25 mai 2018 par Monsieur Bulles
Pol Roger - bouchons et bouteille Laurent d'Harcourt, président du directoire de la maison Pol Roger, était de passage à Montréal en février dernier. Une courte visite pour présenter les dernières cuvées de « The world's most drinkable address », comme le disait sir Winston Churchill qui a été honoré par la création en 1984 d'une cuvée (Magnum 1975) qui porte son nom. À votre avis, combien de millésimes ont été déclarés pour cette cuvée de prestige ?


Cette cuvée a toujours été élaborée dans les meilleures années : 1979, 1982, 1985, 1986, 1988, 1990, 1993, 1995, 1996, 1999, 2000, 2002, 2004 et 2006. 

La maison Pol Roger, fondée en 1849, est l'une des dernières grandes maisons familiales champenoises dont la qualité des cuvées a toujours été constante. Longtemps cataloguée comme « British » dans son style, je pense que c'est davantage au fait qu'elle rayonnait sur le marché britannique, plutôt qu'à une vinosité puissante dont raffolent les amateurs anglais. 
Au cours des premières années de son établissement, elle vendait ses champagnes « sur lattes » (les bouteilles étaient réservées au moment de leur prise de mousse lorsqu'elles étaient encore couchées sur des lattes de bois dans les caves) aux marques négociantes déjà établies. 
Il fallut attendre 1876 pour que la famille Roger vende ses premiers flacons en Angleterre sous son nom (millésime 1865), grâce au négociant John Conrad Adolphus Reuss. 

L'actualité de la maison l'a d'ailleurs fait replonger dans le passé puisqu'en étudiant dernièrement la possibilité d'agrandir le site de production à Épernay, la direction est retombée sur la zone qui s'était affaissée en 1900, provoquant à l'époque l'ensevelissement d'un million et demi de bouteilles et de 500 tonneaux de vin ! 
Cette perte avait failli faire disparaître la marque dirigée alors par Maurice et Georges Roger, les fils de Pol Roger. 
C'est la solidarité entre familles de maisons de champagne qui avait permis à cette dernière de se reconstruire. 
On distingue aujourd'hui des bouteilles vides, cassées et intactes sur le chantier éventré, mais la prudence préconise d'abord une sérieuse étude du sol, un sondage méticuleux des lieux, avant d'envisager de remonter ces flacons centenaires. 

Pour Damien Cambres qui vient de succéder en tant que chef de cave de la maison à Dominique Petit, nul doute que 2018 sera parmi les grands millésimes de sa carrière !

Lieu : 1, rue Winston Churchill - 51200 Épernay  
Téléph
one : 03 26 59 58 00    

 Cuvée Pol Roger - Pure - Extra-Brut

 16/20 et 3 étoiles dans le Guide Revel 
    
L'assemblage des vins est identique au Brut Réserve de la maison, mais la provenance des crus est différente. Aucun dosage n'intervient lors du dégorgement. Le premier nez rappelle la farine, la levure de boulanger, puis il s'ouvre sur une minéralité plus classique, plus iodée. L'attaque en bouche est très fraîche, elle offre un vin sec, aux notes de tabac blond, très originales. Les bulles de calibre moyen sont en harmonie avec la rondeur de la texture qui offre en finale quelques notes citronnées vivifiantes. 
Une belle réussite dans cette catégorie de champagne qui s'est étoffée parmi les marques établies.   

Cuvée Pol Roger - Brut Réserve
16/20 et 3 étoiles dans le Guide Revel  
 
Classique dans sa facture dans le bon sens du terme, c'est à dire que cette cuvée s'illustre par l'équilibre de chaque niveau de dégustation. Nette sans être mordante à l'attaque, ronde sans être lourde en bouche grâce à une mousse à la fois compacte et légère, biscuitée sans être beurrée, sobrement parfumée (fleurs, poires, légère pointe graphite), finale brève et vivifiante, elle a tout pour ouvrir l'appétit et présente déjà la signature de la maison dans son enveloppe presque maltée et toujours imprégnante. 
Le Brut Réserve de Pol Roger est le genre de cuvée à avoir en permanence dans son cellier.

