13 oct. 2017 par Monsieur Bulles
Cuvée Brut Rosé de Comte Delavie Ce champagne est élaboré par la maison Drappier qui a présenté, l'été dernier, lors d'une vente à l'encan à Gassin dans le Var, en France, un Melchisédech ! Le plus gros format de bouteille de champagne (1,10 mètre de hauteur, 54 kilos pour une capacité de 30 litres. L'équivalent de 40 bouteilles.) ! Le flacon a été vendu pour 150 000 $ au profit de la fondation Leonardo Di Caprio, organisme engagé dans la sauvegarde de la planète. Et c'est justement pour cela que la marque a été créée : pour sauver la planète. Et oui, en buvant du champagne, vous sauvez la planète ! En buvant du Comte Delavie bien sûr !
De nouvelles marques de champagne sont nées au cours de la dernière décennie... 
La dernière a été lancée au début de l'année 2017 par Patrick Pirazzoli : Comte Delavie.

Elle a la particularité de proposer 4 cuvées de prestige à déguster "au nom de la sauvegarde de la planète" : Nature, Prestige, Blanc de Blancs et Rosé.

En effet, 30 % de ses bénéfices sont aux profits d'actions caritatives internationales qui luttent contre la sous-alimentation de la population humaine, contre la chasse aux éléphants, contre la destruction des forêts et contre la disparition d'animaux marins.
Ce concept s'appelle "Toast for the planet". 

Voici mon commentaire de la cuvée Brut Rosé - 175 $ au Québec :

Aucun rancio d'évolution ou de notes pâtissières au nez, ici. Cette cuvée se tourne davantage vers la fraîcheur et le fruité que vers les accents beurrés. 
Cette pureté de fruits rouges est confirmée dès l'attaque en rouge par des notes de cerises et de framboises dont la fine acidité s'entremêle à l'amertume de noyau qui donne un caractère bourguignon à ce champagne.
On garde pourtant le souvenir de l'élégance champenoise, grâce à l'enveloppe suave de l'effervescence qui court tout au long de la dégustation. 
Les bulles sont particulièrement menues, elle conduisent jusqu'en finale l'identité du pinot noir local, à la fois solide et étiré, expressif et subtil.
Ce champagne rosé est un apéritif de luxe qui peut passer aisément à table également, avec un service de volaille brune ou un fromage aux saveurs appuyées.Toast for the planet
Les cuvées Comte Delavie sont disponibles en IP au Québec auprès de l'agence Juste des Bulles : (819) 448 57 11

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10 oct. 2017 par Monsieur Bulles
Tireuse manuelle en Champagne Le "Oups" dans la notion de dosage qui arrange les producteurs sans perturber le consommateur.
Après la tendance du champagne rosé des années 2000, la décennie 2010 a marqué la création de cuvées dites Extra-Brut, c'est à dire non dosées en liqueur d'expédition ou très faiblement, soit moins de 6 grammes de sucre (notez que lorsqu'un champagne a moins de 3 g de sucre, on pourra utiliser les mentions «brut nature», «pas dosé» ou «dosage zéro».) 

Cette catégorie a longtemps été une niche pour les petites maisons de champagne ou les vignerons indépendants, elle permettait de diversifier leur gamme de cuvées et elle laissait au chef de cave ou au vigneron élaborateur le choix de s'amuser à des expériences oenologiques quand le cycle végétatif d'une année s'était montré favorable et que la récolte avait été bonne. 

Nécessitant un taux élevé de sucre naturel et une acidité adéquate, en somme, une maturité exemplaire des raisins, les rares bons flacons d'Extra Brut provenaient souvent du sud de la Champagne, de la Côte des Bar. La cuvée Brut Nature de la famille Drappier est à ce titre, devenue une référence. Souvent destinées aux connaisseurs et aux "chineurs" de champagne, ces cuvées très pures connaissent actuellement un engouement, un gain de popularité. Il ne faut donc pas s'étonner si, dans la décennie 2010, certaines marques ont sorti des cuvées Extra Brut à coups - et à coût! - de grand renfort publicitaire.

La réglementation européenne en matière de dosage des vins mousseux et champenois est peut-être - également - un signe de cette nouvelle tendance. 

Discrètement diffusée auprès des vignerons, elle a en effet été changée en 2010  (Journal officiel de l'Union Européenne - Annexe XIV - CE 607-2009 de la Commission du 14 juillet 2009). 
Elle ne touche pas la catégorie Extra-Brut, mais elle re-situe plus clairement et logiquement la hiérarchie. 
Pendant des années, sur les 6 catégories autorisées, quatre se chevauchaient; permettant aux maisons de commercialiser finalement celle dont l'impact culturel était le plus efficace. Désormais, le champagne a 6 catégories promptement définies et pour mieux les expliquer, rien de mieux que de comparer l'avant d'après.

