la critique vinique ont été anglophones pendant des années, alors qu'elles n'étaient pas locales. 
Il a fallu que quelques voix s'élèvent au milieu des années 2000 pour qu'on crédibilise enfin les avis de Michel Phaneuf, de Jacques Benoît, de Claude Langlois, de Jean Aubry ou de Jacques Orhon, plumes aiguisées et compétentes en la matière, qui s'illustraient depuis la fin des années 1980. 
Ils connaissaient mieux que quiconque le comportement des consommateurs québécois. Pourtant, tous les vins étaient sélectionnés et valorisés à travers la critique et le pointage anglophone. 
Le système dans la belle province a évolué, la critique francophone est montée sur le podium... Sur la deuxième marche.

Puis les blogues sont apparus. 

Désormais, dans le microcosme 2.0 vinique québécois et euro-francophone, les blogues francophiles sont anglophones ! Les blogueurs véhiculent leurs avis en anglais parce qu'ils recherchent un lectorat conséquent, au-delà de leur province; d'abord parce qu'ils savent le faire, parce qu'ils veulent en vivre, et surtout, parce qu'ils savent monnayer leurs écrits. 
Car c'est bien là qu'est la différence avec leurs aînés gratte-papier qui n'ont pas vécu de leur plume : le blogueur peut vivre de ce qu'il diffuse. Et comme le système permet l'achat d'un lectorat potentiel - plus fictif et indéchiffrable que tangible - les blogues affichent leur succès.
La question n'est pas "qui est ton lectorat?"
La question est "how many followers do you have ?" 
"Followeur". Qu'on prononce ainsi, en français aussi. 

Ce terme qui n'existait pas il y a seulement 10 ans est sans doute le plus répété aujourd'hui lorsque j'assiste à des dégustations de vin, entouré d'influenceurs, de relayeurs d'opinion. On parle même, désormais, de décideurs !
Le message doit être court, percutant, ce qui ne signifie pas pertinent, mais subjectif et approximatif; et si possible... en anglais. 
Pourquoi approximatif ? Parce que le blog permet justement de nourrir le propos plus tard. 
Après. 
Après l'avoir lancé sur le web, après avoir analysé son effet... 
Elle est là la force des réseaux sociaux, elle est double : en anglais pour multiplier mon lectorat et en toute liberté, pour maîtriser ce lectorat. 
J'exerce de l'influence, car je peux m'exprimer rapidement, confirmer ou effacer, corriger et répondre en dix secondes, selon les réactions. 
J'alimente selon les besoins. 
Et j'alimente selon mes besoins, car il est facile d'aller emprunter une ligne ou un paragraphe sur internet. Je copie, je colle et le tour est joué. 
Si je suis honnête, je rends à César ce qu'il a écrit en le mentionnant; l'hommage suprême étant le lien électronique. 
Si je suis malhonnête, je change un nom, un verbe ou un adjectif, j'emploie des synonymes et je diffuse sans scrupule.

À votre avis, sont-ils nombreux les scrupuleux de ce merveilleux univers de la plume virtuelle et vinique ? 
Peut-on les démasquer ces blogueurs, curieusement prolixes lorsqu'on lit leur blogue, et étonnement creux, lorsqu'on engage une vraie conversation, de visu ? 
Sans doute. Surtout sur une maladresse...

Récemment, dans un voyage de presse en Europe où l'anglais était forcément la langue des échanges, une conversation au sujet des "Wine Blog", de leur influence et des dérapages qu'ils entraînent, s'est improvisée avec la dizaine de journalistes et de blogueurs invités...

Un blogueur scandinave que je ne connais pas, et qui ne me connaît pas, m'interpelle :
"Do you know the french website MonsieurBulles.com ? I think it's a canadian website. It's about sparkling wines in the world. Unfortunately, it's only in french and i don't understand french language. "
"Indeed" ai-je le temps de glisser avant qu'il poursuive et avoue naïvement :
"So, i copy and translate in english some of his article for my blog. I'm sure he would like that, cause after all, it's advertising him. Could you find his email for me ? We could share our talent to be more effective."

En lui donnant ma carte, je lui ai répondu, certes irrité, dans un anglais approximatif : 
"You do have the talent to use the talent of others and if i only write in french, it's because I'm fluent in that language and I'm not, in english. I have a perfect command of french language in writing, fortunately for you. Do you know Le Misanthrope of Molière, a french author ? I can not tell you in english, but i'm sure you could translate this sentence : "Qu'en termes galants, ces choses là sont mises". That's sum up pretty much the debate we just had."

