8 fév. 2019 par Monsieur Bulles
Borne Recaredo Un mini cataclysme s'est abattu la semaine dernière en Catalogne : 9 vignerons de renom ont quitté l'appellation DO Cava. Cela signifie qu'ils n'associeront plus leur nom à une bouteille de Cava, vin effervescent espagnol, mondialement célébré. Est-ce que cela va bouleverser la vie du consommateur profane de vin. Aucunement. Est-ce que cela va bouleverser l'industrie viticole espagnole. Certainement. C'est un peu comme le jeu des dominos alignés : on pousse le premier de la ligne qui entraîne dans sa chute tous ceux qui sont devant lui. Parfois, parce que l'alignement a été mal établi, la chute progressive s'arrête, laissant des dominos debouts. Cava et Corpinnat, c'est le jeu des dominos.
Tout d'abord, qu'est-ce que Corpinnat ? 

Corpinnat (contraction catalane de "nescut al cor del Penedes" = Cor-Pinnat = Né au coeur du Pénédès) est la marque d'une association de 6 vignerons renommés (Associació d'Elaboradors i Viticultors Corpinnat / AVEC) de Catalogne - aujourd'hui 9 vignerons - enregistrée en 2017, lancée en 2018, dans le but de valoriser un vin effervescent, véritablement catalan. 

On y trouve jusqu'à ce jour, les domaines Recaredo, Gramona, Nadal, Sabaté i Coca, Llopart, Can Feixes, Julia Bernet, Mas Candi et Torelló. 

Pourquoi une valorisation ? 

Simplement parce que les administrateurs de la DO Cava n'ont pas su, depuis 20 ans, faire évoluer leur cahier des charges et niveler par le haut, en tenant compte des avis de leurs meilleurs adhérents vignerons. 
Les alertes à l'interne, administratives et viticulturelles, avaient été envoyées. Rien n'a bougé dans le bon sens. 
Associée à des prix dérisoires (4 euros la bouteille de cava), l'appellation a été discréditée, malgré les efforts de qualité d'une poignée de familles, dont certaines ont d'ailleurs préféré joindre les rangs de l'appellation Classic Pénédès, créée en 2013.

Des lanceurs d'alerte non écoutés.

La sortie de la famille Raventos de la DO Cava en 2010 a été l'étincelle d'un feu assez lent à prendre, mais qui aujourd'hui, embrase une région. 
La création de Corpinnat a été la conséquence logique du laxisme de la DO Cava; Les deux entités ont vécu ensemble quelques mois, cependant, elles ne parlaient plus la même langue. La mention Corpinnat souhaitée par ses initiateurs sur des étiquettes de DO Cava était une revendication d'excellence et d'autonomie. Le message envoyé au consommateur aurait été clair : si vous lisez Corpinnat sur une bouteille de cava, c'est qu'il est excellent. Si Corpinnat n'apparaît pas sur l'étiquette, vous achetez des bulles anodines. 
Le divorce était prévisible.
On parle de sortie de Corpinnat de la DO Cava, mais y a t-il eu réellement une entrée ? 
Car d'un point de vue commercial, les effets de Corpinnat sur le marché des DO Cava ont été pratiquement nuls.
Ce n'est pas une sortie. 
C'est l'annonce officieuse d'une nouvelle appellation vinique, au coeur d'un terroir ancestral.
Elle témoigne des enjeux économiques et politiques dans le secteur agricole local et elle confirme les limites bureaucratiques du système des appellations en Europe. 

Le règlement Corpinnat résumé :

