2 mars 2017 par Monsieur Bulles
Lanson 2005 La maison a lancé un Extra-Âge Blanc de Blancs en 2012. Elle a poursuivi son entrée réussie dans le 3ème millénaire en engageant Hervé Dantan en juin 2013, à titre de chef de cave. Enfin, si autrefois, sa signature était l'absence systématique de fermentation malolactique, elle compte assembler certains vins ayant fait leur malolactique pour les cuvées Brut sans Année seulement. Le blocage de la fermentation malolactique est par ailleurs volontaire, par refroidissement, durant la première fermentation alcoolique. Une mesure interventionniste qui permet à la marque une signature pérenne unique. Le Brut 2005 aujourd'hui disponible va enchanter les amateurs de champagne à table !!

Commentaire du Brut 2005 de Lanson :

Le nez est expressif quoique discret, axé sur de jolies notes de tarte Amandine qui filent à l'aération vers des accents de fruits rouges. Puis ces parfums disparaissent pour offrir du coing et du miel qu'on retrouve dès l'attaque en bouche. 
Le comportement est costaud autant qu'un champagne le peut, c'est à dire charnel et imposant. La vinosité s'impose sur la mineralité, on déguste un vrai vin de table qui donne faim et qui donne envie d'en reprendre. 
Ce 2005 de Lanson est un Rubens, sa chair est grasse, ses courbes enveloppées et son souvenir coloré.
17/20 selon le barème du Guide Revel / 93,75 $ au Québec / IP Agence Mark Anthony

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14 fév. 2017 par Monsieur Bulles
Charles Heidsieck Brut Rosé Réserve Méconnue parce que dans l'ombre de la rouge flamboyante Piper-Heidsieck, la maison Charles Heidsieck reste sobre et un peu rétro, malgré la garde-robe redessinée en 2012. Aux commandes depuis 2 ans de l'alchimie des cuvées, Cyril Brun, perpétue leur style bien défini; un style et des saveurs à contre-courant de cette image discrète : plein, parfumé, enveloppant... En importation privée seulement au Québec, les amateurs vont se battre. À vos marques, prêts, commandez !

Commentaire de la cuvée Brut Réserve Rosé de Charles Heidsieck:

Sur les fruits rouges acidulés et les épices, ce champagne apparaît moins consistant que le blanc de la maison, plus orienté sur la finesse que la plénitude gagnée par le temps. 
Frais dans son comportement effervescent, les bulles au calibre moyen terminent rapidement leur course en bouche, transportant quelques atouts grillés discrets, derrière des accents floraux et de tarte aux fraises. 
Un champagne rosé, certes charnel, mais que je préconise quand même à l'apéritf avec quelques canapés. Sur la plage...
16/20 selon le barème du Guide Revel - IP seulement (BREAKTHRU BEVERAGE 514 629 15 03) - Conditionnement par caisse de 6 bouteilles (750mL) - 89,25 $ (soit 535$ par caisse) - pas de frais d'agence.

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31 jan. 2017 par Monsieur Bulles
Bouteilles sur pointes La bouteille de champagne a la particularité de ne pas être seulement un contenant, mais un outil de travail. Elle a été conçue pour résister à la surpression, au stockage et à la manipulation. Si les premières bouteilles qui accueillent du vin blanc champenois dans le but de le faire pétiller, sont les mêmes flacons que les vins tranquilles d'alors, ce sont justement les effets de l'effervescence qui engendrent la recherche de ce qui deviendra LA bouteille de champagne.
C'est à partir de 1730 qu'une véritable industrie de cristallerie voit le jour en Champagne dans le but d'aider le négoce à embouteiller son vin à la pétillance embryonnaire.
Les Anglais ont un siècle d'avance, ils embouteillent le vin de leurs comptoirs commerciaux portugais et méditerranéens qui arrivent en tonneaux, à Londres ou dans les ports de la Manche, depuis 1630. 
Les bouteilles sont alors des instruments de service, davantage que des contenants de transport. L'effervescence qui apparaît naturellement dans les flacons et que l'Aristocratie britannique désirent conserver vers 1660, puis guider au début du XVIIème siècle, ouvre la voie aux recherches sur la fonte du verre et des opercules adaptés pour conserver au mieux cette première.

En France, dès les années 1740, l'Académie royale des Sciences organise des concours dans le but de parfaire le moulage et la solidité des bouteilles, même si cette dernière a déjà été, en partie, réglée par les Anglais, grâce à l'emploi du manganèse.
Les archives de certaines grandes maisons de Champagne qui n'ont pas brûlé dans des incendies ou qui n'ont pas disparu lors des conflits franco-germaniques nous apprennent que jusqu'au Premier Empire, plus de 50 % des bouteilles éclatait durant les phases fermentaires.

