16 mars 2020 par Monsieur Bulles
virus Au jour le jour ou à la semaine, je tiens ce journal un peu spécial, d'une période particulière dans une époque qui va entrer dans l'histoire. Comme toutes les époques, certes. Sauf que la porte d'entrée de celle-ci est unique. La planète a connu des pandémies. Toutes rapportées avec des chiffres sans doute erronés. La pandémie actuelle est une pandémie 2.0. Vécue à la minute sur tous les écrans. Impressionnante, terrifiante et fascinante. Plus seulement commentée par les savants. Commentée par l'humanité entière. Commentée par un humain confiné dans son bureau. Con fini peut-être... Simplement pour vivre. Pour continuer de vivre.
Semaine du 11 mars 2020 
Le président des États-Unis d'Amérique a sous-entendu que le responsable de la pandémie était son prédécesseur. Le livre guinness des records ne suffit plus à Donald. 
Comme dans « le dîner de con », on détient un champion toute catégorie. 

Mi-Mars 2020 
La plupart des gouvernements dans le monde ont décrété une mise en quarantaine de leur population. 
Des pays fantômes se dessinent peu à peu. 
La planète se dégarnit. 
Ça fait peur, mais c'est beau. 
Surtout vu d'en haut. 
Nu de nous, le monde est beau. 

C'est beau une ville chinoise de 15 millions d'habitants, sans ses 15 millions d'habitants. 
Les prises de vue qui défilent à la télé donnent l'impression de villes maquettes qu'on survole. 
Puis on les voit mieux, parce que le voile gris qui les couvre habituellement, semble s'être retiré naturellement. 
Un virus et plus de pollution ! 
Ça fait réfléchir. 
Est-ce que cela fera réfléchir ?  

C'est beau Venise sans ses troupeaux de touristes. 
On voit mieux sa splendeur architecturale. 
La lagune respire, ses eaux sont au niveau de la mer, pas au niveau de la terre. 
Les paquebots ne noient plus la place Saint-Marc. 
À quai d'entrepôts les paquebots vides; loin des rivages les paquebots pleins. 
Vous vouliez une croisière ? 
Tenez, on vous offre 3 semaines de plus en cabine. 
Gratuites. 
Au large. Pour vous protéger. Pour nous protéger.
 
Sur Rome plane un silence monacal. 
Les soutanes ne tournent plus sur la Place Saint-Pierre. 
François prie et exhorte façon 2.0. 
La Kaaba ressemble à un dé posé sur un drap blanc. 
Les lamentations sont filtrées par des masques à Jérusalem. 
C'est beau aussi le vide religieux. 
Encore saint, mais tout seul sur son île le Vendredi.  

Le printemps va sonner dans une semaine. 
On va l'accueillir derrière nos fenêtres, entre quatre murs. 
Avec nos enfants. 
Ah tiens, c'est vrai, on avait des enfants. Là, on doit les garder. Forcément. 
On fait comment déjà pour s'occuper des enfants ? 
On les éduque comment ? 
Ce ne sont pas les profs qui devaient faire ça ? 
Ah non. Un prof, ça instruit. Ça n'éduque pas. Vous aviez oublié ? 
Depuis longtemps, c'est vrai. 
La parentalité est en quarantaine chronique depuis des années. 
Une quarantaine de parentalité, ça peut faire du bien à l'humanité, non ? 

En même temps, on n'a plus à s'occuper de nos vieux. 
Vu que l'état les isole désormais pour les protéger. 
Finalement, ce n'est pas si mal. 
Les plus vieux, ben ils seront peut-être encore là... 
Puis, les moins vieux, on va les appeler par skype ou face time. 
Après tout, c'est facile à faire fonctionner un écran, non ? 
On va leur dire que c'est pour leur bien qu'ils sont seuls. 
Maintenant.  

Y'a un virus qui se promène dans l'air. 
Mais ce n'est pas une promenade. Plutôt une invasion. 

En Orient, il a frappé en lâche. Sans prévenir. Sournoisement. 
Fièvre, toux, suffocation, décès. 
Alerte générale, couvre-feu, réquisition, cloisonnement. 
Stupeur et méfiance. 