Corpinnat a été créé en vue de simplifier une démarche tout en la précisant. C'est en fait un mousseux européen «Vi Escumós de Qualitat» (VMQ / Vin Mousseux de Qualité) que n'importe quel vigneron a le droit d'élaborer sous certaines conditions : Seulement 46 villages appartenant à la région de l'Alt Penedès, du Baix Penedès, de l'Alt Camp, d'Anoia et du Baix Llobregat peuvent faire du Corpinnat (ce qui représente 22 000 ha). Le vigneron utilise ses propres raisins (il est propriétaire des parcelles), récoltés manuellement, issus de la viticulture biologique, spécifiques à la région historique du Pénédès (Xarel·lo, Macabeu, Parellada, Malvasia en blanc / Grenache, Monastrell, Sumoll et Xarel·lo Vermell en rouge) dans le but d'élaborer son propre vin tranquille et de le transformer en vin effervescent par seconde fermentation en bouteille, chez lui, et de l'élever au moins 18 mois sur lattes (9 mois pour le Cava). 
Il lui est strictement interdit d'élaborer des bulles pour un autre (1/3 de la production du cava n'est pas élaboré par la marque qui est sur l'étiquette). 
Aussi, Corpinnat a instauré une valorisation du prix au kg du raisin, vendu dans le Pénédès, avec un minimum de 0,70 euros / kg, ce qui représente le double du tarif des raisins, employés sur la DO Cava. 
Enfin et c'est, selon moi, le point névralgique de ce dossier : Corpinnat est une appellation de lieu, alors que la DO Cava est une appellation d'élaboration. Si cette dernière avait été une appellation comme celle du champagne ou du franciacorta, la situation serait ô combien différente.

La situation actuelle de la DO Cava.

Globalement, 230 millions de bouteilles sont produites annuellement et commercialisées sous la DO Cava, dont 85 % est contrôlé par trois marques, qui s'échangent la direction de l'appellation périodiquement : Freixenet, Codorníu et García Carrión. Même si les derniers chiffres commerciaux de la DO Cava sont flatteurs, le règlement de Corpinnat empêche logiquement la plupart des acteurs de l'appellation de se joindre aux neuf vignerons. 
Certes, la création du Cava de Paratge au sein de la DO Cava, en 2017, aurait pu freiner le mouvement séparatiste, mais il était trop tard. Recaredo et Gramona réfléchissaient déjà, suite à la sortie de Raventos I Blanc, a une solution bienveillante et restructurante. De plus, l'instauration des Paratge a été quelque peu baclée, rapidement pensée pour éteindre un feu déjà trop important, comme si on avait placé la charrue avant les boeufs : on a élevé au rang de références une quinzaine de lieux-dits dont les cavas qui en seraient issus, seraient élaborés avec plus de soin que tous les autres. 
Ce qui revient à dire qu'en-dehors des Cava de Paratge, le terroir et la qualité sont absents. De plus, en considérant les qualités d'un domaine hors de Catalogne, autorisé à faire du Cava, il pourrait revendiquer le terme Paratge, ce qui rend presque caduque l'essence de ce dernier. 

L'avenir de Corpinnat.
 
Si les instaurateurs ont proposé le nom Corpinnat comme une appellation de terroir avec des limites géographiques définies, sur le modèle d'une AOC régionale, qui permettra de faire évoluer son cahier des charges, le point qui m'apparaît délicat pour une reconnaissance publique future est tout simplement le nom : Corpinnat.
À moins de parler le catalan - et encore -, ce nom ne dit strictement rien à personne, car il n'existe pas ! Ce n'est pas une parcelle, ce n'est pas un lieu-dit, ce n'est pas un village, ce n'est pas une région. 
Cherchez le sur une carte du Pénédès, vous ne le trouverez pas. 
Or, donner le nom d'un lieu à un vin, l'ancre immédiatement dans le subconscient populaire, facilite sa reconnaissance et construit progressivement sa renommée parce que le consommateur y trouve facilement un repère. 
En revendiquant Conca del Riu Anoia en 2010, la famille Raventos ne s'est pas trompée sur ce point, même si elle attend toujours la reconnaissance officielle de ce lieu en tant qu'appellation vinique...
A moins donc, que Corpinnat ne devienne une nouvelle entité géographique validée par les instances politiques espagnoles, les vignerons qui l'incarneront ont davantage un travail de marketing à faire aujourd'hui, qu'un travail de vigneron, car de ce côté là, nous savons déjà qu'ils font effectivement les meilleurs vins effervescents d'Espagne.

À court terme, c'est une lutte juridique qui s'ouvre. David a terrassé Goliath, paraît-il...Montserrat, la chaîne de montagnes

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1 fév. 2019 par Monsieur Bulles
Château San Salvatore à Susegana (Treviso) Parce qu'en effet, le Prosecco Rosé, ça n'existe pas. Pas encore. Même si je l'entends parfois proposer au client d'une table en restaurant, alors qu'on va lui servir un Spumante Rosé, sans doute élaboré par une maison qui fait du Prosecco. Bref, la demande du vin rosé effervescent est tellement forte actuellement dans le monde qu'il serait opportun aux élaborateurs de Trévise d'en élaborer au plus vite... Et j'ose écrire ici, qu'avant la fin de cette année 2019, les Friuli-Vénitiens lanceront du Prosecco Rosé ! Mais avec quels cépages ?
La DOC Prosecco n'autorise aujourd'hui qu'un seul cépage noir : le pinot noir qui peut intervenir jusqu'à 15 %, s'il est vinifié en blanc.

