25 mai 2018 par Monsieur Bulles
Pol Roger - bouchons et bouteille Laurent d'Harcourt, président du directoire de la maison Pol Roger, était de passage à Montréal en février dernier. Une courte visite pour présenter les dernières cuvées de « The world's most drinkable address », comme le disait sir Winston Churchill qui a été honoré par la création en 1984 d'une cuvée (Magnum 1975) qui porte son nom. À votre avis, combien de millésimes ont été déclarés pour cette cuvée de prestige ?


Cette cuvée a toujours été élaborée dans les meilleures années : 1979, 1982, 1985, 1986, 1988, 1990, 1993, 1995, 1996, 1999, 2000, 2002, 2004 et 2006. 

La maison Pol Roger, fondée en 1849, est l'une des dernières grandes maisons familiales champenoises dont la qualité des cuvées a toujours été constante. Longtemps cataloguée comme « British » dans son style, je pense que c'est davantage au fait qu'elle rayonnait sur le marché britannique, plutôt qu'à une vinosité puissante dont raffolent les amateurs anglais. 
Au cours des premières années de son établissement, elle vendait ses champagnes « sur lattes » (les bouteilles étaient réservées au moment de leur prise de mousse lorsqu'elles étaient encore couchées sur des lattes de bois dans les caves) aux marques négociantes déjà établies. 
Il fallut attendre 1876 pour que la famille Roger vende ses premiers flacons en Angleterre sous son nom (millésime 1865), grâce au négociant John Conrad Adolphus Reuss. 

L'actualité de la maison l'a d'ailleurs fait replonger dans le passé puisqu'en étudiant dernièrement la possibilité d'agrandir le site de production à Épernay, la direction est retombée sur la zone qui s'était affaissée en 1900, provoquant à l'époque l'ensevelissement d'un million et demi de bouteilles et de 500 tonneaux de vin ! 
Cette perte avait failli faire disparaître la marque dirigée alors par Maurice et Georges Roger, les fils de Pol Roger. 
C'est la solidarité entre familles de maisons de champagne qui avait permis à cette dernière de se reconstruire. 
On distingue aujourd'hui des bouteilles vides, cassées et intactes sur le chantier éventré, mais la prudence préconise d'abord une sérieuse étude du sol, un sondage méticuleux des lieux, avant d'envisager de remonter ces flacons centenaires. 

Pour Damien Cambres qui vient de succéder en tant que chef de cave de la maison à Dominique Petit, nul doute que 2018 sera parmi les grands millésimes de sa carrière !

Lieu : 1, rue Winston Churchill - 51200 Épernay  
Téléph
one : 03 26 59 58 00    

 Cuvée Pol Roger - Pure - Extra-Brut

 16/20 et 3 étoiles dans le Guide Revel 
    
L'assemblage des vins est identique au Brut Réserve de la maison, mais la provenance des crus est différente. Aucun dosage n'intervient lors du dégorgement. Le premier nez rappelle la farine, la levure de boulanger, puis il s'ouvre sur une minéralité plus classique, plus iodée. L'attaque en bouche est très fraîche, elle offre un vin sec, aux notes de tabac blond, très originales. Les bulles de calibre moyen sont en harmonie avec la rondeur de la texture qui offre en finale quelques notes citronnées vivifiantes. 
Une belle réussite dans cette catégorie de champagne qui s'est étoffée parmi les marques établies.   

Cuvée Pol Roger - Brut Réserve
16/20 et 3 étoiles dans le Guide Revel  
 
Classique dans sa facture dans le bon sens du terme, c'est à dire que cette cuvée s'illustre par l'équilibre de chaque niveau de dégustation. Nette sans être mordante à l'attaque, ronde sans être lourde en bouche grâce à une mousse à la fois compacte et légère, biscuitée sans être beurrée, sobrement parfumée (fleurs, poires, légère pointe graphite), finale brève et vivifiante, elle a tout pour ouvrir l'appétit et présente déjà la signature de la maison dans son enveloppe presque maltée et toujours imprégnante. 
Le Brut Réserve de Pol Roger est le genre de cuvée à avoir en permanence dans son cellier.

Cuvée Pol Roger - Brut Réserve 2008
16/20 - 2 étoiles et demi

Le fruité en bouche est plus rouge que blanc (raisins, groseille), alors que le nez se montre encore axé sur la levure de boulanger, la mirabelle, le malt blond. Il bouge beaucoup, il désoriente. Déconcerté, je laisse le vin se reposer dans le verre un bon quart d'heure.
Et je retrouve alors la signature de la maison : élégance et vinosité.
Un chablis grand crus d'une bonne dizaine d'années se présente alors moi; avec des bulles ! L'enveloppe citronnée habille une texture pleine et dense, aux arômes de tarte amandine, de poire chaude, puis de citron confit en finale. La vinosité de l'ensemble est blonde, c'est à la fois riche et digeste, c'est donc réussi, prêt à boire aujourd'hui avec un met qui lui ressemble. 
Homard au beurre blanc ? Ça tombe bien, c'est la saison !

