12 jui. 2018 par Monsieur Bulles
B. Bridge 2004, B.Cusiné 2009, Croser 2005, Mumm R. Lalou 1999 Le champagne a la particularité d'être construit par le temps et c'est ce dernier qui lui donne ses saveurs particulières de toasts, de biscuits ou de pâtisseries. Le cahier des charges de l'appellation oblige le respect de paramètres qui créent l'identité marquée du champagne. Sauf exception (comme le Franciacorta), le cahier des charges d'autres appellations de bulles dans le monde est souvent plus souple, entraînant une personnalité moins prononcée au niveau du vin. Alors pourquoi le temps permet-il ce rapprochement identitaire ?
Les fameuses notes de pains beurrés, de croissants ou de toasts blonds, bref, tous ces parfums qui nous rappellent ceux d'une boulangerie ou d'une pâtisserie, sont créés au cours de l'élaboration du champagne par l'étape qu'on appelle autolyse, déjà expliquée ici, dans un précédent billet. 

Il est amusant de constater que ce sont les levures qui sont l'origine et le point commun entre une création pâtissière et la création naturelle des arômes qui se développent dans le vin !

Il est encore plus singulier de constater que si vous laisser une pâtisserie beurrée, sécher sur le comptoir ou ramollir dans un sachet, les sucres et le beurre qui la parfument, seront davantage marqués.
 
Un rancio aromatique d'évolution s'amorce exactement comme pour un vin qu'on aura laisser vieillir en cave; la différence entre le solide et le liquide est que pour le premier, la pourriture gagne et finit par occulter ce rancio à cause de l'oxygène, tandis que pour le liquide, l'alcool et sa protection dans un contenant permettent de le conserver.
Ainsi, lorsqu'on déguste et compare de vieux champagnes avec de vieux crémants, de vieux cavas, de vieux franciacortas ou d'autres mousseux âgés de qualité, on se rend compte que la palette aromatique est toujours tertiaire (empyreume, torréfaction, pâtisserie, etc) et subtile : c'est le temps qui imprègne ces vins de ses saveurs pour en faire des cousins, voire des frères, à la ressemblance souvent édifiante.
    
Faites l'expérience chez vous, en comparant un champagne avec une appellation de vin effervescent dont le temps sur lattes aura été conséquent (au moins 36 mois) ou que vous aurez conservé plus de 5 années dans votre cellier, après son achat : leur goût et leur comportement ne seront pas si éloignés que cela.

Et si vous avez la chance de faire la même expérience avec des bulles qui ont plus de 15 ans, vous ne saurez pas identifier le champagne du franciacorta, du cava ou du crémant.

Le temps les aura, tous, définitivement paré du même habit... Mais l'homme moderne étant impatient, rare est celui qui a goûté à cette expérience.

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11 jui. 2018 par Monsieur Bulles
Carafe à eau, verres et champagne Mon opinion sur le passage en carafe d'un champagne ou d'un mousseux est plutôt catégorique : c'est un geste purement esthétique et inutile au regard de la nature seule du produit. Tout d'abord, le verbe « carafer » n'existe pas; du moins, pas encore. Le terme « carafe » vient de l'italien caraffa, qui lui-même viendrait d'un dialecte arabe dans lequel garafa signifiait « verser à la louche ». On passe en carafe pour aérer le vin et l'on décante un vin lorsqu'on veut éliminer les sédiments qu'il peut contenir.

Je ne vois pas l'intérêt de verser du champagne dans une carafe, d'autant moins lorsqu'on me tend l'argument que cela permet de l'aérer, de le rendre moins gazeux et plus digeste ! 

Les chefs de cave mettent quinze mois à trois ans (bien plus pour certaines cuvées) à élaborer leur vin afin que des bulles naissent naturellement dans le vin. Si un consommateur désire une carafe pour atténuer le gaz, retirer des bulles ou mieux digérer, qu'il boive un vin tranquille, il aura davantage de plaisir ! 
Et si la carafe est un argument visant à réduire la sucrosité des cuvées demi-sec à doux, offrez-vous plutôt un vin blanc moelleux !