En Occident, il a d'abord frappé le cerveau humain. 
Papier-toilette, essuie-tout, boîte de conserve, détergent. 
L'homme naît con, c'est évident. 
Il le reste ou il devient intelligent. 
Le corona est comme un examen : certains l'ont eu avec sérénité, certains l'ont échoué avec leur chariot. 

Plus de sport, plus de championnat.
Ça c'est vraiment angoissant. 
Nos millionnaires de vingt ans vont retrouver leur console de jeu. 
Un peu de lecture pendant votre quarantaine ? 
La Peste d'Albert Camus, vous connaissez ? 
Qui ? Il porte quel numéro ? 
Il joue pour qui ? 

Plus de sport, plus de championnat. À la télé.
Les nostalgiques vont être contents.
En boucle les anciennes victoires. 

L'UFC poursuit ses activités ! 
Elle a consulté D.Trump pour cette décision.
Entre abrutis, on se comprend toujours. 

Ah. L'Europe retrouve ses frontières. 
Solidarité, quand tu nous tiens. 
C'est vrai qu'en 1986, la radioactivité de Tchernobyl n'a pas franchi celles de l'Ukraine. 
Corona, il est pareil. Éduqué. Passeport en règle, mais interdiction de voyager. 
Tu n'as rien compris, ce n'est pas un nuage le corona, c'est un virus. 
Ah oui. 
Comme celui de la grippe espagnole il y a 100 ans.
100 ans.
100 millions de morts.
100 frontières pourtant. 

Des médecins trop âgés pour soigner en hôpital ! 
On n'y avait pas pensé à celle-là. 
C'est un peu le serpent qui se mord la queue. 

Côté discipline et hygiène domestique, le corona ne touche pas les ados. 
Les chaussettes restent célibataires dans un coin de la maison, les serviettes sèchent en boule, par terre, dans la salle de bain et les verres sales traînent sans identité sur les comptoirs. 
« Papa, on peut inviter nos amis ce soir ? Y'a personne qui tousse ». 
Définitivement, le corona ne bouscule pas encore nos ados. 

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10 mars 2020 par Monsieur Bulles
frentasei de cantina della volta Le Lambrusco a encore cette image de vin rouge effervescent à la fois sucré et tanique, malgré les nombreuses identités qu'il peut porter dont certaines qui rivalisent avec les meilleurs crémants rosés bruts. C'est le cas ici avec cette cuvée Trentasei élaboré en méthode traditionnelle - ce qui est très rare sur l'appellation, majoritairement tournée vers la méthode Martinotti - par Christian Bellei, maître italien en la matière. À base du cépage Lambrusco di Sorbara, ce vin mousseux a été élaboré tel un champagne, un cava, un franciacorta ou un crémant, sauf qu'il se distingue de ces quatre appellations grâce à son cépage, propre à l'Émilie-Romagne.
Commentaire de la cuvée Trentasei 2014 de Cantina della Volta - Lambrusco di Sorbara - Metodo Classico - Dégorgé en février 2018 - Dégusté en mars 2020 :

Un arôme de fraise saute d'abord au nez pour rapidement se faire occulter par celui, classique du cépage employé, de cerise noire. 
Un soupçon floral (violette) se laisse saisir à l'aération. On le retrouvera en finale de dégustation...
Une fine amertume tourne en bouche, on déguste un mousseux issu de cépages noirs, vinifié tel un vin rouge; les Lambrusco se distinguant des autres bulles d'appellation dans le monde, par cette caractéristique. 
Ici, le cépage sorbara, plus élégant que le santa croce ou le grasparossa, présente une vinosité nette qui rappelle celle de certains pinots noirs tranquilles. 
Combinant mâche et fraîcheur, ampleur et légèreté dans le comportement, le Sorbara de Della Volta est tout simplement une référence de l'appellation.
Représenté en IP au Québec pas l'agence Olkades / 46,65 $

