26 sep. 2016 par Monsieur Bulles
Dentelle de Franck Besson Il aura fallu presque 20 ans à Franck Besson pour nettoyer le domaine qu'il a repris à la fin des années 1990 et qui jusqu'alors, desservait mécaniquement la coopérative locale. Aujourd'hui certifiés Ecocert, les vins sont à l'image du vigneron: sérieux, sincères et authentiques.




Commentaire de la cuvée Dentelle - Brut :


Nez subtil de levure, de foin, puis après quelques minutes dans le verre, de biscuit au citron. L'effervescence est soignée, elle a été bien conduite, elle est donc onctueuse et perdurante. 
On déguste un mousseux axé sur le fruit, sur des arômes de fruits blancs. Pas d'arômes d'évolution ici, pas de notes toastées, le vin ouvre l'appétit et réveille les papilles dans la simplicité et la franchise. 
Frais, droit, original, un gamay taillé pour l'apéritif avec quelques dés de cheddar.
15/20 selon le barème du Guide Revel - IP au Québec

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19 sep. 2016 par Monsieur Bulles
pares balta rosé Cette maison Catalane nous a habitués depuis plusieurs années à la qualité de son cava blanc, pur, droit et toujours fiable. Son rosé effervescent est fidèle à la rigueur qualitative et pour le prix, on peut se permettre un achat de plusieurs bouteilles à la fois.



Commentaire de la cuvée Parès Balta Rosé Brut Nature:


Expressif, vineux, légèrement épicé, trois caractéristiques qui expriment le comportement de ce cava rosé à l'effervescence bien conduite, crémeuse et longue. Quand c'est simple, net, fruité et équilibré, le commentaire doit être court. Dont acte!
16/20 selon le barème du Guide Revel / Code SAQ : 12888043 / 19 $

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15 sep. 2016 par Monsieur Bulles
chips et bulles Qui dit chips, dit gras, sel et saveurs originales. Qui dit bulles, dit vivacité, rondeur et acidité. Cela vous paraîtra peut-être facile, mais la dégustation d'un champagne ou d'un mousseux avec ces pétales de pommes de terre qui, aujourd'hui, présentent des dizaines d'aromatisations selon les marques est un vrai plaisir éducatif, car le sel omniprésent, enraye, baisse ou gomme l'acidité perçue en bouche du vin pour mieux révéler la texture et les arômes de ce dernier. Voici donc une liste de duos qui enchantera, j'en suis sûr, vos papilles!
Chips classiques (sel ou mieux ! des demi-sel) :
Mionetto - Prosecco DOC Treviso - Brut - Italie - 19 $:

Floral avec de subtiles notes d'amandes fraîches, cet effervescent de facture classique pour l'appellation offre un petit plus: il est sec, plus sec que bien d'autres proseccos, donc désaltérant et plus digeste. Les bulles sont fines, nerveuses, un peu fugaces; la texture est crémeuse. C'est un mousseux simple et convivial, le parfait apéritif avec des chips peu salées.

Chips classiques, mais de luxe (sel de mer, cuisson marmite, etc...):
Crémant de Bourgogne - Blanc de Blancs - Brut - Vitteaut-Alberti - 25,40 $

Citronné au nez, ce crémant présente une chair crémeuse et aérienne, à l'enveloppe accrocheuse; quelques notes pâtissières se laissent capturer en finale de dégustation, les bulles se font plus menues, plus fines dans le comportement. Un mousseux à la fois pur et profond que le sel des chips ne viendra pas contrarier.

Chips Cornichon et Aneth:
Cava Segura Viudas Reserva Brut - Espagne - 15,55 $

Un soupçon acide, un soupçon végétal côté chips, il faut donc une certaine minéralité que ce cava présente autour de notes de salade de fruits blancs bien présentes. L'effervescence est soignée, les bulles ont un calibre moyen, elles complètent un volume aérien. Quelques notes herbacées se laissent saisir, elles sont rapidement gommées par le fruité initialement perçu (levures, poires et pommes) qu'on aura plaisir à découvrir devant le base-ball ou le hockey avec le bol de chips !

