16 avril 2018 par Monsieur Bulles
Joséphine 2008 de Joseph Perrier Cette cuvée se présente dans un flacon sérigraphié, inspiré d'une bouteille peinte et dorée à la main, au 19ème siècle, pour le mariage de Joséphine-Stéphanie Perrier, l'une des filles de Joseph Perrier. En raison de son coût, ce champagne ne sera plus élaboré pendant plusieurs décennies, toutefois, c'est au début des années 1980 que Jean-Claude Fourmon, propriétaire de la maison, décide d'en faire sa cuvée de prestige en sérigraphiant le décor. Relancée, en quelque sorte, en 1988, sur le millésime 1982, la cuvée Joséphine a la particularité d'être élaborée en jéroboam depuis quelques années. Il faudra attendre les années 2020 pour les voir sur le marché. Le millésime 2008 en bouteille classique est le neuvième déclaré, il est au Québec et fait partie des champagnes de prestige les plus abordables du marché.
Commentaire de la cuvée Joséphine 2008 de Joseph Perrier :

Globalement issue de chardonnay et pinot noir à parts égales (le pourcentage pouvant quelque peu varier selon la qualité des deux cépages), tout apparaît blond dans cette cuvée Joséphine 2008 : le nez délicatement malté qui rappelle un muesli de petit déjeuner, la bouche qui fleure des notes de citron confit et la finale florale qui indique un état de jeunesse encore palpable. 

Une décennie sur lattes a construit des perles effervescentes qui s'accrochent aux papilles et finalisent une agréable harmonie.

Un champagne qui, grâce à l'énergie et la suavité assemblées, peut facilement se glisser sur les clayettes d'un cellier, jusque 2023.

J'allais oublier : cette cuvée de prestige est moins dispendieuse au Québec qu'en France ! Pour une fois, profitez-en !Joseph Perrier
149,50 $ - Code SAQ : 11532168

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21 mars 2018 par Monsieur Bulles
Gold Brut de Armand de Brignac Cette marque, élaborée par la famille Cattier, est depuis quelques années associée à l'artiste rappeur et homme d'affaires Jay-Z (Shawn Carter pour l'état civil) qui, en 2006, avait utilisé le flacon dans l'un de ses clips. Il a racheté en 2014 la société Sovereign Brands, qui a le monopole mondial de sa distribution. Il y a beaucoup de bavardage autour de cette marque (10 % de la production du champagne Cattier); elle alimente les débats sur le bling bling qui entoure aujourd'hui certains vins, commercialisés comme des produits de luxe... Je retiens quand même que cette cuvée incarne l'esprit fondamental du champagne : l'assemblage.




C'est la mère de Jean-Jacques Cattier, Nelly Cattier, qui a créé le nom De Brignac dans les années 1950, 
inspirée par le personnage d'un roman qu'elle avait lu. Toutefois, le prénom Armand (petit-fils de Jean-Jacques) sera déposé plus tard afin d'éviter la confusion avec les villages Brignac situés en Corrèze, dans le Morbihan et dans l'Hérault. La forme de la bouteille a été dessinée par la maison Courrèges; l'as de pique est un clin d'oeil à la monarchie française. 

De nombreux consommateurs s'étonnent encore que l'accent soit mis davantage sur le contenant que le contenu dans l'univers contemporain du vin. Dans cet article sur la Dichotomie, publié il y a quelques mois, j'explique pourtant que la Champagne, dès ses premières bulles, a joué avec la superficialité et l'authenticité de son vin.

Commentaire de la cuvée Gold - Armand de Brignac - Brut

Le flacon doré compte pour 85 % de la production totale de la marque. 
Il offre un champagne à la vinosité expressive, à la fois exotique (fruits jaunes, canne à sucre, carambole) et subtilement boisée. Les notes pâtissières sont légères, elles se laissent gommer par une effervescence crémeuse et accrocheuse dont la finale pourrait être plus briochée si le temps en cave était allongé. 
C'est un excellent BSA qui, cependant, ne pourra jamais satisfaire les attentes du connaisseur exigeant, amateur de cuvée de prestige, parce que dans la société contemporaine des consommateurs mondains, le contenant supplantant toujours le contenu, ce dernier sera toujours négligé par les puristes.