LES CATÉGORIES DE CHAMPAGNES ET LEUR TENEUR EN SUCRE AVANT 2010

CHAMPAGNE EXTRA BRUT entre 0 et 6 g/l
CHAMPAGNE BRUT inférieur à 15 g/l
CHAMPAGNE EXTRA DRY entre 12 et 20 g/l
CHAMPAGNE SEC entre 17 et 35 g/l
CHAMPAGNE DEMI-SEC entre 33 et 50 g/l
CHAMPAGNE DOUX supérieur à 50 g/l

LES CATÉGORIES DE CHAMPAGNES ET LEUR TENEUR EN SUCRE À PARTIR DEPUIS 2010:

CHAMPAGNE EXTRA BRUT entre 0 et 6 g/l
CHAMPAGNE BRUT inférieur à 12 g/l
CHAMPAGNE EXTRA DRY entre 12 et 17 g/l
CHAMPAGNE SEC entre 17 et 32 g/l
CHAMPAGNE DEMI-SEC entre 32 et 50 g/l
CHAMPAGNE DOUX supérieur à 50 g/l

Mais il y a un Oups ! Vous connaissez l'adage, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué... surtout avec l'administration !

On peut lire au 3eme point de l' article 58 de cette annexe XIV à propos de la teneur en sucre : "Sans préjudice des conditions d'utilisation décrites à l'annexe XIV, partie A, la teneur en sucre ne peut être ni supérieure ni inférieure de plus de 3 grammes par litre à l'indication figurant sur l'étiquette du produit."

Ce nouvel alinéa (inexistant dans le précédent règlement) donne donc une variabilité possible de 3g/L.
De façon plus pragmatique, 12 gr+3 gr = 15g/L donc, un champagne ainsi dosé peut toujours porter la mention Brut.
Et par ailleurs, 4 gr +3 gr = 7 gr/L, donc un champagne dit Extra Brut peut être dosé à 7g/L ! 
Une fois encore, le consommateur va facilement s'y retrouver !

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28 sep. 2017 par Monsieur Bulles
Bollinger 2007 L'année 2007 en Champagne a été complexe, c'est-à-dire que chaque saison s'est comportée de façon inattendue pour la viticulture : l'hiver fut doux, entraînant le démarrage précoce de la végétation. Avril fut confortable et chaud. Mai fut délicat au point de ralentir la floraison selon l'exposition des parcelles. Juin et juillet furent doux et classiques, mais août pluvieux et froid, freina la maturation des raisins. Le soleil s'extirpa à la fin du mois, toutefois accompagné d'un vent froid et sec. Bref, la récolte dut être précoce - parmi les plus précoces en 100 ans en Champagne ! -, mais saine et de bonne qualité. 10 ans plus tard, cette Grande Année 2007 résume par ses saveurs et son comportement ce cycle végétatif marginal !
Commentaire de La Grande Année 2007 de Bollinger :

Les notes d'amandes fraîches sont assez nettes au nez, elles dominent celles de fruits jaunes, tantôt confits (citron), tantôt exotiques (mangue). 
On s'attend à déguster alors un vin davantage axé sur le fruit que sur le terroir, pourtant le caractère crayeux se laisse capter en bouche. 
Il enveloppe une texture riche, conduite par des perles bien nouées qui confirment la signature de la maison. Les amers sont également présents, ils apportent la tenue à un ensemble encore jeune, quoique plus adolescent que minot : maladroit dans le comportement, mais assurément plein d'avenir.
Il a dix ans; c'est selon moi, sa première phase de dormance. Il en subira d'autres, toutefois moins que d'autres millésimes plus endurants. 
C'est donc une bonne nouvelle pour les impatients, car si vous aimez le style Bollinger, ce 2007 vous accueille aujourd'hui avec la même générosité qu'habituellement...

La maison Bollinger ouvrira les dégustations de Montréal Passion Vin 2017 au mois de novembre prochain.

Bollinger caisse
Code SAQ : 00145169 / 171,75 $ / 18/20 selon le barème du guide Revel

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22 sep. 2017 par Monsieur Bulles
William Deutz et Amour de Deutz Deutz fait partie de ces maisons de champagne aussi discrètes que somptueuses, tant par l'image que par les étiquettes créées. C'est le joyau caché au coeur de l'écrin d'Aÿ. Certes, elle est passée de 500 000 à 2,2 millions de bouteilles commercialisées en vingt ans; pourtant, sa personnalité est restée la même: élégante, sobre, distinguée. La grande classe, quoi... Ne la cherchez pas en boîte de nuit ou sur une plage "tabloïdée", ne l'envisagez pas séduire les plate-formes électroniques ou les réseaux sociaux, Deutz charme parce qu'elle s'écrit encore sur le papier, parce qu'elle est à sa place dans les salons au parquet qui craque, parce qu'elle connaît les bonnes manières, les vraies... Ce n'est pas une mondaine du 21è siècle, c'est une mondaine du 19è siècle : elle n'est pas bling bling Deutz, elle est éduquée. Comme ses cuvées.
Deutz en un coup d'oeil : 

42 hectares en propriété 
200 hectares en approvisionnement dont 80 % en Grand Cru et Premier Cru
2,2 millions de bouteilles commercialisées annuellement
Aucune futaille pour l'élaboration des vins
Jusqu'à 40 % de vin de réserve "jeune" (max 3 ans) pour les cuvées non millésimées.