Chips Sel et Vinaigre:
Barmès-Buecher 2013 - Crémant d'Alsace - France - 26,35 $

Amateurs d'acidité marquée, les chips au vinaigre sont vos préférées, l'Alsace va vous combler ! Comme à chaque millésime, tension et agrumes sont au rendez-vous avec ce crémant, au sein d'une texture veloutée en bouche, illustrée par une effervescence accomplie : les bulles sont liées, serrées et persistantes. L'enveloppe est encore citrique, donc suffisamment agressive pour contrer le vinaigre des croustilles, l'harmonie sera aussi simple qu'impeccable.

Chips au Cheddar (ou autre fromage)
Blanquette de Limoux - Domaine de Fourn - Brut - 20,05 $

Le nez est charmeur, d'abord orienté sur des arômes de poires, puis sur ceux plus classiques de pommes et d'anis. Ce sont ces derniers qu'on retrouve dès l'attaque en bouche au sein d'une effervescence particulièrement fine et élégante, voire caressante. Le vin apparaît jeune, le comportement de sa texture est toutefois d'une impeccable suavité grâce à des perles qui s'étirent tendrement jusqu'en finale. L'accord avec un fromage est évident, donc pourquoi pas des chips au fromage !!

Chips Oignons et Crème sûre
Crémant de Bourgogne Louis Bouillot - Perle Rare 2012 - Brut - France - 23 $


Des chips aux saveurs originales qu'un crémant complexe peut relever comme cette Perle Rare qui a pris avantageusement de l'âge depuis sa mise en marché. Plus gras et plus aromatique qu'il y a deux ans (notes de croissants au beurre), les bulles agrémentent une belle densité vineuse et le dosage, certes sensible, est en belle harmonie avec les saveurs prononcées des ces croustilles. Un accord original et pointu.

Chips au Poivre noir:
Franciacorta Bellavista - Alma - Brut - Italie - 38,75 $

Tout est discret au nez, d'abord les notes herbacées qui deviennent anisées, on sent ensuite la poire, puis finalement le poivre gris. Une aération vigoureuse laisse échapper quelques accents de bergamote. Dès l'attaque en bouche, on est touché par la finesse des bulles, l'aspect sphérique et léger du volume général qui confère pourtant une enveloppe grasse. Ample, parfaitement dosé, presque sec, ce Franciacorta s'exprime d'abord par l'élégance et la retenue, puis c'est dans l'endurance subtile de ses arômes qu'il nous imprègne de son souvenir. Un Franciacorta qui a suffisamment de corps pour soutenir la puissance des chips ! 
  
Chips au Ketchup:
Prosecco Superiore DOCG Valdobbiadene 2015 - Nino Franco - Italie - 27, 25 $

À la fois sucrées et salées, ces chips ont besoin d'un vin au dosage un peu plus marqué; la catégorie Dry de ce prosecco superiore est donc adéquate. Le nez est discret, toutefois orienté vers des notes de poires, de pommes et de bonbons qu'on retrouve en bouche dans une texture onctueuse. L'ensemble est tendre, l'effervescence est à la fois persistante et riche. C'est un mousseux réussi dont le comportement enveloppant s'harmonisera parfaitement aux parfums des chips.

Chips Barbecue:
Gamay Fizz 2009 - Bourgogne - Mommessin - France - 17,25 $

Soyons original, orientons-nous vers un mousseux rouge ! Très parfumé au  nez (cerise, cassis, noyau, violette), cet effervescent se montre très fruité, certes sucré, sans que cela n'occulte la fraîcheur nécessaire à ce type de vin. Une fine âcreté enveloppe le volume en bouche, il rappelle qu'on déguste un cépage noir aux tanins peu marqués. L'effervescence est riche, les bulles sont menues et abondantes, perdurantes, mais pas trop; en fait juste assez pour la durée d'un apéritif avec quelques chips BBcue dont le sucre et les épices seront en belle adéquation.