L'industrie verrière met un point d'honneur dans la recherche des bouteilles champenoises, particulièrement différentes des bouteilles traditionnelles : le ventre se gonfle, car la piqûre, plus prononcée, forme un culot concave épais, qui doit résister à la surpression du gaz dont on ne maîtrisera tout à fait l'atmosphère qu'à la fin du XIXème siècle. La piqûre pouvait monter jusqu'à la moitié de la bouteille.
L'impact sur le coût brut d'une bouteille vide est réel. La Bordelaise vaut 15 fr, tandis que la Champenoise peut grimper à 30 fr. 

Les négociants réclament des bouteilles lourdes, car le poids les rassure, mais les dégâts sont pires dans les caves, lors des explosions. Les archives rapportent fréquemment des décès chez les ouvriers cavistes, malgré la protection de leur tablier et de leur masque de cuir.

Sous le Consulat sont décrétées de nouvelles normes qui déclassent les anciennes bouteilles, mais lorsque le négoce tombe sur un lot de bouteilles qui lui convient, il réitère la même commande au fournisseur verrier, même si elle ne respecte pas le nouveau cahier des charges qui continue d'évoluer jusque 1808 où l'état instaure deux volumes théoriques : le litre et le demi-litre. 

Les bouteilles portent alors un sceau sur leurs épaules qui indique ce volume. Cependant, lorsqu'on analyse aujourd'hui ces bouteilles anciennes, on s'aperçoit que celles d'un litre avaient une capacité qui oscillait de 91 cl à 96 cl, selon les fournisseurs; et celles d'un demi-litre oscillaient de 42 cl à 58 cl. L'épaisseur et la régularité des parois étaient le facteur de précision volumique, elles ne seront véritablement maîtrisées qu'à la fin du XIXème siècle. La silhouette s'allongera, entraînant d'abord une déformation des cols qui se courberont pour finalement obtenir la bouteille qu'on connaît aujourd'hui, tristement appelée syndicale (l'adjectif est aujourd'hui repris au gré des interprofessions viticoles)... De 1800 à 1950, le poids variera de 800 gr à 1 200 gr la bouteille et le volume évoluera de 93 cl (pinte de Paris de 1735) à 75 cl.

Pendant deux siècles, en fait, les cristalleries expérimenteront toutes les sortes de formats, de silhouettes et de poids dans le seul but d'aider le commerce des vins. De la piqûre cruciforme jusqu'à la bague à trois lèvres, de l'apparence d'oignon à celle de l'aubergine, de la couleur noire opaque à la couleur feuille morte translucide, la bouteille de champagne va surtout évoluer au gré de deux facteurs : l'entreposage et la sécurité. 
Tandis que la bouteille à vin tranquille va évoluer - plus rapidement - au gré de deux autres facteurs : le transport et la manipulation.

Enfin, c'est sous le Second Empire qu'apparaissent les formats inusités, aujourd'hui devenus classiques. Le Magnum voit le jour en 1859 à Folembray dans l'Aisne et le Double-Magnum (qu'on appellera plus tard Jéroboam) en 1890. Le quadruple magnum (Mathusalem) est lancé en 1900.

Bouteille 1680

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26 jan. 2017 par Monsieur Bulles
Savart - L'accomplie Une famille vigneronne depuis trois générations disposant de quatre hectares à majorité de pinot noir, aujourd'hui guidés par Frédéric Savart et son cheval. La production est aussi modeste qu'admirable de qualité, on frôle les 80 000 bouteilles commercialisées chaque année que s'arrachent les amateurs de champagnes dits de vignerons, authentiques et respectueux de l'environnement.



Commentaire de la cuvée L'accomplie - Brut :


Plein et tendu à la fois, un soupçon brioché au nez et en bouche : le champagne type qu'on obtient quand on travaille bien, celui qui se rapproche de la Bourgogne chablisienne par sa fraîche et séduisante vinosité. 
Les bulles foisonnent et construisent une chair veloutée où la présence du chardonnay vient titiller les papilles en finale de dégustation par une touche acidulée. 
Parfaitement accompli, ce champagne ! 

1, chemin de Sacy, 51500 Ecueil  
03 26 84 91 60 
17/20 selon le barème du Guide Revel

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19 jan. 2017 par Monsieur Bulles
Les Méandres par Serveaux Fils C'est en s'endettant pour acheter quelques parcelles de vignes que Georges Serveaux lance sa marque dans les années 1950, convaincu qu'il remboursera ses créanciers grâce au succès de ses cuvées de champagne. La foi lui a donné raison, et cinq décennies plus tard, ses petits-enfants Hugo et Nicolas peuvent perpétuer un travail familial de vignerons bien enracinés dans la Marne.



