2 août 2018 par Monsieur Bulles
chocolat et champagne ? C'est un billet que j'aurais pu appeler "du mariage forcé au divorce consenti"... En effet, consommeriez-vous un verre de vin blanc sec avec un morceau de chocolat noir ? Non. Alors, pourquoi penser que le champagne est un bon accord avec le chocolat noir ? Le champagne est un vin blanc, qu'on rend effervescent. Le mythe de la belle harmonie entre ces deux produits, le chocolat et le champagne, est presque une histoire d'erreur de distribution commerciale...
Pourquoi le champagne s'est-il acoquiné au chocolat ? 

D'abord parce que pendant des décennies, l'un et l'autre étaient servis en dehors des repas, puis au dessert. Le chocolat était âcre et le champagne était sucré ! Plus sucré qu'un vin blanc contemporain demi-sec, voire plus sucré qu'un moelleux, donc harmonieux avec un met à l'amertume prononcée, ainsi couverte par la sucrosité. 

Ensuite, parce que l'industrie des deux produits a véhiculé leur mariage heureux auprès des commerçants, puis des consommateurs. Jusqu'à la fin du XIXème siècle, le vin mousseux de Champagne est un vin sucré qui, selon les marchés destinataires, présente un taux de sucre plus ou moins élevé.    
 
Dès les années 1870, certaines maisons commercialisent les cuvées selon leur taux de sucre plus ou moins défini : le style anglais offrant de 30 à 60 grammes de sucre résiduel, le style français de 60 à 90 grammes, le style américain de 90 à 130 grammes et le style russe jusqu'à 200 de sucre, voire plus! 

Et le chocolat me direz-vous ?   
Il s'est popularisé en même temps que le champagne, à la fin du XVIIème siècle ! 
Et comme lui, il ne fut accessible qu'aux nantis, c'est à dire à l'aristocratie régnante et à ceux qui côtoyaient les cours royales d'Europe du Nord. Comme on le sucrait et qu'on l'épiçait excessivement puisque le cacao (le grué) était encore mal travaillé, on le consomma d'abord seul, en breuvage, en dehors des repas, comme une curiosité qui n'avait pas sa place à table, dans un service. 
Et c'est parce qu'il entrait alors, comme le champagne mousseux, parmi les nouveaux produits rares et chers que progressivement, les épiceries fines s'en attribuèrent la distribution. 
 
Institutionalisé à la cour d'Espagne dès le XVIème siècle, apprécié par Louis XIII à la cour de France, le chocolat fut toutefois éconduit par Louis XIV qui ne l'aimait pas. Néanmoins, il autorisa la généralisation de son usage en accordant lettre patente exclusive pour 29 ans à un certain David Chaillou - premier valet de chambre du comte de Soissons - qui ouvrît la première boutique à Paris en 1659 (ses clients furent des médecins et des religieux). 

Le cacao gagna donc en popularité, surtout nobiliaire, sous Louis XV, à la même période exactement que le champagne (c'est sous Louis XV que le champagne est embouteillé en Champagne). 

100 ans plus tard, sous Napoléon III, champagne et cacao seront réunis chez les marchands de produits fins et d'épices qui les placeront côte à côte pour mieux les vendre et les acoquiner abusivement. En effet, le cacao est alors devenu du chocolat en poudre et en barre, grâce au travaux conjoints de Van Houten en Hollande qui a inventé la solubilisation et les frères Fry en Angleterre qui ont créé la plaque de chocolat.

Le champagne va rester un vin de luxe, donc dispendieux, pendant que le chocolat va se populariser et devenir accessible au XXème siècle. Cependant, en même temps que les premiers commerces de pâtisseries voient le jour, le champagne devient un vin sec et définitivement effervescent (70 % de sa production fut tranquille jusque 1870). 
Il se prête alors mieux en apéritif ou sur les entrées, mais les créateurs de douceurs boulangères vont continuer de véhiculer son agréable mariage avec leurs gâteaux au chocolat.