Chips Thaï Épicé:
Fiol - Prosecco DOC - Vénétie - Italie - 16,95 $

Plus enveloppant que d'autres proseccos, donc moins sec, il accompagnera à merveille les parfums artificiellement asiatiques et relevés de ce type de croustilles. Les bulles sont menues, nouées, elles forment une agréable onctuosité qui transporte les classiques notes de pommes et d'amandes de l'appellation. Le vin combat ici la sensation piquante des chips, on pourra aussi le déguster avec bien d'autres canapés...

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12 sep. 2016 par Monsieur Bulles
Piuze Non Dosé - VMQ Québécois d'origine, Patrick Piuze était sommelier à Montréal à la fin des années 1990. Je le sais parce que nous travaillions ensemble dans le même établissement. Et oui, en effet, on s'est bien marré ! Son rêve d'alors ? Faire du vin, créer sa propre marque. Dix ans plus tard, le Chablis P. Piuze était commercialisé et voilà qu'aujourd'hui, en 2016, il nous offre des bulles !! Kimmeridgiennes, donc Bourguignonnes, sans être sous l'appellation Crémant, elles sont bien à l'image de son élaborateur: vives, franches, simples et authentiques.
Commentaire du VMQ (Vin Mousseux de Qualité) Patrick Piuze - Non Dosé :

Le nez est net, frais, légèrement iodé, axé sur les agrumes jaunes, il faudra attendre un bon dix minutes avant de percevoir quelques accents grillés et blonds de pain au lait, voire de céréales de petit déjeuner. L'attaque en bouche est vive sans être mordante, elle confirme les notes de citron - légèrement confit - au sein d'une chair plus aérienne que suave, avec des bulles toutefois bien nouées. Là aussi, le quart d'heure d'aération est heureux, il révèle de discrets parfums pâtissiers, perdurant jusqu'à la finale pointue qui garde les papilles éveillées. 
Des bulles parfaitement construites avec juste assez de tension pour glisser quelques flacons dans la cave pour mieux apprécier d'ici trois quatre ans, ce Non Dosé Piuzé, qui sera couronné d'un délicat rancio de maturité.

16/20 selon le barème du Guide Revel - 25 $ en SAQ - Code 12999181

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5 sep. 2016 par Monsieur Bulles
Salton 100 anos Brut Les jeux sont terminés... Je pensais en ce début d'année que le Brésil viticole surferait sur la vague de l'engouement olympique en promouvant ses vins dans le monde, notamment les effervescents qui connotent festivité et célébration. Mais non... Et pourtant, l'excellence brésilienne en matière de bulles existe bien, elle s'appelle Salton.




La quatrième génération de la famille Salton est à la tête de cette entreprise qui a fêté ses 100 ans en 2010. Un parcours idéal pour ces immigrés italiens qui avaient entamé leur travail de viticulteurs et de commerçants sous le nom Paulo Salton & Irmaos, aujourd'hui reconnus comme la figure de proue de l'effervescence brésilienne.

Lieu : Rua Mário Salton, 300 - Distrito de Tuiuty 
Téléphone : 54 2105-1000


Commentaire de la cuvée Salton 100 Anos - Nature

J'avais dégusté le même vin il y a 4 ans. Il m'avait bien plu. La bouteille testée est issue du même lot. Je m'attends donc à une modeste évolution. 
C'est un vin d'une grande complexité, d'abord fermé au nez, il faut l'aérer pour y déceler quelques accents de miel qui rappellent les baklavas. L'effervescence est onctueuse, serrée, longue, illustrée par des perles légèrement fugaces qui transportent des arômes torréfiés.
Son enveloppe se fait citronnée, normalement confite par le temps passé. Un léger rancio se laisse capter après 10 bonnes minutes dans le verre. Des bulles désormais taillées pour la table, sur un met aussi riche, aussi parfumé.
Bravo ! Médaille d'or sur l'Olympe vinique !
18/20 selon le barème du Guide Revel

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2 sep. 2016 par Monsieur Bulles
San Marcos et son cellier sous une arène Parmi la soixantaine d'appellations d'origine protégée Espagnoles, Ribera del Guadiana est particulièrement méconnue parce que la région qui l'héberge est sans doute l'une des moins visitées du pays. En effet, qui connaît l'Extremadura ? Qui décide d'aller en vacance dans cette région aride du sud-est espagnol ? Personne pour ainsi dire. En général, lorsqu'aucune mer ou aucun océan ne longe une région, le tourisme la boude. Pour les amateurs de vin, c'est autre chose... On peut y trouver des trésors accessibles.
  