Commentaire de la cuvée LES MÉANDRES - EXTRA BRUT    

Un extra brut dont la sucrosité, pourtant minime, apparaît quelque peu appuyée, mais qui, au lieu d'effacer le fruité blanc (poire, pomme, ananas), le soutient pour mieux développer une chair enveloppante et longue en bouche. 
Est-ce la maturité des raisins ou le dosage, même faible, qui apporte cette richesse ? 
Dans tous les cas, il faut du sucre, aussi mince soit-il - résiduel ou ajouté -, pour élaborer de bons champagnes. 
Plus imposant que délicat, plus exotique que tranchant, ce champagne expressif sera certes un bel apéritif, toutefois, sa structure le prédispose à passer à table, car il saura satisfaire les palais les plus exigeants avec un plat aux saveurs épicées, néanmoins non relevées.

Champagne Servaux Fils, Route du Champagne 
02850 Passy-sur-Marne  
03 23 70 35 65  
15/20 selon le barème du Guide Revel - IP au Québec Agence Sélection Invincible

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12 jan. 2017 par Monsieur Bulles
Ayala N8 Brut Dans la seconde moitié du XIXe siècle, en épousant Gabrielle d'Albrecht, nièce du Vicomte de Mareuil, en Champagne, Edmond de Ayala devient le propriétaire du Château d'Aÿ et de plusieurs parcelles de vignes dans la vallée de la Marne. La maison de Champagne Ayala naît ainsi en 1860 et prend son essor grâce au marché britannique, puis espagnol. En 2005, la marque Ayala entre dans le capital de la Société Jacques Bollinger (SJB), propriété de la famille Bollinger. Avec 800 000 bouteilles en production, elle semble depuis retrouver une seconde jeunesse.
Commentaire de la cuvée N 8 Rosé - Brut:

Lancé en 2016, ce rosé pourrait être un millésimé, car seule la vendange 2008 compose la cuvée, toutefois, comme elle est commercialisée comme un Brut Sans Année (BSA), je l'ai retenue pour mon dernier ouvrage, Champagnes, guide et révélations, qui est seulement consacré aux champagnes multi-millésimés.

Le temps l'a longuement habillée, c'est lui qui imprègne l'effervescence suave, accrocheuse et longue. 
Les saveurs ont été également gagnées par l'élevage, le rancio est juste présent pour séduire, il n'occulte pas la fraîcheur illustrée par des notes de mandarines, de poires pochées et de marmelade en finale. Bref, l'équilibre est atteint.
C'est un champagne rosé vineux aux contours pimpant, établi pour la table, pour un service de viande rouge aussi subtile. 
Votre gigot d'agneau du dimanche est prêt ? Il sera en excellente compagnie.
87 $ en SAQ / Code SAQ : 13100561 - 17/20 selon le barème du Guide Revel

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29 déc. 2016 par Monsieur Bulles
Forget-Brimont Rosé Brut Le grand-père de Michel Forget, qui représente aujourd'hui la sixième génération de cette famille vigneronne, décida dans les années 1920 de garder son raisin pour élaborer ses propres champagnes, au lieu de le vendre aux grandes maisons. Une décision heureuse puisque près d'un siècle plus tard, les 18 hectares de vignes situés sur la Montagne de Reims, permettent d'offrir une gamme complète de champagnes, dont cette cuvée Rosé Brut qui est devenue la plus populaire dans la belle province... Une question de tarif, pensez-vous ? Plutôt une question de saveurs puisqu'il y a une vingtaine de champagnes moins dispendieux à la SAQ. Alors, gâtez-vous au moins une fois pour le 31. Achetez du champagne ! Achetez du Forget.
Lieu : 11, route de Louvois 51500 Craon de Ludes 
Téléphone : 03 26 61 11 58   

Commentaire de la cuvée Brut Rosé Premier Cru: 

Les trois cépages classiques de la Champagne sont ici assemblés, le pinot noir et le pinot meunier dominant le chardonnay. 

Expressif au nez, on décèle la vinosité qui transporte des arômes de mandarines, de mûres et de noyaux de cerises. Le fruité est frais, davantage marqué par les caractéristiques des raisins, plutôt que celles du vin de réserve, même si une petite pointe fumée se laisse saisir après quelques minutes dans le verre. 

L'effervescence est vive, les bulles se détachent rapidement, forment un volume aérien en bouche. Ce vin, à la fois tendre et pointu, est impeccable à l'apéritif avec des canapés variés ou à minuit sonnant, ce 31 décembre, lorsque vous ferez sauter le bouchon en présentant quelques macarons multicolores. 