La carafe est, selon moi, un argument de vente et de marketing créé par les responsables commerciaux des marques - qui la conseillent -, et je ne pense pas que les chefs de cave de ces marques appuient cette démarche, car elle est méprisante envers leur travail. 

Au demeurant, si un vin présente effectivement une effervescence peu soignée et excessive, la carafe peut être une option, même si je pense que le seul fait d'attendre cinq minutes, une fois le vin versé dans le verre, sera aussi efficace que l'oxygénation de l'esthétique carafe. 

Opinion également valable pour les champagnes âgés qu'on veut aérer : un verre bien adapté se révèle le contenant le plus sûr.

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21 juin 2018 par Monsieur Bulles
Le Cotet Situé près de Troyes, le vignoble de Montgueux était considéré comme le Montrachet de la Champagne, selon feu Daniel Thibault, chef de cave des maisons Piper-Heidsieck et Charles-Heidsieck. Composée à 85 % de chardonnay, la moitié des 185 hectares des vignes de Montgueux est exploitée par des vignerons pour le compte des grandes maisons. Jacques Lassaigne dispose néanmoins, avec ses deux fils, Emmanuel et Ludovic, de plusieurs hectares pour les cuvées de la maison, confidentielles et surtout disponibles dans le secteur de la restauration.
Commentaire de dégustation de la cuvée Le Cotet Brut de Jacques Lassaigne :

Nez d'une grande pureté de fruit (mirabelle, pomme, citron) et d'une vinosité « tranchante » dès l'attaque en bouche. 
On découvre un bel équilibre grâce au comportement crémeux de l'effervescence qui transporte à la fois des arômes zestés et ceux, plus profonds de l'élevage du vin, qui rappellent subtilement des toasts blonds. 

Du plaisir à l'état pur pour un champagne assez rare, du sud de la région, qui se démarque avec un 100 % chardonnay, plus solide qu'aérien.

Des huîtres seront évidemment un accord facile, toutefois, je préconise des mets plus consistants, comme un tataki de thon en croûte de sésame, des croquettes de poisson ou un fromage de type camembert (encore crayeux).

Voulez-vous connaître le lien extraordinaire entre la famille Lassaigne et le Japon ? Regardez la vidéo ci-dessous !CE Le Cotet
Code SAQ : 13637238 - 114,75 $

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16 juin 2018 par Monsieur Bulles
Orpale 1996 de De St Gall Combien de fois ai-je entendu "c'est fait par une coopérative, ce n'est pas ce qu'il y a de mieux..." Réflexion pouvant venir du profane comme de l'amateur de champagne, du sommelier comme du représentant en vin qui, peut-être, n'a jamais mis les pieds dans une coopérative viticole ! Et bien, savez-vous, il y a des cuvées exceptionnelles élaborées par toutes les coopératives - j'ai bien écrit toutes - et sans elles, le système champenois actuel ne fonctionnerait pas aussi bien. Voici pourquoi.


L'article écrit il y a quelques mois sur les Pet'Nat avait contarié plusieurs sommeliers, car je parlais de la "snobmellerie" dans le milieu de la restauration, au regard des cartes de vins proposées et des comportements professionnels de certains. 
Les réactions nombreuses et passionnées ont prouvé que j'avais mis le doigt sur une situation bien réelle des deux bords de l'Atlantique.
Je ne veux pas enfoncer le clou, mais le sujet des champagnes de coopératives m'oblige une fois encore à écrire qu'il y a une suffisance à leur égard dans la sommellerie actuelle, souvent due à un manque d'information, à de l'ignorance, parfois à de la mauvaise foi. 
Elle est malheureuse, car elle est diffusée à coup de belles paroles auprès du consommateur profane qui enregistre naïvement des propos lancés comme des paraboles telles que : "c'est un champagne de coop, pas d'un vigneron, c'est moins bon", "Les coop font du volume, donc forcément, c'est moins bon", "on ne sait jamais ce qu'il y a dans un champagne de coopérative", "ce sont des champagnes sans personnalité", etc... 
J'en passe et des meilleures.