Deutz Brut Classic Brut :

Une cuvée symbole de fraîcheur et d'onctuosité qui présente toujours une grande pureté de fruit. Une trentaine de crus composent ce vin équitablement partagé des 3 cépages classiques de la Champagne. Assez fine dans son effervescence, elle est axée sur des flaveurs d'agrumes, de raisins mûrs, puis de fruits jaunes, rafraîchis par des notes de fenouil et de tisane mentholée. Ce n'est pas un champagne puissant, toutefois il présente une vinosité élégante, légèrement briochée. Toujours fiable et exquis quand on aime les champagnes au caractère printanier.

Deutz Brut Classic Brut Rosé :

Rosé d'assemblage, pimpant et léger, ce champagne offre des notes de petites baies rouges acidulées (groseilles, canneberges). L'effervescence est maîtrisée, les bulles sont de calibre moyen, elles terminent rapidement leur course en bouche avant d'offrir un volume aérien, très digeste. C'est un vin peu corsé, plus athlétique que charnu, que je préconise à l'apéritif.

Deutz Blanc de Blancs 2011 Brut :

Après environ 5 minutes d'aération, ce vin se présente comme un Chablis Grand Cru jeune où les notes calcaires cachent d'abord celles de fruits blancs, légèrement confits, pour mieux les offrir ensuite en bouche. L'effervescence foisonne, à la fois légère et tapissante, c'est elle qui rappelle qu'on est en Champagne, tandis que les saveurs nous guident définitivement vers Beaune. Somptueux tout simplement.

Deutz Amour de Deutz 2007 Brut :

Nez particulièrement expressif qui rappelle le pain de mie grillé blond, le croissant frais, puis les épices indiennes après quelques minutes dans le verre. Les mêmes saveurs avec le même crescendo se laissent capter en bouche au sein d'une effervescence aérienne qui, finalement, apporte de l'équilibre à un ensemble plus beurré que tendu. 
Une très fine note de citron apparaît quand même en finale, elle nous rappelle le chardonnay de ce champagne qui semble avoir amorcé une première évolution. Superbe à consommer aujourd'hui, il devrait pouvoir se glisser sur les clayettes jusque 2022.

Deutz Amour de Deutz 2007 Rosé Brut :

Le deuxième millésime déclaré de cette cuvée - le premier était le 2006 - se montre aussi discret au nez que loquace en bouche. On devine des notes de pain grillé au nez, elles sont nettes et franches une fois le vin en bouche. 
Puis, l'acidité de petites baies rouges se laissent occulter par des parfums de pain d'épices; on plonge alors dans des saveurs moyen-orientales pour revenir, en finale, sur des parfums plus classiques, plus champenois où les pâtisseries avec du chocolat blanc se présentent. 
Ce champagne a le charme déroutant des grands rosés expressifs dans le bouquet et élégant dans le comportement.
Amour Rosé 2007
Cuvée Classic Brut disponible au Québec à 58,75 $ / toutes les autres cuvées mentionnées seront disponibles en novembre 2017.

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16 sep. 2017 par Monsieur Bulles
Monastère de Rila Les voyages de presse organisés pour les médias par des agences de tourisme sont davantage épuisants qu'épanouissants. Oui, nous sommes gâtés parce que nous voyageons, oui nous sommes gâtés parce que nous cheminons dans un univers attrayant, oui le plaisir des sens est constamment présent dans notre quotidien. Toutefois, cela reste une profession; donc une tâche où la fatigue, voire l'épuisement est possible, naturel, normal, logique et légitime. On attend de nous - la presse du voyage et des arts de la table - des articles qui mettront en valeur ce qui a été visité, rencontré, goûté. Les institutions qui nous invitent le savent. Leur mission est de nous séduire. Parfois, il y a des dérapages...
Bulgarie : Plovdiv - Sofia via Rila et Sandanski : départ imminent. 

Quand j'ai vu le bus, style année 1990 (sans doute acquis juste après la tombée du rideau de fer), mis à notre disposition par l'office de tourisme de Bulgarie, je me suis dit que la tournée allait être pittoresque. 
Une courte tournée de deux jours suivait le plus grand et, selon moi, le meilleur concours de dégustation de vin dans le monde, le Concours Mondial de Bruxelles (CMB), organisé en cette année 2016 à Plovdiv. 
Nous étions une cinquantaine de journalistes du monde entier à avoir accepté l'invitation de l'agence de voyage Bulgare Travel Atelier. Cinq groupes de dix personnes pour cinq bus à l'assaut culturel de la Bulgarie. 

Plovdiv étant la capitale européenne de la culture en 2019, tout le monde a pensé que les guides engagés pour la circonstance, sauraient nous présenter au mieux leur pays.  

Quand j'ai vu le chauffeur (aussi accueillant que Leonid Brejnev devant un défilé de la place rouge) essayer de caser dix valises dans le coffre arrière qui ne pouvait en contenir que sept, j'ai su que le pittoresque allait être pénible. 
Il y a des indices qui ne trompent pas quand on voyage depuis 20 ans. 
   