Il reste actuellement au Québec 5 magnums (1,5 litre) de Gold Blanc Brut à 1009 $ le flacon, 7 jéroboams (3 litres) de Blanc de Blancs Brut à 3514 $ le flacon, un magnum Rosé Brut à 1578 $ le flacon et un mathusalem (6 litres) de Blanc de Blancs Brut à 10 506 $ le flacon !

Bling Bling le printemps est arrivé !Tarif Magnum Qc
Code SAQ : 11339149

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14 mars 2018 par Monsieur Bulles
Arômes du champagne Savoir distinguer les saveurs du temps qui passe... dans le champagne ! Car oui, le champagne est un vin qui se garde et pour mieux vous conseillez de tenter l'expérience de laisser des bouteilles dans votre cellier, durant quelques années, voici une idée de ce que vous dégusterez plus tard...


Dans l'univers des vins effervescents et en particulier dans celui du champagne, on parle de Blanc de Blancs lorsque le vin comporte essentiellement du chardonnay et de Blanc de Noirs lorsque le vin comporte surtout du pinot noir et/ou du pinot meunier. 
Si ces 2 catégories offrent évidemment deux palettes aromatiques et gustatives différentes, elles évoluent chacune de leur côté avec le temps qui passe et ce sont ces étapes que je vous présente ici, pour mieux apprécier la richesse du champagne. Sachant qu'en général, les bons champagnes non millésimés sont commercialisés 2 à 3 ans après leur élaboration, les fourchettes de durée mentionnées en tiennent compte.   

Blanc de Blancs: moins de 5 années après achat   

La robe sera de couleur ivoire à jaune très pâle aux reflets verts, le nez sera axé vers les fleurs blanches ou roses, les fruits blancs et jaunes acidulés et les notes herbacées. En bouche, l'acidité, la nervosité et la fraîcheur qui rappellent souvent le sel (minéralité) seront nettes et expressives. L'effervescence sera fougueuse ou aérienne.   

Blanc de Blancs: 5 ans à 9 ans après achat   

La robe présentera une couleur jaune or pâle, plus soutenu si le vin a connu un séjour en fût. Le nez sera axé sur les fruits blancs et jaunes très mûrs, quelques notes de fruits séchés se laissant facilement capter, un caractère qui rappelle le beurre frais et les pâtisseries feuilletées sera également perceptible. En bouche, l'acidité sera moins tranchante, toutefois décelable en finale de dégustation, le caractère de l'effervescence se fera plus charnel.   

Blanc de Blancs: au-delà de 9 ans après son achat.   

La robe présentera une couleur dorée aux reflets qui rappellent les nuances du bronze.  Le nez se montrera cuit ou grillé avec toutes les nuances également, en fonction de la nature de l'arôme perçu: pain, fruits, graines, noyau, pâtisseries, champignons, etc... En bouche, la texture sera ronde et enveloppante, elle pourra toujours être marquée par une fine acidité quand le vin sera de grande qualité. 

Blanc de Noirs: moins de 5 années après son achat  

La robe sera de couleur chair à jaune pâle aux reflets blonds, le nez sera axé vers l'anis, le fenouil, les feuilles d'arbustes, les baies rouges et les fleurs blanches. En bouche, l'acidité sera enrobée par la rondeur du vin. Les flaveurs pourront rappeler le thé aux fruits rouges, les agrumes confits, voire la réglisse. L'ensemble sera plus consistant que tendu, la texture sera accrocheuse.   

Blanc de Noirs: 5 ans à 9 ans après achat.     