J'éclaircis ici quelques points :

La majorité des vignerons champenois vendent leur raisin aux coopératives.
La majorité des vignerons champenois font élaborer leur champagne par une cave coopérative.
Les caves coopératives bénéficient du plus grand nombre des meilleures parcelles en Champagne.
Les caves coopératives disposent des meilleurs moyens pour sélectionner les meilleurs raisins en vue d'élaborer un champagne particulier.
Les cuvées de prestige des caves coopératives de Champagne, souvent méconnues, sortent fréquemment parmi les meilleures dans les dégustations à l'aveugle (quand elles y sont invitées).

En résumé, sans les coopératives en Champagne, le système s'écroule. 
Et sans les coopératives en Champagne, le soutien agricole et technique - voire moral - auprès des vignerons n'existerait pratiquement pas.

De plus, ce système mis en place par les champenois, soit celui qui unit le vignoble, la production et la vente, est jusqu'à aujourd'hui, le plus performant sur l'échiquier marchand international. 
Liés les uns aux autres, les récoltants et les négociants sont obligés de grandir ensemble ou de s'écrouler ensemble.

Cela ne veut pas dire que ce système est le meilleur, puisque tout est perfectible, toutefois, il est celui qui est le plus montré du doigt pour ses aspects positifs par toutes les appellations du monde vinique. 
Un vin de coopérative, qu'il soit de Champagne ou d'ailleurs, effervescent ou tranquille, n'est pas un vin moins travaillé qu'un autre. 
Et son origine n'est pas moins floue que celle du vin d'une parcelle renommée. Son origine est seulement celle de plusieurs parcelles assemblées qui pointent davantage vers l'équilibre de leurs caractéristiques additionnées plutôt que vers une typicité unique et marquée, une fois le vin élaboré. 

J'en veux pour preuve cette dégustation organisée à Vérone en novembre dernier, sans médiatisation, avec des collègues italiens mordus de champagne. 
L'Italie étant le 5ème marché du champagne dans le monde, elle est sans doute avec l'Angleterre, le pays où l'on compte les meilleurs dégustateurs de bulles. 

Chacun d'entre nous devait apporter un champagne de son choix, dont la seule exigence était le millésime : 1996.  
Un millésime encensé lors de la vendange, mais qui s'avéra trop rigide, trop incisif avec le temps, lancé trop tôt sur le marché par la plupart des maisons, bref, une sorte "d'infanticide". Certains se dégustent très bien aujourd'hui, d'autres ont finalement déçu.

Pourquoi donc écrire sur le sujet des coopératives de Champagne ? 
Parce qu'à mon étonnement - quand même - c'est la cuvée de coopérative que j'ai apportée qui a été le plus souvent plébiscitée.

Il s'agit de la cuvée Orpale 1996 de la marque De St Gall (la cave coopérative d'Avize). 
Elle a fait l'unanimité en entrant dans le Top 3 de chaque dégustateur. 
Attention, elle n'est jamais arrivée première, mais elle fut à chaque fois deuxième ou troisième parmi les 11 cuvées dégustées ce soir là, que voici :

NPU 1996 de Bruno Paillard
Dom Ruinart 1996 de Ruinart
Zoémie De Sousa 1996 Désirable de De Sousa
Blanc de Blancs 1996 de Palmer & Cie
Grand Cru Brut Millésimé 1996 de Égly-Ouriet 
Les Chétillons 1996 de Pierre Peters
Femme 1996 de Duval-Leroy
La Grande Dame 1996 de VCP
Louise 1996 de Pommery
Palme d'or 1996 de Nicolas Feuillatte

Notez également que le Palmer (coopérative) est arrivé en première place pour deux dégustateurs.
Le vin unanimement reconnu comme le plus frais, le plus jeune, fut Les Chétillons de Pierre Peters. Celui qui fut considéré comme le plus mature fut l'Égly-Ouriet. Le plus délicat fut le Ruinart et le plus riche, La Grande Dame.