San Marcos est le seul domaine viticole d'appellation Ribera del Guadiana présent sur le marché du Québec, à travers la marque Campobarro : un vin rouge à moins de 11 $ ! Invité l'été dernier dans la région qui l'élabore, je m'attendais à y trouver des vins au profil peu complexe dû à des rendements élévés et destinés surtout à des marchés internationaux de grande distribution ; bref, des vins très abordables certes, mais sans personnalité.   

Je me trompais.   

Sous 35 degrés et sur une terre aride, rougeoyante d'argile que se partagent vignes et oliviers, j'y ai découvert des vins blancs, rosés et rouges à multiples facettes de qualité, déterminées par les étapes de leur élaboration et dont le seul défaut, finalement, est d'être peu exposés ou commercialement discrets.   
« Dans l'océan des vins rouges et des tempranillo que l'Espagne offrent sur tous les marchés, il est difficile pour nous de lutter contre les rioja, les priorat, les navarra et les autres vins du nord du pays parce que personne ne connaît notre région. Même quand tu dis Rioja à quelqu'un qui ne connaît pas l'Espagne, il sait que tu lui parles de vin. Quand tu lui dis Guadiana, il ne sait absolument pas de quoi tu lui parles? » de me répondre Émilio Cartolano Gonzalès, directeur export de San Marcos. « Même les espagnols ne nous visitent pas alors qu'on a trois villes exceptionnelles sur le plan historique et architectural ! »   

En effet, la visite trop rapide de Badajoz, Mérida et Cacéres m'ont vraiment donné l'envie d'y retourner : Cacéres et sa forteresse almohade, Mérida et ses théâtres romains, Badajoz et ses créneaux mauresques ; ses trois joyaux nous plongent dans l'histoire du Moyen-âge méditerranéen, quand l'art et la culture arabes dominaient toute la péninsule ibérique. Et parce que ce sont justement les Maures qui livrèrent le secret de la distillation, le vin est devenu partie intégrante des arts de la table dans ce sud espagnol brûlant et sec.   

Une vingtaine de bodegas forment la route du vin de la Ribera del Guadiana, rivière qui, autrefois, formait la frontière entre le Portugal et l'Espagne. Le tempranillo règne ici en maître avec les habituels syrah, carignan, merlot et cabernet-sauvignon. 
Côté vin blanc, le macabéo partage ses parcelles avec les cépages autochtones pardina et cayetana. Le Pardina 2014 de Campobarro se révèle très expressif au nez et en bouche, offrant des saveurs d'agrumes dans une chair ronde au contour mordant, impeccable pour se rafraîchir autour d'un bouquet de crevettes. Le Rosado de Campobarro est un rosé de syrah et de tempranillo à la fois ferme et rond, taillé davantage pour la table que l'apéritif. 
Quant à la cuvée Seleccion 2013 de Campobarro, un rouge de Carignan et de tempranillo qui n'a connu que 6 mois de fût, elle a occulté la plupart des autres vins rouge - même les plus travaillés, les fameux reserva - par son nez chocolaté et mentholé, sa bouche fondue grâce à des tanins soyeux et sa finale juste assez épicée pour compléter l'accord avec de l'agneau braisé.    

Si l'on devait poser le doigt sur un souci récurrent des vins de l'appellation, ce serait sans doute la puissance des vins, l'alcool qui pointe en finale de dégustation. 
N'est-ce pas logique quand il peut faire 35 degrés en mai ? 

Toute la complexité dans la conduite de la vigne et l'élaboration des vins est là : maîtriser la chaleur pour qu'elle n'empiète pas sur le fruité. Le jeune oenologue de San Marcos, Antonio Garcia Rebello, l'a bien compris et ses essais en matière de maîtrise de la surface foliaire devraient rapidement apporter de nouvelles options : si la feuille génère la photosynthèse nécessaire à la qualité du fruit, elle peut être aussi un paravent qui protège la baie des brûlures solaires et du flétrissement, la conduite de l'effeuillage est donc localement très importante.   

