8 sep. 2017 par Monsieur Bulles
Carafe à eau, verres et champagne Mon opinion sur le passage en carafe d'un champagne ou d'un mousseux est plutôt catégorique : c'est un geste purement esthétique et inutile au regard de la nature seule du produit.







Tout d'abord, le verbe « carafer » n'existe pas; du moins, pas encore. 
Le terme « carafe » vient de l'italien caraffa, qui lui-même viendrait d'un dialecte arabe dans lequel garafa signifiait « verser à la louche ». On passe en carafe pour aérer le vin et l'on décante un vin lorsqu'on veut éliminer les sédiments qu'il peut contenir. 

Je ne vois pas l'intérêt de verser du champagne dans une carafe, d'autant moins lorsqu'on me tend l'argument que cela permet de l'aérer, de le rendre moins gazeux et plus digeste ! 

Les chefs de cave mettent quinze mois à trois ans (bien plus pour certaines cuvées) à élaborer leur vin afin que des bulles naissent naturellement dans le vin. Si un consommateur désire une carafe pour atténuer le gaz, retirer des bulles ou mieux digérer, qu'il boive un vin tranquille, il aura davantage de plaisir ! 
Et si la carafe est un argument visant à réduire la sucrosité des cuvées demi-sec à doux, offrez-vous plutôt un vin blanc moelleux !

La carafe est, selon moi, un argument de vente et de marketing créé par les responsables commerciaux des marques - qui la conseillent -, et je ne pense pas que les chefs de cave de ces marques appuient cette démarche, car elle est méprisante envers leur travail. 

Au demeurant, si un vin présente effectivement une effervescence peu soignée et excessive, la carafe peut être une option, même si je pense que le seul fait d'attendre cinq minutes, une fois le vin versé dans le verre, sera aussi efficace que l'oxygénation de l'esthétique carafe. 

Opinion également valable pour les champagnes âgés qu'on veut aérer : un verre bien adapté se révèle le contenant le plus sûr.

Haut de page

28 août 2017 par Monsieur Bulles
Le Lude Brut / Le Lude Brut Rosé Revenu d'une tournée en Afrique du Sud, j'ai pu tester une vingtaine de marques locales qui élaborent des MCC (Méthode Cap Classique), l'appellation officielle de la méthode traditionnelle, de plus plus en plus populaire localement. Certaines maisons se détachent nettement du lot, toutefois, la majorité de leurs cuvées restent citriques, axées sur un fruité blanc ou jaune, souvent mono-aromatique. Cela s'explique par l'absence presque systématique de vins de réserve ou d'un élevage sur lattes trop court. Dans les deux cas, le vin manque de profondeur, de gras et de longueur. Le Lude se détache de ses concurrents parce que justement, ces deux paramètres d'importance dans la construction d'un bon mousseux, sont étudiés...
Villiera, Krone, Kleine Zalze, Weltevrede, Simonsig, Graham Beck, L'Avenir, Boschendal, etc... Ces marques sont devenues aujourd'hui des incontournables en matière de bulles sud-africaines, toutefois, Le Lude est un cran au-dessus de celles-ci actuellement, tant au niveau des saveurs que du comportement de l'effervescence.

C'est pendant, mais en dehors des épreuves du concours Michelangelo Award 2017 qui a eu lieu dernièrement à Stellenbosch, que j'ai demandé à des collègues sud-africains de m'organiser une dégustation à l'aveugle d'une sélection de qualité de MCC (Méthode Cap Classique).  
J'ai ainsi pu tester une vingtaine de marques et que ce soit en Brut blanc ou en Brut rosé, millésimé ou non, j'ai cru qu'une cuvée piège de champagne avait été glissée dans le lot, puisque par deux fois, les vins de Le Lude ont été perçus comme tel : non par des notes salines ou minérales, mais par un caractère subtilement brioché, sans rancio d'évolution, sans la lourdeur beurrée qu'on trouve sur des mousseux du nouveau monde, certes bien élaborés, cependant souvent sans complexité.

Sur le Blanc Brut comme sur le Rosé Brut de Le Lude, l'effet pâtissier conjugué à la finesse des bulles persistantes - deux paramètres apportés par le temps sur lattes - est juste assez présent, en parfaite harmonie avec l'enveloppe fraîche et pointue.
 
La cuvée Rosé offre des accents de mandarines et de pamplemousses roses, entremêlés de quelques amers qui signent les bons mousseux, tandis que l'autre cuvée propose des notes de nougat et de panna cotta. 
Dans les deux cas, la construction du vin apparaît solide et endurante, permettant un certain temps de garde dans le cellier, après achat.
La plupart des autres cuvées testées étaient bien construites, toutefois, elles avaient un caractère mordant à l'attaque et une consistance trop frêle pour apporter une longueur estimable en dégustation. 

Seules les cuvées Le Lude avaient une texture enveloppante, digne d'excellentes bulles Marnaises...