Cuvée Pol Roger - Brut Réserve 2008
16/20 - 2 étoiles et demi

Le fruité en bouche est plus rouge que blanc (raisins, groseille), alors que le nez se montre encore axé sur la levure de boulanger, la mirabelle, le malt blond. Il bouge beaucoup, il désoriente. Déconcerté, je laisse le vin se reposer dans le verre un bon quart d'heure.
Et je retrouve alors la signature de la maison : élégance et vinosité.
Un chablis grand crus d'une bonne dizaine d'années se présente alors moi; avec des bulles ! L'enveloppe citronnée habille une texture pleine et dense, aux arômes de tarte amandine, de poire chaude, puis de citron confit en finale. La vinosité de l'ensemble est blonde, c'est à la fois riche et digeste, c'est donc réussi, prêt à boire aujourd'hui avec un met qui lui ressemble. 
Homard au beurre blanc ? Ça tombe bien, c'est la saison !

Cuvée Pol Roger - Brut Réserve 2002 
18/20 et 4 étoiles dans le Guide Revel  

Commercialisé au bon moment, soit au printemps 2012 et dégusté une première fois en juillet de la même année, ce vin, en 2018, continue de donner l'impression qu'on entre dans une pâtisserie dès qu'on le porte à son nez. Son crescendo aromatique parle tout seul : tarte au citron, nougat, lait au miel, kouglof, orangettes, l'ensemble étant couronné par des effluves de four de boulanger en pleine cuisson ; le temps qui a passé l'a paré d'une texture soyeuse, illustrée par une effervescence dont les perles s'accrochent aux papilles tout au long de la dégustation. 
Un fin rancio d'évolution pointe en finale, quoi de plus normal ! 
Du grand champagne qu'on ne peut désormais trouver que dans les celliers des amateurs, prévoyants il y a dix ans...    

Cuvée Blanc de Blancs - Brut 2009
17/20 - 3 étoiles

Cette cuvée se montre délicate au premier nez (guimauve, mie de pain) pour se faire plus expressive et classique à l'aération (pâtisseries à base de frangipane, voire de vanille). Particulièrement fondante en bouche grâce à des bulles nouées,  la texture soyeuse procure un volume dense, voire charnel, qui donne l'impression d'une cuvée Sàten de Lombardie à la surpression de gaz peu élevée. Les arômes restent axés sur la pâte feuilletée, le beurre doux, les toasts blonds, tout est dans la suggestion, la subtilité, la délicatesse. 
C'est un champagne d'une très grande classe, prêt à être consommé sur une entrée aussi sobre et travaillée de crustacés, par exemple.

Cuvée Pol Roger - Brut Rosé 2008
17/20 - 3 étoiles
C'est pur, c'est mûr, c'est mature. Ce champagne s'exprime surtout sur les fruits rouges, sur la fraîcheur des fruits et la vinosité parle davantage que la complexité. Bref, ce vin a 10 ans, il est encore jeune, il s'exprime comme un ado, tantôt ferme, tantôt fragile. Les arômes typiquement champenois de pâtisseries sont encore discrets, on les frôlent, mais ils sont encore bousculés par l'énergie. Montrons nous patients et revenons-y dans quelques années... 
Amateurs de champagne, vous avez ici un rosé millésimé à glisser sur les clayettes.
 
Cuvée Pol Roger - Brut Rosé 2002 
18/20 et 4 étoiles dans le Guide Revel  
   
Comme de nombreux 2002, il se montre aujourd'hui mature avec une enveloppe très fraîche en bouche qui n'est pas celle d'une acidité permettant encore une longue endurance, mais celle du raisin juste vif et mûr offrant une sensation désaltérante. Le fruité est rouge (cerise, framboise), un peu fumé et zesté en finale. Le comportement des bulles est plus aérien que noué, elles apportent la fraîcheur dans la dégustation. C'est un champagne à la sobre vinosité, à la remarquable élégance. 
On passe à table ? Bar rayé à la Toscane par exemple.

Cuvée Sir Winston Churchill - Brut 2004
18/20 ou 4 étoiles

Ce vin est un ado. Certains vont penser que j'abuse et pourtant... Et pourtant, il a tout d'un jeune champagne : le fruité au nez plus blanc que jaune (farine de boulanger, poire, pomme), les arômes en bouche davantage boulangers que pâtissiers (baguette, mie de pain) et dès l'attaque, l'énergie l'emporte sur la plénitude. Seules les bulles qui sont en fait des perles formant une riche onctuosité indique le temps passé en cave et la grande éducation de cette cuvée. Car c'est un ado éduqué. Il est encore fougueux et démontre sa solidité. Représentatif du millésime de sa naissance, son potentiel d'endurance est encore grand. 
Certes, quelques accents maltés se laissent saisir en finale de dégustation, indiquant une légère évolution amorcée, toutefois, ce SWC 2004 séduira immanquablement vers 2024... et sans doute plus loin encore.