Trois valises ont donc dû prendre place à nos côtés, dans le mini-bus. Bienvenue dans l'univers routier Bulgare, inconfortable et risqué.   
Puis le guide nous a donné le programme des deux jours de tournée. 
Curieusement, il avait été révisé: le sien démarrait à 8 h, le nôtre à 7 h. Il était 8 h 30, donc le guide s'est présenté avec 1 h 30 de retard. Une fois les vérifications d'usage terminées, on s'est mis en route à 9 h, soit 2 h de retard sur le programme officiel.    
Le groupe de dix que nous formions a alors dégagé une attitude de scepticisme, voire d'agacement, qui devait logiquement s'accroître au cours de la journée. Travel Atelier avait sélectionné pour nous le sud-ouest du pays avec un monastère, une ville historique et trois domaines viticoles à découvrir. 
 
Sur le papier, c'était attractif. Sur une carte géographique, c'était abusif. 

En survolant rapidement la carte, j'ai pronostiqué qu'on ferait au moins 10 h de bus en deux jours. Ce matin, c'est autour de 180 km à faire, à une moyenne de 70 km/h à cause de l'état de la route (aussi impeccable que celles de Montréal), de ses lacets et du monastère à atteindre qui culmine à 1200 m d'altitude. 
On s'est dit qu'on y arriverait vers 12 h 15. 
Ce n'est pas grave, on y était attendu à 11 h 15 sur le programme officiel.  

Au demeurant sympathique, notre guide s'adressa à nous deux fois, entre deux manipulations de son téléphone qui le divertissait d'un jeu de  "candy crush fruit".  Peu bavard, sa première intervention fut pour nous signifier que nous roulions en bordure d'une rivière qu'on ne pouvait pas apercevoir à cause des fenêtres embuées (la clim était en option en 1990). 

Sa deuxième intervention fut pour nous proposer un arrêt pipi après 1 h 30 de route, à mi-parcours du trajet.  À mi-parcours, ça signifiait donc 3 h de route. 
Comme la bouteille d'eau ou le café n'était pas offert (et pourquoi pas prévu aussi, c'est un bus touristique, pas une ambulance!), tout le monde en profita pour s'acheter une réserve salutaire de collations diverses à la station-service. 
De retour dans le bus, une vague de siestes s'abattit sur nous; sans doute l'effet du petit déjeuner sommaire de la cantine de l'hôtel.    

12 h 15, monastère de Rila en vue, la première étape.    

Notre guide s'active, il a compris que le retard ne sera jamais rattrapé. Il faut quand même accélérer le rythme. 
Faites crépiter les kodacs rapidement parce qu'après, il y a un musée d'icônes, de croix de bois et de bibles ancestrales. On va le faire en 1/2 heure, c'est suffisant.  Et oui messieurs dames, on est partis très en retard, faut avancer maintenant. 
Après tout, un monastère du XIIIème siècle, tout le monde s'en fiche. Il appartient seulement au patrimoine culturel mondial.   
45 mn, c'est suffisant pour qu'il imprègne votre mémoire.   
En parlant de mémoire, on va y aller parce que les verres de vin et le lunch doivent être déjà servis au vignoble et on est quand même à 2 h de route.  

C'est la deuxième étape de la journée, on y était attendu à 13 h 30, il est 13 h 15.   J'ai bien fait de m'acheter des chips à la station-service.   

Ah tiens, la collègue Luxembourgeoise s'énerve.   Elle aime bien la ponctualité, dit-elle au guide plus blasé que réceptif. À mon avis, elle pète un plomb avant la fin de la journée.   

En effet monsieur le guide, il fait plus chaud qu'à Plovdiv, on est à la frontière grecque.   
Pertinente votre troisième intervention de la journée.  
Ah oui? Il y a aussi une rivière qui délimite les deux pays ? 
Vous avez l'air d'aimer ça les rivières?  Ça tombe bien, je vois sur la carte qu'on va en croiser trois, demain, en remontant sur Sofia, on va avoir de la conversation.   

15 h 15, arrivée au vignoble Orbelus. 
L'heure où l'on devait le quitter sur le programme. 
   
On va peut-être manger tout de suite, avant d'admirer votre chaîne d'embouteillage, parce que voyez-vous, on a la dalle. L'ami Croate a les dents qui rayent le parquet et les deux Italiens hallucinent des spaghettis. On dégustera vos vins pendant le repas monsieur le vigneron, ça va calmer tout le monde. 
   
Tiens, la Luxembourgeoise n'est plus là. Elle a craqué. Elle a demandé au chauffeur de la conduire dès maintenant à l'hôtel.   
17 h 30, fin de la visite du vignoble. Les vins et l'accueil furent excellents. Il faut quand même le souligner.  
Mais, on n'a toujours pas rattrapé les 2 h de retard. Le chauffeur est revenu, il a eu le temps de déposer la collègue du Luxembourg à l'hôtel. Il ne doit pas être très loin ce dernier. En effet, l'hôtel est à 1/2 heure nous dit le guide.    
 