Il pourrait donc être employé pour colorer le vin et le transformer en rosé.
Toutefois, le pinot noir n'est pas, pour ainsi dire, un cépage local...

Et si le raboso, cépage noir très ancien et typiquement local (Piave et Conegliano) était ce nouveau cépage autorisé dans l'élaboration d'un futur Prosecco Rosé. 
Ce dernier n'en serait que plus authentique, non ?

Certes, il y a tous les cépages autorisés de l'appellation régionale Valpolicella, mais leur introduction dans le cahier des charges du Prosecco engendrerait des soucis...

On parie pour le raboso ?
Paysage vénitien

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29 jan. 2019 par Monsieur Bulles
anciennes bouteilles de vin Parce que les Anglais détenaient le monopole de leur livraison ! La bouteille de vin a été standardisée à la fin du XIXe siècle. Jusqu'à cette époque, le vin de Bordeaux ou d'autres contrées était transporté en barrique de 225 litres. Hors, le négoce était dirigé par les Britanniques qui achetaient le vin en gallon impérial (1 gallon anglais vaut 4,54 litres, qui est différent du gallon américain qui vaut 3,78 litres). Ils ont vite trouvé une solution...
Une barrique de 225 litres valant grossièrement 50 gallons, il a fallu trouver un contenu qui donne un chiffre rond : 225 litres correspondant à 300 bouteilles de 0,75 litre et 1 gallon équivalant à 6 bouteilles, c'est la bouteille de 75 cl qui fut instaurée et son transport par caisse de 6 ou 12, établi. 

En Champagne, les bouteilles plus trapues et plus lourdes, donc plus robustes, étaient d'une contenance de 96 cl pour le vin effervescent, car n'oublions pas que jusqu'au milieu du XIXème siècle, 75% de la production en Champagne était encore de vin tranquille ! 
Lorsque l'effervescence champenoise fut systématisée et surtout garantie lorsqu'on ouvrait une bouteille, la contenance de cette dernière fut celle des Anglais !
anciennes bouteilles de porto

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25 jan. 2019 par Monsieur Bulles
PMG de Julien Fouet Ils sont à la mode dans toutes les régions viticoles du monde; les producteurs de vins tranquilles s'amusent à en élaborer sans tambour, sans trompette. Et même ceux qui font des bulles "officielles", c'est à dire sur une appellation de vins effervescents, s'amusent aussi à faire des "pet'nat". Celui-ci, de retour en SAQ, fait honneur à ces derniers.



Dans un article écrit il y a un an et demi où je donnais mon avis sur la tendance abusive à encenser les pétillants naturels dans la restauration locale, j'avais mentionné l'un d'eux comme étant le meilleur, parmi une sélection que j'avais testée dans un salon.

Quelle agréable surprise d'apprendre que ce Pet'Nat est de retour en SAQ !!

Commentaire du PMG Méthode ancestrale de Julien Fouet - Loire - France :

Un chenin blanc aux bulles menues et persistantes qui habillent une texture suave à l'enveloppe juste assez mordante pour rappeler le cépage (pamplemousse, silex) et rafraîchir les papilles sans qu'aucune note de fermentation ne viennent les déranger. 
Le vin n'est absolument pas sucré, je le préconise donc à l'apéritif avec quelques huîtres ou avec un fromage assez crayeux.
23,10 $ - Code SAQ : 13497802