Bref, comme d'habitude avec le champagne, il y en a eu pour tous les goûts et tout le monde fut satisfait tout en notant l'excellente prestation des champagnes de coopérative.
Et je retiens finalement que déguster à l'aveugle - ou "à l'orhonyme" - est toujours la meilleure façon d'avoir l'heure juste.Orpale 1996
Autrefois représenté au Québec, le champagne De St Gall a disparu des tablettes... Avis aux agents.

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8 juin 2018 par Monsieur Bulles
Radis et Delamotte La tendance vegé et végan est bien réelle depuis une dizaine d'années; les bons restaurants traditionnels offrent des menus "verts" et les restaurants végétariens croissent et attirent parfois les carnivores... Tant mieux, il doit y en avoir pour tout le monde. Côté champagne, y a t-il des cuvées qui s'harmoniseront mieux que d'autres aux salades de légumes, aux végé-pâtés ou au hamburger de tofu ?
Non.
Bien sûr que non.
Il n'y a pas de cuvée de champagne qui se prête mieux qu'une autre à un plat végétarien, tout simplement parce que le champagne se prête harmonieusement à tous les mets ou presque...

En fait, comme un plat végétarien contiendra souvent plus d'eau qu'un plat à base d'une viande ou d'un poisson, il est assez facile de lui trouver un champagne puisque ce sont les tanins qui agrémentent la sensation de matière et qui donne une consistance adéquate lors d'une harmonie culinaire avec une viande ou un poisson. 

Par ailleurs, le sel et/ou le sucre du plat sera déterminant dans le choix du champagne. Ce dernier ne contenant pas - ou peu - de tanins, c'est son acidité qui devient le vecteur premier pour un accord réussi. 

Orientons-nous d'abord vers les champagnes Brut et les champagnes Extra-Brut. 
Je poursuivrai avec les Blancs de Blancs et les Blancs de Noirs des mêmes catégories.

Un Brut sans année donnera davantage la sensation de consistance en bouche, on peut donc l'accorder à un plat végétarien rassasiant, tandis qu'un Extra-Brut sans année aura une finale plus pointue, plus apte à donner la main à un plat végétarien vivifiant.

Au sein de ces deux catégories, on optera pour un Blanc de Blancs si l'on préfère la tension, l'énergie, la fraîcheur ou un Blanc de Noirs si l'on désir un fruité plus prononcé, une structure solide.

Et pour les Rosés Brut, ils sont en quelque sorte les arbitres qu'on peut consommer avec tous les plats végétariens, puisqu'ils réunissent les caractéristiques des cuvées traditionnelles "blanches" avec une sensation tanique et un fruité plus facilement détectable au palais. 
Quel que soit le choix du plat, c'est l'attrait spécifique pour un rosé qui triomphe, en occultant la précision de l'harmonie avec un plat.

Voici quelques idées d'assiettes qui iront adéquatement 

Avec un champagne Brut ou Extra-Brut :

Tofu brouillé aux champignons de Paris
Pizza Margherita
Pizza aux légumes (au choix)
Riz blanc ou brun au tofu grillé et assaisonné au soja (poivrons, maïs et tomates).
Privilégiez les "vieux" champagnes quand les plats sont à base d'une mayonnaise ou d'une sauce grasse.