Un champagne démonstratif et accessible... comme les Québécois qui en ont fait leur rosé préféré 
Goulot Forget Brimont
15/20 selon le barème du Guide Revel / 51,75 $

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21 déc. 2016 par Monsieur Bulles
Le déjeuner d'huîtres par Jean-François de Troy Dès le début du XVIIIème siècle, dès que le négoce des bulles champenoises est né, les bouteilles saute-bouchon ont été destinées aux nantis, aux communautés privilégiées, issues du clergé et de l'aristocratie européenne. Le champagne d'alors n'était pas bu par les Français, mais par les Anglais, les Russes, les Allemands, et plus tard, les Américains. Dès sa naissance, le champagne a été vendu comme une rareté, comme un produit de luxe. Et qui dit luxe, dit superficialité. Mais qui dit luxe, dit aussi authenticité. Cette dernière lorsqu'on parle de champagne, c'est son terroir et la diversité qui le compose. Toutefois, la Champagne n'a jamais vendu son terroir, la Champagne a toujours vendu du champagne. Ainsi est née sa dichotomie...
Depuis une petite vingtaine d'années, depuis le début de ce siècle en fait, les chefs de cave voyagent, les alchimistes des grandes maisons sont devenus des globe-trotteurs... Alors qu'on les laissait autrefois dans l'humidité de leur cave et sur le carrelage de leur laboratoire parmi la centaine de béchers et d'éprouvettes, on les envoie aujourd'hui au bout du monde expliquer leur travail, valoriser leur savoir, vendre leur nectar.

Est-ce par attrait du voyage, est-ce pour prendre du bon temps ? Non. Évidemment non.

Les chefs de cave sont devenus des oiseaux migrateurs afin de crédibiliser leur créations, afin de démontrer que la Champagne a un terroir aussi complexe et riche que sa voisine la Bourgogne. 
Elle l'a oublié pendant 200 ans, qu'elle avait un terroir, la Champagne. 
Du moins, elle n'a pas vendu son vin en parlant de son terroir - sauf de sa craie - , mais en parlant seulement de célébrations, de festivités et de partages. 
C'est bien. Il en faut.

Sauf que pendant ce temps là, les vignerons, ceux qui possèdent le pétrole et qui, pendant des décennies, l'ont vendu aux émirs de la Marne, ils sont devenus des viticulteurs, les vignerons. 

Puis un jour, plutôt à partir des années 1970, ils sont devenus des élaborateurs de champagne, les vignerons. Certes, ils ont continué à vendre leurs raisins aux maisons. 
Mais, ils en ont gardé un peu pour eux. Pour faire leurs bulles. Pour avoir leur propre étiquette.

Ils n'y connaissaient rien à la vente, la vente de bouteilles; parce que la vente de leurs raisins au kilo, ça ils ont toujours su. 
Ils ne connaissaient pas non plus les marchés et leurs ficelles, et ils ne parlaient pas anglais. 

L'Anglais, vous savez, cette langue qui ouvrent toutes les portes, la langue du vin, celle qui fait vendre n'importe quel flacon pourvu qu'il y ait l'ivresse...
En gros, le vigneron qui avait décidé de vendre ses flacons ne connaissait rien. 
Sauf une chose. 
La plus importante. 
La plus crédible pour vendre du vin : le terroir.

Et ça, il a su parfaitement le transmettre à ses enfants. 
Il a su impeccablement lui faire aimer l'argile, le sable, le calcaire et tout ce qu'il y a autour, au gamin. 
Et oui, il n'y a pas que de la craie en Champagne, l'éternelle craie qu'ont toujours vendue les grandes maisons parce qu'il fallait bien parler de sous-sol entre deux flûtes mondaines...
Et dans les années 1990, après que le fiston ou la fistonne du vigneron ait bien couru dans les galipes et fréquenté le Viti Campus d'Avize, on l'a envoyé en stage en Australie ou en Californie pour apprendre la langue de Bob le gourou des pourcentages. 

À son retour, il a joué au chef de cave et sont apparues des bouteilles aux noms bizarres, aux étiquettes marginales, avec des chiffres, des noms de cépages, des noms de parcelles.

Les émirs n'avaient jamais vu ça !
Eux, ils vendaient la fête, des belles bouteilles, des flûtes, du tralala, la superficialité. 
Du champagne quoi.

Les vignerons, ils ont débarqué avec leurs parcelles, leurs tonneaux, leurs tirages, leurs  dégorgements, leurs dosages...

Déboussolés qu'ils étaient les émirs. 
Heureusement, ils avaient leurs vizirs : les chefs de cave.

Alors dans les années 2000, ils les ont envoyés faire le tour de la planète avec le directeur commercial. Lui, il connaissait déjà bien le marché. Son discours était bien huilé. On lui a dit de mettre sa cassette en mode pause et de laisser parler le chef de cave. 
Ainsi est né la promotion du champagne au XXIème siècle : on assume désormais sa supercialité historique tout en revendiquant la véracité et l'authenticité de son terroir. 
Main dans la main, le négoce et le vignoble chantent le champagne et parfois, entre deux avions, il arrive qu'un chef de cave en cravate croise un vigneron en tee-shirt. 

Ils font le même travail et depuis une dizaine d'années seulement, leur propos se ressemblent...