Il a depuis retiré de son blogue ses traductions charitables... 
Parce qu'elle est là, la puissance de l'anglais : son emploi est toujours perçu comme un don de charité.

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8 fév. 2019 par Monsieur Bulles
Borne Recaredo Un mini cataclysme s'est abattu la semaine dernière en Catalogne : 9 vignerons de renom ont quitté l'appellation DO Cava. Cela signifie qu'ils n'associeront plus leur nom à une bouteille de Cava, vin effervescent espagnol, mondialement célébré. Est-ce que cela va bouleverser la vie du consommateur profane de vin. Aucunement. Est-ce que cela va bouleverser l'industrie viticole espagnole. Certainement. C'est un peu comme le jeu des dominos alignés : on pousse le premier de la ligne qui entraîne dans sa chute tous ceux qui sont devant lui. Parfois, parce que l'alignement a été mal établi, la chute progressive s'arrête, laissant des dominos debouts. Cava et Corpinnat, c'est le jeu des dominos.
Tout d'abord, qu'est-ce que Corpinnat ? 

Corpinnat (contraction catalane de "nescut al cor del Penedes" = Cor-Pinnat = Né au coeur du Pénédès) est la marque d'une association de 6 vignerons renommés (Associació d'Elaboradors i Viticultors Corpinnat / AVEC) de Catalogne - aujourd'hui 9 vignerons - enregistrée en 2017, lancée en 2018, dans le but de valoriser un vin effervescent, véritablement catalan. 

On y trouve jusqu'à ce jour, les domaines Recaredo, Gramona, Nadal, Sabaté i Coca, Llopart, Can Feixes, Julia Bernet, Mas Candi et Torelló. 

Pourquoi une valorisation ? 

Simplement parce que les administrateurs de la DO Cava n'ont pas su, depuis 20 ans, faire évoluer leur cahier des charges et niveler par le haut, en tenant compte des avis de leurs meilleurs adhérents vignerons. 
Les alertes à l'interne, administratives et viticulturelles, avaient été envoyées. Rien n'a bougé dans le bon sens. 
Associée à des prix dérisoires (4 euros la bouteille de cava), l'appellation a été discréditée, malgré les efforts de qualité d'une poignée de familles, dont certaines ont d'ailleurs préféré joindre les rangs de l'appellation Classic Pénédès, créée en 2013.

Des lanceurs d'alerte non écoutés.

La sortie de la famille Raventos de la DO Cava en 2010 a été l'étincelle d'un feu assez lent à prendre, mais qui aujourd'hui, embrase une région. 
La création de Corpinnat a été la conséquence logique du laxisme de la DO Cava; Les deux entités ont vécu ensemble quelques mois, cependant, elles ne parlaient plus la même langue. La mention Corpinnat souhaitée par ses initiateurs sur des étiquettes de DO Cava était une revendication d'excellence et d'autonomie. Le message envoyé au consommateur aurait été clair : si vous lisez Corpinnat sur une bouteille de cava, c'est qu'il est excellent. Si Corpinnat n'apparaît pas sur l'étiquette, vous achetez des bulles anodines. 
Le divorce était prévisible.
On parle de sortie de Corpinnat de la DO Cava, mais y a t-il eu réellement une entrée ? 
Car d'un point de vue commercial, les effets de Corpinnat sur le marché des DO Cava ont été pratiquement nuls.
Ce n'est pas une sortie. 
C'est l'annonce officieuse d'une nouvelle appellation vinique, au coeur d'un terroir ancestral.
Elle témoigne des enjeux économiques et politiques dans le secteur agricole local et elle confirme les limites bureaucratiques du système des appellations en Europe. 