Comme pour un Blanc de Blancs, la robe présentera une couleur jaune or pâle, plus soutenu si le vin a connu un séjour en fût. Le nez sera axé sur les fruits jaunes très mûrs, les petites baies rouges et les fruits secs tels que les amandes, les noisettes, voire les pistaches, ainsi que les céréales sucrées ou grillées. Si un caractère pâtissier se laisse saisir, il rappellera les tartes à la crème pâtissière et aux fruits blancs et les feuilletés peu beurrés. En bouche, les arômes seront légèrement toastés - plus blonds que bruns - ou cuits, la texture sera satinée et présentera une fine acidité dans son enveloppe.   

Blanc de Noirs: au-delà de 9 ans après son achat.   

La robe présentera une couleur dorée ou ambrée aux reflets qui rappellent les nuances du vermeil.  Le nez se montrera expressif, plus grillé que toasté, voire puissant et rappelant les eaux-de-vie. Les arômes seront légers ou marqués, souvent axés sur les fruits en compote, le miel, le sirop d'érable, les notes de  sous-bois, les feuilles mortes mouillées, les champignons, la torréfaction de grain. En bouche, la texture sera ronde et enveloppante, l'impression de plénitude et de gourmandise sera nette et longue.

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28 fév. 2018 par Monsieur Bulles
Brut Réserve de Picart-Thiout Comme de nombreux récoltants champenois, la famille Picart-Thiout garde une partie de sa récolte pour élaborer ses propres cuvées, tandis qu'une autre est vendue aux maisons ou aux caves coopératives de Champagne. Ce principe commercial permet une assurance financière pour le récoltant, une gestion simplifiée des stocks pour le négociant et un équilibre marchand de toute la filière champenoise : une recette qui fait le succès de cette dernière depuis quelques décennies.

Commentaire du Brut Réserve de Picart-Thiout :


J'ai dégusté ce vin à l'aveugle parmi d'autres cuvées dont certaines étaient millésimées. Toutes les catégories de champagne étaient représentées (B de B, B de N, Rosé, Extra-Brut, etc...). En relisant mes notes, c'est finalement celle-ci qui est sortie du lot.
C'est parce que le nez se montrait particulièrement intriguant, soit expressif et vineux, que je me suis renseigné sur l'assemblage de ce Brut Sans Année : 30 % du millésime 2004 la compose. 
C'est donc ce vin de réserve qui apporte une vinosité et une ampleur remarquables, créant ainsi un vrai champagne de table, véritablement établi pour être consommé sur un met aussi consistant.
Toutefois, on reste en Champagne, c'est-à-dire dans la fraîcheur des arômes (fruits blanc, baguette fraîche, levure de boulanger) et dans la souplesse au niveau du comportement du vin en bouche.
C'est, en quelque sorte, une cuvée "École", un champagne démonstratif des saveurs typiques de ce que doit être un Brut Sans Année. Simple, franc, pâtissier, bien fait et... champenois.
On peut découvrir cette cuvée à l'apéritif en l'accompagnant de canapés de son choix ou tenter l'expérience à table, sur une entrée de feuilleté de ris de veau, par exemple.

Contre-étiquette du Brut Réserve de P-T
16/20 selon le barème du Guide Revel / En IP au Québec auprès de l'agence Les oenophiles

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21 fév. 2018 par Monsieur Bulles
Horizontale de Billecart La maison célèbre ses 200 ans cette année. Elle s'est considérablement développée en Amérique du Nord, un marché de champagne plus ostentatoire que pointu où le bling bling prime davantage que l'authenticité. Et conquérir cette Amérique en mettant en avant l'être plutôt que le paraître est aussi l'une des qualités de Billecart-Salmon qui continue de faire des émules...
35 hectares en propriété, 75 hectares en fermage (location et contrôle de la vigne),175 hectares en approvisionnement (une trentaine de vignerons), autour de 250 ha en exploitation, voici globalement les chiffes qui établissent la maison basée à Mareuil-sur-Aÿ depuis 1818.