Avec un champagne Blanc de Blancs Brut :

Galette de pois chiches au citron confit et herbes de provence
Tous les plats où un jus d'agrumes (ou le citron) est présent.
Les légumes racines présentés en salade (où le vinaigre est présent). 

Avec un champagne Blanc de Noirs Brut :

Burrito de fèves noires à l'avocat et chipotle
Pizza à la putanesca 
Salade de champignons aux oignons grillés
Salade de lentilles au curry
Choux-fleur au curry
Les plats qui empruntent les épices indiennes ou du Moyen-Orient seront toujours les mieux venus.

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5 juin 2018 par Monsieur Bulles
VCP Brut 2008 La célèbre étiquette jaune offre ici son millésime 2008 avec les pinots toujours dominants, le noir s'imposant nettement. On est en 2018, ce vin a 10 ans, presque un ado ! 2008 est parmi les meilleurs millésimes de la décennie 2000 en Champagne : le cycle végétatif a été délicat avec un hiver long et froid, un printemps arrosé, un début d'été inégal en température et touché par les maladies, puis une fin d'été plus heureuse, sèche et ensoleillée. Pas une grosse récolte, mais une récolte saine, majoritairement déclarée. Le résultat est dans le verre, à vous de goûter !
Commentaire du Brut 2008 de Veuve Clicquot :

Le nez est toujours d'une fraîcheur étonnante, il entremêle les notes de farine de boulanger et d'iode, nécessitant une longue aération dans le verre avant d'y déceler des accents plus fruités (amande, poire mûre) et plus champenois (pâtisserie beurrée, tarte au citron).

Le temps a joué sur l'effervescence, elle abonde grâce à des perles fines et compactes qui formeraient presque une crème, tapissant les papilles. 
Une fine acidité - de jeunesse, croyons-y encore - enveloppe ce foisonnement, titille la langue et finit sa course sur une pointe saline qui nous indique le potentiel de garde encore confortable...

Confortable, c'est aussi le terme que je retiens dans le comportement de ce VCP 2008. Avec l'énergie qui l'habille, l'équilibre est au rendez-vous; ce champagne séduit, revigore et donne envie d'en reprendre. 
C'est bien là l'essentiel.

Code SAQ : 00508614 / 99,50 $

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28 mai 2018 par Monsieur Bulles
Les feux Loto-Qc Le 1er août 2018, sous les feux d'artifice, venez découvrir 5 champagnes sélectionnés par G. Revel sur le Saint-Laurent, à bord du "Petit Navire" ! Animation et dégustation avec foie gras avant d'assister au plus près, au lancement des feux par l'Australie ! Vous serez aux premières loges pour assister aux feux Loto-Québec !

Le petit navire
Renseignements et inscription : grevel@monsieurbulles.com / 120 $ + tx / Départ à 20 h 30 / Durée de la croisière : 2 h / Places très limitées / inscription avant le 1er juillet

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25 mai 2018 par Monsieur Bulles
Pol Roger - bouchons et bouteille Laurent d'Harcourt, président du directoire de la maison Pol Roger, était de passage à Montréal en février dernier. Une courte visite pour présenter les dernières cuvées de « The world's most drinkable address », comme le disait sir Winston Churchill qui a été honoré par la création en 1984 d'une cuvée (Magnum 1975) qui porte son nom. À votre avis, combien de millésimes ont été déclarés pour cette cuvée de prestige ?


Cette cuvée a toujours été élaborée dans les meilleures années : 1979, 1982, 1985, 1986, 1988, 1990, 1993, 1995, 1996, 1999, 2000, 2002, 2004 et 2006. 