Le Lude Brut
17/20 pour les deux cuvées selon le barème du Guide Revel

Haut de page

24 août 2017 par Monsieur Bulles
Bouchon Stoppeur Rares sont les noms propres qui sont passés dans l'univers des noms communs pour désigner leur fonction initiale. On peut penser à frigidaire, à kleenex, à vespa, à pyrex, à tupperware et à quelques autres... Dans l'univers du vin, champagne est devenu le terme qui désigne un mousseux, même si le vin n'est pas un vrai champagne, c'est à dire un vin issu de la méthode traditionnelle, provenant de la Champagne viticole. Alors que celle-ci a mis deux siècles pour récolter cette rançon du succès, la Vénétie et le prosecco l'ont obtenue en à peine 20 ans ! Le terme prosecco est, en effet, utilisé aujourd'hui pour désigner des vins effervescents élaborés selon la méthode de la cuve close, ailleurs que dans l'Europe communautaire, comme en Asie ou en Océanie. En général, les pays usurpateurs ne respectent pas non plus l'essence du vin marnais. 20 années seulement pour voir le prosecco conquérir le monde et devenir un phénomène « viti-culturel ».
L'avaient-ils calculé ? 
Les acteurs de la filière viticole vénitienne avaient-ils programmé ce succès lorsque dans les années 1990, ils décidèrent d'édifier leurs bulles locales, surtout consommées dans leur région, donc vaguement reconnues à l'extérieur, en un vin blanc effervescent facile à élaborer, facile à commercialiser, facile à boire et surtout, internationalement plaisant ? 
Non, évidemment non. 
Du moins pas autant, puisque lorsqu'on analyse les chiffres et même si on peut les faire parler comme on veut, un seul mot les résume : édifiant ! 
Le prosecco est une DOC depuis 1969, toutefois, sa reconnaissance populaire en tant que vin mousseux est apparue dans les années 1990 suite à une décision de ses instances de mettre en place une politique commerciale liée à l'image de la dolce vita. Et ce n'est pas aux Italiens qu'on allait donner des leçons en la matière ! Le démarrage fut lent pour devenir exponentiel dans les années 2000. 
Rappelez-vous, le monde entier devait fêter au champagne l'arrivée du troisième millénaire, or il a fêté aux bulles, le monde ; aux bulles du monde entier, car le champagne n'a plus suffi. 
Seuls les nantis fêtent au champagne. Mais sur une planète en crise qui combat son angoisse à travers l'exutoire de l'effervescence, il faut des bulles accessibles. Le prosecco est devenu ainsi, l'ambassadeur du « Pop » facile.   

Quel est son secret ? Pourquoi plaît-il à ce point ? Parce qu'il est abordable ? Parce qu'une bouteille ne coûte que 7 euros en moyenne de l'autre côté de l'océan et 18 $ ici ? Sans aucun doute. 

« Ce n'est même pas bon. » entends-je souvent d'amateurs de vin éclairés, dédaigneux. 
Peut-être, mais c'est une histoire de goût ; donc un argument de mépris pour les millions de consommateurs. 

« Ce vin n'a aucune histoire. » me dit-on. Et alors ? On s'en fiche complètement de son histoire, certes banale, lorsqu'on est en boîte de nuit, sur la plage ou sur une terrasse à le siroter en cocktail. 

« Il a toujours le même goût. » Un point. Je l'admets. Ce serait hypocrite de ma part d'étaler la grande diversité des saveurs du prosecco, car en effet, elle n'existe pas. 
Et il est justement là le secret du prosecco : dans son homogénéité aromatique, dans sa fiabilité de comportement ! Que vous soyez à Berlin, à Montréal, à Chicago ou à Athènes, vous êtes certain d'obtenir le goût que vous recherchez quand vous commandez un prosecco. Fleur, poire, pomme et salade de fruits blancs sont les parfums classiques que vous retrouverez tout le temps, quelle que soit la marque. 
Et si vous le commandez en cocktail, c'est parce que vous savez que ses fines bulles qui construisent une texture tendre, s'adaptent au mieux aux alcools et aux sirops mélangés, le juste temps nécessaire pour le consommer. 
Alors, ne me lancez pas l'argument du manque de persistance de son effervescence parce que oui, je le sais ; oui, le prosecco n'est plus un vin mousseux après 20 minutes dans un verre. 
Elle est également là sa victoire: dans cette éphémère effervescence qui fait qu'on en demande un deuxième, puis un troisième verre !    
Le prosecco n'aura jamais les notes maliques, les notes de levures, de beurre ou de pâtisseries qu'on est en droit d'attendre d'un champagne, d'un crémant ou d'un cava. 
Il n'a pas été élaboré dans ce but. 
Sa construction ne lui permet même pas de les avoir. Le prosecco n'est pas construit par le temps et ce n'est pas non plus un vin de garde. Il est comme un vin nouveau effervescent. C'est même le seul vin mousseux qu'il est préférable de boire jeune, de boire immédiatement. 

Il est aussi là son succès : dans la maîtrise d'une méthode d'élaboration devenue facile, parce que seulement technologique. L'auto-clave est devenue l'expertise des vénitiens et une part de cette prospérité est aussi dans le fait qu'ils assument cette façon de construire des bulles. Alors que le champenois ou le catalan reste tributaire de facteurs naturels, parfois incontrôlables malgré les connaissances précises de la méthode traditionnelle, le vénitien suit simplement un mode d'emploi physico-chimique dès que son vin est en cuve, à l'abri d'éventuels soucis naturels.   