Cuvée Sir Winston Churchill - Brut 1999
19/ 20 ou 4 étoiles et demi

Dégustée une première fois en novembre 2012, redégustée en 2018, ce sont de véritables parfums de torréfaction qui s'offrent à nous sans même aérer le vin (malt de blé noir, tiramisu, capuccino). La texture en bouche est d'une suavité exemplaire, elle nous rappellerait presque un Puligny-Montrachet légèrement effervescent. L'ensemble est à la fois distingué et imposant (l'année solaire s'exprime encore), on est en présence d'un champagne qui nous fait penser au confort soigné des grands vins blancs. 
Un grand moment pour les réceptions mémorables.

Cave chez Pol Roger

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22 mai 2018 par Monsieur Bulles
moncontour brut 2015 L'AOP Vouvray se décline en vin sec, moelleux, liquoreux et effervescent. Ses vignobles bordent le nord-est de Tours et représentent environ 2000 hectares plantés sur des coteaux pierreux d'où émergent des substrats de tuffeau et d'argiles à silex. Localement appelé Pineau de Loire, le cépage Chenin blanc est ici chez lui. C'est grâce aux moines des abbayes qui bordaient autrefois la Loire, notamment celle de Marmoutier érigée sous la direction de Saint Martin, que le vignoble Turon (ou Tourangeau) a acquis rapidement une renommée auprès du clergé et de l'aristocratie régnante. 17 siècles plus tard, ce vignoble est une référence mondiale.
Commentaire de la Cuvée Prédilection 2015 Brut du Château de Moncontour :

Ce vin qui, sur le marché européen, se nomme La Grande Réserve, présente un premier nez d'orge, de pamplemousse, puis de citron. En le laissant se reposer quelques minutes, un soupçon de notes boulangères se laissent capter. 

Les bulles sont fines et éparses, toutefois persistantes, et je note depuis plus de 10 années que je déguste cette cuvée, que son effervescence est particulièrement endurante au point d'être toujours nerveuse lorsqu'on a laissé la moitié d'une bouteille ouverte une nuit sur le comptoir (oui, je sais, il y a des expériences qui apparaissent absurdes, mais il faut de tout pour parfaire son métier).

En  bouche, le vin se fait tendre - le dosage y étant sans doute pour quelque chose -, la fraîcheur perdurant quand même, grâce notamment à un caractère anisé qui parcourt la dégustation. 

Bref, ce Vouvray Brut continue, année après année, de séduire nos palais à moindre frais et l'on pourra le partager à l'apéritif avec quelques crevettes grises, sur une salade de poulet aux avocats en plat principal ou avec un crottin de chèvre lorsque sera venu le temps du fromage. 
Un dessert ? Orientez-vous vers quelque chose à base de meringue.étiquette moncontour
17,60 $ en SAQ / Code SAQ : 00430751

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7 mai 2018 par Monsieur Bulles
Tribaut Rosé Brut Jean-Marie Tribaut dirige aujourd'hui cette maison léguée par ses parents Jean et Suzanne Tribaut. Avec son fils Sébastien, il gère la quarantaine d'hectares de vignes répartie sur les trois communes de Romery, Aÿ, Cormoyeux et Fleury-la-Rivière (25 hectares en propriété). Maison créée à la fin des années 1920 par Roger Tribaut et René Schloesser, elle est reconnue pour ses champagnes dont les vins de base passent un séjour en foudres de chêne, achetés il y a un siècle et dont la contenance peut atteindre 50 hectolitres.
Commentaire de la cuvée Brut Rosé :