Les fondateurs de cette maison Nicolas-François Billecart et sa femme Élisabeth Salmon, encadrés par le frère de cette dernière, Louis Salmon, ont toujours conservé un aspect artisanal dans l'élaboration perfectionniste de leurs champagnes, déjà très appréciés des connaisseurs au XIXème siècle. Toujours familiale et indépendante (actionnariat de 45 % du groupe Frey par le biais de Montebello Domaines depuis 2005), elle est aujourd'hui présidée par François Roland-Billecart qui représente la 6e génération. A ses cotés, Alexandre Bader est à la direction générale et Antoine Roland-Billecart, le frère de François, à la direction générale adjointe en charge de l'export. Ce dernier est Commandeur de l'Ordre des Coteaux de Champagne depuis mars 2015.

Chaque parcelle est vinifiée séparément (200 cuves en acier inoxydable). 
17 hectares de pinot noir (50 ans d'âge en moyenne) sur Aÿ, Ambonnay et Mareuil sont consacrés au vin rouge pour la cuvée Rosé. La stabilisation par le froid afin de clarifier le moût est employée depuis les années 1950, une méthode utilisée pour la première fois en Champagne par le grand-père d'Antoine Roland-Billecart. 
La fermentation malolactique n'est pas systématique, mais adaptée selon les récoltes et les cuvées. Si le rosé d'assemblage est devenu le symbole commercial de cette maison, il ne faut surtout pas négliger les autres cuvées, moins prévisibles, donc plus surprenantes.
1,5 à 1,7 millions de bouteilles sont annuellement élaborées, il n'y a aucun achat sur lattes, aucun achat de vins clairs, la signature Billecart-Salmon est une signature maison dont les caves et leur labyrinthe de 3 km veillent sur 5 millions de bouteilles.

Cuvée Brut Réserve - 16/20 selon le Guide Revel - 63,25 $ au Québec

40 % de vin de réserve (base 2010) - pn, pm, ch - 7 gr par litre
Un champagne qui a du corps, très expressif en bouche à travers des arômes qui pinotent (noyaux, canneberges, cerises) sans gommer la tension générale et les accents plus délicats d'amandes. C'est une cuvée gourmande grâce à son effervescence moelleuse, accrocheuse en bouche et soutenue en finale par un léger caractère épicé. L'accord avec un fromage de cave de type vieux cheddar ou parmigiano Reggiano se montre souvent original et adéquat. Essayez-le.

Cuvée Extra-Brut - 17/20 selon le Guide Revel - 74,75 $ au Québec

Une cuvée laissée en cave une année de plus que le Brut Réserve (4 ans et demi). L'attaque en bouche mord agréablement, les notes iodées sont présentes et pourtant, la caractère biscuité gagne rapidement - ce qui est rare pour un extra-brut -, tournoyant discrètement, dans une effervescence onctueuse. Curieusement court en finale ou peut-être dégusté trop rapidement, ce champagne s'est montré plus charmeur et plus long après l'avoir laisser s'oxygéner un quart d'heure dans le verre. Un extra-brut à la vinosité blonde établie pour une belle entrée de fruits de mer. Avis aux heureux dégustateurs donc.

Cuvée Blanc de Blancs - Brut - 17/20 selon le Guide Revel - 97 $ au Québec


C'est Antoine Rolland-Billecart qui a décidé de créer cette cuvée. Elle n'est composée que de grands crus.
Incisif et puissant, ce pur chardonnay a des accents d'eau-de-vie de poire et de mirabelle. Il est à la fois fin et solide, présente des bulles d'une finesse extrême qui pourtant ne provoquent pas de l'onctuosité, mais une texture enveloppante et longue en bouche grâce à une fraîcheur exemplaire, sans doute apportée par la vinification. On le privilégiera sur une entrée de crustacés ou simplement à l'apéritif.

Cuvée Brut Rosé - 16/20 selon le Guide Revel 2014  - 104,25 $ au Québec 

Produit depuis les années 1950, le Rosé de Billecart-Salmon fait partie des références champenoises dans la catégorie. Un style, selon moi, plus subtil que racé et plus délicat que corsé. Rien n'est exubérant au nez, tout est dans la suggestion et la discrétion : on décèle des notes de groseilles et de cake aux cerises. Le pinot noir est bien présent en bouche, par ses arômes de fruits rouges des champs, d'agrumes et de musc, la silhouette est plus tranchante que tapissante, les bulles sont fines, sans pour autant donner un volume trop crémeux. C'est un vin que les amateurs de rosés élégants et aériens apprécieront. 