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25 fév. 2020 par Monsieur Bulles
net fret sec Le succès planétaire du prosecco pousse de nombreuses entreprises viticoles à créer un mousseux sans appellation, aussi facile et agréable à boire. On ne compte donc plus les étiquettes de Vin Mousseux de Qualité élaboré selon la méthode Charmat (Martinotti en Italie) proposées à des tarifs compétitifs. La société piémontaise Cuvage est une branche de MGM Mondo del Vino, surtout reconnue pour ses excellents Metodo Classico; voici qu'elle propose aujourd'hui ce Net Fret Sec élaboré en cuve close, à base du cépage sicilien catarratto, certifié Bio.
Commentaire du Net Fret Sec - Brut :

Des notes de jasmin sautent au nez, on les retrouve en bouche au sein d'arômes de salade de fruits blancs très expressifs. 
Le dosage est sensible malgré la catégorie Brut annoncée, il soutient les parfums  floraux dominants, tout au long de la dégustation. Les bulles sont vives et juste assez perdurantes le temps de cette dernière, on déguste un vin efferverscent simple, bien fait au tarif raisonnable. 

La contre-étiquette suggère ce vin pour les spritz, ce qui m'apparaît un peu réducteur étant donné la qualité générale du vin. 
Certes, les liqueurs "amaro" de votre choix accompagneront facilement le cocktail vénitien à la mode, toutefois, ce mousseux à base du cépage catarratto sicilien peut se déguster seul, en entrée avec une salade d'avocats et de crevettes ou en sortie de table avec un fromage jeune de type Brie, par exemple.
19,95 en IP auprès de l'agence Élixirs

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22 fév. 2020 par Monsieur Bulles
Vin de Constance 2012 C'est un vin mythique, curieusement peu connu du grand public. Un vin blanc liquoreux élaboré au bout du monde, au bout de l'Afrique, et ce, depuis 3 siècles. Vendu dans un flacon qui rappelle ceux d'alors, le vin doré qu'il renferme a inspiré les plus grands auteurs. Et même s'il est élaboré avec l'un des cépages les plus anciens du monde qu'on retrouve sur maintes appellations, un cépage qui offre le meilleur comme le pire, c'est au Cap que le muscat exprime sa quintessence. Bienvenue dans l'univers du soyeux et de l'édulcoré...
Le domaine Klein Constantia est parmi les pionniers en matière de viticulture sud-africaine puisque la création de la propriété agricole par Simon Van der Stel remonte à la fin des années 1680.
 
Nommé gouverneur de la province du Cap en 1685 par la Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales, alors maîtresse des lieux, on ne prête souvent à cet homme qu'un rôle politique, mais ce protestant qui mît les pieds pour la première fois en Afrique du Sud en 1679, était un vrai vigneron puisqu'il avait entamé des travaux viticoles chez lui, sur son propre domaine en Hollande, à Muiderbergh !
 
Le "vin brûlé", le Brande Vjin qui deviendra le Brandy est alors une spécialité des Provinces-Unies (Hollande) et Van der Stel fît quelques aller-retours entre les deux continents avant de s'installer définitivement en 1685 au Cap et d'y construire un domaine agricole grâce aux 763 hectares que la compagnie lui a légué.

Comme la plupart des grandes propriétés aristocrates de l'époque, la vigne n'est pas la seule économie. Ce sont des fermes polyculturelles qui s'érigent, car il y a un pays à construire. Le domaine qui sortira son premier vin en 1692, prît donc le nom de Constantia. 

Plusieurs thèses existent sur l'origine de ce nom : 
l'épouse du gouverneur Van der Stel s'appelait Constance; le navire qui achemina la fille du premier intendant de la Compagnie Rijckloff Van Goen qui soutînt le projet d'obtention de terres au Cap à Van der Stel, s'appelait Constantia; enfin, Constantia est le terme latin signifiant persévérance. Il a pu inspirer le pieux protestant qu'était Van der Stel qui meurt en 1712. 

Deux ans après son décès, le domaine est vendu aux enchères et divisé en trois secteurs : le terrain où était la demeure de la famille Van der Stel est racheté par le Capitaine suédois Oloff Bergh qui nomme la zone Groot Constantia, et un certain Pierter de Meijer rachète les secteurs de Klein Constantia (Hoop Op Constantia en 1783) et Bergvliet (divisé en deux secteurs en 1783, Buitenverwachting et Nova). 
Chaque domaine restera viticole tout en étant administré différemment, selon les archives laissées par les héritiers qui se succèdent pendant 50 ans. Les écrits mentionnent que la production de vin de Groot Constantia était globalement meilleure que celle de Klein Constantia au 18ème siècle.