« Ce vin n'a pas d'avenir! » ai-je entendu dernièrement. 
Une réflexion presque philosophique sur la pérennité d'une appellation vinique dont le débat serait intéressant, toutefois pour l'heure, le prosecco est entrain de séduire les milléniaux à travers la mixologie. 
N'est-ce pas la preuve d'une adaptation ? 
Depuis une dizaine d'années, les cocktails sont devenus les rois du 5 à 7 et des soirées festives ; les mixologues entrent en scène derrière leur zinc et deviennent les pourvoyeurs des eaux-de-vie blanches ou ambrées, mélangées aux fines bulles de Trévise qui scintillent dans les flûtes. 
Même l'empereur champagne et ses marques qui flirtent avec les paillettes nocturnes ont du mal à suivre la tendance ou à prendre la place d'un prosecco à la silhouette blanche ou dorée, dans un seau glacé. Le contenu n'est pas le même, certes, mais le contenant est aussi attirant, aussi rutilant, aussi bling bling... 

On se fiche du terroir sur une piste de danse ou accoudé dans un bar dont les décibels couvrent les paroles. 
 « Donne-moi un Spritz. » dit la voix à peine sortie de l'adolescence ; 
« Je vais essayer un Bellini. » dit la voix devenue posée ; 
« Quel est le cocktail du jour ? » dit la voix habituée. 
« Il y a du prosecco dedans ? Je vais prendre ça. » dit la voix conquise. 

Le mot est lâché, le prosecco sonne, le prosecco chante, il rime avec écho. Il est partout ; dans tous les bars, dans les avions, dans les paquebots, sur toutes les cartes de vins, proposé au verre, en cocktail, à midi, à minuit, même à l'heure du thé en Angleterre ! Forcément, il agace.    

Je m'intéresse au monde des bulles depuis plus de 20 ans et j'ai compris qu'il devenait un phénomène au début des années 2010, au cours de périples européens où je devais sauter d'un aéroport à un autre : les publicités qui autrefois vantaient une marque de champagne, de façon périodique, c'est-à-dire seulement avant les fêtes de fin d'année, étaient désormais consacrées, à l'année longue, au mousseux vénitien. 

Bref, le prosecco prenait déjà toute la place. 

60 % d'augmentation des ventes de Prosecco en France en un an ! En France ! 
Le pays viticole le plus conservateur, le plus chauvin et sans doute le plus réfractaire au vin de son voisin transalpin !   

« On n'arrive même pas à l'expliquer » de me signifier Luca Gavi, directeur du Consorzio di tutella della DOC Prosecco. 
« Aucune stratégie commerciale n'a été pensée pour la France, nous sommes les premiers surpris. Les ventes de prosecco augmentent toutes seules dans le pays qui élabore le plus gros volume de vins effervescents, majoritairement en méthode traditionnelle. Le même phénomène arrive au Mexique, en Grèce, en Pologne et en Ukraine. Nous avons doublé la production de prosecco DOC en 5 ans, nous sommes passés de 195 millions de bouteilles en 2012 à 410 millions de bouteilles aujourd'hui. »   

Aucune autre appellation dans le monde n'a connu un tel phénomène. Où donc est le danger pour le prosecco ? Les succès rapides sont souvent des feux de paille. L'industrie le sait. 
Les consorzi le savent. 
Le vignoble flambe, les raisins coûtent chers aujourd'hui autour de Trévise. Le paysan est conscient que les billes jaunes de son jardin sont convoitées. Parce que le système est le même qu'en Champagne : des récoltants d'un bord, des marchands de l'autre ; des surfaces qui s'étendent, des rendements qu'on pousse et des tarifs au kilo qui s'envolent. La spéculation guette. 

Attention donc au miroir aux alouettes, aux bulles qui font tourner la tête. 
Il est là le succès pérenne du prosecco, il n'est plus dans la gestion d'une technologie, il est désormais dans la transmission et la gestion d'un mode économique, car il nourrit une région déjà rassasiée qui doit aujourd'hui faire attention à l'indigestion.     paysage vénitien

Haut de page

8 août 2017 par Monsieur Bulles
2013 Brut Sacré Négoce blanc et rosé Ils n'ont pas d'appellation sinon celle de leur élaboration : la méthode traditionnelle. Le vin blanc ou rosé de base peut venir du bout du monde. La durée d'élevage sur lattes est d'au moins 24 mois selon les lots. Les cuvées sont millésimées. Et enfin, tout se fait au centre-ville de Montréal ! Les puristes vont sans doute ruer dans les brancards et pourtant, l'essentiel est atteint : c'est bon !
Je vais être sincère. 
Lorsque j'ai été invité à visiter les entrepôts de Hall & Marciniak situés au coeur de Montréal, pour y déguster du vin fait sur place, je me suis dit : "voilà que la génération Y pense refaire la planète-vin en élaborant des bulles en ville... En ville !"

Je n'y suis pas allé à reculons ou avec une attitude condescendante, non. 
Mais amusé et quand même intrigué par la démarche. 
Car, ce ne sont pas des vignes qui poussent autour de la cuverie rutilante, ce sont des buildings, du ciment, de la brique et du goudron ! 
On est à 5 minutes du Centre Bell !
Donc me voici en présence des deux hommes d'affaires, Zaché Hall et Matthieu Marciniak, à qui je demande une dégustation à l'aveugle (surtout) de leur création vinique. 
Je ne veux même pas savoir d'où vient le vin, quels sont les cépages et le millésime; je sais seulement, au moment de déguster, que je suis en présence de deux vins blancs et d'un vin rosé effervescents, élaborés selon la méthode traditionnelle, c'est tout.

Les pupitres sont à 20 pieds de moi dans l'entrepôt réfrigéré qui fait office de chai, mitoyen de la salle de dégustation où je me trouve. La production n'est pas encore assez étoffée pour tourner en gyropalette, les pupitres sont donc bien alignés.