Sur le programme, c'est la visite de la ville de Sandanski, ville natale supposée de Spartacus. Et oui, le héros était Thrace, pas Romain. Sauf que la visite devait commencer à 15 h 30... 
Et il va être 18 h. Spartacus attendra...    

Comme la fatigue et l'exaspération générale ne suffisent pas, la pluie se met de la partie lorsqu'on arrive à l'hôtel. On a tous mal au dos, on a presque fait 5 h de route dans un bus moins confortable que les jaunes canaris des commissions scolaires du Québec. 
Personnellement, je commence à tirer la gueule, celle du collègue Croate est déjà à terre. Le Belge résigné, garde le silence ; la Française a commencé son rapport pour l'agence de tourisme, le Chinois rit jaune, si, si...      

À l'hôtel, Ô surprise, seuls quatre journalistes descendent ici. Trois étoiles sur la porte, c'est comme une étoile à l'ouest du Rhin. On nous annonce que le groupe est divisé en deux.   
C'est con, on avait noué une solidarité conviviale, on se motivait pour ne pas craquer. On allait parler l'espéranto, tout le monde se comprenait, rien qu'en regardant les poches sous les yeux. 
   
J'accompagne donc les six autres collègues dans un autre hôtel... qui n'en ai pas un ! C'est une pension de famille, style soviétique pré-pérestroïka. On a fini par la trouver après avoir tournoyé dans Sandanski in the rain, la ville qu'on devait visiter entre 15 h 30 et 18 h.  Sauf qu'il est 18 h.   

La tournée se transforme en "Retour vers le futur au pays des soviets ».   
Comment dire ? Sandanski by night, sous la pluie, c'est un peu comme Joliette dans les années 1980, sans éclairage dans les rues. Sandanski est sans doute magnifique et attrayante, c'est une ville thermale parsemée d'artères piétonnières. Sauf que nous ne les verrons jamais.   

On découvre nos chambres et là, les Italiens craquent.  
Ça gueule un Italien qui se fâche.   

Et oui, on a tous une salle de bain 3 en 1. Il y a les 5 à 7, maintenant il y a les 3 en 1 : toilette, lavabo et douche dans trois mètres carré où il faut brancher le cordon de la douche sur le robinet du lavabo pour avoir un espace douche dont le support est au-dessus du lavabo !!  
Si t'es fatigué, tu t'assoies sur les toilettes, elles sont juste en dessous! (photo jointe en bas à gauche)    
Le sort s'acharne sur l'Italie : le couvercle des toilettes des Italiens ne s'ouvre pas! Il est bloqué. J'ai cru que le Vésuve et l'Etna allaient exploser en même temps !  
 
Internet ? Vous n'y pensez pas ? Incroyable, il y a internet et ça fonctionne parfaitement.  
Et le programme ? 
Le guide, à peine embarrassé, propose de déambuler dans les rues mouillées où tout est fermé! Non merci, on va plutôt aller se détendre autour d'une bière avant le souper. 
Ah bon, le souper n'est pas prévu ? C'est vrai qu'on est sorti de table à 16 h, mais il se peut qu'on ait faim d'ici une heure, non ? 

Ok, très bien, on se paiera nous-mêmes une pizza tout à l'heure. Une pizza Bulgare, les Italiens vont adorer.    
Tiens, la Française a disparu. Elle s'est achetée trois pêches dans un dépanneur avant de remonter à sa chambre. Elle a raison, la journée fut tendue, un bon matelas la détendra.   
Quoique... Je constaterai deux heures plus tard que le matelas du pensionnat de mon enfance était meilleur.   

Deuxième journée.   

On s'est écouté dormir tellement les murs sont épais, mais on est reposé.  
Le petit déjeuner nous attend, il est 8 h. 
Un verre de yaourt nature liquide (ben oui, on est en Bulgarie) et la spécialité locale nous sont offerts: une pâte à pain frite dans l'huile, à base de fromage caillé. 
Un peu gras et lourd pour commencer la journée, mais à Rome, on fait comme les Romains.  

Vous avez des fruits ? Non ? 
Un café peut-être ? Le café, je vous conseille vraiment de nous en trouver un, sinon les Italiens, ils vous rejouent la dernière scène de « Spartacus ».   

Côté programme, on a deux vignobles à visiter aujourd'hui.  

Le premier est en bordure de la ville, le second, à 100 km d'ici. 
Allons-y, ne nous mettons pas en retard. La nuit a effacé celui d'hier. Le retard d'hier, vous suivez ?   

Domaine Melnik.  
Beau vignoble, belle cuverie rutilante, beau parc à fûts Bulgares et comme toujours, la chaîne d'embouteillage qu'on nous présente comme si c'était l'attraction suprême dans l'univers du vin.  

Il doit y avoir quelque chose de sexuel avec la chaîne d'embouteillage pour un vigneron parce que, que vous soyez à Sydney, à Mendoza ou à Bordeaux, elle est toujours présentée comme le Saint-Graal. 