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27 jui. 2018 par Monsieur Bulles
Jeeper En recevant une Jeep de la préfecture, en guise de cadeau pour avoir aider l'armée américaine en 1944 lorsque celle-ci est entrée en Champagne, Armand Goutorbe a l'idée de lancer la marque Jeeper et de conquérir le marché du champagne en pleine reconstruction. En 2007, Pressoirs de France rachète la maison qui, bousculée par une gestion malheureuse, est sur le point de disparaître 5 ans plus tard. L'homme d'affaire Michel Reybier (Groupe Aoste, Château Marbuzet, Cos d'Estournel, Goulée by Cos, Lencsés Dülö, Impérial Hétszölö) vient alors à la rescousse de la marque pour la faire renaître. La silhouette des bouteilles change, se fait plus charnelle, davantage liée au style des vins; les étiquettes sont plus sobres et surtout plus distinctes. Jeeper vient de sauter dans le troisième millénaire, un style se dessine enfin !
Les facteurs déterminant le style Jeeper : 

Des sélections précises des raisins dans les parcelles (40 ha en propriété, 200 ha en approvisionnement);
Une majorité de Chardonnay dans tous les assemblages; 
Des vinifications où l'oxydation n'est pas évitée, mais ménagée sous bois;
Un vieillissement modéré en fûts des vins.

Commentaire de la cuvée Grande Réserve Brut de Jeeper :

Un champagne blanc de blancs classique dans le comportement et les arômes, toutefois plus savoureux que d'autres cuvées grâce à une onctuosité particulièrement crémeuse qui transporte les notes beurrées, caractéristiques de l'appellation. 
Quelques minutes d'attente dans le verre et un soupçon aromatique de baklavas se laissera saisir, dont seule l'impression de miel sera perçue en bouche.
L'enveloppe fine et acidulée prédispose ce champagne au cellier domestique entre 2 et 5 ans après son achat. 
Les gourmands seront ravis de le déguster immédiatement avec une sole meunière, une timbale de crevettes à la lime ou un fromage de type double-crème. Un champagne savoureux en apéritif aussi, bien sûr...
Ne le manquer pas, il y en a peu en SAQ. 

Toute la gamme Jeeper est disponible en importation privée (agence Tanium) aux Québec (article à venir)Jeep Willys 1944
16/20 dans le Guide Revel - 73,50 $ au Québec / Code SAQ : 13547216

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22 jui. 2018 par Monsieur Bulles
Le déjeuner d'huîtres par Jean-François de Troy Dès le début du XVIIIème siècle, dès que le négoce des bulles champenoises est né, les bouteilles saute-bouchon ont été destinées aux nantis, aux communautés privilégiées, issues du clergé et de l'aristocratie européenne. Le champagne d'alors n'était pas bu par les Français, mais par les Anglais, les Russes, les Allemands, et plus tard, les Américains. Dès sa naissance, le champagne a été vendu comme une rareté, comme un produit de luxe. Et qui dit luxe, dit superficialité. Mais qui dit luxe, dit aussi authenticité. Cette dernière lorsqu'on parle de champagne, c'est son terroir et la diversité qui le compose. Toutefois, la Champagne n'a jamais vendu son terroir, la Champagne a toujours vendu du champagne. Ainsi est née sa dichotomie...
Depuis une petite vingtaine d'années, depuis le début de ce siècle en fait, les chefs de cave voyagent, les alchimistes des grandes maisons sont devenus des globe-trotteurs... Alors qu'on les laissait autrefois dans l'humidité de leur cave et sur le carrelage de leur laboratoire parmi la centaine de béchers et d'éprouvettes, on les envoie aujourd'hui au bout du monde expliquer leur travail, valoriser leur savoir, vendre leur nectar.

Est-ce par attrait du voyage, est-ce pour prendre du bon temps ? Non. Évidemment non.

Les chefs de cave sont devenus des oiseaux migrateurs afin de crédibiliser leur créations, afin de démontrer que la Champagne a un terroir aussi complexe et riche que sa voisine la Bourgogne. 
Elle l'a oublié pendant 200 ans, qu'elle avait un terroir, la Champagne. 
Du moins, elle n'a pas vendu son vin en parlant de son terroir - sauf de sa craie - , mais en parlant seulement de célébrations, de festivités et de partages. 
C'est bien. Il en faut.

Sauf que pendant ce temps là, les vignerons, ceux qui possèdent le pétrole et qui, pendant des décennies, l'ont vendu aux émirs de la Marne, ils sont devenus des viticulteurs, les vignerons. 