Pour le premier blanc, je suis agréablement surpris par l'équilibre en bouche. L'attaque est franche, non agressive, elle rappelle la poire, la meringue et un tantinet la lime au niveau aromatique. L'effervescence en bouche est aérienne, légère, les bulles sont menues, très détachées, elles finissent rapidement leur course vers une finale au fruité blanc net. L'ensemble n'est pas complexe, ni riche, on est en présence d'un bon vin effervescent qui, peut-être, aurait gagné en profondeur avec un temps sur lattes plus élevé ou davantage de vins de réserve. 
On me dit qu'il s'agit du millésime 2013, que c'est du chardonnay ontarien à 90 %, étiqueté en Extra-Brut, car dosé à moins de 4 grammes de sucre. Il me rappelle des cavas sans la touche d'hydrocarbure de certains...

Je passe au second. Un autre blanc au dosage identique, issu du millésime 2014, à base de chardonnay également, provenant d'un domaine Ontarien différent (c'est ce que m'apprendront les vinificateurs dix minutes plus tard).
Et là, ô surprise, on est ailleurs... C'est à dire dans la matière et les saveurs. Il est bien meilleur que le premier, cela ne fait aucun doute. Pas de rancio dans les parfums, mais subtilement toasté et avec davantage de mâche qui se laisse apprécier dans une agréable finale pâtissière où l'arôme de miel se laisse capter, même si l'ensemble reste sur la légèreté de l'effervescence et la délicatesse des arômes. 
Ce 2014 rappelle certains crémants où le chardonnay s'exprime pleinement. Le vin de base est meilleur que le 2013. Il est soigné, impeccablement conduit, tout simplement bon.

Y'a t-il un bémol jusque là, alors que je vais passer au rosé ? Non, pas vraiment. Peut-être le tarif qu'on me donne : 30 $.

C'est évidemment moins cher qu'un champagne ou un franciacorta, mais c'est plus dispendieux que certains crémants ou certains cavas qui pourraient se montrer plus consistants. Ces derniers ont le volume pour offrir des tarifs plus attrayants. 
Cependant, les "Brut" Hall & Marciniak sont finalement très plaisants pour le prix affiché. Ils sont à leur place sur le marché et sont à considérer comme des bulles de belle facture dans tous les sens du terme.

On passe au rosé ?
Meilleur que le 2013 blanc Extra-Brut grâce à quelques amers bien présents apportés par les minces tanins des cépages rouges employés, toutefois aussi léger dans la structure. J'aurais aimé un rosé plus imposant avec une finale conquérante.

Je suis tout de même conquis par le travail élaboré, car on sent le potentiel de qualité. 
Il reste à présent à Hall & Marciniak à sélectionner des vins de base conséquents, car selon moi, la seconde fermentation est maîtrisée. Le choix du moût sera déterminant à l'avenir pour créer des bulles au style constant et signé.

N'hésitez pas à essayer ces mousseux Made in Downton : 

la distribution de ces vins effervescents se fait via les importations privées de la SAQ. 
Pour toutes commandes, vous pouvez envoyer vos coordonnées complètes à l'adresse marciniak@halletmarciniak.com ou bien appeler le 514 797-5095. 
Les ventes se font uniquement par caisses de 6 bouteilles, elles pourront vous être livrées directement dans une SAQ près de chez vous!
Blanc Brut 2013 Sacré Négoce

Haut de page

7 août 2017 par Monsieur Bulles
Verre à vin Influencées par les tendances de certaines époques et les progrès de moulage du verre, les sociétés ont employé toutes les sortes de verres à pieds, depuis la coupe évasée jusqu'à la flûte étroite en passant par le simple ballon. Et aujourd'hui, quel serait le meilleur verre pour le champagne ?
La fameuse coupe « de nos grand-mères » permettait grâce à sa forme évasée  d'aérer le vin effervescent, de le rendre moins pétillant. On ne pouvait y apprécier le train de bulles et très souvent, le vin débordait au moment du service ou dans la jubilation de l'événement. 
La coupe a été populaire du fait que son moulage était facile pour les premières entreprises de cristallerie. Elle est de plus en plus rare dans les boutiques spécialisées.   

La flûte est encore très appréciée et reste la plus populaire parce qu'elle offre au dégustateur le spectacle du train de bulles qui monte à la surface. Sa forme allongée et étroite se distinguant forcément des autres verres, tout le monde sait qu'on servira un champagne ou un mousseux, dès qu'on l'aperçoit. 
Toutefois, elle n'est pas la plus efficace pour apprécier le vin, car son gobelet étroit emprisonne les arômes et accentue l'effet gazeux.   

Partant du principe que le champagne est avant tout un vin blanc (ou rosé) transformé en vin effervescent, je considère qu'un verre à vin blanc classique est la forme la plus adéquate pour l'apprécier au mieux. 