Les vins du domaine Melnik sont bons, c'est là l'essentiel.  Merci aux subventions européennes qui ont permis des investissements conséquents parce que le contraste est tout de même saisissant entre ces « wineries » qui n'ont pas vingt ans et les maisons délabrées de villages, parfois complètement abandonnés, qu'on croise sur la route.   

12 h 30. On remonte dans le mini-bus. On nous attend au vignoble Uva Nestum. 
Vous avez faim ? Ça tombe bien, le lunch est prévu pour 15 h, là-bas.   

Uva Nestum. 
Ici, c'est 2 en 1 : spa et vin. Hôtel, thalassothérapie et oenotourisme avec restaurant de qualité.   
Hôtel ? Vous avez dit hôtel ?   

Dites voir monsieur le propriétaire, ne pouvions-nous pas être hébergés hier soir chez vous ? 
Oui, bien sûr. 
On l'a même proposé à l'agence de tourisme, car cela nous semblait logique pour des journalistes vinicoles, on voulait passer davantage de temps avec vous, mais on ne nous est jamais revenu. Sans commentaire.   

En tous cas, vos vins sont très chouettes, votre resto super agréable avec un menu typé qui efface toutes nos critiques gastronomiques de la semaine. 
J'ai adoré votre cépage Rubin. Bravo Uva Nestum, grâce à vous, la Bulgarie devient attractive.   
Oui monsieur le guide ? Il est 17 h ?  Vous avez raison, on va y aller parce qu'on a quand même 3 h de route pour remonter jusqu'à Sofia.  

Si je calcule bien, j'avais un peu raison hier, au départ de Plovdiv : on aura fait autour de 10 h de bus en deux jours. Je dis ça parce que mon coccyx est entrain de me le rappeler.   

Vous en voulez une dernière ?   

Dans le mini-bus de scoobidoo, la porte coulissante des passagers s'est ouverte toute seule, tandis qu'on roulait  à 100 km/h sur l'autoroute ! Je vous le jure. 
C'est moi qui l'ai refermée tandis que le chauffeur, placide, a continué de rouler sans ralentir, malgré les cris des collègues.  

Alors oui je suis gâté dans ma profession que je n'échangerais pour aucune autre, mais voyez-vous, il y a des voyages de presse qui sont des voyages de stress et  qui poussent finalement, à rapporter leur forme plutôt que leur contenu.
Salle de bain bulgare
Article paru dans le numéro d'août/septembre 2016 du magazine Vins & Vignobles

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15 sep. 2017 par Monsieur Bulles
Sabrage avec le pied d'un verre / crédit Photo Charles-Henri Debeur Dit-on sabler le champagne ou sabrer le champagne ? Les deux existent, mais ils n'ont pas la même signification ! Beaucoup de gens les confondent d'ailleurs ! Et leur histoire n'est pas si affirmative que cela.

  





L'expression « sabler le champagne » a eu plusieurs interprétations. 

Elle a d'abord porté deux sens dont l'image se rejoint : elle a signifié boire d'un seul coup ou boire beaucoup (de champagne) lors des manifestations de la cour de France à la fin du XVIIème siècle et au début du XVIIIème siècle. 
Et dans le même temps, on l'a utilisé pour exprimer seulement le fait de verser en une seule fois le champagne dans un verre, ce qui exacerbait l'effervescence, alors très discrète. 

Le terme sablage étant une opération utilisée en sidérurgie depuis le XVIIIème siècle qui consiste à couler d'un seul coup le métal en fusion dans un moule, l'image fut ainsi trouvée.  
Au même siècle, certains écrits rapportent qu'on mettait la bouteille de champagne dans du sable afin de mieux la maintenir ; rien ne confirme que cela servait aussi à la rafraîchir.    
Enfin, la dernière explication est que l'effervescence et la mousse ayant été irrégulières pendant des décennies, on humectait les parois internes du verre à la vapeur ou par l'haleine (!), puis on les enduisait de sucre pour mieux faire pétiller le champagne. Les verres donnaient ainsi l'impression d'être sablés. 
Cette pratique fut courante dans les Années Folles. 
   
L'expression « sabrer le champagne » rappelle la manière d'ouvrir la bouteille de champagne avec un sabre ou un autre objet tranchant en la décapitant, au lieu de faire sauter naturellement le bouchon, en tournant délicatement la bouteille. 

Après avoir dénoué le muselet, la lame du sabre doit longer rapidement la couture de la bouteille, puis cogner sèchement le rebord du goulot qui saute avec le bouchon emprisonné. 
Si l'opération est réussie, les deux parties se séparent en laissant le souvenir d'un biseau net. Les régiments de cavalerie des armées napoléoniennes ou prussiennes utilisaient ce mode d'ouverture avec le revers d'un sabre. 
Par ailleurs, des archives du Premier Empire rapportent que cette façon d'ouvrir était réservée à l'usage exclusif des officiers de cavalerie lors des cérémonies. 