La maison Pol Roger, fondée en 1849, est l'une des dernières grandes maisons familiales champenoises dont la qualité des cuvées a toujours été constante. Longtemps cataloguée comme « British » dans son style, je pense que c'est davantage au fait qu'elle rayonnait sur le marché britannique, plutôt qu'à une vinosité puissante dont raffolent les amateurs anglais. 
Au cours des premières années de son établissement, elle vendait ses champagnes « sur lattes » (les bouteilles étaient réservées au moment de leur prise de mousse lorsqu'elles étaient encore couchées sur des lattes de bois dans les caves) aux marques négociantes déjà établies. 
Il fallut attendre 1876 pour que la famille Roger vende ses premiers flacons en Angleterre sous son nom (millésime 1865), grâce au négociant John Conrad Adolphus Reuss. 

L'actualité de la maison l'a d'ailleurs fait replonger dans le passé puisqu'en étudiant dernièrement la possibilité d'agrandir le site de production à Épernay, la direction est retombée sur la zone qui s'était affaissée en 1900, provoquant à l'époque l'ensevelissement d'un million et demi de bouteilles et de 500 tonneaux de vin ! 
Cette perte avait failli faire disparaître la marque dirigée alors par Maurice et Georges Roger, les fils de Pol Roger. 
C'est la solidarité entre familles de maisons de champagne qui avait permis à cette dernière de se reconstruire. 
On distingue aujourd'hui des bouteilles vides, cassées et intactes sur le chantier éventré, mais la prudence préconise d'abord une sérieuse étude du sol, un sondage méticuleux des lieux, avant d'envisager de remonter ces flacons centenaires. 

Pour Damien Cambres qui vient de succéder en tant que chef de cave de la maison à Dominique Petit, nul doute que 2018 sera parmi les grands millésimes de sa carrière !

Lieu : 1, rue Winston Churchill - 51200 Épernay  
Téléph
one : 03 26 59 58 00    

 Cuvée Pol Roger - Pure - Extra-Brut

 16/20 et 3 étoiles dans le Guide Revel 
    
L'assemblage des vins est identique au Brut Réserve de la maison, mais la provenance des crus est différente. Aucun dosage n'intervient lors du dégorgement. Le premier nez rappelle la farine, la levure de boulanger, puis il s'ouvre sur une minéralité plus classique, plus iodée. L'attaque en bouche est très fraîche, elle offre un vin sec, aux notes de tabac blond, très originales. Les bulles de calibre moyen sont en harmonie avec la rondeur de la texture qui offre en finale quelques notes citronnées vivifiantes. 
Une belle réussite dans cette catégorie de champagne qui s'est étoffée parmi les marques établies.   

Cuvée Pol Roger - Brut Réserve
16/20 et 3 étoiles dans le Guide Revel  
 
Classique dans sa facture dans le bon sens du terme, c'est à dire que cette cuvée s'illustre par l'équilibre de chaque niveau de dégustation. Nette sans être mordante à l'attaque, ronde sans être lourde en bouche grâce à une mousse à la fois compacte et légère, biscuitée sans être beurrée, sobrement parfumée (fleurs, poires, légère pointe graphite), finale brève et vivifiante, elle a tout pour ouvrir l'appétit et présente déjà la signature de la maison dans son enveloppe presque maltée et toujours imprégnante. 
Le Brut Réserve de Pol Roger est le genre de cuvée à avoir en permanence dans son cellier.

Cuvée Pol Roger - Brut Réserve 2008
16/20 - 2 étoiles et demi

Le fruité en bouche est plus rouge que blanc (raisins, groseille), alors que le nez se montre encore axé sur la levure de boulanger, la mirabelle, le malt blond. Il bouge beaucoup, il désoriente. Déconcerté, je laisse le vin se reposer dans le verre un bon quart d'heure.
Et je retrouve alors la signature de la maison : élégance et vinosité.
Un chablis grand crus d'une bonne dizaine d'années se présente alors moi; avec des bulles ! L'enveloppe citronnée habille une texture pleine et dense, aux arômes de tarte amandine, de poire chaude, puis de citron confit en finale. La vinosité de l'ensemble est blonde, c'est à la fois riche et digeste, c'est donc réussi, prêt à boire aujourd'hui avec un met qui lui ressemble. 
Homard au beurre blanc ? Ça tombe bien, c'est la saison !