Puis un jour, plutôt à partir des années 1970, ils sont devenus des élaborateurs de champagne, les vignerons. Certes, ils ont continué à vendre leurs raisins aux maisons. 
Mais, ils en ont gardé un peu pour eux. Pour faire leurs bulles. Pour avoir leur propre étiquette.

Ils n'y connaissaient rien à la vente, la vente de bouteilles; par contre, la vente de leurs raisins au kilo, ça ils savaient faire... Ils ne connaissaient pas non plus les marchés et leurs ficelles, et ils ne parlaient pas anglais. 

L'Anglais, vous savez, cette langue qui ouvrent toutes les portes, la langue du vin, celle qui fait vendre n'importe quel flacon pourvu qu'il y ait l'ivresse...
En gros, le vigneron qui avait décidé de vendre ses flacons ne connaissait rien. 
Sauf une chose. 
La plus importante. 
La plus crédible pour vendre du vin : le terroir.

Et ça, il a su parfaitement le transmettre à ses enfants. 
Il a su impeccablement lui faire aimer l'argile, le sable, le calcaire et tout ce qu'il y a autour, au gamin. 
Et oui, il n'y a pas que de la craie en Champagne, l'éternelle craie qu'ont toujours vendue les grandes maisons parce qu'il fallait bien parler de sous-sol entre deux flûtes mondaines...
Et dans les années 1990, après que le fiston ou la fistonne du vigneron ait bien couru dans les galipes et fréquenté le Viti Campus d'Avize, on l'a envoyé en stage en Australie ou en Californie pour apprendre la langue de Bob le gourou des pourcentages. 

À son retour, il a joué au chef de cave et sont apparues des bouteilles aux noms bizarres, aux étiquettes marginales, avec des chiffres, des noms de cépages, des noms de parcelles.

Les émirs n'avaient jamais vu ça !
Eux, ils vendaient la fête, des belles bouteilles, des flûtes, du tralala, la superficialité. 
Du champagne quoi.

Les vignerons, ils ont débarqué avec leurs parcelles, leurs tonneaux, leurs tirages, leurs  dégorgements, leurs dosages...

Déboussolés qu'ils étaient les émirs. 
Heureusement, ils avaient leurs vizirs : les chefs de cave.

Alors dans les années 2000, ils les ont envoyés faire le tour de la planète avec le directeur commercial. Lui, il connaissait déjà bien le marché. Son discours était bien huilé. On lui a dit de mettre sa cassette en mode pause et de laisser parler le chef de cave. 
Ainsi est né la promotion du champagne au XXIème siècle : on assume désormais sa supercialité historique tout en revendiquant la véracité et l'authenticité de son terroir. 
Main dans la main, le négoce et le vignoble chantent le champagne et parfois, entre deux avions, il arrive qu'un chef de cave en cravate croise un vigneron en tee-shirt. 

Ils font le même travail et depuis une dizaine d'années seulement, leur propos se ressemblent...


Bouchon à agrafe
Cet article été publié dans le numéro de décembre 2016 du magazine Vins & Vignobles

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12 jui. 2018 par Monsieur Bulles
B. Bridge 2004, B.Cusiné 2009, Croser 2005, Mumm R. Lalou 1999 Le champagne a la particularité d'être construit par le temps et c'est ce dernier qui lui donne ses saveurs particulières de toasts, de biscuits ou de pâtisseries. Le cahier des charges de l'appellation oblige le respect de paramètres qui créent l'identité marquée du champagne. Sauf exception (comme le Franciacorta), le cahier des charges d'autres appellations de bulles dans le monde est souvent plus souple, entraînant une personnalité moins prononcée au niveau du vin. Alors pourquoi le temps permet-il ce rapprochement identitaire ?
Les fameuses notes de pains beurrés, de croissants ou de toasts blonds, bref, tous ces parfums qui nous rappellent ceux d'une boulangerie ou d'une pâtisserie, sont créés au cours de l'élaboration du champagne par l'étape qu'on appelle autolyse, déjà expliquée ici, dans un précédent billet. 

Il est amusant de constater que ce sont les levures qui sont l'origine et le point commun entre une création pâtissière et la création naturelle des arômes qui se développent dans le vin !