Notez que le sabrage d'une bouteille de champagne n'a absolument rien à voir avec la surpression de gaz contenue dans le vin. La vidéo ci-dessous le démontre. 
L'opération peut facilement se faire avec une bouteille vide puisqu'elle résulte seulement de la fragilité du point d'impact situé au sommet de la couture de la bouteille, juste au-dessous de la première lèvre du goulot. Sabre de Monsieur Bulles

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11 sep. 2017 par Monsieur Bulles
Régence Brut de Brimoncourt La marque ne disposait que de 30 000 bouteilles à la vente en 2008 ! Installés dans une ancienne imprimerie qu'ils ont rachetée, Alexandre Cornot et Arnaud Dupuy-Testenoire la dirigent depuis 2007. En 10 années à peine, ils ont su la positionner dans les plus beaux établissements européens. Elle est enfin au Québec...
 






Commentaire de la cuvée Régence - Brut :

Solide et intense, cette cuvée entremêlent les saveurs attendues d'un bon champagne, bien construit : pommes brunes, poires chaudes, pâte feuilletée. 

L'effervescence conjugue crème et fraîcheur grâce à quelques accents de minéralité qui l'entourent, la finale file vers le citron confit, histoire de garder les papilles en éveil ; en un mot, c'est délicieux et les huîtres seront de pimpantes maîtresses.     
 
Une étiquette qui se glisse parmi les classiques en attendant la cuvée de prestige de la marque pour davantage de profondeur et de complexité...
16/20 selon le barème du Guide Revel / 57,25 $ / code 13349586

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8 sep. 2017 par Monsieur Bulles
Carafe à eau, verres et champagne Mon opinion sur le passage en carafe d'un champagne ou d'un mousseux est plutôt catégorique : c'est un geste purement esthétique et inutile au regard de la nature seule du produit.







Tout d'abord, le verbe « carafer » n'existe pas; du moins, pas encore. 
Le terme « carafe » vient de l'italien caraffa, qui lui-même viendrait d'un dialecte arabe dans lequel garafa signifiait « verser à la louche ». On passe en carafe pour aérer le vin et l'on décante un vin lorsqu'on veut éliminer les sédiments qu'il peut contenir. 

Je ne vois pas l'intérêt de verser du champagne dans une carafe, d'autant moins lorsqu'on me tend l'argument que cela permet de l'aérer, de le rendre moins gazeux et plus digeste ! 

Les chefs de cave mettent quinze mois à trois ans (bien plus pour certaines cuvées) à élaborer leur vin afin que des bulles naissent naturellement dans le vin. Si un consommateur désire une carafe pour atténuer le gaz, retirer des bulles ou mieux digérer, qu'il boive un vin tranquille, il aura davantage de plaisir ! 
Et si la carafe est un argument visant à réduire la sucrosité des cuvées demi-sec à doux, offrez-vous plutôt un vin blanc moelleux !

La carafe est, selon moi, un argument de vente et de marketing créé par les responsables commerciaux des marques - qui la conseillent -, et je ne pense pas que les chefs de cave de ces marques appuient cette démarche, car elle est méprisante envers leur travail. 

Au demeurant, si un vin présente effectivement une effervescence peu soignée et excessive, la carafe peut être une option, même si je pense que le seul fait d'attendre cinq minutes, une fois le vin versé dans le verre, sera aussi efficace que l'oxygénation de l'esthétique carafe. 

Opinion également valable pour les champagnes âgés qu'on veut aérer : un verre bien adapté se révèle le contenant le plus sûr.

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5 sep. 2017 par Monsieur Bulles
B de B de Pierre Peters Oui, le champagne est un grand vin de garde ! Il faut toutefois savoir comment il évolue et ce que le consommateur peut apprécier de lui... Alors comment savoir distinguer les saveurs du temps qui passe dans le Champagne ?
  


Dans l'univers des vins effervescents et en particulier dans celui du champagne, on parle de Blanc de Blancs lorsque le vin ne comporte que du chardonnay (et/ou de l'arbane et/ou du pinot blanc) et de Blanc de Noirs lorsque le vin ne comporte que du pinot noir et/ou du pinot meunier et/ou du petit meslier.  
Si ces 2 catégories offrent deux palettes aromatiques et gustatives différentes, elles évoluent chacune de leur côté avec le temps qui passe et ce sont ces étapes que je vous présente ici, pour mieux apprécier la richesse du champagne.  
Sachant qu'en général, les bons champagnes non millésimés sont commercialisés 3 ou 4 ans après la récolte du vin de base, les fourchettes de durée mentionnées en tiennent compte.   

Blanc de Blancs : moins de 4 années après achat   
La robe sera de couleur ivoire à jaune très pâle aux reflets verts, le nez sera axé vers les fleurs blanches ou roses, les fruits blancs et jaunes acidulés et les notes herbacées. En bouche, l'acidité, la nervosité et la fraîcheur qui rappellent souvent le sel (minéralité) seront nettes et expressives. L'effervescence sera fougueuse ou aérienne.   