Enfin, si la localisation de l'appellation Ribera del Guadiana est contrariante en matière oenotouristique du fait de l'éloignement de Madrid, ville aéroportuaire nationale dominante, l'idée de visiter la région en passant par le Portugal est sans aucun doute plus judicieuse. En atterrissant à Lisbonne, on est à deux heures de route de Badajoz ! Et sur cette route de l'Alentejo lusitanien qui offre aussi des merveilles viniques, on ne manquera pas de visiter l'entreprise de liège Amorim grâce à qui nos apéritifs, nos repas, finalement notre vie, font « pop » et alimentent nos joies quotidiennes !  

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31 août 2016 par Monsieur Bulles
Vins de Cahors Si le Cahors est bien connu des amateurs de vin grâce, notamment, à une histoire viticole qui remonte à la Gaule romaine, il faut savoir qu'il n'a reçu son AOC qu'en 1971, bien des années après d'autres appellations françaises prestigieuses. Toutefois, cet adoubement sera aussitôt mis à profit et jusqu'en 2001, Cahors connaîtra ses trente glorieuses avant d'entrer dans une crise identitaire et politique qui va durer une décennie.
La traversée du désert   

Pour mieux comprendre et expliquer l'éclipse cadurcienne, quelques chiffres sont nécessaires. À l'aube du troisième millénaire, l'appellation Cahors produit presque 250 000 hectolitres de vin issus de 4 494 hectares. Son cours de vin vendu en vrac frôle les 130 euros l'hectolitre ; une situation dorée que tous les acteurs de la profession vont laisser s'altérer à cause, essentiellement, d'une crise de positionnement. En vendant majoritairement du vrac et en s'endormant sur ses lauriers, Cahors oublie la notion de terroir et son cépage emblématique, le malbec.
      
À l'autre bout du monde, pendant ce temps, l'Argentine viticole se dévoile au monde avec ce dernier. Au-delà des coûts et des rendements de production différents, les wines-gauchos vont surtout mettre en place une politique de marketing qui va séduire le monde entier. « Ah le malbec, j'adore le vin rouge d'Argentine. » entend t-on alors dans les salons internationaux. Un pied de nez qui ne freine même pas les querelles gauloises du Lot.      

On est en 2002 et Cahors s'enfonce : les membres de son syndicat se détournent d'un projet de hiérarchisation de son terroir, Alain-Dominique Perrin, propriétaire du Château Lagrézette depuis 1980, jette l'éponge et démissionne de la présidence de l'UIVC (Union Interprofessionnelle du Vin de Cahors). Un deuxième syndicat voit le jour, un deuxième arbre qui vient cacher la forêt : le cours du vrac va chuter de moitié (64 euros l'hectolitre) pendant que les stocks vont s'accumuler dans les chais. On est en 2006, Cahors broie du noir et s'affole, pendant que Mendoza le presse et rigole.      

La lumière du bout du tunnel s'appelle Robert Tinlot. Ex-directeur de l'Office International de la Vigne et du Vin, il réussit son contrat de médiateur en atténuant les querelles de clocher, en proposant un projet collectif et en suggérant la nomination d'un directeur marketing chargé de promouvoir le Cahors à l'international. Un plan d'action basé sur une stratégie marketing est proposé à l'automne 2006 aux vignerons : créer une nouvelle image de marque, repositionner la gamme des vins, conquérir de nouveaux marchés ; la trilogie d'une solide identité.    

« Le terroir, le malbec et le noir ».     

Méconnue en dehors de la France et noyée dans une diversité vinicole qui s'est accrue au cours des années 1990 sur les grands marchés mondiaux, Cahors ne peut lutter d'un point de vue budgétaire, elle va donc relever le défi grâce à deux atouts. Le premier est naturel : le malbec est son cépage, elle en est la capitale historique, elle doit en être la première ambassadrice. Le second est tactique : elle profitera de la tendance au malbec, instaurée par les Argentins, pour surfer sur leur vague et la partager.     