Il est encore plus singulier de constater que si vous laisser une pâtisserie beurrée, sécher sur le comptoir ou ramollir dans un sachet, les sucres et le beurre qui la parfument, seront davantage marqués.
 
Un rancio aromatique d'évolution s'amorce exactement comme pour un vin qu'on aura laisser vieillir en cave; la différence entre le solide et le liquide est que pour le premier, la pourriture gagne et finit par occulter ce rancio à cause de l'oxygène, tandis que pour le liquide, l'alcool et sa protection dans un contenant permettent de le conserver.
Ainsi, lorsqu'on déguste et compare de vieux champagnes avec de vieux crémants, de vieux cavas, de vieux franciacortas ou d'autres mousseux âgés de qualité, on se rend compte que la palette aromatique est toujours tertiaire (empyreume, torréfaction, pâtisserie, etc) et subtile : c'est le temps qui imprègne ces vins de ses saveurs pour en faire des cousins, voire des frères, à la ressemblance souvent édifiante.
    
Faites l'expérience chez vous, en comparant un champagne avec une appellation de vin effervescent dont le temps sur lattes aura été conséquent (au moins 36 mois) ou que vous aurez conservé plus de 5 années dans votre cellier, après son achat : leur goût et leur comportement ne seront pas si éloignés que cela.

Et si vous avez la chance de faire la même expérience avec des bulles qui ont plus de 15 ans, vous ne saurez pas identifier le champagne du franciacorta, du cava ou du crémant.

Le temps les aura, tous, définitivement paré du même habit... Mais l'homme moderne étant impatient, rare est celui qui a goûté à cette expérience.

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11 jui. 2018 par Monsieur Bulles
Carafe à eau, verres et champagne Mon opinion sur le passage en carafe d'un champagne ou d'un mousseux est plutôt catégorique : c'est un geste purement esthétique et inutile au regard de la nature seule du produit. Tout d'abord, le verbe « carafer » n'existe pas; du moins, pas encore. Le terme « carafe » vient de l'italien caraffa, qui lui-même viendrait d'un dialecte arabe dans lequel garafa signifiait « verser à la louche ». On passe en carafe pour aérer le vin et l'on décante un vin lorsqu'on veut éliminer les sédiments qu'il peut contenir.

Je ne vois pas l'intérêt de verser du champagne dans une carafe, d'autant moins lorsqu'on me tend l'argument que cela permet de l'aérer, de le rendre moins gazeux et plus digeste ! 

Les chefs de cave mettent quinze mois à trois ans (bien plus pour certaines cuvées) à élaborer leur vin afin que des bulles naissent naturellement dans le vin. Si un consommateur désire une carafe pour atténuer le gaz, retirer des bulles ou mieux digérer, qu'il boive un vin tranquille, il aura davantage de plaisir ! 
Et si la carafe est un argument visant à réduire la sucrosité des cuvées demi-sec à doux, offrez-vous plutôt un vin blanc moelleux !

La carafe est, selon moi, un argument de vente et de marketing créé par les responsables commerciaux des marques - qui la conseillent -, et je ne pense pas que les chefs de cave de ces marques appuient cette démarche, car elle est méprisante envers leur travail. 

Au demeurant, si un vin présente effectivement une effervescence peu soignée et excessive, la carafe peut être une option, même si je pense que le seul fait d'attendre cinq minutes, une fois le vin versé dans le verre, sera aussi efficace que l'oxygénation de l'esthétique carafe. 

Opinion également valable pour les champagnes âgés qu'on veut aérer : un verre bien adapté se révèle le contenant le plus sûr.

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21 juin 2018 par Monsieur Bulles
Le Cotet Situé près de Troyes, le vignoble de Montgueux était considéré comme le Montrachet de la Champagne, selon feu Daniel Thibault, chef de cave des maisons Piper-Heidsieck et Charles-Heidsieck. Composée à 85 % de chardonnay, la moitié des 185 hectares des vignes de Montgueux est exploitée par des vignerons pour le compte des grandes maisons. Jacques Lassaigne dispose néanmoins, avec ses deux fils, Emmanuel et Ludovic, de plusieurs hectares pour les cuvées de la maison, confidentielles et surtout disponibles dans le secteur de la restauration.
Commentaire de dégustation de la cuvée Le Cotet Brut de Jacques Lassaigne :

Nez d'une grande pureté de fruit (mirabelle, pomme, citron) et d'une vinosité « tranchante » dès l'attaque en bouche. 
On découvre un bel équilibre grâce au comportement crémeux de l'effervescence qui transporte à la fois des arômes zestés et ceux, plus profonds de l'élevage du vin, qui rappellent subtilement des toasts blonds. 