Blanc de Blancs : 4 ans à 8 ans après achat   
La robe présentera une couleur jaune or pâle, plus soutenu si le vin a connu un séjour en fût. Le nez sera axé sur les fruits blancs et jaunes très mûrs, quelques notes de fruits séchés se laissant facilement capter, un caractère qui rappelle le beurre frais et les pâtisseries feuilletées sera également perceptible. En bouche, l'acidité sera moins tranchante, toutefois décelable en finale de dégustation, le caractère de l'effervescence se fera plus charnel.   

Blanc de Blancs : au-delà de 8 ans après son achat.   
La robe présentera une couleur dorée aux reflets qui rappellent les nuances du bronze.  Le nez se montrera cuit ou grillé avec toutes les nuances également, en fonction de la nature de l'arôme perçu: pain, fruits, graines, noyau, pâtisseries, champignons, etc... En bouche, la texture sera ronde et enveloppante, elle pourra toujours être marquée par une fine acidité quand le vin sera de grande qualité.

Blanc de Noirs : moins de 4 années après son achat   
La robe sera de couleur chair à jaune pâle aux reflets blonds, le nez sera axé vers l'anis, le fenouil, les feuilles d'arbustes, les baies rouges et les fleurs blanches. En bouche, l'acidité sera enrobée par la rondeur du vin. Les flaveurs pourront rappeler le thé aux fruits rouges, les agrumes confits, voire la réglisse. L'ensemble sera plus consistant que tendu, la texture sera accrocheuse.   

Blanc de Noirs : 4 ans à 8 ans après achat.     
Comme pour un Blanc de Blancs, la robe présentera une couleur jaune or pâle, plus soutenu si le vin a connu un séjour en fût. Le nez sera axé sur les fruits jaunes très mûrs, les petites baies rouges et les fruits secs tels que les amandes, les noisettes, voire les pistaches, ainsi que les céréales sucrées ou grillées. Si un caractère pâtissier se laisse saisir, il rappellera les tartes à la crème pâtissière et aux fruits blancs et les feuilletés peu beurrés. En bouche, les arômes seront légèrement toastés - plus blonds que bruns - ou cuits, la texture sera satinée et présentera une fine acidité dans son enveloppe.   

Blanc de Noirs : au-delà de 8 ans après son achat.   
La robe présentera une couleur dorée ou ambrée aux reflets qui rappellent les nuances du vermeil.  Le nez se montrera expressif, plus grillé que toasté, voire puissant et rappelant les eaux-de-vie. Les arômes seront légers ou marqués, souvent axés sur les fruits en compote, le miel, le sirop d'érable, les notes de  sous-bois, les feuilles mortes mouillées, les champignons, la torréfaction de grain. En bouche, la texture sera ronde et enveloppante, l'impression de plénitude et de gourmandise sera nettes et longues.   
B de N de E. Barnaut

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31 août 2017 par Monsieur Bulles
Goulot Perrier-Jouët Le champagne dit "Brut" n'a qu'un siècle. Il fut surtout un vin sucré pendant 150 ans. Jusque les années 1860, plus de 2/3 de la production de vin en Champagne était tranquille et non effervescente ! Et jusque les années 1910, le vin de Champagne effervescent était un vin sucré et non sec ! Bref, le champagne tel qu'on le connaît aujourd'hui n'a qu'un siècle !





En effet, s'il a fallu 3 siècles pour que le champagne existe, celui que l'on consomme aujourd'hui ne ressemble en rien à celui qu'ont pu déguster Louis XVI ou Napoléon 1er. Et il a fallu le tournant du XXème siècle pour qu'il devienne définitivement mousseux et sec !
 
Les Britanniques sont les premiers à vouloir apprécier le vin d'Argonne dès l'apéritif ou tout au long du repas, c'est pourquoi ils demandent des vins peu dosés dans la deuxième moitié du 19ème siècle. Les maisons de champagne vont répondre tardivement à cette demande, car la plupart des autres pays le boivent nettement moins sec. 

À partir des années 1880, les dosages sont organisés en fonction des marchés destinataires. Le dosage est alors exprimé en pourcentage par litre.

Il y a le goût anglais: 2 à 6 %, soit de 22 à 66 gr de sucre par bouteille. 
Il y a le goût américain: 10 à 15 %, soit 100 à 165 gr de sucre par bouteille.
Il y a le goût allemand: 15 à 18 %, soit 165 à 200 gr par bouteille.
Il y a le goût français: 19 à 25 %, soit 200 gr à 275 gr par bouteille.
Il y a enfin le goût russe: 25 à 30 %, soit 275 à 330 gr par bouteille (autrement dit un véritable sirop avec un tiers du volume de la bouteille constitué de sucre !)

En France, c'est à partir des années 1920 que le champagne fortement dosé cèdera le pas au "Brut"; puisque même si des cuvées peu dosées étaient commercialisées sous la Belle Époque, La Grande Guerre freinera pendant une grosse décennie les ventes et l'évolution du dosage du champagne.

On peut donc dire que le champagne "brut" est d'inspiration britannique !

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