Les journées internationales du Malbec sont créées par l'UIVC au printemps 2008 après qu'une délégation de vignerons cadurciens soit allée séduire des confrères argentins en octobre 2007 à Lujan de Cuyo. Le succès, certes politique, est tel, que dès cette première édition, des projets de coopération voient le jour entre les deux régions viticoles. En trois années, les Lotois se réapproprient l'image d'un malbec aussi accessible qu'authentique et sont invités au World Malbec Day qu'organise Wines of Argentina.     

La presse internationale ne boude pas les opérations, le pavillon Cahors Malbec drapé de noir devient une enseigne reconnue dans les principaux salons commerciaux, on parle de malbec connexion et, le plus important tout de même, les chiffres sont à la hausse. De 2011 à 2015, les ventes à l'export croissent, confirmant la pertinence de la mise en place de trois styles de Cahors pour mieux guider le consommateur.     

Un concerto en trois mouvements     

Lourd et râpeux, c'est l'image que le Cahors sombre et opaque a eu pendant des décennies, voire des siècles. Les Anglais l'on adoubé à la Renaissance, il a été un exhausteur de matière pour les bordelais fluets, puis il a régalé les amateurs de vins costauds et colorés de la Russie tsarine et de l'Europe rhénane et scandinave avant que le phylloxéra ne le frappe. Si l'on peut parler de l'âge d'or du Cahors de 1972 à 2002, on remarque que c'est aussi la période où la plupart des grandes appellations européennes ont amorcé un virage mercatique moderne parce que la concurrence est arrivée des Amériques et d'Océanie. Face à cette dernière, Cahors s'est réveillé tardivement et migraineux, nous l'avons vu. La musique facile à intégrer qu'il avait composée avait simplement été mal conduite.     

Rond et structuré, puissant et gourmand, intense et complexe ; trois mouvements d'un concerto vinique qu'il faut réapprendre dès aujourd'hui parce qu'une symphonie de hiérarchisation est à la veille de se mettre en place à Cahors. Et lorsqu'on parle de symphonie, les instruments deviennent plus savants:  
Rond et structuré, c'est du malbec à 75 % sans élevage qu'on pourra conserver sur les clayettes durant trois ans. 
Puissant et gourmand, c'est une sélection de malbec d'au moins 85 %, élevé douze mois en fût qu'on pourra garder cinq à dix ans chez soi. 
Intense et complexe, c'est la quintessence ; c'est un 100 % malbec parcellaire qui a visité la futaille pendant vingt-quatre mois et qu'on laissera dormir au moins quinze avant de s'en délecter.

Aussi, à l'image des méandres du Lot qui parcourent et influencent le vignoble de Cahors, le vin qui en découle présente une complexité géologique qui s'apparente à la notion de cru. On parle donc des Cahors de causse et des Cahors de la vallée. Bordant le Lot, ces derniers sont issus de trois niveaux de terrasses alluvionnaires, tandis que les premiers sont issus de plateaux essentiellement calcaires. Les coteaux qui les séparent ont aussi leur personnalité grâce à des grèzes et des éboulis calcaires qui influenceront la vigne.    
Enfin, comme le vin c'est aussi une histoire d'hommes, on se doit d'aborder le sujet, souvent délicat dans le secteur primaire, de la transmission du patrimoine entre générations. Cahors n'a pas échappé au piège, l'appellation a connu des dossiers complexes dans les années 1990 où le travail en famille ne fut pas forcément serein. L'apport de nouvelles technologies de vinification et d'élevage n'a pas toujours rencontré une oreille paternelle attentive et approuvée, frustrant l'énergie et l'ambition de la descendance... 
À l'heure du net et des réseaux sociaux omnipotents, les mentalités ont bien changé, influençant l'esprit du vin. On expérimente davantage à la vigne comme au chai, la condescendance ayant fait place à la bienveillance pour le meilleur de l'avenir commun.     