Bouchon à agrafe
Cet article été publié dans le numéro de décembre 2016 du magazine Vins & Vignobles

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9 déc. 2016 par Monsieur Bulles
En dégustation... Crédit photo Pierre Tison Qui dit champagne, dit grande maison ou marque; avec le marketing qui va autour. C'est d'ailleurs ce marketing qui fait augmenter la facture. Le champagne sera bon, certes. Toutefois, on payera pour l'étiquette, la silhouette du flacon ou la renommée médiatisée qui impressionnera les invités. L'univers du champagne, bien plus que n'importe quel autre vin, est ainsi construit : on nous vend un art de vivre à travers l'art de boire des bulles. Et c'est tant mieux, car après tout, la vie serait bien triste... Ne pensez pas pourtant que toutes les marques sont forcément onéreuses. Certaines le sont moins que d'autres et la qualité est aussi au rendez-vous. Suivez le guide!
J'allais oublier...
Un champagne peu dispendieux, selon moi, au Québec, c'est un champagne à moins de 50 $. 


D'ABORD LES BLANCS:

G. GRUET & Fils - Brut - 38 $
14/20 

Du chardonnay qui charme sous l'effet d'une patine pâtissière qui gomme la minéralité sans pour autant perdre de sa fraîcheur grâce à quelques notes de tilleul-menthe en finale de dégustation. Un champagne facile et accessible, fruité et savoureux.

GH MARTEL - Victoire - Brut - 38,25 $
14/20

Nom de cuvée ou marque déposée selon les marchés, ce vin très attrayant par son prix offre quelques accents biscuités traditionnels au sein d'une effervescence aérienne et persistante. Peu complexe mais bien construit, il démocratise l'apéritif au champagne. 

TRIBAUT SCHLOESSER - Blanc de Chardonnay - Brut - 38,25 $ 
16/20 

Vif et expressif, minéral, orienté sur les fruits blancs acidulés tels que la pomme, la poire ou le citron, puis sur la pâte feuilletée, ce champagne se fait charnel grâce à son effervescence tournoyante et riche, bien conduite, même si l'onctuosité finale apparaît fuyante et met en exergue un caractère pointu et acidulé. Idéalement, laissez ce vin s'aérer dans le verre ; il développera son caractère pâtissier pour mieux vous séduire. 
L'apéritif au champagne ou l'accord attrayant avec des huîtres assez iodées ou un carpaccio de pétoncles dont le citron « goûtellé » sera le bienvenu pour mieux arrondir les bulles marnaises. 

MONTAUDON - Brut - 39,25 $
14/20

Une cuvée polyvalente pour les amateurs de champagne vineux et corsé, servie néanmoins à l'attaque par une minéralité crayeuse. Le dosage sensible suscite des accents mielleux et épicés, élégamment rafraîchis par une effervescence veloutée et fugace. Bien construit, sans complexe, ce champagne transporte en finale un léger rancio qui lui confère un certain charme. 

GARDET - Premier Cru - Brut - 41,25 $
15/20

Voici un blanc de noirs composé de deux tiers de pinot noir et d'un tiers de pinot meunier qui promet une grande fraîcheur de fruit au nez comme en bouche. Le crescendo aromatique va de la pomme bien mûre à la mandarine en passant par quelques accents de réglisse, faisant place, après quelques minutes d'aération dans le verre, à des notes légères de toasts blonds. Les bulles de calibre moyen assurent une effervescence tournoyante et s'avèrent juste assez perdurantes pour un apéritif gourmand. Un champagne au contour classique, plus élégant qu'étoffé, qui, pour avoir fait le test, gagne en expression pour peu qu'on le laisse en cave trois ou quatre années, et ce, bien que ce ne soit pas un millésimé.

CHANOINE - Grande Réserve - Brut - 42,75 $
15/20

Structuré et ferme, très « champagne » dans le style olfactif et gustatif grâce à un crescendo aromatique typé mais discret (foin, fenouil, agrumes, poivre blanc, nougatine, brioche), ce champagne présente une effervescence travaillée, à la fois vaporeuse et savoureuse, qui perdure le temps nécessaire d'un apéritif gourmand où les canapés lui tiendront tête. 
 
PAUL GOERG - Blanc de Blancs - Brut - 45,75 $
15/20

Tout est discret, les arômes de fenouil, de tarte au sucre et de brioche, de même que le comportement du vin en bouche, à la fois léger et tapissant. Les bulles, fines et liées, forment une texture ronde, et pourtant, le comportement du vin reste droit, frais, légèrement fuyant en finale de dégustation. Un bon champagne d'apéritif. 
 
SOURDET-DIOT - Cuvée de Réserve - Brut - 46 $
15/20

Vineux, plein et parfumé, ce champagne aux accents beurrés soutenus par un dosage sensible présente une chair consistante, due à une effervescence bien conduite. Efficace lors des apéritifs gourmands. 
 