Cuvée Pol Roger - Brut Réserve 2002 
18/20 et 4 étoiles dans le Guide Revel  

Commercialisé au bon moment, soit au printemps 2012 et dégusté une première fois en juillet de la même année, ce vin, en 2018, continue de donner l'impression qu'on entre dans une pâtisserie dès qu'on le porte à son nez. Son crescendo aromatique parle tout seul : tarte au citron, nougat, lait au miel, kouglof, orangettes, l'ensemble étant couronné par des effluves de four de boulanger en pleine cuisson ; le temps qui a passé l'a paré d'une texture soyeuse, illustrée par une effervescence dont les perles s'accrochent aux papilles tout au long de la dégustation. 
Un fin rancio d'évolution pointe en finale, quoi de plus normal ! 
Du grand champagne qu'on ne peut désormais trouver que dans les celliers des amateurs, prévoyants il y a dix ans...    

Cuvée Blanc de Blancs - Brut 2009
17/20 - 3 étoiles

Cette cuvée se montre délicate au premier nez (guimauve, mie de pain) pour se faire plus expressive et classique à l'aération (pâtisseries à base de frangipane, voire de vanille). Particulièrement fondante en bouche grâce à des bulles nouées,  la texture soyeuse procure un volume dense, voire charnel, qui donne l'impression d'une cuvée Sàten de Lombardie à la surpression de gaz peu élevée. Les arômes restent axés sur la pâte feuilletée, le beurre doux, les toasts blonds, tout est dans la suggestion, la subtilité, la délicatesse. 
C'est un champagne d'une très grande classe, prêt à être consommé sur une entrée aussi sobre et travaillée de crustacés, par exemple.

Cuvée Pol Roger - Brut Rosé 2008
17/20 - 3 étoiles
C'est pur, c'est mûr, c'est mature. Ce champagne s'exprime surtout sur les fruits rouges, sur la fraîcheur des fruits et la vinosité parle davantage que la complexité. Bref, ce vin a 10 ans, il est encore jeune, il s'exprime comme un ado, tantôt ferme, tantôt fragile. Les arômes typiquement champenois de pâtisseries sont encore discrets, on les frôlent, mais ils sont encore bousculés par l'énergie. Montrons nous patients et revenons-y dans quelques années... 
Amateurs de champagne, vous avez ici un rosé millésimé à glisser sur les clayettes.
 
Cuvée Pol Roger - Brut Rosé 2002 
18/20 et 4 étoiles dans le Guide Revel  
   
Comme de nombreux 2002, il se montre aujourd'hui mature avec une enveloppe très fraîche en bouche qui n'est pas celle d'une acidité permettant encore une longue endurance, mais celle du raisin juste vif et mûr offrant une sensation désaltérante. Le fruité est rouge (cerise, framboise), un peu fumé et zesté en finale. Le comportement des bulles est plus aérien que noué, elles apportent la fraîcheur dans la dégustation. C'est un champagne à la sobre vinosité, à la remarquable élégance. 
On passe à table ? Bar rayé à la Toscane par exemple.

Cuvée Sir Winston Churchill - Brut 2004
18/20 ou 4 étoiles

Ce vin est un ado. Certains vont penser que j'abuse et pourtant... Et pourtant, il a tout d'un jeune champagne : le fruité au nez plus blanc que jaune (farine de boulanger, poire, pomme), les arômes en bouche davantage boulangers que pâtissiers (baguette, mie de pain) et dès l'attaque, l'énergie l'emporte sur la plénitude. Seules les bulles qui sont en fait des perles formant une riche onctuosité indique le temps passé en cave et la grande éducation de cette cuvée. Car c'est un ado éduqué. Il est encore fougueux et démontre sa solidité. Représentatif du millésime de sa naissance, son potentiel d'endurance est encore grand. 
Certes, quelques accents maltés se laissent saisir en finale de dégustation, indiquant une légère évolution amorcée, toutefois, ce SWC 2004 séduira immanquablement vers 2024... et sans doute plus loin encore.