Alors que Groot Constantia est progressivement laissé à l'abandon, il est repris en 1778, par Hendrick Cloete, un notable de Stellenbosch qui, grâce à ses descendants, va véritablement élever le domaine au rang de propriété viticole incontournable pendant le 19ème siècle. Cependant, dès 1860, l'oïdium, puis le phylloxéra rongent les terres agricoles du Cap, emportant la plupart des vignes. Dévastée, Groot Constantia devient une exploitation du gouvernement sud-africain en 1885, qui la rachète pour une bouchée de pain. 
Le domaine est transformé en institut agricole. Malgré quelques tentatives viticoles grâce aux boutures américaines, la production périclite. Mal administré, donc inefficace, il survit au gré des différents gouvernements d'une Afrique du Sud écartée des grands échanges commerciaux en raison de sa politique intérieure. Groot Constatia et Hoop Op Constantia sont finalement déclarés Monument National en 1984, l'intérêt muséal passant avant la volonté viticole. 

Une époque où les vins sont sirupeux.

Emblème d'une période où les vins étaient généralement sucrés, celui du Cap avait conquis les tables princières d'Europe. Le fait qu'il vienne du bout du monde a forgé l'engouement et le mystère. Pratiquement toutes les caves des cours royales et impériales du vieux continent au 18ème siècle et 19ème siècle possédaient de petits flacons noirâtres renfermant la liqueur. On ne compte plus les références littéraires d'auteurs classiques, dont certains d'ailleurs n'en avaient jamais bu; et Napoléon 1er a même réussi à en obtenir, lors de son exil sur l'île de Sainte-Hélène. Bref, avec le vin de Madère, le vin de Constance était alors le plus recherché.

Par chance, les archives sont assez précises en ce qui concerne ce vin. On peut remonter aux années 1720 pour connaître son parcours qui débute grâce à Johannes Colijn, son premier élaborateur à Hoop op Constantia, dont le chai a été préservé, mais qui a été abandonné et transformé en entrepôt. 

Rien ne précise que seul le muscat était alors employé. Le chenin et le pontac (cépage teinturier qui proviendrait de la Loire) devaient lui être assemblés puisque ces trois cépages étaient alors les plus vigoureux et les plus résistants localement. Le pontac sera vite abandonné.

Deux versions étaient d'ailleurs élaborées selon Boela Gerber, oenologue de Groot Constantia depuis 2001. La première non mutée pour la consommation locale et la seconde mutée, pour les marchés à l'export; thèse on ne peut plus logique puisque jusqu'au milieu du 19ème siècle, on ajoutait fréquemment de l'alcool dans la plupart des vins qui prenaient le bateau, quelles que soient leurs destinations.

Comme la plupart des pays viticoles, l'Afrique du Sud a été touchée par le phylloxéra, toutefois et contrairement à ce qui a été longtemps véhiculé (le fait que la production de vin de Constance a été freinée, puis arrêtée à cause du puceron), Boela Gerber affirme qu'on a poursuivi une mince production avec du muscat de Frontignan puisqu'on a retrouvé des flacons des années 1920. Les conflits et les crises économiques de la première moitié du 20ème siècle qui ont sérieusement freiné la production du vin, ont incité les archivistes à fouiller le passé du domaine, révélant qu'aucune production du célèbre nectar n'a existé pendant 40 ans. 

C'est à partir des années 1980, grâce au rachat de la propriété par Duggie Jooste que le Vin de Constance entame une renaissance. En travaillant avec le professeur Chris Orffer de la Stellenbosch University et en replantant du muscat de Frontignan, le vin de Constance réapparaît sur les marchés, notamment avec un 1986 non botrytisé.

Toutefois, des choix hasardeux de cépages en raison sans doute de l'établissement d'une seule pépinière en Afrique du Sud, contrôlée par l'état, ne vont pas aider le rétablissement d'une identité réelle pour le vin de Constance. Le système politique du pays entraînant de plus, des restrictions commerciales à l'échelle internationale, ce dernier reste absent des marchés. Et curieusement, c'est sans doute en cette fin de 20ème siècle que le vin de Constance s'érige en mythe...  
Comme on ne le voit pas et comme on ne le boit pas, il est convoité.