Depuis plusieurs années, les flûtes sont d'ailleurs de plus en plus bombées et leur silouette ressemble à celle de verres traditionnels plus allongés. On les nomme verre tulipe. 
Le marché étant riche de marques offrant jusqu'à dix formes pour une seule catégorie de vin, c'est au final une question d'esthétique une fois le choix de l'efficacité établie.   gamme de verres / @CIVC
Texte tiré du livre "Champagne, guide et révélations" chez IQ Éditions - 2017

Haut de page

17 jui. 2017 par Monsieur Bulles
chips et bulles Qui dit chips, dit gras, sel et saveurs originales. Qui dit bulles, dit vivacité, rondeur et acidité. Cela vous paraîtra peut-être facile, mais la dégustation d'un champagne ou d'un mousseux avec ces pétales de pommes de terre qui, aujourd'hui, présentent des dizaines d'aromatisations selon les marques est un vrai plaisir éducatif, car le sel omniprésent, enraye, baisse ou gomme l'acidité perçue en bouche du vin pour mieux révéler la texture et les arômes de ce dernier. Voici donc une liste de duos qui enchantera, j'en suis sûr, vos papilles!
Chips classiques (sel ou mieux ! des demi-sel) :
Mionetto - Prosecco DOC Treviso - Brut - Italie - 17,55 $:

Floral avec de subtiles notes d'amandes fraîches, cet effervescent de facture classique pour l'appellation offre un petit plus: il est sec, plus sec que bien d'autres proseccos, donc désaltérant et plus digeste. Les bulles sont fines, nerveuses, un peu fugaces; la texture est crémeuse. C'est un mousseux simple et convivial, le parfait apéritif avec des chips peu salées.

Chips classiques, mais de luxe (sel de mer, cuisson marmite, etc...):
Crémant de Bourgogne - Blanc de Blancs - Brut - Vitteaut-Alberti - 23,95 $

Citronné au nez, ce crémant présente une chair crémeuse et aérienne, à l'enveloppe accrocheuse; quelques notes pâtissières se laissent capturer en finale de dégustation, les bulles se font plus menues, plus fines dans le comportement. Un mousseux à la fois pur et profond que le sel des chips ne viendra pas contrarier.

Chips Cornichon et Aneth:
Cava Segura Viudas Reserva Brut - Espagne - 14,05 $

Un soupçon acide, un soupçon végétal côté chips, il faut donc une certaine minéralité que ce cava présente autour de notes de salade de fruits blancs bien présentes. L'effervescence est soignée, les bulles ont un calibre moyen, elles complètent un volume aérien. Quelques notes herbacées se laissent saisir, elles sont rapidement gommées par le fruité initialement perçu (levures, poires et pommes) qu'on aura plaisir à découvrir devant le base-ball ou le hockey avec le bol de chips !

Chips Sel et Vinaigre:
Barmès-Buecher 2013 - Crémant d'Alsace - France - 26,20 $

Amateurs d'acidité marquée, les chips au vinaigre sont vos préférées, l'Alsace va vous combler ! Comme à chaque millésime, tension et agrumes sont au rendez-vous avec ce crémant, au sein d'une texture veloutée en bouche, illustrée par une effervescence accomplie : les bulles sont liées, serrées et persistantes. L'enveloppe est encore citrique, donc suffisamment agressive pour contrer le vinaigre des croustilles, l'harmonie sera aussi simple qu'impeccable.

Chips au Cheddar (ou autre fromage)
Blanquette de Limoux - Domaine de Fourn - Brut - 16,75 $

Le nez est charmeur, d'abord orienté sur des arômes de poires, puis sur ceux plus classiques de pommes et d'anis. Ce sont ces derniers qu'on retrouve dès l'attaque en bouche au sein d'une effervescence particulièrement fine et élégante, voire caressante. Le vin apparaît jeune, le comportement de sa texture est toutefois d'une impeccable suavité grâce à des perles qui s'étirent tendrement jusqu'en finale. L'accord avec un fromage est évident, donc pourquoi pas des chips au fromage !!

Chips Oignons et Crème sûre
Crémant de Bourgogne Louis Bouillot - Perle Rare 2012 - Brut - France - 21,55 $


Des chips aux saveurs originales qu'un crémant complexe peut relever comme cette Perle Rare qui a pris avantageusement de l'âge depuis sa mise en marché. Plus gras et plus aromatique qu'il y a deux ans (notes de croissants au beurre), les bulles agrémentent une belle densité vineuse et le dosage, certes sensible, est en belle harmonie avec les saveurs prononcées des ces croustilles. Un accord original et pointu.

Chips au Poivre noir:
Franciacorta Bellavista - Alma - Brut - Italie - 37,75 $

Tout est discret au nez, d'abord les notes herbacées qui deviennent anisées, on sent ensuite la poire, puis finalement le poivre gris. Une aération vigoureuse laisse échapper quelques accents de bergamote. Dès l'attaque en bouche, on est touché par la finesse des bulles, l'aspect sphérique et léger du volume général qui confère pourtant une enveloppe grasse. Ample, parfaitement dosé, presque sec, ce Franciacorta s'exprime d'abord par l'élégance et la retenue, puis c'est dans l'endurance subtile de ses arômes qu'il nous imprègne de son souvenir. Un Franciacorta qui a suffisamment de corps pour soutenir la puissance des chips ! 
  
Chips au Ketchup:
Prosecco Superiore DOCG Valdobbiadene 2015 - Nino Franco - Italie - 27, 25 $

À la fois sucrées et salées, ces chips ont besoin d'un vin au dosage un peu plus marqué; la catégorie Dry de ce prosecco superiore est donc adéquate. Le nez est discret, toutefois orienté vers des notes de poires, de pommes et de bonbons qu'on retrouve en bouche dans une texture onctueuse. L'ensemble est tendre, l'effervescence est à la fois persistante et riche. C'est un mousseux réussi dont le comportement enveloppant s'harmonisera parfaitement aux parfums des chips.