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25 jan. 2019 par Monsieur Bulles
JP Scieur Brut François et Jean-Paul Scieur sont deux champenois ayant immigré au Québec il y a une trentaine d'années pour s'installer en tant que vignerons à Magog, dans les Cantons de l'Est au Québec. Leur domaine Le cep d'argent est aujourd'hui devenu une institution en matière d'effervescence dans la belle province. Représentant la 6ème génération de sa famille récoltante en Champagne, Jean-Paul bénéficie de l'avoir de vignes, issus du côté maternel (famille Bérat), qu'il partage avec ses deux frères et ses deux soeurs. Tous ont décidé aujourd'hui de voler de leurs propres ailes. Michel Scieur fait vinifier ses raisins par deux coopératives (Champagne Scieur & Fils), Marie-Jeanne Scieur et son mari Jean-Pierre Uriel font élaborer leur vin par les coopératives d'Étoges et de Chouilly (Champagne Uriel), enfin, Jean-Paul et François Scieur récupèrent leur champagne de la coopérative UPVE. Le champagne J.P Scieur est uniquement disponible au Québec.
Commentaire de la cuvée Brut :

Un champagne au nez à la fois sur des notes toastées blondes et sur des accents herbacés qu'on retrouve dès l'attaque en bouche, plus identifiables (orties, poivrons jaunes) sans qu'ils occultent toutefois le caractère aromatique, légèrement pâtissier. 
Cet aspect beurré aurait pu l'être davantage avec quelques mois supplémentaires sur lattes. Vous pourrez donc glisser cette bouteille en cave, 4 à 6 ans, afin de l'obtenir, puisque le temps est une sorte d'exhausteur de goût.
La texture est satinée, l'effervescence est aboutie, le dosage est réussi, il signe un Brut plus apéritif que gourmand, bien fait, qu'on aura plaisir à prendre sur des canapés aux fruits de mer variés, par exemple.
53,75 $ / Code SAQ : 12719223

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18 jan. 2019 par Monsieur Bulles
Rhum 1796 de Santa Teresa Le Vénézuéla possède sa DOC en matière de "Ron" depuis 2003. C'est peut-être pour cela que ces marques internationales gagnent de plus en plus d'amateurs, car même si le cahier des charges est souple et que de nombreuses cuvées se ressemblent, freinant me semble t-il une signature nationale, le rhum vénézuélien est toujours charmeur. Santa Teresa qui élabore sa propre eau-de-vie depuis 123 ans en est un bon exemple.


Commentaire du Ron Solera 1796 de Santa Teresa - 40 % - Vénézuéla :

Je m'attendais à beaucoup de caramel, à de la lourdeur en bouche, bref, à un énième rhum sud-américain sans complexité et à la longueur aromatique sucrée.
Et bien non !
Certes, le cacao, les fruits secs et la banane sont bien là dans les effluves subtilement gommés, mais toujours présents, une fois l'eau-de-vie en bouche. Toutefois, la texture est légère, souple, fluide et longue. Elle s'étire sur quelques épices et un caractère torréfié qui donnent envie d'en reprendre !
Ce rhum de mélasse ne mélasse pas notre bouche et rien que pour cela, il est mon premier coup de coeur de l'année 2019 !
Les amateurs de cigares trouveront le calibre qu'ils veulent... Quelque chose de léger dans la puissance des feuilles est préférable tout de même avec ce vénézuélien.
Et les inconditionnels du chocolat se doivent de mettre la main sur le coffret Accords Rhum de la chocolatière Joane Lheureux
Il y a au moins une bouchée sur les quatre offertes qui fera leur soirée !
Contre-étiquette du rhum Santa Teresa
66,50 $ / Code SAQ : 10748071

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14 jan. 2019 par Monsieur Bulles
Bouillot et Ouessant 2009 La maison Bourguignonne Louis Bouillot nous a habitués à bien des expériences, notamment en élaborant des crémants issus des grands crus de la région (que j'ai toujours mentionnés dans mes ouvrages). Il y a un an, elle a envoyé à plusieurs "mordus de bulles" dans le monde, 2 bouteilles particulières, issues d'un vieillissement atypique : avec l'aide de la société Amphoris, basée dans le Finistère, des bouteilles de la cuvée Perle d'or 2009 avaient été immergées en 2016, après leur dégorgement et leur bouchage, dans des eaux profondes au large de l'île d'Ouessant, en Bretagne. Entre la pression et la température à 13°C de l'océan, l'exercice consistait à mesurer l'impact des conditions de garde marginale avec celles de garde traditionnelle en cave avant commercialisation, pour un même vin. Et comme j'aime les chiffres ronds, j'ai préféré attendre de longs mois pour tester ces 2009 en 2019 !
Commentaire du Crémant L. Bouillot - Perle d'or 2009 - Brut (traditionnel) :