VINCENT COUCHE - Millésime 2004 - Brut - 46,25 $
16/20

Plus boulanger que pâtissier dans les arômes, plus confit qu'acidulé également au niveau du fruité jaune qu'il dégage, ce champagne millésime garde tout de même une grande fraîcheur qui, mêlée à la profondeur de son âge, offre un ensemble aujourd'hui mature et prêt à boire. L'apéritif peut être gourmand avec quelques gougères et si vous le présentez à table, tentez une escalope de veau panée.

JACQUART - Mosaïque - Brut - 46,50 $

15/20

Habituellement porté sur la minéralité et axé sur des arômes d'agrumes, le champagne BSA de Jacquart apparaît désormais plus beurré, pâtissier et charmeur, sans complexité. 
C'est un vin droit, net et très agréable au dosage aussi perceptible que populaire, tout indiqué pour des cocktails gourmands. 
 
DRIANT-VALENTIN - Brut Premier Cru - 47 $
15/20

Le nez est légèrement axé sur des notes de torréfaction à l'aération, toutefois le fruité jaune confit domine et rappelle certaines pâtisserie feuilletées à base de fruits à noyau. L'effervescence est soignée, quoiqu'aérienne plutôt que dense, c'est donc elle qui apporte la fraîcheur nécessaire à l'ensemble. Le dosage est sensible - sans doute autour de 10 grammes - il confirme le caractère gourmand, impeccable pour séduire vos hôtes à table avec un poisson à chair grasse qu'une crème à l'estragon pourra accompagner.

DRAPPIER - Carte d'or - Brut - 47,50 $
16/20
   
Costaud, structuré, mûr et d'une pureté de fruits rouges exemplaire, ce champagne est très éclatant au nez et procure des sensations similaires en bouche. Chaleureux et satiné, épicé même, il s'affirme dans sa chair vineuse et enveloppante grâce à un dosage quelque peu sensible (sans doute autour de 9 g/l), mais équilibré grâce à la fraîcheur finale. Une cuvée incroyablement abordable pour autant de qualité et d'authenticité. 
  
CANARD-DUCHÊNE - Cuvée Léonie - Brut - 47,50 $
15/20

Une cuvée discrètement axée sur les arômes de fenouil, d'ananas, de sucre roux et enfin d'épices douces, avant de s'exprimer à travers une effervescence abondante de bulles fines, aériennes et fuyantes. Délicate et parfumée, cette cuvée présente une heureuse pointe d'amertume (peau de pomme brune) en milieu de bouche qui lui donne du caractère, suivie d'une finale courte où le dosage sensible se révèle par des notes de pâte d'amandes. Un champagne abordable et surtout mieux structuré qu'autrefois. 
  
MARIE-HANZE - Alliance Brut - 47,75 $
15/20

Une cuvée au parfum de pomme Granny Smith qu'on laissera s'aérer quelques minutes pour l'amener à se faire plus traditionnel dans les parfums, c'est-à-dire plus floral, puis plus brioché. 
L'effervescence abonde avec des bulles de calibre moyen et endurantes qui procurent le plaisir simple d'un champagne à découvrir à l'apéritif. 

LAHERTE FRÈRES - Ultradition - Brut - 48,25 $
16/20

Une cuvée de base très traditionnelle, plus accessible dans son comportement que les autres vins de la maison, tant dans le dosage appuyé que dans les arômes plus biscuités qu'iodés. Un champagne expressif, simple et équilibré.
 
LALLIER - Grande Réserve - Grand Cru - Brut - 48,50 $
16/20

Nez d'abord anisé, un peu citrique, puis axé sur les fruits rouges et légèrement brioché à l'aération, voilà un champagne à l'effervescence un peu fugace, toutefois riche et crémeuse grâce à des bulles menues et nouées. La fraîcheur est apportée par une acidité qui rappelle celle des petits fruits rouges décelés à l'analyse olfactive, tandis qu'une petite pointe amère en finale nous offre un caractère mordant. Un bon champagne, particulièrement abordable pour un Grand Cru. 
 
NICOLAS FEUILLATTE - Brut - Réserve - 48,50 $
15/20

Frais, printanier au nez (fleurs, fraises, abricots), gourmand et pâtissier en bouche (pain au lait), la finesse des bulles apporte une distinction au comportement de ce champagne, peu sophistiqué mais droit, sans défaut et sans complexe : le champagne polyvalent par excellence. 
Le contenu de la même bouteille dégusté quatre jours tard, légèrement décarboxilé, se montrait porté sur les fruits secs (abricot et raisin) ; les bulles étaient logiquement effacées, mais le charme n'en agissait pas moins, la texture se faisant suave, et les parfums, plus profonds. Tentez l'expérience (comme avec d'autres champagnes d'ailleurs) !