Le règlement Corpinnat résumé :

Corpinnat a été créé en vue de simplifier une démarche tout en la précisant. C'est en fait un mousseux européen «Vi Escumós de Qualitat» (VMQ / Vin Mousseux de Qualité) que n'importe quel vigneron a le droit d'élaborer sous certaines conditions : Seulement 46 villages appartenant à la région de l'Alt Penedès, du Baix Penedès, de l'Alt Camp, d'Anoia et du Baix Llobregat peuvent faire du Corpinnat (ce qui représente 22 000 ha). Le vigneron utilise ses propres raisins (il est propriétaire des parcelles), récoltés manuellement, issus de la viticulture biologique, spécifiques à la région historique du Pénédès (Xarel·lo, Macabeu, Parellada, Malvasia en blanc / Grenache, Monastrell, Sumoll et Xarel·lo Vermell en rouge) dans le but d'élaborer son propre vin tranquille et de le transformer en vin effervescent par seconde fermentation en bouteille, chez lui, et de l'élever au moins 18 mois sur lattes (9 mois pour le Cava). 
Il lui est strictement interdit d'élaborer des bulles pour un autre (1/3 de la production du cava n'est pas élaboré par la marque qui est sur l'étiquette). 
Aussi, Corpinnat a instauré une valorisation du prix au kg du raisin, vendu dans le Pénédès, avec un minimum de 0,70 euros / kg, ce qui représente le double du tarif des raisins, employés sur la DO Cava. 
Enfin et c'est, selon moi, le point névralgique de ce dossier : Corpinnat est une appellation de lieu, alors que la DO Cava est une appellation d'élaboration. Si cette dernière avait été une appellation comme celle du champagne ou du franciacorta, la situation serait ô combien différente.

La situation actuelle de la DO Cava.

Globalement, 230 millions de bouteilles sont produites annuellement et commercialisées sous la DO Cava, dont 85 % est contrôlé par trois marques, qui s'échangent la direction de l'appellation périodiquement : Freixenet, Codorníu et García Carrión. Même si les derniers chiffres commerciaux de la DO Cava sont flatteurs, le règlement de Corpinnat empêche logiquement la plupart des acteurs de l'appellation de se joindre aux neuf vignerons. 
Certes, la création du Cava de Paratge au sein de la DO Cava, en 2017, aurait pu freiner le mouvement séparatiste, mais il était trop tard. Recaredo et Gramona réfléchissaient déjà, suite à la sortie de Raventos I Blanc, a une solution bienveillante et restructurante. De plus, l'instauration des Paratge a été quelque peu baclée, rapidement pensée pour éteindre un feu déjà trop important, comme si on avait placé la charrue avant les boeufs : on a élevé au rang de références une quinzaine de lieux-dits dont les cavas qui en seraient issus, seraient élaborés avec plus de soin que tous les autres. 
Ce qui revient à dire qu'en-dehors des Cava de Paratge, le terroir et la qualité sont absents. De plus, en considérant les qualités d'un domaine hors de Catalogne, autorisé à faire du Cava, il pourrait revendiquer le terme Paratge, ce qui rend presque caduque l'essence de ce dernier. 

L'avenir de Corpinnat.
 
Si les instaurateurs ont proposé le nom Corpinnat comme une appellation de terroir avec des limites géographiques définies, sur le modèle d'une AOC régionale, qui permettra de faire évoluer son cahier des charges, le point qui m'apparaît délicat pour une reconnaissance publique future est tout simplement le nom : Corpinnat.
À moins de parler le catalan - et encore -, ce nom ne dit strictement rien à personne, car il n'existe pas ! Ce n'est pas une parcelle, ce n'est pas un lieu-dit, ce n'est pas un village, ce n'est pas une région. 
Cherchez le sur une carte du Pénédès, vous ne le trouverez pas. 
Or, donner le nom d'un lieu à un vin, l'ancre immédiatement dans le subconscient populaire, facilite sa reconnaissance et construit progressivement sa renommée parce que le consommateur y trouve facilement un repère. 
En revendiquant Conca del Riu Anoia en 2010, la famille Raventos ne s'est pas trompée sur ce point, même si elle attend toujours la reconnaissance officielle de ce lieu en tant qu'appellation vinique...
A moins donc, que Corpinnat ne devienne une nouvelle entité géographique validée par les instances politiques espagnoles, les vignerons qui l'incarneront ont davantage un travail de marketing à faire aujourd'hui, qu'un travail de vigneron, car de ce côté là, nous savons déjà qu'ils font effectivement les meilleurs vins effervescents d'Espagne.