Cuvée Brut sous Bois - 17/20 selon le Guide Revel- SAQ Signature au Québec à 102 $    

Le dernier né des vins de la maison est vinifié en barrique, puis élevé cinq années afin de lui donner de la chair. Il se montre expressif, confit dans les arômes de fruits, subtilement grillé dans les arômes d'élevage, toutefois moins que les premières cuvées expédiées lors de son lancement commercial; dans tous les cas charmeur et plein, et pourtant minéral dans l'expression de son enveloppe en bouche. La texture est satinée, construite par une effervescence soignée et onctueuse qui distille des notes tantôt exotiques, tantôt épicées pour finalement finir sa course sur une sensation gourmande avec quelques amers. Un champagne taillé pour la table, à la longueur aromatique remarquable.

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1 fév. 2018 par Monsieur Bulles
Cuvées Princes de De Venoge Peut-être davantage que d'autres appellations françaises, la Champagne a toujours été le témoin ou la victime des vicissitudes de l'histoire militaire de la France par sa position géographique. Aucune maison de champagne créée depuis les années 1730 n'a été épargnée. De Venoge est l'une de ses représentantes exemplaires d'une apogée, d'un déclin et d'une renaissance. Retour sur la famille De Venoge, originaire de Suisse et qui doit son nom à la rivière Venogiz.
Famille bourgeoise référencée dans les archives de Lausanne dès le XVIIème siècle, ses représentants sont tantôt magistrats, tantôt pharmaciens et pasteurs. C'est d'ailleurs le petit-fils de Pierre-Claude Devenoge, pasteur de son état dans le Canton de Vaud, qui immigra en France sous Louis XVIII, après avoir "fait ses classes" dans les affaires en Italie.

Henri-Marc De Venoge s'installe en France en 1825, à Mareuil sur Aÿ, à titre de commerçant pour y vendre draps et champagnes, comme de nombreux immigrés d'outre-Rhin. Ses affaires prospérant, il dépose son nom en 1837, date de naissance de la maison de champagne De Venoge. Ses marchés principaux seront alors la Belgique, l'Allemagne, la Suisse, le Danemark et l'Angleterre. 

Il se distingue au milieu du XIXè siècle en lançant des bouteilles qui présentent une étiquette ovale colorée du nom de la marque, la majorité des flacons de l'époque étant encore expédiée sans vignette. Seuls le nom du village, du millésime et/ou de la maison étaient mentionnés par un badigeon de chaux.

Ses fils Joseph et Léon seront les initiateurs de la reconnaissance internationale de la marque, Léon s'installant au États-Unis pour la développer. Les noms des cuvées toujours d'actualité sont lancées à cette époque : le Cordon bleu (1851) et le Vin des Princes (1858). Joseph sera président du tribunal de commerce d'Épernay jusqu'à son décès en 1866. 

Son fils Gaëtan qui l'avait rejoint 2 ans plus tôt à titre de directeur des exportations, visite souvent son oncle aux États-Unis. Le champagne De Venoge reçoit le Grand Prix de l'exposition universelle de Philadelphie en 1876, 4 ans après la fondation du Syndicat des Grandes Marques dont Gaëtan est l'un des instigateurs.

Sa fille, Yvonne, née en 1869, épousera le marquis Adrien de Mun. C'est sous la direction de ce dernier que la maison De Venoge passera le cap du million de bouteilles élaborées et qu'elle sera la marque des artistes parisiens en vue et de l'aristocratie française, lors des années folles. Jusqu'à cette époque, De Venoge - comme d'autres marques - est la digne représentante de la construction du champagne, de son établissement populaire et de sa prospérité. Elle témoigne véritablement de l'évolution économique de la société française et des tendances ludiques de l'hexagone. L'histoire du XXème siècle entérine ce constat. 