HENRI BILLIOT - Brut - 49,25 $
15/20

Un champagne particulièrement fruité, intense au nez comme en bouche, qui entremêle des arômes de fruits à noyaux (cerises, prunes, abricots). Malgré des bulles au calibre moyen, l'effervescence est riche et la texture, compacte et imprégnante, ce qu'elle doit non pas à la liqueur savamment dosée, mais bien au pinot noir local - qui domine l'assemblage - ainsi qu'aux vins de réserve qui offrent puissance et matière. Un vin généreux pour apéritif gourmand. 
 
DELAMOTTE - Brut - 49,50 $
15/20

Régulièrement axée sur les agrumes, les zestes et le pain frais au niveau aromatique, cette cuvée se veut tendue, tonique, presque tranchante. Elle offre néanmoins une consistance notable grâce à une effervescence aux bulles nouées et persistantes qui donne un caractère sensuel à la dégustation. 

DRAPPIER - Brut Nature - Pinot Noir Zéro - 49,50 $
17/20

Au nez, fruité blanc et pâtisserie émanent de ce champagne devenu, avec le temps, un incontournable des cuvées Drappier. Vif à l'attaque, racé et puissant en bouche, persistant dans les arômes et l'effervescence, il dégage une vraie vinosité, sans rancio, exprimant un caractère de pureté et de netteté de fruit. 
La plupart des cuvées sans dosage se révèlent creuses et fuyantes, peu longues, alors que celle-ci offre une corpulence étonnante et riche. Une référence en la matière qui a de quoi convertir bien des amateurs aux extra bruts. 

CHARTOGNE-TAILLET - Cuvée Sainte-Anne - Brut - 49,75 $
16/20

Mûr, expressif, de belle ampleur avec un boisé subtil, ce champagne est un séducteur. Son fruité est confit et son effervescence, nouée, tout en transportant la fraîcheur de l'appellation. Bref, c'est un BSA accompli, toujours constant et abordable. Bravo ! 
 
HENRI ABÉLÉ - Brut - 49,75 $
16/20

Nez expressif et biscuité, où pointe un léger rancio de maturité très charmeur. Attaque tendre, un peu dosée, et bulles de calibre moyen, toutefois abondantes et nouées, créant une savoureuse effervescence. Peu complexe au niveau aromatique (fruits jaunes, toasts blonds), ce champagne de facture classique, plus concentré que minéral, est bien construit. 

BARON-FUENTÉ - Esprit - Brut - 49,75 $
15/20

Un vin expressif dont les arômes sont blonds au nez comme en bouche (fleurs, agrumes, malt, pain au lait, toast). Son effervescence est soignée, les bulles étant de calibre moyen dans un comportement noué qui procure une texture satinée. Après quelques minutes dans le verre, le vin dévoile sa complexité et ses parfums se font plus profonds, dévoilant de jolies notes de rancio (noix, zestes confits) caressantes et longues en bouche. Un très bon champagne qu'on pourra découvrir à table sur un poisson grillé. 

MAINTENANT LES ROSÉS :

GH MARTEL - Victoire - Rosé Brut - 43,50 $

15/20 

Sur les fleurs (rose, pivoine) et le fruité rouge soutenu (griottes, framboises) qui accompagnent une effervescence onctueuse, ce champagne joue davantage la carte de la fraîcheur que du rancio d'évolution, et ce, même si sa couleur est ambrée. De fines notes de noyaux de cerises pointent en finale de dégustation. On passe à table, et s'il y a du faisan aux raisins de Corinthe au menu, ça tombe on ne peut mieux. 

TRIBAUT SCHLOESSER - Brut Rosé - 46,75 $
14/20

Nez discret de groseilles et de pamplemousses roses dont on retrouve les saveurs en bouche dans une effervescence plus aérienne que nourrissante, même si le dosage apparaît appuyé en finale. Aucun rancio, donc peu complexe, davantage axé vers l'apéritif. Un rosé qui apparaît nécessaire commercialement parlant, mais qui ne se distingue pas dans la gamme de la maison.

CHANOINE - Brut Rosé - 49,25 $
15/20

Toujours expressif et charmeur au nez grâce à des notes de fruits confits (écorces d'oranges), d'abricot et de nougat, ce champagne aux bulles légères, quoique persistantes, s'exprime par sa puissance et son dosage sensible. Tapissant donc, et un peu abrupt en finale, il fera très bon ménage avec une entrée chaude à base de crevettes.

LALLIER - Grande Réserve - Rosé Brut - 49,75 $
16/20

Très subtilement toasté avec quelques notes de mandarines confites à l'aération, ce champagne rosé charme au nez et confirme son jeu de séduction en bouche grâce à une belle enveloppe croquante qui entoure une effervescence à la fois fougueuse et compacte.
Tantôt sur des arômes discrets de fruits rouges, tantôt sur ceux d'agrumes confits, il offre une texture crémeuse qui soutiendra facilement un met de belle ampleur.
On passe à table donc ? Gâtez-vous en le dégustant avec du homard.