Les pinots dominent nettement l'assemblage et s'expriment pleinement dans ce champagne à la vinosité marquée, qu'un fruité rouge rappelant une salade de framboises et de fraises, vient à la fois illustrer et rafraichir. 
Le dosage plus appuyé que sur d'autres champagnes est ici un soutien aromatique, il n'occulte pas la vivacité finale.
Les amateurs de rosé solide et expressif pour accompagner un plat consistant à table ont ici une aubaine, car pour ce tarif sur notre marché québécois, aucun autre champagne n'est comparable, actuellement.
L'apéritif avec cochonnailles variées, l'entrée avec un feuilleté de ris de veau, le plat principal avec des côtelettes d'agneau grillées ou le dessert avec un crumble de fraises sont quelques idées d'harmonies gagnantes !Contre-étiquette Tribaut Rosé
Code SAQ : 12653172 / 47 $

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5 mai 2018 par Monsieur Bulles
Rivarose Brut Et oui, vous ne le saviez peut-être pas, mais on fait des bulles en Provence depuis le début du 20ème siècle. Créée en 1909 à Rognac, la société Tête Noire s'est spécialisée dans la production de vins mousseux. Aujourd'hui basée à Salon-de-Provence, elle s'est appelée Royal Provence avant de devenir une filiale du négociant bourguignon Veuve Ambal et de prendre le nom Rivarose en 2015.


Commentaire du Rivarose Brut - IGP Pétillant :


Le nez est expressif, d'abord floral, puis davantage axé sur celui d'une salade de fruits rouges, l'ensemble est agréable. 
Les bulles apparaissent très fines et nouées, l'impression est confirmée une fois le vin en bouche (méthode charmat). 
Une légère amertume parcourt la dégustation, elle rattrape la sucrosité perceptible pour donner un peu de corps à un ensemble finalement charmeur. 
Aucune complexité dans le comportement et les saveurs, ce sont des bulles provençale simples et soignées qui accompagneront à merveille les premières salades en terrasse, le petit crottin de chèvre et son filet de balsamique ou la salade de fraises aux poivres du dessert. 
Ça sent l'été comme description ? 
Soyez encore patients. C'est dans 6 semaines !Étiquette Rivarose
18,95 $ au Québec - Code 13582839

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30 avril 2018 par Monsieur Bulles
Cava Andreu Depuis quelques années, François Chartier sélectionne des vins de plusieurs appellations pour ses propres étiquettes. La qualité a toujours été au rendez-vous, elle devait l'être pour une catégorie toujours plus difficile à élaborer : les bulles. Patiemment, le sommelier aujourd'hui installé en Catalogne, a testé maintes effervescents avant de signer avec une maison locale pour son propre cava : Carles Andreu. Exploitation agricole depuis la fin du 18ème siècle, elle est aujourd'hui conduite par Ramon Andreu and Carles Andreu qui élaborent leurs propres vins sous ce nom depuis 30 ans, grâce à une vingtaine d'hectares de parellada, de macadéo et de trepat. Verdict ?
Commentaire de la cuvée Brut Nature de Carles Andreu :

Le nez est expressif, il rappelle d'abord la poire chaude, puis quelques accents de fraicheur marine se laissent capter à l'aération.
Ces derniers se confirment dès l'attaque en bouche, ils filent vers des notes plus minérales encore, celles qui rappellent les hydrocarbures, une minéralité sans doute apportée par le cépage parellada.
Suave dans le comportement grâce au mois d'élevage sur lattes, la texture reste aérienne, en harmonie avec le fruité blanc, croquant et rafraichissant. 
Quelques amers parcourent la dégustation, ils apportent le caractère qui signe les effervescents aboutis. 
C'est le cas ici pour un cava accessible qu'un apéritif avec quelques tapas de fruits de mer révèlera à merveille. Et si vous êtes amateurs de fromage de chèvre comme je le suis, je vous promets une harmonie réussie.
22,30 $ en importation privée auprès des Vignerons de Chartier

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26 avril 2018 par Monsieur Bulles
Platine de N. Maillart Vigneronne depuis Louis XV, la famille Maillart a, comme la majorité des récoltants champenois, distribué son raisin aux grandes maisons pendant des décennies avant d'élaborer elle-même ses vins. En 2003, Nicolas Maillart, représentant la neuvième génération a décidé de se lancer seul dans l'aventure de la production et du négoce (16 ha) en investissant dans une nouvelle cuverie, de nouveaux outils d'élaboration et une nouvelle façon de conduire la vigne. Quinze ans plus tard, il fait partie de cette relève dont on parle de plus en plus en Champagne.
Commentaire de la cuvée Platine Brut de N. Maillart :     