Du plaisir à l'état pur pour un champagne assez rare, du sud de la région, qui se démarque avec un 100 % chardonnay, plus solide qu'aérien.

Des huîtres seront évidemment un accord facile, toutefois, je préconise des mets plus consistants, comme un tataki de thon en croûte de sésame, des croquettes de poisson ou un fromage de type camembert (encore crayeux).

Voulez-vous connaître le lien extraordinaire entre la famille Lassaigne et le Japon ? Regardez la vidéo ci-dessous !CE Le Cotet
Code SAQ : 13637238 - 114,75 $

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16 juin 2018 par Monsieur Bulles
Orpale 1996 de De St Gall Combien de fois ai-je entendu "c'est fait par une coopérative, ce n'est pas ce qu'il y a de mieux..." Réflexion pouvant venir du profane comme de l'amateur de champagne, du sommelier comme du représentant en vin qui, peut-être, n'a jamais mis les pieds dans une coopérative viticole ! Et bien, savez-vous, il y a des cuvées exceptionnelles élaborées par toutes les coopératives - j'ai bien écrit toutes - et sans elles, le système champenois actuel ne fonctionnerait pas aussi bien. Voici pourquoi.


L'article écrit il y a quelques mois sur les Pet'Nat avait contarié plusieurs sommeliers, car je parlais de la "snobmellerie" dans le milieu de la restauration, au regard des cartes de vins proposées et des comportements professionnels de certains. 
Les réactions nombreuses et passionnées ont prouvé que j'avais mis le doigt sur une situation bien réelle des deux bords de l'Atlantique.
Je ne veux pas enfoncer le clou, mais le sujet des champagnes de coopératives m'oblige une fois encore à écrire qu'il y a une suffisance à leur égard dans la sommellerie actuelle, souvent due à un manque d'information, à de l'ignorance, parfois à de la mauvaise foi. 
Elle est malheureuse, car elle est diffusée à coup de belles paroles auprès du consommateur profane qui enregistre naïvement des propos lancés comme des paraboles telles que : "c'est un champagne de coop, pas d'un vigneron, c'est moins bon", "Les coop font du volume, donc forcément, c'est moins bon", "on ne sait jamais ce qu'il y a dans un champagne de coopérative", "ce sont des champagnes sans personnalité", etc... 
J'en passe et des meilleures.

J'éclaircis ici quelques points :

La majorité des vignerons champenois vendent leur raisin aux coopératives.
La majorité des vignerons champenois font élaborer leur champagne par une cave coopérative.
Les caves coopératives bénéficient du plus grand nombre des meilleures parcelles en Champagne.
Les caves coopératives disposent des meilleurs moyens pour sélectionner les meilleurs raisins en vue d'élaborer un champagne particulier.
Les cuvées de prestige des caves coopératives de Champagne, souvent méconnues, sortent fréquemment parmi les meilleures dans les dégustations à l'aveugle (quand elles y sont invitées).

En résumé, sans les coopératives en Champagne, le système s'écroule. 
Et sans les coopératives en Champagne, le soutien agricole et technique - voire moral - auprès des vignerons n'existerait pratiquement pas.

De plus, ce système mis en place par les champenois, soit celui qui unit le vignoble, la production et la vente, est jusqu'à aujourd'hui, le plus performant sur l'échiquier marchand international. 
Liés les uns aux autres, les récoltants et les négociants sont obligés de grandir ensemble ou de s'écrouler ensemble.

Cela ne veut pas dire que ce système est le meilleur, puisque tout est perfectible, toutefois, il est celui qui est le plus montré du doigt pour ses aspects positifs par toutes les appellations du monde vinique. 
Un vin de coopérative, qu'il soit de Champagne ou d'ailleurs, effervescent ou tranquille, n'est pas un vin moins travaillé qu'un autre. 
Et son origine n'est pas moins floue que celle du vin d'une parcelle renommée. Son origine est seulement celle de plusieurs parcelles assemblées qui pointent davantage vers l'équilibre de leurs caractéristiques additionnées plutôt que vers une typicité unique et marquée, une fois le vin élaboré. 