Les émeutes des années 1910 en Champagne et surtout La Grande Guerre n'épargnent pas la maison. Ses installations de vinification et son siège social sont détruits, elle perd progressivement ses marchés extérieurs, ne pouvant plus s'approvisionner auprès des vignerons. La crise des années 1930 qui suit, achève son déclin populaire, la production et les expéditions péricliteront jusque dans les années 1950. La famille De Venoge cédant la marque en 1958, celle-ci connaîtra alors l'instabilité au sein de plusieurs entreprises pendant 40 ans, avant de connaître une renaissance palpable grâce au groupe Lanson BCC qui la rachète en 1998.

Dirigée depuis 2005 par Gilles Morisson de la Bassetière, De Venoge renoue des liens solides avec ses marchés d'antan, la qualité de ses cuvées étant également un gage de fidélité retrouvée... 
Le siège social de la maison s'installe au 33, avenue du champagne à Épernay en 2015 et comme l'oenotourisme bat son plein, il est décidé que certaines dépendances du domaine seront converties en appartements et chambres de luxe pour accueillir les amateurs de bulles marnaises. 

Avant d'aller les découvrir sur place, je vous invite à déguster une ou plusieurs des 7 cuvées De Venoge, proposées au Québec. Les voici présentées:

Cordon Bleu - Brut - 54,75 $ :

Ronde grâce à une effervescence serrée et impétueuse en bouche, aérée par des flaveurs d'agrumes confits, cette cuvée se révèle onctueuse sans être trop riche avec une sensation mielleuse en finale qui en fait un champagne plus profond et complexe que les cuvées similaires des autres marques. Une grande et agréable surprise, digne d'un plat de poisson en feuilleté, par exemple.

Blanc de Noirs - Brut - 57,70 $

Un champagne qui pinote, qui sent les noyaux de fruits, démonstratif de sa puissance même si les arômes de levures au premier nez présentent la fraîcheur du terroir. Les bulles sont de calibre moyen, elles transportent dans leur légèreté quelques accents grillés séduisants. Je le préconise davantage sur un apéritif gourmand qu'un service à table.

Cordon Bleu - Brut 2002 - 77,25 $

À moins de 80 $, cette cuvée toujours disponible au Québec est une aubaine, car il n'y a pas de champagne millésimé 2002 de grandes maisons actuellement dans la province. Expressive et mature, elle présente des flaveurs de fruits secs, de toasts blonds, puis de tiramisu si vous la laissez s'ouvrir 15 minutes dans votre verre. Le rancio du temps passé est perceptible en bouche, le caractère vineux parcourt la dégustation, les bulles très fines l'accompagnent, on savoure. Digne d'un grand vin blanc, ce Brut 2002 prouve une fois de plus que le champagne se garde avantageusement et se partage aisément à table sur des mets raffinés. 

Princes - Blanc de Blancs - Brut - 95,75 $ :

Fermeté et vinosité sont les atouts de ce champagne au nez discret de macarons, de pommes vertes et d'agrumes qu'on retrouve en bouche dans un comportement tendu que seule l'effervescence crémeuse vient dompter. Juste assez sec et vif pour l'associer au plateau de fruits de mer.   

Princes - Blanc de Noirs - Brut - 95,75 $ : 

Fermeté et richesse pour cette cuvée où la finesse des bulles est exemplaire. Leur comportement noué, formant un volume compact, est exemplaire. Le vin pinote un peu (noyaux de cerises), les arômes de levures se laissent capter, la finale reste intense, on savoure en pensant qu'un feuilleté aux quenelles de veau serait le bienvenu.    

Princes - Rosé - Brut - 95,75 $ : 

Vinosité et tannins sont les deux caractéristiques de cette cuvée qui fleure bon les agrumes roses et l'acidité de petits fruits rouges. Dense, l'effervescence crée un volume à la fois aérien et tapissant qui équilibre le comportement quelque peu autoritaire. Un champagne taillé pour la table qui accompagnera aisément une souris d'agneau confite.  