25 000 bouteilles savoureuses plus tard...

C'est finalement depuis 2011, année de rachat de la marque par Zdenek Bakala et Charles Harman, deux financiers de BXR Group qu'un sérieux plan d'affaires a été initié. On y trouve des actionnaires bien connus dans l'univers du vin bordelais, comme Hubert de Boüard de Laforest et Bruno Prats qui, avec Matthew Day, l'oenologue, et Hans Astrom administrent aujourd'hui le domaine. 

Klein Constantia produit en moyenne 25.000 bouteilles du prestigieux vin de Constance. Le mythe est désormais plus accessible... même au Québec !

Commentaire du Vin de Constance 2014 - sucre: 160 gr / L (dégusté en décembre 2018) :

Des arômes de garrigue (typique dans la jeunesse de ce vin quels que soient les millésimes), de raisins secs, de grappa, puis de cire à l'aération sont très nets au nez alors que dès l'attaque en bouche, la concentration s'installe davantage. 
Certes floral, on pense surtout à une marmelade d'oranges et de pamplemousses dans les saveurs qui parcourent la texture grasse et curieusement, pas si longue que cela. Bref, c'est un poupon !!  
Il n'a pas encore la complexité aromatique qu'il gagnera avec le temps, mais le comportement et surtout, la fine acidité qui enveloppe le fruité confit, prédispose ce vin à une garde avantageuse...
En matière d'harmonie culinaire, le foie gras, la crème brûlée ou le fondant au chocolat noir sont des classiques toujours appréciés avec un tel nectar, bu en jeunesse. 
Les fromages à pâtes persillées sont également d'heureux compagnons. Et si vous avez la dent sucrée, le Vin de Constance est un dessert en lui-même... 
Klein Constantia Vin de Constance 2014
Code SAQ : 10999655 / 75,25 $ en SAQ

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20 fév. 2020 par Monsieur Bulles
eminence de p.berthelot Descendant d'Émile Berthelot qui démarra son exploitation viticole en 1884 en vendant son raisin aux maisons champenoises, Arnaud Berthelot élabore aujourd'hui ses propres cuvées comme son grand-père, qui fut le premier à déposer le nom de la famille. Avec sa femme Valérie Saintot, ils exploitent 16 hectares de vignes autour sur Dizy, Dormans, Avenay, Aÿ et Bisseuil. Majoritairement issus de chardonnay et de pinot noir, les vins d'assemblage de récoltes passent au moins 4 années en cave. Éminence est la cuvée où domine le pinot noir (2/3) associé à du chardonnay.
Commentaire de la cuvée Éminence Brut de Paul Berthelot :

Le premier nez est expressif, axé vers les fruits jaunes très mûrs, donnant l'impression d'un champagne âgé, puis, à l'aération du verre, des notes de fenouil, voire de réglisse se laissent percevoir et une fraîcheur, plus champenoise, apparaît. 

On déguste un champagne robuste à la vinosité blonde qui rappelle quelques céréales grillées. 
Les fruits jaunes initiaux retrouvent leur place, se précisent même en notes de pommes au four. L'enveloppe du vin rappelle le zeste de citron.

Une Éminence qui doit passer par la table pour mieux se faire apprécier avec un plat où la pâte feuilletée sera de mise : vol-au-vent, quiche lorraine, tourte aux champignons, etc...
Indisponible au Québec jusqu'à aujourd'hui... Autour de 30 euros