Subtilement anisé au premier nez, ce champagne se révèle davantage sur les fruits jaunes une fois en bouche et c'est surtout l'énergie que s'y dégage qui séduit, même si l'effervescence reste caressante et onctueuse. 
La maturité du fruit est expressive, les arômes sont subtilement boulangers, la vinosité est gourmande sans être lourde, le pinot noir domine l'assemblage par son bouquet et la structure qu'il anime; 
bref, c'est un bon champagne, accessible et impeccable pour un apéritif avec canapés variés. Contre étiquette de Platine de N. Maillart
15/20 dans le Guide Revel - 49,50 $ au Québec

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23 avril 2018 par Monsieur Bulles
Femme rosé 2007 de Duval-Leroy Trop de champagnes rosés ne sont que des blancs colorés, élaborés davantage pour les yeux que pour la bouche. Même glissés parmi des blancs dans les dégustations à l'aveugle, certains ne se démarquent pas. Les champagnes rosés qui se distinguent sont davantage ceux des récoltants que ceux des négociants. Toutefois, celui que je vous présente ici s'est posé en objecteur, reléguant peut-être mon analyse dans un tiroir... de sagesse ! Le Femme 2007 de Duval-Leroy est un électron libre et surtout, surtout, il m'a séduit parce que c'est un rosé à l'image des deux femmes qui sont derrière lui : solides, posées, établies.
Ces deux femmes se nomment Carol Duval-Leroy, propriétaire de la marque éponyme, et Sandrine Logette-Jardin, chef de cave de cette maison.  

Ensemble, elles construisent depuis plus de 25 ans, une gamme riche et précise qui, même si je pense que cette diversité peut dérouter le consommateur d'un point de vue commercial, témoigne de la mosaïque du terroir champenois - aussi varié que le Bourguignon voisin - qui n'a jamais été autant révélé depuis la dernière décennie, notamment par des récoltants inspirés et créatifs. 

La Champagne a vendu du champagne sans parler de son terroir pendant 100 ans, elle vend aujourd'hui son terroir en parlant de champagne. 
Duval-Leroy fait partie des rares marques qui suivent ce mouvement, logiquement initié et défendu par les récoltants.

Commentaire de la cuvée Femme 2007 Rosé Brut de Duval-Leroy :

Le couleur est orangée, intense; elle pourrait conditionner l'analyse olfactive et elle le fait, car ce champagne expose des notes de cognac et d'orangettes. Toutefois, après avoir laissé le verre s'aérer quelques minutes pour mieux y retourner, en rejetant cette influence visuelle, les parfums d'eau-de-vie et d'agrumes macérés se confirment.
En bouche, une vinosité presque bouzillonne s'installe : nette, énergique, rougeoyante, voire tannique. Elle est enveloppée par une fraîcheur d'agrumes pointue, celle de clémentines, de zestes de clémentines. 
Le cacao initialement perçu (orangettes) revient en finale, il indique l'âge du vin, le temps qui l'a façonné. C'est une sensation de torréfaction subtile.
Pas d'oxydation ou d'oxydatif en vue, juste quelques amers qui font les grands champagnes et cette puissance présente, mais contenue, intégrée, qui parcourt toute la dégustation.
On n'est plus dans l'univers du champagne, des bulles frivoles qui animent une texture, on est bien dans l'univers du vin, du grand vin de Champagne, ambassadeur d'un terroir.
À la fois énorme et somptueux, ce Femme Rosé de Saignée 2007 est un détour à faire... et à refaire, et à refaire.saignée 2007
19/20 selon le barème du Guide Revel - Femme 2000 Brut Blanc disponible en SAQ à 189 $

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19 avril 2018 par Monsieur Bulles
Brut de Lemaire Comme la plupart des familles qui possèdent du raisin en Champagne, les Lemaire ont été viticulteurs avant d'être vignerons. C'est à dire qu'ils ont vendu leurs raisins aux grandes maisons avant d'élaborer leur propre champagne. Agriculteur depuis la fin du 19ème siècle autour de Hautvillers, les Lemaire se sont lancés dans la grande aventure après la seconde guerre mondiale après avoir déménagé à Villers-sous-Châtillon. L'achat progressif de vignes a mené la famille à disposer aujourd'hui de 13 hectares qui comblent une palette classique de champagnes.
Commentaire de la cuvée Sélect Réserve Brut :