Louis XV - Brut 1996 - 239,75 $

C'est en 2006 que cette cuvée de prestige nommée Louis XV  a été créée. Elle a remplacé une cuvée, autrefois appelée Grand Vin des Princes.  Prête à boire, elle est parmi les grandes cuvées de champagnes rares, issues d'un millésime synonyme de vivacité et d'endurance. Le premier nez rappelle la pâte à tarte, encore un peu la farine, la levure de boulanger, puis le lait aux amandes. L'aération offre des arômes plus séduisants de tarte au citron, puis de frangipane. L'attaque en bouche est encore tendue, le vin est étonnamment minéral, toujours axé sur les agrumes (citron et bergamote). 
Seul le comportement de l'effervescence nous rappelle que ce vin a plus de 20 ans: les bulles sont des perles, elles filent vers une finale peu nerveuse, mais riche et aromatique (beurre, orangette, noisettes). On devine encore une certaine tension qui complètera les quelques gouttes de citron sur une sole meunière, sur un homard au beurre blanc ou sur quelques ris de veau grillés. 
Somptueux dans tous les cas, ce vin est taillé pour un service à table.Blanc de Noirs de De Venoge

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24 jan. 2018 par Monsieur Bulles
Crayères chez Charles Heidsieck Oenotourisme, haute gastronomie et culture : 8 domaines viticoles et leurs caves, des dégustations quotidiennes de champagnes, les meilleures tables de la région (dont une étoilée), une croisière sur la Marne, une soirée au théâtre, une visite privée et commentée de la cathédrale de Reims et une multitude de surprises avec les vignerons, voilà ce que je vous propose pendant 10 jours ce printemps. Accompagnez-moi en Champagne, au mois d'avril, pour visiter des domaines habituellement non ouverts au public et partagez mon quotidien professionnel ! Une expérience unique vécue en petit groupe !

G. Revel
Renseignements, détails et tarif : Agence Régence au 514 284 3366

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17 jan. 2018 par Monsieur Bulles
La famille De Sousa La Champagne viticole actuelle présente autour de 500 hectares de vignes certifiées bio (AB); une centaine est en conversion. Qu'elles soient issues d'une maison, d'un récoltant ou d'une coopérative, on dénombre autour de 160 étiquettes Bio commercialisées, soit à peine 550 000 bouteilles. Pour être certifiés AB, les raisins doivent avoir atteint au moins leur 4ème vendange. Dans la vidéo ci-dessous, Éric De Sousa, propriétaire-vigneron à Avize, nous parle de la réalité Bio en Champagne

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12 jan. 2018 par Monsieur Bulles
H. Blin Rosé C'est en s'associant à 28 confrères récoltants, en 1947, qu'Henri Blin enregistre la coopérative qui porte son nom. Bénéficiant alors d'une quinzaine d'hectares, ceux-ci vont grossir avec le temps pour atteindre aujourd'hui 110 hectares que se partage une centaine d'adhérents qui mettent en avant le pinot meunier, majoritaire dans les cuvées de la marque. Installée au coeur de Vincelles, ce village est surnommé "le petit Aÿ" selon les notes de dégustation d'un chef de cave d'une grande maison, retrouvées par Tony Rasselet, l'oenologue de la coopérative.


Lieu : 5, rue de Verdun 
51700 Vincelles 

Commentaire de la cuvée Brut Rosé :

Le nez est expressif, axé sur des arômes de zestes de mandarines, puis de baies rouges, très nets qu'on retrouve dès l'attaque en bouche au sein d'une vinosité marquée et agréable; sans doute apportée par le pinot meunier majoritaire dans l'assemblage.

L'effervescence abonde, les bulles sont nouées quoique fugaces; elles construisent toutefois une texture satinée en belle harmonie avec les fins tanins perçus qui se laissent couronner en finale par une touche épicée originale. 
C'est un champagne rosé à la personnalité affirmée qui peut facilement passer à table.
À noter qu'il est très peu dosé (- de 3 gr).