Cahors a fini par s'installer dans le troisième millénaire, certes plus tardivement que d'autres appellations ; l'avenir nous dira si elle l'a fait astucieusement, son actualité confirme dans tous les cas qu'elle le fait judicieusement.          
Article paru dans le Magazine Vins & Vignoble de Mai/Juin 2016

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29 août 2016 par Monsieur Bulles
Foss Marai Guia est une succession de collines très escarpées de la région. Marai est le nom de la vallée la plus profonde des Guia. Quant à Foss, il signifie « fossé » dans le patois local, le nom de l'entreprise fut ainsi déterminé lors de sa création il y a un siècle. Dirigée aujourd'hui pas Carlo Biasiotto, Foss Marai est tout simplement l'une des meilleures caves élaborant des vins effervescents de Vénétie.



Commentaire du Prosecco Superiore Valdobbiadene Brut Strada di Guia de Foss Marai:

Nez d'amande fraîche et de tilleul qu'on retrouve en bouche dans une très agréable effervescence crémeuse à l'enveloppe acidulée. 
Une pointe de poivre gris se laisse saisir en finale de dégustation, apportez le bol de chips, l'apéro est servi!


16/20 selon le barème du Guide Revelselon le barème du Guide Revel

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22 août 2016 par Monsieur Bulles
Klumpp Rosé Brut 2011 Avec 525 millions de sekts (33 % de sa production totale du vin), l'Allemagne est la deuxième élaboratrice de vins effervescents dans le monde. Et elle est la première consommatrice de bulles avec 488 millions de bouteilles ! Si la grande majorité des vins effervescents allemands présente encore un taux de sucre élevé, davantage de la catégorie Demi-sec que Brut, certains récoltants osent la pureté et la tension. Fondée en 1983 par Ulrich et Marietta Klumpp, le domaine Klumpp est devenu une vraie affaire de famille lorsque Markus en 2004, puis Andreas en 2010, leurs fils, ont décidé de s'impliquer au niveau de l'élaboration du vin pour le premier et au niveau de la conduite de la vigne pour le second.

Leurs vins tranquilles sont aujourd'hui appréciés des meilleures tables allemandes, leurs vins mousseux - élaborés à partir de leurs moûts par une coopérative de Pfalz - sont tout aussi délicieux et ce qui est le plus important sans doute, est que grâce au dynamisme des Klumpp, la région viticole du Nord-Baden est entrain de renaître.   

Commentaire du Pinot noir 2011 - Sekt - Brut


Le premier nez du pinot noir 2011 de Klumpp est discret, axé sur des fruits blancs secs (raisins, pêches) pour s'ouvrir sur des accents plus rouges de cerises, voire de fraises. L'attaque en bouche est mordante, autoritaire, presque tannique, on déguste un rosé qui a une belle présence en bouche. 

Seule l'effervescence soignée aux bulles gonflées apporte la fraîcheur nécessaire à ce Sekt facilement structuré pour une entrée chaude de crustacés. 


Lieu : Heidelberger Strasse 100 Bruchsal 76646 
Téléphone : +49 (0) 7251 16719

16/20 selon le barème du Guide Revel

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15 août 2016 par Monsieur Bulles
Guinot Rosé Brut Impérial Crémant de Limoux Parmi les crémants Français, ceux de Bordeaux et de Limoux sont les plus méconnus. Le volume global produit sur l'appellation Languedocienne en est l'une des causes. C'est pourtant ici, dans l'Aude (et dans le Jura) que sont élaborés actuellement les meilleurs vins effervescents de l'hexagone. La plus ancienne maison de Limoux le démontre à travers sa cuvée Impérial Rosé.



Commentaire de la cuvée Tendre Rosé - Impérial - Crémant de Limoux : 


Nez discret, toutefois net, de fraises et de cerises qu'on retrouve en bouche au sein d'une effervescence plus aérienne que consistance, toutefois persistante. L'attaque est fruitée, moins biscuitée que les autres vins de la maison, moins appuyée sur le rancio. 
On y retrouve le style gourmand et charmeur des autres cuvées, sans doute apporté par le dosage perceptible en finale de dégustation qui, loin de contrarier la fraîcheur, soutien le fruité rouge du vin. 
Un rosé effervescent de grand plaisir, bien construit, qui peut se déguster au dessert sur une pâtisserie peu sucrée.
35,35 $ en IP au Québec (Agence Vins de Château) / autour de 13 euros en Europe

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