Cuvée Sir Winston Churchill - Brut 1999
19/ 20 ou 4 étoiles et demi

Dégustée une première fois en novembre 2012, redégustée en 2018, ce sont de véritables parfums de torréfaction qui s'offrent à nous sans même aérer le vin (malt de blé noir, tiramisu, capuccino). La texture en bouche est d'une suavité exemplaire, elle nous rappellerait presque un Puligny-Montrachet légèrement effervescent. L'ensemble est à la fois distingué et imposant (l'année solaire s'exprime encore), on est en présence d'un champagne qui nous fait penser au confort soigné des grands vins blancs. 
Un grand moment pour les réceptions mémorables.

Cave chez Pol Roger

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7 mai 2018 par Monsieur Bulles
Tribaut Rosé Brut Jean-Marie Tribaut dirige aujourd'hui cette maison léguée par ses parents Jean et Suzanne Tribaut. Avec son fils Sébastien, il gère la quarantaine d'hectares de vignes répartie sur les trois communes de Romery, Aÿ, Cormoyeux et Fleury-la-Rivière (25 hectares en propriété). Maison créée à la fin des années 1920 par Roger Tribaut et René Schloesser, elle est reconnue pour ses champagnes dont les vins de base passent un séjour en foudres de chêne, achetés il y a un siècle et dont la contenance peut atteindre 50 hectolitres.
Commentaire de la cuvée Brut Rosé :

Les pinots dominent nettement l'assemblage et s'expriment pleinement dans ce champagne à la vinosité marquée, qu'un fruité rouge rappelant une salade de framboises et de fraises, vient à la fois illustrer et rafraichir. 
Le dosage plus appuyé que sur d'autres champagnes est ici un soutien aromatique, il n'occulte pas la vivacité finale.
Les amateurs de rosé solide et expressif pour accompagner un plat consistant à table ont ici une aubaine, car pour ce tarif sur notre marché québécois, aucun autre champagne n'est comparable, actuellement.
L'apéritif avec cochonnailles variées, l'entrée avec un feuilleté de ris de veau, le plat principal avec des côtelettes d'agneau grillées ou le dessert avec un crumble de fraises sont quelques idées d'harmonies gagnantes !Contre-étiquette Tribaut Rosé
Code SAQ : 12653172 / 47 $

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26 avril 2018 par Monsieur Bulles
Platine de N. Maillart Vigneronne depuis Louis XV, la famille Maillart a, comme la majorité des récoltants champenois, distribué son raisin aux grandes maisons pendant des décennies avant d'élaborer elle-même ses vins. En 2003, Nicolas Maillart, représentant la neuvième génération a décidé de se lancer seul dans l'aventure de la production et du négoce (16 ha) en investissant dans une nouvelle cuverie, de nouveaux outils d'élaboration et une nouvelle façon de conduire la vigne. Quinze ans plus tard, il fait partie de cette relève dont on parle de plus en plus en Champagne.
Commentaire de la cuvée Platine Brut de N. Maillart :     

Subtilement anisé au premier nez, ce champagne se révèle davantage sur les fruits jaunes une fois en bouche et c'est surtout l'énergie que s'y dégage qui séduit, même si l'effervescence reste caressante et onctueuse. 
La maturité du fruit est expressive, les arômes sont subtilement boulangers, la vinosité est gourmande sans être lourde, le pinot noir domine l'assemblage par son bouquet et la structure qu'il anime; 
bref, c'est un bon champagne, accessible et impeccable pour un apéritif avec canapés variés. Contre étiquette de Platine de N. Maillart
15/20 dans le Guide Revel - 49,50 $ au Québec

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