Représenté au Québec par l'agence Le cellier des cigales.Étiquette
56,75 $ au Québec - Code SAQ : 13369093

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21 déc. 2017 par Monsieur Bulles
EBEO de VCP La décennie 2010 a vu la catégorie Extra-Brut se multiplier aussi bien sur le marché des mousseux que sur celui du champagne. Pour ce dernier, les grandes maisons ont dû suivre la tendance... Et comme souvent dans le cas d'une offre rapide à une demande insistante, les résultats ont été plus décevants qu'emballants. Cacique et classique de l'appellation, Veuve Clicquot était attendue dans le bain des faibles dosages; elle a curieusement pris son temps pour développer son Extra-Brut... Tout vient t-il à point à qui sait attendre ?
J'ai écrit il n'y a pas si longtemps un article intitulé Snobisme et Extra-Brut qui a provoqué quelques réactions dans le milieu de la restauration et de la sommellerie.  
Je dénonçais alors l'engouement aveugle de certains sommeliers pour des cuvées Extra-Brut ou Zéro Dosage qui, pour la plupart, sont des champagnes ou des mousseux élaborés en tant que Brut et qui, pour des raisons commerciales et de tendances, deviennent des Extra-Brut, alors que leur consistance de base ne permet pas une modeste sucrosité. 
Un bon champagne de la catégorie Extra-Brut doit avoir autant, sinon plus, de chair et d'énergie lorsqu'il est encore au stade de vin de cuvée. La seconde fermentation et le phénomène de l'autolyse ne feront que soutenir, voire exacerber ces deux facteurs. 
Dans le cas d'un Extra-Brut sans année, si l'énergie est apportée par le le vin de base - le plus jeune millésime -, la texture et les saveurs le seront surtout par les vins de réserve.

C'est pourquoi le dernier né de la famille Veuve Clicquot, l'Extra-Brut Extra Old est d'une rare profondeur et d'une exceptionnelle présence. Il répond certes, à la tendance actuelle, cependant, il n'a pas été improvisé. Son architecture a été pensée, ciblée et établie pour durer, pour devenir sans doute, rapidement, un classique sur l'échiquier de plus en plus vaste des champagnes Extra-Brut.

Bien sûr, c'est un vin sophistiqué, à l'assemblage de millésimes impressionnants que seule une grande maison dont les caves sont comme une banque de vieux vins, pouvait créer. 
Car ce sont bien ces vieux vins réunis qui permettent un faible dosage.

Au-delà des crus sélectionnés, voire même des pourcentages des cépages additionnés qui donnent un identité à un champagne, l'Extra-Old de Veuve Clicquot magnifie surtout la notion de vins de réserve à l'instar de la Grande Cuvée de Krug, qui exprime en plus, celle de la futaille. 

L'EBEO de VCP - un acronyme facile à retenir - est à aborder comme un grand vin blanc à part entière. Il faut donc le laisser respirer une fois versé dans le verre (surtout pas une flûte). 
Son effervescence construite comme un Satèn d'appellation Franciacorta, est à la fois suave et persistante. On déguste des chapelets de perles qui tournent en bouche tout en transportant des parfums confits. 
Alors qu'on serait en droit d'attendre un rancio d'évolution sur une telle cuvée, on est séduit par autant de fraîcheur de fruits jaunes et intrigué par les notes de levures de boulanger qui parcourent la dégustation, pour finir même, par des accents iodés. 
Ce sont là finalement des pointillés aromatiques très champenois qu'il faut découvrir à table, sur des ris de veau grillés, des cailles aux petits oignons caramélisés, une quenelle de brochet sauce Nantua ou une sole meunière.
Dans tous les cas de sa consommation, l'EBEO reste un champagne soigné, solide et charnel, un extra-brut réussi qui fait aimer les extra-bruts.

La bouteille dégustée a été dégorgée en juin 2016Jaune VCP
17/20 selon le barème du Guide Revel - 119,25 $ au Québec - Code SAQ : 13329905

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