Le nez est expressif et charmeur, axé sur le malt, le muesli, puis le yaourt au café après quelques minutes dans le verre. Les effets du temps sont présents, les effluves de beurre, de pâte feuilletée ne s'évaporent pas, ils perdurent tout au long de la dégustation.
La texture en bouche est ronde, les bulles sont menues, l'enveloppe du volume offre la juste acidité qui apporte la fraîcheur. Aucune notes oxydatives, ce crémant est à point.
Il rappelle évidemment les bulles de la Marne, peut-être celles de Lombardie et dans une dégustation à l'aveugle, il confondrait bien des dégustateurs...
Ce Perle d'Or 2009 est en fait savoureux et charmeur. Amateurs de bulles, si vous passez par la Bourgogne, faites un tour du côté de l'Imaginarium de Nuits-Saint-Georges, il se peut bien que cette cuvée y soit encore disponible...

Commentaire du Crémant L. Bouillot - Perle d'or 2009 - Brut (Ouessant) :

Est-ce l'influence de l'océan, est-ce le conditionnement psychique de savoir que ce vin a passé plusieurs années par 60 mètres de fond au large de l'île d'Ouessant ? 
Toujours est-il que le premier nez de ce crémant est particulièrement Breton !
C'est à dire axé sur les algues, les embruns marins d'une plage à basse marée, des huîtres qu'on vient d'ouvrir, bref, sur une fraîcheur exceptionnelle qu'on ne décèle plus dans la cuvée "traditionnelle".
Par contre en bouche, l'effet pâtissier est présent, axé sur des notes de biscuits sablés, pourquoi pas Breton aussi ! C'est encore la salinité qui parle autour de notes discrètes de beurre et d'amandes. 
L'effervescence est réussie, les bulles sont fines et courent sur le palais, la Bourgogne s'expriment ici à travers le millésime solaire de la vendange et les cépages employés. 
On déguste un excellent mousseux que les profondeurs de l'océan ont habillé de jeunesse et de solidité. 
Plus aérien, moins plein, moins gourmand toutefois que la cuvée qui a vieillit en cave traditionnelle, la "Ouessant" a sans doute un potentiel de garde plus élevé, encore aujourd'hui.
Magnifique 2009 "bretonnant", consommé en 2019, j'aurais pu t'attendre 5 années de plus !
Sceau Ouessant

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11 jan. 2019 par Monsieur Bulles
Brut Absolu de Cattier Propriétaire de vignobles depuis 1763, la famille Cattier a commercialisé du champagne sous son propre nom après la Première Guerre mondiale. Les caves de Jean-Jacques Cattier qui dirige la maison, ont la particularité de se répartir sur trois niveaux déclinant trois styles de voûtes architecturales : gothique, roman et renaissant. Son fils Alexandre est aujourd'hui l'oenologue de la maison. Méconnue du grand public hors de l'hexagone, mais reconnue par les amateurs de champagne du monde entier, la maison Cattier a soudainement vu son nom se multiplier et se populariser sur la planète grâce au lancement de la cuvée de prestige Armand de Brignac (Ace of spades) qu'elle élabore.
Lieu : 6 et 11, rue Dom Pérignon  
BP 15 51500 
Chigny-les-Roses 
Téléphone : 03 26 03 42 11 

Le Clos du Moulin est la cuvée qui a sans doute fait connaître la famille Cattier aux consommateurs néophytes du champagne, écoutant les inconditionnels qui savent parfaitement qu'elle est parmi les meilleurs champagnes si l'on considère le rapport qualité/prix. 
Cuvée au tirage limité, elle est le fleuron d'une gamme qui n'en demeure pas moins constante dans la qualité et dont le Brut Absolu, ci-dessous décrit est un incontournable.