J'en veux pour preuve cette dégustation organisée à Vérone en novembre dernier, sans médiatisation, avec des collègues italiens mordus de champagne. 
L'Italie étant le 5ème marché du champagne dans le monde, elle est sans doute avec l'Angleterre, le pays où l'on compte les meilleurs dégustateurs de bulles. 

Chacun d'entre nous devait apporter un champagne de son choix, dont la seule exigence était le millésime : 1996.  
Un millésime encensé lors de la vendange, mais qui s'avéra trop rigide, trop incisif avec le temps, lancé trop tôt sur le marché par la plupart des maisons, bref, une sorte "d'infanticide". Certains se dégustent très bien aujourd'hui, d'autres ont finalement déçu.

Pourquoi donc écrire sur le sujet des coopératives de Champagne ? 
Parce qu'à mon étonnement - quand même - c'est la cuvée de coopérative que j'ai apportée qui a été le plus souvent plébiscitée.

Il s'agit de la cuvée Orpale 1996 de la marque De St Gall (la cave coopérative d'Avize). 
Elle a fait l'unanimité en entrant dans le Top 3 de chaque dégustateur. 
Attention, elle n'est jamais arrivée première, mais elle fut à chaque fois deuxième ou troisième parmi les 11 cuvées dégustées ce soir là, que voici :

NPU 1996 de Bruno Paillard
Dom Ruinart 1996 de Ruinart
Zoémie De Sousa 1996 Désirable de De Sousa
Blanc de Blancs 1996 de Palmer & Cie
Grand Cru Brut Millésimé 1996 de Égly-Ouriet 
Les Chétillons 1996 de Pierre Peters
Femme 1996 de Duval-Leroy
La Grande Dame 1996 de VCP
Louise 1996 de Pommery
Palme d'or 1996 de Nicolas Feuillatte

Notez également que le Palmer (coopérative) est arrivé en première place pour deux dégustateurs.
Le vin unanimement reconnu comme le plus frais, le plus jeune, fut Les Chétillons de Pierre Peters. Celui qui fut considéré comme le plus mature fut l'Égly-Ouriet. Le plus délicat fut le Ruinart et le plus riche, La Grande Dame.

Bref, comme d'habitude avec le champagne, il y en a eu pour tous les goûts et tout le monde fut satisfait tout en notant l'excellente prestation des champagnes de coopérative.
Et je retiens finalement que déguster à l'aveugle - ou "à l'orhonyme" - est toujours la meilleure façon d'avoir l'heure juste.Orpale 1996
Autrefois représenté au Québec, le champagne De St Gall a disparu des tablettes... Avis aux agents.

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8 juin 2018 par Monsieur Bulles
Radis et Delamotte La tendance vegé et végan est bien réelle depuis une dizaine d'années; les bons restaurants traditionnels offrent des menus "verts" et les restaurants végétariens croissent et attirent parfois les carnivores... Tant mieux, il doit y en avoir pour tout le monde. Côté champagne, y a t-il des cuvées qui s'harmoniseront mieux que d'autres aux salades de légumes, aux végé-pâtés ou au hamburger de tofu ?
Non.
Bien sûr que non.
Il n'y a pas de cuvée de champagne qui se prête mieux qu'une autre à un plat végétarien, tout simplement parce que le champagne se prête harmonieusement à tous les mets ou presque...

En fait, comme un plat végétarien contiendra souvent plus d'eau qu'un plat à base d'une viande ou d'un poisson, il est assez facile de lui trouver un champagne puisque ce sont les tanins qui agrémentent la sensation de matière et qui donne une consistance adéquate lors d'une harmonie culinaire avec une viande ou un poisson. 

Par ailleurs, le sel et/ou le sucre du plat sera déterminant dans le choix du champagne. Ce dernier ne contenant pas - ou peu - de tanins, c'est son acidité qui devient le vecteur premier pour un accord réussi. 

Orientons-nous d'abord vers les champagnes Brut et les champagnes Extra-Brut. 
Je poursuivrai avec les Blancs de Blancs et les Blancs de Noirs des mêmes catégories.