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18 fév. 2020 par Monsieur Bulles
Originel Située à l'Est de Tours, l'AOC Montlouis-sur-Loire s'étend sur une superficie de 450 hectares bordée par la Loire et le Cher. AOC depuis 1938, Montlouis-sur-Loire est la seule appellation française à produire désormais 6 types de vins blancs uniquement à base de chenin blanc : sec, demi-sec, moelleux, liquoreux, mousseux par méthode traditionnelle et mousseux par fermentation unique. Ce dernier avait été proposé à l'INAO lors du dernier trimestre 2018 parce qu'une quarantaine de vignerons indépendants et de coopérateurs élaborent depuis le milieu des années 2000 des pétillants dits naturels, devenus très populaires. Afin d'éviter la confusion en matière d'élaboration et de promotion et dans le but surtout, d'authentifier un vin à part entière, l'AOC Montlouis-sur-Loire a officiellement intégré un nouvel effervescent à son cahier des charges dont voici les points essentiels.
Parmi les points importants du cahier des charges, on notera la vendange manuelle entière obligatoire, sans éraflage ni foulage, l'interdiction d'enrichissement, de levurage et d'enzymage, et bien sûr aucune liqueur de tirage et de liqueur d'expédition. 
Par ailleurs, le dégorgement est obligatoire après un passage sur lattes minimal de 9 mois (ce n'est donc pas une méthode ancestrale). 
Les vins devront avoir entre 0 et 5 grammes de sucres résiduels.
Le rendement maximal est à 52 hl/ha (comme pour les Montlouis-sur-Loire tranquilles / il est de 65/ha pour la méthode traditionnelle). 
Entre outre, si le nom de "Pétillant Originel" est déposé. Il ne sera toutefois pas obligatoire pour les opérateurs. 
Le pétillant Originel est donc à inclure parmi la catégorie des vins effervescent et représente jusqu'à aujourd'hui 3 % des volumes élaborés dans le vignoble local.

L'AOC profitera de la première édition de son évènement professionnel "Montlouis On The Rock" le 18 mai 2020 pour faire découvrir "Originel", sous bannière officielle de Montlouis.

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10 fév. 2020 par Monsieur Bulles
Cuvée Charles Brut de Charles Collin Il a été quelques années en importation privée, le voici sur les clayettes officielles à un prix très abordable. Cette cuvée nommée Charles est élaborée au sud de l'appellation, dans la Côte des Bar où domine le pinot noir. Ici, ce dernier compose 80 % de l'assemblage avec le chardonnay. Charles Collin est une coopérative qui regroupe autour de 140 adhérents possédant environ 400 hectares. 2,5 millions de bouteilles dorment dans les caves de la marque qui vend 400 00 bouteilles par année.


Commentaire de la cuvée Charles Brut - Champagne Charles Collin :


J'ai laissé le verre respirer quelques minutes, car le vin était peu expressif. Se dégagent alors d'agréables notes de pain grillé blond, voire de biscuit au sucre roux, derrière des accents de fruits jaunes très mûrs. 
Ce sont ces derniers qu'on retrouve dès l'attaque en bouche au sein d'une matière à la fois riche et pimpante : des bulles nouées et persistantes qui transportent la fraîcheur du sud de l'appellation... 
On déguste un champagne davantage marqué par le fruit que la minéralité, plus biscuité que tranchant, fidèle au pinot, indéniablement construit pour la table (en tête-à-tête?) ou un apéritif gourmand. 
Dans tous les cas, parfaitement équilibré de l'attaque à la finale. 
collin etiquette
54,75 $ / code SAQ 13212109

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7 fév. 2020 par Monsieur Bulles
abrami Les femmes oenologues sont encore rares dans l'univers des bulles. Dans celui du Franciacorta, Elisabetta Abrami fait figure de novice et pourtant, en moins de 15 ans, le domaine qu'elle a acheté en 2005 pour le conduire en méthode biologique, est déjà parmi les plus observés des amateurs. Les 2/3 plantés en pinot noir ont engendré un Blanc de Noirs qui, rapidement, a rencontré les éloges. Quant à son rosé, enfin sorti, il est à l'image du caractère de son élaboratrice : déterminé et élégant.

Commentaire de dégustation de la cuvée Rosé Brut d'Elisabetta Abrami :

Le premier nez rappelle un jus d'orange sanguine, puis quelques accents de noyaux de fruits donnent le ton à ce Franciacorta dont la vinosité rouge, très expressive en bouche, est habillée d'élégance grâce à l'effervescence aérienne. 
Le fruité parle davantage que l'élevage sur lattes, on ne s'oriente pas vers des notes pâtissières, mais plutôt vers celles de salades de fruits d'agrumes et de baies rouges. 
La fraîcheur, voire la pureté, parcourt toute la dégustation à l'équilibre soigné, depuis l'attaque jusqu'à la finale un tantinet amère, de celles qui font les excellents mousseux. 
Un franciacorta qui peut accompagner maints plats savoureux, comme par exemple, une entrée de sashimi de thon rouge, aux graines de sésame.