À court terme, c'est une lutte juridique qui s'ouvre. David a terrassé Goliath, paraît-il...Montserrat, la chaîne de montagnes

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1 fév. 2019 par Monsieur Bulles
Château San Salvatore à Susegana (Treviso) Parce qu'en effet, le Prosecco Rosé, ça n'existe pas. Pas encore. Même si je l'entends parfois proposer au client d'une table en restaurant, alors qu'on va lui servir un Spumante Rosé, sans doute élaboré par une maison qui fait du Prosecco. Bref, la demande du vin rosé effervescent est tellement forte actuellement dans le monde qu'il serait opportun aux élaborateurs de Trévise d'en élaborer au plus vite... Et j'ose écrire ici, qu'avant la fin de cette année 2019, les Friuli-Vénitiens lanceront du Prosecco Rosé ! Mais avec quels cépages ?
La DOC Prosecco n'autorise aujourd'hui qu'un seul cépage noir : le pinot noir qui peut intervenir jusqu'à 15 %, s'il est vinifié en blanc.

Il pourrait donc être employé pour colorer le vin et le transformer en rosé.
Toutefois, le pinot noir n'est pas, pour ainsi dire, un cépage local...

Et si le raboso, cépage noir très ancien et typiquement local (Piave et Conegliano) était ce nouveau cépage autorisé dans l'élaboration d'un futur Prosecco Rosé. 
Ce dernier n'en serait que plus authentique, non ?

Certes, il y a tous les cépages autorisés de l'appellation régionale Valpolicella, mais leur introduction dans le cahier des charges du Prosecco engendrerait des soucis...

On parie pour le raboso ?
Paysage vénitien

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29 jan. 2019 par Monsieur Bulles
anciennes bouteilles de vin Parce que les Anglais détenaient le monopole de leur livraison ! La bouteille de vin a été standardisée à la fin du XIXe siècle. Jusqu'à cette époque, le vin de Bordeaux ou d'autres contrées était transporté en barrique de 225 litres. Hors, le négoce était dirigé par les Britanniques qui achetaient le vin en gallon impérial (1 gallon anglais vaut 4,54 litres, qui est différent du gallon américain qui vaut 3,78 litres). Ils ont vite trouvé une solution...
Une barrique de 225 litres valant grossièrement 50 gallons, il a fallu trouver un contenu qui donne un chiffre rond : 225 litres correspondant à 300 bouteilles de 0,75 litre et 1 gallon équivalant à 6 bouteilles, c'est la bouteille de 75 cl qui fut instaurée et son transport par caisse de 6 ou 12, établi. 

En Champagne, les bouteilles plus trapues et plus lourdes, donc plus robustes, étaient d'une contenance de 96 cl pour le vin effervescent, car n'oublions pas que jusqu'au milieu du XIXème siècle, 75% de la production en Champagne était encore de vin tranquille ! 
Lorsque l'effervescence champenoise fut systématisée et surtout garantie lorsqu'on ouvrait une bouteille, la contenance de cette dernière fut celle des Anglais !
anciennes bouteilles de porto

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25 jan. 2019 par Monsieur Bulles
PMG de Julien Fouet Ils sont à la mode dans toutes les régions viticoles du monde; les producteurs de vins tranquilles s'amusent à en élaborer sans tambour, sans trompette. Et même ceux qui font des bulles "officielles", c'est à dire sur une appellation de vins effervescents, s'amusent aussi à faire des "pet'nat". Celui-ci, de retour en SAQ, fait honneur à ces derniers.



Dans un article écrit il y a un an et demi où je donnais mon avis sur la tendance abusive à encenser les pétillants naturels dans la restauration locale, j'avais mentionné l'un d'eux comme étant le meilleur, parmi une sélection que j'avais testée dans un salon.

Quelle agréable surprise d'apprendre que ce Pet'Nat est de retour en SAQ !!

Commentaire du PMG Méthode ancestrale de Julien Fouet - Loire - France :

Un chenin blanc aux bulles menues et persistantes qui habillent une texture suave à l'enveloppe juste assez mordante pour rappeler le cépage (pamplemousse, silex) et rafraîchir les papilles sans qu'aucune note de fermentation ne viennent les déranger. 
Le vin n'est absolument pas sucré, je le préconise donc à l'apéritif avec quelques huîtres ou avec un fromage assez crayeux.
23,10 $ - Code SAQ : 13497802