Commentaire de dégustation de la cuvée Brut Absolu - Nature :

C'est une prouesse que d'offrir un champagne non dosé avec autant de consistance dans le comportement et le crescendo aromatique typique de la catégorie : fenouil, melon, pivoine, mirabelle, silex et pain au lait. 
Exemplaire donc, car elle prouve qu'on peut obtenir de la profondeur et du caractère sans sucre ajouté, du fruit et de la minéralité : le champagne dans tous ses états.
L'apéritif sera de très grande qualité et les mordus de bulles à table sauront l'apprécier en tataki de poisson de leur choix ou avec un fromage de chèvre assez crayeux...
Absolument incontournable.Bouteille Brut Absolu de Cattier
Importation privée (trop discrète) au Québec / 17/20 dans le Guide Revel

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10 jan. 2019 par Monsieur Bulles
Alambic Depuis 1983, les mentions de durée de vieillissement du Cognac n'avaient pas bougé. Hors, parmi elles, dont la plupart perdent encore le consommateur, les deux mentions les plus populaires, XO et Napoléon, ne présentaient aucune différence en la matière. Seuls le flacon et son habillage, la marque et bien sûr, le tarif, pouvaient les distinguer. La cohérence était souvent absente. La voici retrouvée !
Selon les catégories de 1983, un cognac XO devait présenter un assemblage dont la plus jeune eau-de-vie avait au moins six ans. Or, un cognac Napoléon respectait la même exigence.

Désormais, la distinction sera nette et précise : un XO présentera un assemblage  dont la plus jeune eau-de-vie aura 10 ans et un un Napoléon présentera un assemblage dont la plus jeune eau-de-vie aura 6 ans.
Cette évolution nécessaire a sans doute été provoquée par la prépondérance de Moët-Hennessy, locomotive de l'appellation...

Le cas Hennessy XXO :

En 2017, Hennessy a commercialisé un XXO hors d'âge, un cognac âgé d'au moins 14 ans dans son assemblage : un pavé dans la mare administrative qui a aussitôt provoqué une injonction contre sa commercialisation, au motif, certes logique, que la mention XXO dérouterait le consommateur et surtout, qu'elle n'était pas officielle. 

Selon L'Agence France Presse (AFP), Hennessy et d'autres producteurs de cognac ont fait pression sur l'INAO, soutenu par le BNIC, pour permettre la vente de ce XXO (Vendu 600 euros en Asie). Toutefois, il fallait que cette mention soit officiellement reconnue. 
Une reconnaissance qui devrait être bientôt validée par le BNIC, un gardien du temple qui, après un long sommeil, a eu un réveil assez diligent...

PETIT RAPPEL SUR LE COGNAC :

L'Appellation « Cognac » ou « eau-de-vie de Cognac » ou « Eau-de-vie des Charentes » doit obligatoirement figurer sur l'étiquette.

Le nom « Cognac » peut être employé sans les mots « appellation contrôlée » dans la mesure où il n'est associé à aucune dénomination géographique complémentaire.

Les eaux-de-vie d'Appellation d'Origine Contrôlée d'origine viticole peuvent être accompagnées du mot « Fine ». Cette mention est facultative. 

Le Cognac est traditionnellement le fruit de l'assemblage d'eaux-de-vie d'âge et de crus différents, mais ce n'est pas obligatoire. 

Si un cru est mentionné sur l'étiquette, cela signifie que 100 % des eaux-de-vie qui constituent l'assemblage proviennent de ce cru. 
Par ex : « Appellation Cognac Petite Champagne contrôlée » 

Pour l'« Appellation Cognac Fine Champagne Contrôlée » : Eaux-de-vie issues exclusivement de Grande Champagne (minimum 50%) et Petite Champagne.

Un Cognac prêt à être consommé ne peut être commercialisé sans avoir vieilli pendant au moins deux ans, comptés à partir du 1er avril de l'année suivant la vendange. 

Le vieillissement des eaux-de-vie de Cognac est réalisé sans interruption, exclusivement sous bois de chêne. Le Cognac conserve toute sa vie l'âge qu'il avait lors de sa mise en bouteille, car, contrairement au vin, l'alcool n'évolue plus sous verre. 

LES MENTIONS DE VIEILLISSEMENT :

Les mentions de vieillissement donnent une indication sur l'âge de l'eau-de-vie la plus jeune entrant dans un assemblage. 
L'âge correspond au nombre d'années de vieillissement, sous bois de chêne exclusivement, comptées à partir du 1er avril suivant l'année de la vendange. 