Chips Barbecue:
Gamay Fizz 2009 - Bourgogne - Mommessin - France - 17,75 $

Soyons original, orientons-nous vers un mousseux rouge ! Très parfumé au  nez (cerise, cassis, noyau, violette), cet effervescent se montre très fruité, certes sucré, sans que cela n'occulte la fraîcheur nécessaire à ce type de vin. Une fine âcreté enveloppe le volume en bouche, il rappelle qu'on déguste un cépage noir aux tanins peu marqués. L'effervescence est riche, les bulles sont menues et abondantes, perdurantes, mais pas trop; en fait juste assez pour la durée d'un apéritif avec quelques chips BBcue dont le sucre et les épices seront en belle adéquation.

Chips Thaï Épicé:
Fiol - Prosecco DOC - Vénétie - Italie - 15,55 $

Plus enveloppant que d'autres proseccos, donc moins sec, il accompagnera à merveille les parfums artificiellement asiatiques et relevés de ce type de croustilles. Les bulles sont menues, nouées, elles forment une agréable onctuosité qui transporte les classiques notes de pommes et d'amandes de l'appellation. Le vin combat ici la sensation piquante des chips, on pourra aussi le déguster avec bien d'autres canapés...

Haut de page

10 jui. 2017 par Monsieur Bulles
Saten Brut de R. Curbastro Dans une dégustation à l'aveugle de vins effervescents du monde entier qu'on m'a proposés cette année en Italie, j'ai été très heureux d'apprendre que l'un des vins que je pensais d'origine auboise - donc un champagne du sud - était en fait un franciacorta. Une erreur qui me conforta dans le fait que je considère depuis des années que cette appellation lombarde est la plus proche, par les saveurs et le comportement, du lointain voisin marnais. Une erreur qui me rendit d'autant plus heureux qu'on m'annonça que ces bulles arrivaient, en 2017, sur le marché du Québec. Précipitez-vous !
On peut cliquer ici pour mieux connaître l'Appellation Franciacorta...

Commentaire de la cuvée Satèn Brut de Ricci Curbastro :


Tout est blond dans cette cuvée. De la robe aux parfums qui rappellent les fruits printaniers jaunes, la croûte d'une baguette fraîche et ce soupçon de malt après quelques minutes d'aération dans le verre. 
L'effervescence soignée et crémeuse transporte les mêmes saveurs en bouche, enveloppée d'une fraîcheur typique de la catégorie Satèn. Aucun rancio d'évolution en vue ici, cette cuvée est encore jeune, elle devrait s'étirer en cave jusque 2022, si vous êtes patient. 
Ne la manquez pas, elle est au Québec depuis peu en modeste quantité.
C'est un franciacorta davantage tourné vers l'acidité des fruits jaunes que celle d'éléments salins, ce qui permet une association multiple à table, depuis les huîtres jusqu'à la viande blanche, cuite par ailleurs, en papillote plutôt que grillée. 
Je vous laisse puiser dans vos recettes personnelles...Contre-étiquette
Code SAQ 13335109 / $45.00

Haut de page

28 juin 2017 par Monsieur Bulles
Blanc mousseux du Domaine Lavoie Il y a 7 ans, j'ai dégusté les vins effervescents de Francis Lavoie à son domaine de Rougemont et je n'ai pas du tout été impressionné par ses cuvées. Toutes manquaient de profondeur, les arômes fleuraient les levures ou le cendrier froid et l'effervescence fuyait rapidement. Sincère, je lui résumais mon avis en disant que le travail avait été précipité. Des choses difficiles à entendre qui, amicalement, avaient été interprétées comme les réflexions "d'un maudit Français" ! Sauf que je savais que le temps me donnerait raison... J'eus l'occasion, plus tard, de déguster à nouveau certains vins, mais rien d'attrayant n'était au rendez-vous. Puis, lors du dernier salon des vins du Québec, Francis Lavoie m'invita à goûter ses vins. " D'accord, mais tout à l'aveugle, ok ?" Dès la première cuvée, je fus agréablement surpris... Et même jusqu'à la dernière cuvée. Mais qu'est-ce que Francis Lavoie avait-il pu bien faire pour que tous ses vins, cette fois-ci, soient bons ?
L'élaborateur.
C'est aussi simple que cela. 
Francis Lavoie avait engagé un vrai oenologue : Arcadie Popsoi. 

D'origine moldave (nord-est de la Roumanie), l'oenologue-technicien est aussi discret que compétent.
Il a débarqué au Québec en novembre 2013, s'est fait recruter par la famille Lavoie en janvier 2014 et depuis, il suit son petit bout de chemin au pays du froid :

"J'ai toujours pensé que les climats froids engendraient de bons vins effervescents, mais il faut aussi connaître les cépages, savoir ce qu'on veut obtenir, et surtout, guider les levures. Aujourd'hui, je prépare moi-même mes levures; c'est peut-être cette approche qui a permis aux vins du domaine d'évoluer différemment. Et je suis heureux quand on me dit, aujourd'hui, que nos vins sont meilleurs. On n'a pas changé la méthode d'élaboration (charmat), on a seulement travaillé différemment sur chaque étape."

Arcadie Popsoi est diplômé de l'Université de l'état de Moldavie (Maîtrise en vinification et écologie), il a travaillé de 2005 à 2012 pour le groupe viticole Asconi et pour Acorex Wine Holding avant de venir s'installer au Québec " persuadé que cette province est une terre viticole à bulles!"