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25 jan. 2019 par Monsieur Bulles
JP Scieur Brut François et Jean-Paul Scieur sont deux champenois ayant immigré au Québec il y a une trentaine d'années pour s'installer en tant que vignerons à Magog, dans les Cantons de l'Est au Québec. Leur domaine Le cep d'argent est aujourd'hui devenu une institution en matière d'effervescence dans la belle province. Représentant la 6ème génération de sa famille récoltante en Champagne, Jean-Paul bénéficie de l'avoir de vignes, issus du côté maternel (famille Bérat), qu'il partage avec ses deux frères et ses deux soeurs. Tous ont décidé aujourd'hui de voler de leurs propres ailes. Michel Scieur fait vinifier ses raisins par deux coopératives (Champagne Scieur & Fils), Marie-Jeanne Scieur et son mari Jean-Pierre Uriel font élaborer leur vin par les coopératives d'Étoges et de Chouilly (Champagne Uriel), enfin, Jean-Paul et François Scieur récupèrent leur champagne de la coopérative UPVE. Le champagne J.P Scieur est uniquement disponible au Québec.
Commentaire de la cuvée Brut :

Un champagne au nez à la fois sur des notes toastées blondes et sur des accents herbacés qu'on retrouve dès l'attaque en bouche, plus identifiables (orties, poivrons jaunes) sans qu'ils occultent toutefois le caractère aromatique, légèrement pâtissier. 
Cet aspect beurré aurait pu l'être davantage avec quelques mois supplémentaires sur lattes. Vous pourrez donc glisser cette bouteille en cave, 4 à 6 ans, afin de l'obtenir, puisque le temps est une sorte d'exhausteur de goût.
La texture est satinée, l'effervescence est aboutie, le dosage est réussi, il signe un Brut plus apéritif que gourmand, bien fait, qu'on aura plaisir à prendre sur des canapés aux fruits de mer variés, par exemple.
53,75 $ / Code SAQ : 12719223

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18 jan. 2019 par Monsieur Bulles
Rhum 1796 de Santa Teresa Le Vénézuéla possède sa DOC en matière de "Ron" depuis 2003. C'est peut-être pour cela que ces marques internationales gagnent de plus en plus d'amateurs, car même si le cahier des charges est souple et que de nombreuses cuvées se ressemblent, freinant me semble t-il une signature nationale, le rhum vénézuélien est toujours charmeur. Santa Teresa qui élabore sa propre eau-de-vie depuis 123 ans en est un bon exemple.


Commentaire du Ron Solera 1796 de Santa Teresa - 40 % - Vénézuéla :

Je m'attendais à beaucoup de caramel, à de la lourdeur en bouche, bref, à un énième rhum sud-américain sans complexité et à la longueur aromatique sucrée.
Et bien non !
Certes, le cacao, les fruits secs et la banane sont bien là dans les effluves subtilement gommés, mais toujours présents, une fois l'eau-de-vie en bouche. Toutefois, la texture est légère, souple, fluide et longue. Elle s'étire sur quelques épices et un caractère torréfié qui donnent envie d'en reprendre !
Ce rhum de mélasse ne mélasse pas notre bouche et rien que pour cela, il est mon premier coup de coeur de l'année 2019 !
Les amateurs de cigares trouveront le calibre qu'ils veulent... Quelque chose de léger dans la puissance des feuilles est préférable tout de même avec ce vénézuélien.
Et les inconditionnels du chocolat se doivent de mettre la main sur le coffret Accords Rhum de la chocolatière Joane Lheureux
Il y a au moins une bouchée sur les quatre offertes qui fera leur soirée !
Contre-étiquette du rhum Santa Teresa
66,50 $ / Code SAQ : 10748071

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14 jan. 2019 par Monsieur Bulles
Bouillot et Ouessant 2009 La maison Bourguignonne Louis Bouillot nous a habitués à bien des expériences, notamment en élaborant des crémants issus des grands crus de la région (que j'ai toujours mentionnés dans mes ouvrages). Il y a un an, elle a envoyé à plusieurs "mordus de bulles" dans le monde, 2 bouteilles particulières, issues d'un vieillissement atypique : avec l'aide de la société Amphoris, basée dans le Finistère, des bouteilles de la cuvée Perle d'or 2009 avaient été immergées en 2016, après leur dégorgement et leur bouchage, dans des eaux profondes au large de l'île d'Ouessant, en Bretagne. Entre la pression et la température à 13°C de l'océan, l'exercice consistait à mesurer l'impact des conditions de garde marginale avec celles de garde traditionnelle en cave avant commercialisation, pour un même vin. Et comme j'aime les chiffres ronds, j'ai préféré attendre de longs mois pour tester ces 2009 en 2019 !
Commentaire du Crémant L. Bouillot - Perle d'or 2009 - Brut (traditionnel) :