Un Brut sans année donnera davantage la sensation de consistance en bouche, on peut donc l'accorder à un plat végétarien rassasiant, tandis qu'un Extra-Brut sans année aura une finale plus pointue, plus apte à donner la main à un plat végétarien vivifiant.

Au sein de ces deux catégories, on optera pour un Blanc de Blancs si l'on préfère la tension, l'énergie, la fraîcheur ou un Blanc de Noirs si l'on désir un fruité plus prononcé, une structure solide.

Et pour les Rosés Brut, ils sont en quelque sorte les arbitres qu'on peut consommer avec tous les plats végétariens, puisqu'ils réunissent les caractéristiques des cuvées traditionnelles "blanches" avec une sensation tanique et un fruité plus facilement détectable au palais. 
Quel que soit le choix du plat, c'est l'attrait spécifique pour un rosé qui triomphe, en occultant la précision de l'harmonie avec un plat.

Voici quelques idées d'assiettes qui iront adéquatement 

Avec un champagne Brut ou Extra-Brut :

Tofu brouillé aux champignons de Paris
Pizza Margherita
Pizza aux légumes (au choix)
Riz blanc ou brun au tofu grillé et assaisonné au soja (poivrons, maïs et tomates).
Privilégiez les "vieux" champagnes quand les plats sont à base d'une mayonnaise ou d'une sauce grasse.

Avec un champagne Blanc de Blancs Brut :

Galette de pois chiches au citron confit et herbes de provence
Tous les plats où un jus d'agrumes (ou le citron) est présent.
Les légumes racines présentés en salade (où le vinaigre est présent). 

Avec un champagne Blanc de Noirs Brut :

Burrito de fèves noires à l'avocat et chipotle
Pizza à la putanesca 
Salade de champignons aux oignons grillés
Salade de lentilles au curry
Choux-fleur au curry
Les plats qui empruntent les épices indiennes ou du Moyen-Orient seront toujours les mieux venus.

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5 juin 2018 par Monsieur Bulles
VCP Brut 2008 La célèbre étiquette jaune offre ici son millésime 2008 avec les pinots toujours dominants, le noir s'imposant nettement. On est en 2018, ce vin a 10 ans, presque un ado ! 2008 est parmi les meilleurs millésimes de la décennie 2000 en Champagne : le cycle végétatif a été délicat avec un hiver long et froid, un printemps arrosé, un début d'été inégal en température et touché par les maladies, puis une fin d'été plus heureuse, sèche et ensoleillée. Pas une grosse récolte, mais une récolte saine, majoritairement déclarée. Le résultat est dans le verre, à vous de goûter !
Commentaire du Brut 2008 de Veuve Clicquot :

Le nez est toujours d'une fraîcheur étonnante, il entremêle les notes de farine de boulanger et d'iode, nécessitant une longue aération dans le verre avant d'y déceler des accents plus fruités (amande, poire mûre) et plus champenois (pâtisserie beurrée, tarte au citron).

Le temps a joué sur l'effervescence, elle abonde grâce à des perles fines et compactes qui formeraient presque une crème, tapissant les papilles. 
Une fine acidité - de jeunesse, croyons-y encore - enveloppe ce foisonnement, titille la langue et finit sa course sur une pointe saline qui nous indique le potentiel de garde encore confortable...

Confortable, c'est aussi le terme que je retiens dans le comportement de ce VCP 2008. Avec l'énergie qui l'habille, l'équilibre est au rendez-vous; ce champagne séduit, revigore et donne envie d'en reprendre. 
C'est bien là l'essentiel.

Code SAQ : 00508614 / 99,50 $

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28 mai 2018 par Monsieur Bulles
Les feux Loto-Qc Le 1er août 2018, sous les feux d'artifice, venez découvrir 5 champagnes sélectionnés par G. Revel sur le Saint-Laurent, à bord du "Petit Navire" ! Animation et dégustation avec foie gras avant d'assister au plus près, au lancement des feux par l'Australie ! Vous serez aux premières loges pour assister aux feux Loto-Québec !

Le petit navire
Renseignements et inscription : grevel@monsieurbulles.com / 120 $ + tx / Départ à 20 h 30 / Durée de la croisière : 2 h / Places très limitées / inscription avant le 1er juillet

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