au moins 2 ans : « *** »,  « Sélection », « VS », « De Luxe » et « Very Special », et « Millésime »
au moins 3 ans « Supérieur », « Cuvée Supérieure », « Qualité Supérieure »
au moins 4 ans : « V.S.O.P. », « Réserve », « Vieux », « Rare » et « Royal »
au moins 5 ans : « Vieille Réserve », « Réserve Rare » et « Réserve Royale »
au moins 6 ans : « Napoléon », « Très Vieille Réserve », « Très Vieux », «Héritage », « Très Rare », « Excellence » et « Suprême »
au moins 10 ans* : « XO », « Hors d'âge », « Extra », « Ancestral », « Ancêtre », « Or », « Gold », et « Impérial »

* Jusqu'au 1er avril 2018, les eaux-de-vie de Cognac « XO », « Hors d'âge », « Extra », « Ancestral »,« Ancêtre », « Or », « Gold » et « Impérial » ont été prélevées sur le compte 6 concernant les eaux-de-vie ayant plus de 6 ans de vieillissement.

ET LA NOTION DE MILLÉSIME ?

Le Bureau National Interprofessionnel du Cognac (BNIC) avait décidé en 1962 d'interdire la commercialisation de cognac millésimé, en raison notamment de fraude sur les origines de vendanges, invérifiables. Levée en 1989, cette interdiction n'a finalement pas entraîné autant de création de cognac issu d'une seule année.

En effet, la déclaration d'un millésime est sujet à plusieurs vérifications qui coûtent très cher. Les barriques et les tonneaux millésimés doivent être scellés et répertoriés en présence d'un représentant assermenté, l'année de production. Le même représentant assermenté doit se présenter au cours de la durée du vieillissement si l'on procède à un inventaire ou lors d'une prise d'échantillon, d'un transfert ou d'une mise en bouteilles. 
Ce sont des paramètres particulièrement lourds au niveau administratif et surtout dispendieux, qu'il faut évaluer lorsqu'on se lance dans la conception d'un millésime. Ils devront être répercutés sur le tarif final de vente du cognac, d'autant plus délicat à promouvoir que cette notion d'une seule vendange n'est pas intrinsèque à l'appellation.XXO de Hennessy

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9 jan. 2019 par Monsieur Bulles
Vintage Extra Brut 60 mois de Cabelier Chaque étape dans l'élaboration d'un vin effervescent en méthode traditionnelle, est à la fois importante et maîtrisable par l'homme, même si celle qui concerne la prise de mousse est surtout tributaire du temps qui passe. Peu de marques de vin mettent en avant cette notion qu'on appelle "le temps sur lattes", sur l'étiquette principale. Mention globalement incomprise des consommateurs parce qu'inexpliquée, elle est pourtant celle qui leur permettrait de mieux s'orienter vers un vin, en fonction de ce qu'ils aiment... À cet égard, le Crémant du Jura 60 Mois de Marcel Cabelier est exemplaire !
Commentaire du Vintage Extra-Brut 60 mois sur lattes de M. Cabelier :

Ce temps sur lattes qu'on nous invite à découvrir à la lecture de l'étiquette s'exprime dès le premier nez par des notes de pommes cuites, de noyaux de fruits, de pain grillé, puis de noix. 
Ce qu'on appelle le rancio d'évolution au niveau aromatique, est ici désiré par l'élaborateur, donc attendu par le dégustateur. 
C'est une réussite, car il est aussi expressif et net que dans la plupart des bons champagnes Brut Sans Année qui ont séjourné au moins 3 ans en cave.

Ce sont bien les 60 mois passés (5 ans) en cave qu'on déguste à travers ce crémant; c'est l'effet de l'autolyse - expliquée dans un précédent article - que la marque veut transmettre, tout en prouvant que ce temps passé en bouteille, si précieux, apporte aussi l'impression de sucrosité qui n'est, en fait, que de la maturité, alors que ce vin est à peine dosé (2 grammes).

La texture est riche, les bulles sont menues, l'aspect crémeux est évident, on déguste un crémant du Jura comparable à bien des champagnes et à bien d'autres belles appellations de mousseux dans le monde qui ont laissé le temps marquer de son empreinte le travail de l'homme.

Seulement 12 000 bouteilles ont été tirées pour cette cuvée, elles sont numérotées et disponibles en importation privée auprès de l'agence dont l'adresse électronique est mentionnée ci-dessous.

Marcel Cabelier est une marque commerciale de la Maison du Vigneron, jadis Compagnie des Grands vins du Jura, négociant basé à Crançot, appartenant depuis 1986 à la société alsacienne GCF (Les Grands Chais de France).
étiquette 60 Cabelier

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