Le nez est expressif et charmeur, axé sur le malt, le muesli, puis le yaourt au café après quelques minutes dans le verre. Les effets du temps sont présents, les effluves de beurre, de pâte feuilletée ne s'évaporent pas, ils perdurent tout au long de la dégustation.
La texture en bouche est ronde, les bulles sont menues, l'enveloppe du volume offre la juste acidité qui apporte la fraîcheur. Aucune notes oxydatives, ce crémant est à point.
Il rappelle évidemment les bulles de la Marne, peut-être celles de Lombardie et dans une dégustation à l'aveugle, il confondrait bien des dégustateurs...
Ce Perle d'Or 2009 est en fait savoureux et charmeur. Amateurs de bulles, si vous passez par la Bourgogne, faites un tour du côté de l'Imaginarium de Nuits-Saint-Georges, il se peut bien que cette cuvée y soit encore disponible...

Commentaire du Crémant L. Bouillot - Perle d'or 2009 - Brut (Ouessant) :

Est-ce l'influence de l'océan, est-ce le conditionnement psychique de savoir que ce vin a passé plusieurs années par 60 mètres de fond au large de l'île d'Ouessant ? 
Toujours est-il que le premier nez de ce crémant est particulièrement Breton !
C'est à dire axé sur les algues, les embruns marins d'une plage à basse marée, des huîtres qu'on vient d'ouvrir, bref, sur une fraîcheur exceptionnelle qu'on ne décèle plus dans la cuvée "traditionnelle".
Par contre en bouche, l'effet pâtissier est présent, axé sur des notes de biscuits sablés, pourquoi pas Breton aussi ! C'est encore la salinité qui parle autour de notes discrètes de beurre et d'amandes. 
L'effervescence est réussie, les bulles sont fines et courent sur le palais, la Bourgogne s'expriment ici à travers le millésime solaire de la vendange et les cépages employés. 
On déguste un excellent mousseux que les profondeurs de l'océan ont habillé de jeunesse et de solidité. 
Plus aérien, moins plein, moins gourmand toutefois que la cuvée qui a vieillit en cave traditionnelle, la "Ouessant" a sans doute un potentiel de garde plus élevé, encore aujourd'hui.
Magnifique 2009 "bretonnant", consommé en 2019, j'aurais pu t'attendre 5 années de plus !
Sceau Ouessant

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11 jan. 2019 par Monsieur Bulles
Brut Absolu de Cattier Propriétaire de vignobles depuis 1763, la famille Cattier a commercialisé du champagne sous son propre nom après la Première Guerre mondiale. Les caves de Jean-Jacques Cattier qui dirige la maison, ont la particularité de se répartir sur trois niveaux déclinant trois styles de voûtes architecturales : gothique, roman et renaissant. Son fils Alexandre est aujourd'hui l'oenologue de la maison. Méconnue du grand public hors de l'hexagone, mais reconnue par les amateurs de champagne du monde entier, la maison Cattier a soudainement vu son nom se multiplier et se populariser sur la planète grâce au lancement de la cuvée de prestige Armand de Brignac (Ace of spades) qu'elle élabore.
Lieu : 6 et 11, rue Dom Pérignon  
BP 15 51500 
Chigny-les-Roses 
Téléphone : 03 26 03 42 11 

Le Clos du Moulin est la cuvée qui a sans doute fait connaître la famille Cattier aux consommateurs néophytes du champagne, écoutant les inconditionnels qui savent parfaitement qu'elle est parmi les meilleurs champagnes si l'on considère le rapport qualité/prix. 
Cuvée au tirage limité, elle est le fleuron d'une gamme qui n'en demeure pas moins constante dans la qualité et dont le Brut Absolu, ci-dessous décrit est un incontournable.

Commentaire de dégustation de la cuvée Brut Absolu - Nature :

C'est une prouesse que d'offrir un champagne non dosé avec autant de consistance dans le comportement et le crescendo aromatique typique de la catégorie : fenouil, melon, pivoine, mirabelle, silex et pain au lait. 
Exemplaire donc, car elle prouve qu'on peut obtenir de la profondeur et du caractère sans sucre ajouté, du fruit et de la minéralité : le champagne dans tous ses états.
L'apéritif sera de très grande qualité et les mordus de bulles à table sauront l'apprécier en tataki de poisson de leur choix ou avec un fromage de chèvre assez crayeux...
Absolument incontournable.Bouteille Brut Absolu de Cattier
Importation privée (trop discrète) au Québec / 17/20 dans le Guide Revel

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