J'ai sélectionné 2 vins effervescents parmi la vingtaine de produits qu'offre le Domaine :


Blanc Mousseux Brut - 16,55 $ - Code SAQ 12358237 :


C'est pratiquement un laboratoire des cépages québécois puisque Vidal, Eona, Cayuga et Geisenheim se partagent l'assemblage de ce vin mousseux dont la signature aromatique est celle d'une salade de poires et de pommes sur laquelle on aurait glisser un peu de miel. 
On perçoit un dosage élevé qui soutient les saveurs générales au lieu de les enrayer. Le travail a été calculé pour un résultat plaisant.
Les bulles foisonnent, alimentent la fraîcheur et terminent leur course dans la vivacité attendue. L'apéritif va être abordable et original !

Rosé Mousseux - 16,55 $ - Code SAQ :  12358245

Même authenticité québécoise que pour le mousseux blanc de la maison dans le choix des cépages puisque le Frontenac Gris, l'Eona et le Sainte-Croix sont ici assemblés pour offrir des arômes de salades de fruits rouges très expressifs. 
Je reprochais une effervescence grossière et fuyante il y a quelques années sur ce vin, elle est aujourd'hui maîtrisée, car crémeuse, compacte et longue. 
Le dosage est sensible, il soutient le fruité rouge initialement perçu avec quelques amers en finale de dégustation qui apportent un certain caractère.
À faire découvrir en apéritif aux amateurs de bulles qui ne connaissent pas encore celles du Québec et pour les convaincus, essayez-les avec un tataki de thon rouge en croûte de sésame.


Arcadie Popsoi

Haut de page

26 juin 2017 par Monsieur Bulles
Carte du Franciacorta L'appellation Franciacorta, c'est un peu David contre Goliath au regard des chiffres des autres appellations sérieuses de bulles. Alors qu'elle ne représente que 1 % du volume mondial de bouteilles effervescentes, son vin est sans doute le meilleur et souvent le seul à pouvoir se comparer au champagne. Bulles de très grande qualité, elles ont par contre le défaut d'être méconnues des consommateurs... Considérée comme une jeune appellation (1967), ses vins mousseux ont pourtant été élevés les premiers au rang de DOCG et son histoire, en y regardant de plus près, remonte quand même au Moyen-âge...

Comme partout en Méditerranée, on élabore du vin en Lombardie depuis la Rome antique. Au moyen âge, les moines possédant le monopole de la conduite de la vigne et de la vinification dans toute l'Europe chrétienne, ils sont associés dans le commerce de leur ouvrage à l'aristocratie gouvernante qui possède les terres. 
Le nord de l'Italie n'échappe pas à cette règle qui va durer jusqu'au XVIIIème siècle, siècle de l'affranchissement de la paysannerie à qui ont redistribue ces dernières.

Découpée en Principautés ou en Duchés, toute cette zone transalpine subira toutefois les conséquences des conflits qui la traversent jusqu'à la Grande Guerre. 
Parmi ces conséquences, la destruction complète ou partielle des abbayes et de leurs archives, des archives dont certaines, heureusement épargnées, remontent au XIIème siècle.

Une naissance médiévale oubliée   

S'il est accepté que l'abbaye St Hilaire de Limoux est le berceau officiel de l'effervescence vinique, on ne peut occulter que les nombreuses abbayes médiévales qui parsemaient les contreforts orientaux des Alpes détenaient également des textes rapportant le frétillement de leur vin. Certains, parvenus jusqu'à notre époque, sont conservés dans les bibliothèques ou les musées de leur région, la Lombardie n'échappant pas à ce fait. 

Les écrits du physicien Girolamo Conforti, datés de 1570, mentionnent le caractère « mordant » - terme qui signifiera pétillant pendant 2 siècles dans les pays latins pour des vins de printemps. Les échanges épistolaires des cellériers des abbayes, érigées sur les chemins qui mènent à Saint-Jacques de Compostelle, rapportent sporadiquement, entre 1540 et 1690, le frétillement des vins en cave. 
La Lombardie aurait dès lors, pu devenir la mère des mousseux si ses instances gouvernementales y avaient vu de l'intérêt. Il n'en fut rien et ce n'est qu'en 1967, que l'état italien enregistre en tant qu'appellation le nom de Franciacorta, un mousseux qu'élabore depuis 1961 la maison Berlucchi. 
Souvent comparée au Champagne pour son style et sa qualité, elle obtient officiellement la Denominazione di Origine Controlata (DOC) en 1983, puis finalement en 1995, la mention DOCG (Denominazione di Origine Controlata e Garantita).  
Cette reconnaissance suprême hisse finalement le Franciacorta au sommet du panthéon oenologique du Bel Paese, lui consacrant ainsi son statut de grand vin mousseux. 
Par ailleurs, si le cahier des charges de l'appellation stipule que les vins de Franciacorta soient exclusivement élaborés selon la méthode traditionnelle (Metodo Classico), il faut surtout retenir qu'il est l'un des plus stricts et des plus précis parmi les réglementations des mousseux internationaux. 

Là est l'atout de la constance de sa qualité. C'est un mousseux contemporain qu'on a construit selon les paramètres connus et éprouvés de l'effervescence vinique. 
L'établissement de ses catégories claires et précises témoigne de cette maîtrise.   