DUVAL-LEROY - Rosé - Brut - 49,75 $
16/20

Expressif au premier nez, on perçoit dans ce rosé des notes très franches de zestes d'oranges, puis de grains de café. Ce champagne se veut également démonstratif en bouche, dès l'attaque, avec un fruité rouge très mûr qui précède un caractère subtilement amer autour d'un fin rancio d'évolution. Nous avons là un rosé qui a de la mâche, qui a du goût ; il ne s'agit pas d'un blanc coloré, mais bien d'un vin à la vinosité marquée qui conserve néanmoins l'élégance d'un champagne. Une très agréable surprise qui peut facilement accompagner une volaille à table. Alignement de bouteilles de champagnes
Tous ces champagnes sont présentés dans le livre "Champagnes, guide et révélations" paru chez Isabelle Quentin Éditeur

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8 déc. 2016 par Monsieur Bulles
Clos Lanson 2006 Lorsque Philippe Baijot prend la direction de la marque Lanson en 2006, il hérite d'un hectare de vignes situé au centre de Reims, entre quatre murs, qui jusqu'alors servait les assemblages des cuvées de la maison. Pourquoi ne pas en faire un clos puisque le cadastre le répertorie et que les cuvées confidentielles sont en demande ? Dix ans plus tard le Clos Lanson s'invite sur le marché des étiquettes de prestige, celui des flacons rares et convoités...


Commentaire de la cuvée Clos Lanson 2006 - Brut


Particulièrement expressive au premier nez, elle déroute d'abord par des notes fumées marquées, des accents de feu de cheminée, puis de tisons froids qui occultent le fruité. 

Bref, je suis déconcerté et je l'avoue, un peu déçu, car face à une telle étiquette, les attentes sont toujours élevées... 

Ne dégustant pas à l'aveugle, je sais que je suis influencé, que je suis déjà conditionné par le cérémonial commercial qui entoure ce vin.

J'attends. Justement, je patiente parce que je sais que je suis davantage en présence d'un vin blanc champagnisé plutôt que d'un champagne "à cocktail". 

Il doit s'ouvrir, il doit s'offrir.

J'ai bien lu sa fiche technique, je sais qu'il a été élevé environ 7 mois en fût de chêne d'Argonne. C'est un petit citadin qui a grandit au coeur de Reims; un vrai Rémois qu'on a fait courir dans la forêt régionale. 
J'attends donc ce Blanc de Blancs à peine dosé dont on me précise qu'il n'a pas fait de malolactique - comme on dit - et forcément, lorsqu'on vous a présenté le chemin qui l'a mené à vous, on se fait une idée de l'état dans lequel il sera. 

Du chardonnay boisé qui a dix ans, issu d'une parcelle urbaine, je m'attends à du Chablis gras et opulent, pas du Meursault, mais au moins du Montrachet... effervescent.

Mais il se fait attendre le clos. C'est un ado le clos. Il provoque en jouant l'indifférence, il est maladroit, il veut se faire aimer... Les grands frères de la maison s'échelonnent à côté, je déguste donc les Label et quelques Extra-Âge. En attendant.

Je reviens finalement sur mon verre de Clos Lanson 23 minutes exactement, montre en main, après nos présentations.

Je te tiens l'ado. Le temps t'a eu. L'environnement est ton maître, tu as besoin d'oxygène pour t'exprimer. Comme tous les grands vins finalement, comme tous ceux qui sont passés avant toi. 

Ton arrogance aromatique est toujours présente, elle est toutefois maîtrisée désormais.

Tu es un costaud, ta charpente est solide, la lumière champenoise, plus que le soleil, t'a généreusement patiné. T'es le genre qui plaît tout de suite ou qui refoule immédiatement. Ton côté iodé se retrouve davantage dans le caramel salé Breton que dans la coquille d'huître; et là forcément, tu me touches petit con d'ado...
Ce côté minéral et citrique qui enveloppe ta chair dense, grasse, construite de perles fines, c'est ta jeunesse qui parle encore, qui rappelle ton origine. 

Reste que tu continues de dérouter, car ton énergie est entremêlée de saveurs asiatiques. 
Noir de thé, de champignon et de soja, tu fleures. 
Et quand même, tu présentes en finale de la profondeur.

Alors finalement ? Le Clos Lanson 2006 ? C'est comment ?
C'est Tintin et le Lotus Bleu. Un effronté au pays des parfums marginaux et enivrants.
Chai Lanson
18/20 selon le barème du Guide Revel / 7870 bouteilles élaborées / 200 euros / IP au Québec auprès de l'agence Mark Anthony

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