Bon appétit !
38 $ / Code SAQ : 14293553 / Représenté au Québec par l'agence Divine Sélection

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4 fév. 2020 par Monsieur Bulles
cuvée jb de montaudon Reine noire du music-hall parisien des années 1930, Joséphine Baker a signé un contrat avec la maison de champagne Montaudon en 1936 qui lui fît quelques bouteilles pour Les Folies Bergères, le cabaret où elle officiait à Paris. La cuvée existe toujours. L'étiquette a repris la silhouette de la célèbre danseuse à la ceinture de bananes. Dirigée pendant 4 générations par la famille Montaudon, la marque est rachetée par Moët-Hennessy (groupe LVMH) en décembre 2008 qui la cède au Champagne Jacquart (groupe coopératif Alliance Champagne / Covama) en janvier 2011, tout en conservant les 45 hectares de vignoble de la maison et les contrats d'approvisionnement en raisins, provenant d'environ 150 hectares.
Commentaire de la cuvée Joséphine Baker par Montaudon - Brut :

50 % pinot noir et 50 % chardonnay pour cette bouteille qui est restée 3 années en cellier domestique, après achat, et dont les arômes comme la robe dorée, démontrent les effets du temps : fruits jaunes, pâtisseries légèrement beurrées, rancio léger.

Le dosage apparaît appuyé pour la catégorie Brut, il soutient donc les parfums initiaux perçus, apportant aussi une certaine plénitude. L'effervescence est soignée, les bulles sont fines, également touchées par le temps passé.
C'est un champagne aux contours classiques, bien fait, plus gourmand que minéral, qui accompagnera un fromage riche et puissant ou un dessert à pâte feuilletée.Joséphine Baker à Épernay
En importation privée au Québec

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3 fév. 2020 par Monsieur Bulles
logo vn Le vin « nature » ou « naturel » existe sans doute depuis que l'homme a pressé des fruits pour en obtenir un moût à transformer... Même si sa définition est opaque, du vin dit nature est commercialisé dans le monde entier depuis une quinzaine d'années. Or, il n'existe pas. C'est-à-dire qu'il n'est pas officiellement et juridiquement reconnu. Il est même interdit d'en faire mention à titre commercial, dans la Communauté européenne, sous peine de poursuites. Jusqu'à aujourd'hui...
Aborder le sujet du vin nature était irrationnel il y a 30 ans, intriguant il y a 20 ans, avant-gardiste il y a 10 ans, à la mode il y a 5 ans, polémiste depuis 5 ans, finalement constructif depuis un an et sans doute commun... dans 5 ans !

Grâce à une poignée de vignerons qui ont misé sur le dialogue plutôt que sur la provocation, et qui ont su parler conviction sans s'aventurer sur la voie (la voix) dogmatique, une charte d'engagement concernant l'élaboration de vins dits nature sera validée le 21 février 2020. 
Toutefois, elle sera sous observation par l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) pendant 3 années avant sa ratification.
Cet encadrement juridiquement établi évitera, je l'espère, les dérives verbales qu'on entend depuis plusieurs années, à l'occasion, chez des vignerons, dans les salons commerciaux, chez les cavistes et dans les restaurants...
Malheureusement tenues par les acteurs de la filière vin et repris naïvement par le consommateur profane, elles véhiculent parfois des sottises présentées comme une catéchèse. 
Hors le vin n'est pas une religion. 
Et ce sont les religions qui divisent. 
Souhaitons donc que cette charte d'engagement cimente, inspire et diffuse des idées séculières, avant tout.
Comme je l'ai déjà écrit ici : dans vivre et laisser vivre, il y a un peu de boire et laisser boire comme on veut.vin nature
En cliquant sur l'image ci-jointe, vous pourrez lire les 12 points de la charte d'engagement de Vin Méthode Nature

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