Un nom aux origines controversées   

L'étymologie du mot Franciacorta vient des termes Francae Curtes, nom donné durant l'époque féodale aux communautés de moines bénédictins français venues s'installer dans la région pour y cultiver la vigne. Ces communautés étaient exemptées des taxes princières en échange de leurs bons et loyaux services. Francae Curtes signifie donc franc de taxes. Véhiculé pendant 5 siècles, évoluant avec la langue italienne, le terme a fini par définir la région dans son ensemble.   

Toutefois, une origine curieusement plus ancienne, divise les sémiologues. Francae  Curtes se traduirait par Petite France dans la langue latine employée par les carolingiens au IXème siècle. 
Alors qu'il y cantonnait ses troupes, Charlemagne aurait donné ce nom à cette région qu'il affectionnait parce qu'elle lui rappelait son pays d'origine. L'hypothèse est d'autant plus légère que le paysage de Brescia et celui d'Aix-La-Chapelle n'ont pas de point commun sur le plan paysager.   

Seule l'origine de la délimitation géographique de ces communautés monastiques est une juste certitude puisqu'un registre archivé à Brescia, datant de 1277, identifie une aire entre les fleuves Oglio et Mella, au sud du lac d'Iseo. Le texte porte sur les taxes du passage d'un pont sur la rivière Mella qui permet la jonction des villages de Rodendo et Gussago. L'exemption d'impôt, le « port franc » accordé aux moines apparaît donc plus solide dans ce texte que la version de l'empereur à la barbe fleurie.   

Un mousseux moderne à l'avenir confiant   

La surface actuelle de l'appellation pourrait être doublée. Cependant, le « consorzio » est sage et observateur, bien conscient que les règles peuvent évoluer - l'Italie viticole est passée maître dans le domaine ! - et que finalement, leur vin effervescent est excellent ainsi. 

107 producteurs exploitent une surface qui frôle les 3000 hectares. Sur les 45 millions de bouteilles stockées, 17 millions sont commercialisées chaque année. En analysant les travers des autres appellations de vins effervescents en Europe, les producteurs lombards ont, depuis les années 1970, défini avec précaution les étapes d'élaboration de leurs vins, ainsi que les catégories qui pouvaient en découler. 
La catégorie Satèn en est un bel exemple. D'abord exclusivement réservée au cépage chardonnay qui représente plus de 80 % de l'encépagement, elle a rapidement pu être comblée par l'apport à 50 % maximum de pinot blanc, l'autre cépage blanc de l'appellation qui représente 5% du terroir planté. 
Cuvée Blanc de Blancs donc, son succès commercial tient surtout dans le fait qu'elle répond aux attentes du consommateur actuel qui désire des mousseux onctueux dans le comportement de l'effervescence. Et pour l'obtenir, il a suffi de réglementer une liqueur de tirage d'au plus 18 gr/l qui engendre au maximum 4,5 atmosphère lors du dosage. Les cuvées Saten sont devenues les plus convoitées. 
L'assemblage de récoltes est de mise, toutefois, dans le cas d'une cuvée issue d'un seul millésime, 85 % du vin doit être issu de l'année indiquée de la vendange. La liqueur de tirage ne doit pas excéder 25 grammes de sucre de canne par litre pour les catégories classiques, aujourd'hui déterminée par l'Union Européenne. L'élaboration du vin doit être d'au moins 25 mois, sa période de seconde fermentation en bouteille (prise de mousse et élevage) doit être de 18 mois au minimum. Si le vin est millésimé, la période d'élevage doit durer au moins 30 mois. Quant à la mention Riserva, si appréciée des Italiens, elle désigne un Franciacorta qui aura connu 60 mois de cave avant sa commercialisation !   

Il n'y avait pas de cuvée Brut Rosé en 2000, pourtant l'engouement était bien là au regard des autres effervescents de la planète. L'appellation y est venue progressivement... 
Le Franciacorta Brut Rosé représente aujourd'hui 15 % de la production. Le pinot noir, le troisième cépage de l'appellation, doit entrer pour 25 % dans l'assemblage du vin. Il se peut que ce pourcentage augmente en 2018.   

Malgré la rigueur du cahier des charges qui engendre, selon moi, le meilleur mousseux d'Europe, le Franciacorta reste un vin effervescent méconnu en dehors de l'Italie. Et pour cause, 88% de sa production est commercialisé localement ! Les Lombards l'ont forcément comparé au champagne dans un besoin de reconnaissance sociale pour finalement comprendre qu'il avait sa propre identité, sa propre authenticité.  

Confidentiel dans sa production puisqu'il correspond à 5 % de la production annuelle de champagne et à 1,6 % de l'entreposage de ce dernier, le Franciacorta séduit les amateurs de bulles grâce au travail de ses ambassadeurs élaborateurs dont les meilleurs se présentent sous les noms de Bellavista, Ca'del Bosco, Curbastro, Il Mosnel, Guido Berlucchi, Barone Pizzini, Castello Bonomi, Élisabetta Abrami, Antica Fratta, Enrico Gatti, Villa Crespia Muratori, Ferghettina, Quadra ou Cola Battista.

Si vous croisez une cuvée de l'un d'eux, préparez-vous à l'addiction !  
Lac de Garde

Haut de page

Recherche d'articles
Par mois
Articles sur les champagnes (214)
Articles sur les autres bulles (256)
Les dégustations horizontales (1)
Les dégustations verticales (1)
© 2016 monsieurbulles.com, Guénaël Revel poc communications Annoncez sur MonsieurBulles.com