Le nez est expressif, à la fois malté et toasté, très champenois : des notes de pommes chaudes complètent celles de barres céréalières, de croûtes de pain chaud, puis de citron confit. 
On s'attend à déguster un vin riche et pourtant, dès l'attaque, ce sont justement les notes d'agrumes, discrètes au nez, qui apportent de la fraîcheur à un ensemble solide, permettant l'équilibre. 
Le dosage apparaît sensible, il soutient les arômes que le temps en cave a construit, sans freiner l'éclat fruité qu'un champagne doit offrir.
L'effervescence est réussie, les bulles abondent et persistent, elles créent la sensation crémeuse attendue et participent à l'harmonie générale.
C'est un champagne à l'architecture classique qui, par contre - ce qui est rare pour la cuvée locomotive d'une gamme - présente une structure suffisamment solide, parfumée et dense pour être présenté à table sur un plat consistant où l'agneau, voire le gibier, peuvent facilement l'accepter.
Bien entendu, les gourmands l'apprécieront aussi à l'apéritif !Contre étiquette Lemaire Brut
Importation privée au Québec : Sélections Fontaine (450 233 8070)

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16 avril 2018 par Monsieur Bulles
Joséphine 2008 de Joseph Perrier Cette cuvée se présente dans un flacon sérigraphié, inspiré d'une bouteille peinte et dorée à la main, au 19ème siècle, pour le mariage de Joséphine-Stéphanie Perrier, l'une des filles de Joseph Perrier. En raison de son coût, ce champagne ne sera plus élaboré pendant plusieurs décennies, toutefois, c'est au début des années 1980 que Jean-Claude Fourmon, propriétaire de la maison, décide d'en faire sa cuvée de prestige en sérigraphiant le décor. Relancée, en quelque sorte, en 1988, sur le millésime 1982, la cuvée Joséphine a la particularité d'être élaborée en jéroboam depuis quelques années. Il faudra attendre les années 2020 pour les voir sur le marché. Le millésime 2008 en bouteille classique est le neuvième déclaré, il est au Québec et fait partie des champagnes de prestige les plus abordables du marché.
Commentaire de la cuvée Joséphine 2008 de Joseph Perrier :

Globalement issue de chardonnay et pinot noir à parts égales (le pourcentage pouvant quelque peu varier selon la qualité des deux cépages), tout apparaît blond dans cette cuvée Joséphine 2008 : le nez délicatement malté qui rappelle un muesli de petit déjeuner, la bouche qui fleure des notes de citron confit et la finale florale qui indique un état de jeunesse encore palpable. 

Une décennie sur lattes a construit des perles effervescentes qui s'accrochent aux papilles et finalisent une agréable harmonie.

Un champagne qui, grâce à l'énergie et la suavité assemblées, peut facilement se glisser sur les clayettes d'un cellier, jusque 2023.

J'allais oublier : cette cuvée de prestige est moins dispendieuse au Québec qu'en France ! Pour une fois, profitez-en !Joseph Perrier
149,50 $ - Code SAQ : 11532168

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4 avril 2018 par Monsieur Bulles
PMG de Julien Fouet Ils sont à la mode dans toutes les régions viticoles du monde; les producteurs de vins tranquilles s'amusent à en élaborer sans tambour, sans trompette. Et même ceux qui font des bulles "officielles", c'est à dire sur une appellation de vins effervescents, s'amusent aussi à faire des pet'nat. Celui-ci, qui vient d'arriver en SAQ, fait honneur à ces derniers.



Dans un article écrit il y a un an où je donnais mon avis sur la tendance abusive à encenser les pétillants naturels dans la restauration locale, j'avais mentionné l'un d'eux comme étant le meilleur, parmi une sélection que j'avais testée dans un salon.

Quelle agréable surprise d'apprendre que ce Pet'Nat est désormais en SAQ !!

Merci aux sélectionneurs du monopole !

Commentaire du PMG Méthode ancestrale de Julien Fouet - Loire - France :

Un chenin blanc aux bulles menues et persistantes qui habillent une texture suave à l'enveloppe juste assez mordante pour rappeler le cépage (pamplemousse, silex) et rafraîchir les papilles sans qu'aucune note de fermentation ne viennent les déranger. 
Le vin n'est absolument pas sucré, je le préconise donc à l'apéritif avec quelques huîtres ou avec un fromage assez crayeux.
21,65 $ - Code SAQ : 13497802

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