Cuvée Pol Roger - Brut Réserve 2002 
18/20 et 4 étoiles dans le Guide Revel  

Commercialisé au bon moment, soit au printemps 2012 et dégusté une première fois en juillet de la même année, ce vin, en 2018, continue de donner l'impression qu'on entre dans une pâtisserie dès qu'on le porte à son nez. Son crescendo aromatique parle tout seul : tarte au citron, nougat, lait au miel, kouglof, orangettes, l'ensemble étant couronné par des effluves de four de boulanger en pleine cuisson ; le temps qui a passé l'a paré d'une texture soyeuse, illustrée par une effervescence dont les perles s'accrochent aux papilles tout au long de la dégustation. 
Un fin rancio d'évolution pointe en finale, quoi de plus normal ! 
Du grand champagne qu'on ne peut désormais trouver que dans les celliers des amateurs, prévoyants il y a dix ans...    

Cuvée Blanc de Blancs - Brut 2009
17/20 - 3 étoiles

Cette cuvée se montre délicate au premier nez (guimauve, mie de pain) pour se faire plus expressive et classique à l'aération (pâtisseries à base de frangipane, voire de vanille). Particulièrement fondante en bouche grâce à des bulles nouées,  la texture soyeuse procure un volume dense, voire charnel, qui donne l'impression d'une cuvée Sàten de Lombardie à la surpression de gaz peu élevée. Les arômes restent axés sur la pâte feuilletée, le beurre doux, les toasts blonds, tout est dans la suggestion, la subtilité, la délicatesse. 
C'est un champagne d'une très grande classe, prêt à être consommé sur une entrée aussi sobre et travaillée de crustacés, par exemple.

Cuvée Pol Roger - Brut Rosé 2008
17/20 - 3 étoiles
C'est pur, c'est mûr, c'est mature. Ce champagne s'exprime surtout sur les fruits rouges, sur la fraîcheur des fruits et la vinosité parle davantage que la complexité. Bref, ce vin a 10 ans, il est encore jeune, il s'exprime comme un ado, tantôt ferme, tantôt fragile. Les arômes typiquement champenois de pâtisseries sont encore discrets, on les frôlent, mais ils sont encore bousculés par l'énergie. Montrons nous patients et revenons-y dans quelques années... 
Amateurs de champagne, vous avez ici un rosé millésimé à glisser sur les clayettes.
 
Cuvée Pol Roger - Brut Rosé 2002 
18/20 et 4 étoiles dans le Guide Revel  
   
Comme de nombreux 2002, il se montre aujourd'hui mature avec une enveloppe très fraîche en bouche qui n'est pas celle d'une acidité permettant encore une longue endurance, mais celle du raisin juste vif et mûr offrant une sensation désaltérante. Le fruité est rouge (cerise, framboise), un peu fumé et zesté en finale. Le comportement des bulles est plus aérien que noué, elles apportent la fraîcheur dans la dégustation. C'est un champagne à la sobre vinosité, à la remarquable élégance. 
On passe à table ? Bar rayé à la Toscane par exemple.

Cuvée Sir Winston Churchill - Brut 2004
18/20 ou 4 étoiles

Ce vin est un ado. Certains vont penser que j'abuse et pourtant... Et pourtant, il a tout d'un jeune champagne : le fruité au nez plus blanc que jaune (farine de boulanger, poire, pomme), les arômes en bouche davantage boulangers que pâtissiers (baguette, mie de pain) et dès l'attaque, l'énergie l'emporte sur la plénitude. Seules les bulles qui sont en fait des perles formant une riche onctuosité indique le temps passé en cave et la grande éducation de cette cuvée. Car c'est un ado éduqué. Il est encore fougueux et démontre sa solidité. Représentatif du millésime de sa naissance, son potentiel d'endurance est encore grand. 
Certes, quelques accents maltés se laissent saisir en finale de dégustation, indiquant une légère évolution amorcée, toutefois, ce SWC 2004 séduira immanquablement vers 2024... et sans doute plus loin encore.

Cuvée Sir Winston Churchill - Brut 1999
19/ 20 ou 4 étoiles et demi

Dégustée une première fois en novembre 2012, redégustée en 2018, ce sont de véritables parfums de torréfaction qui s'offrent à nous sans même aérer le vin (malt de blé noir, tiramisu, capuccino). La texture en bouche est d'une suavité exemplaire, elle nous rappellerait presque un Puligny-Montrachet légèrement effervescent. L'ensemble est à la fois distingué et imposant (l'année solaire s'exprime encore), on est en présence d'un champagne qui nous fait penser au confort soigné des grands vins blancs. 
Un grand moment pour les réceptions mémorables.

Cave chez Pol Roger

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7 mai 2018 par Monsieur Bulles
Tribaut Rosé Brut Jean-Marie Tribaut dirige aujourd'hui cette maison léguée par ses parents Jean et Suzanne Tribaut. Avec son fils Sébastien, il gère la quarantaine d'hectares de vignes répartie sur les trois communes de Romery, Aÿ, Cormoyeux et Fleury-la-Rivière (25 hectares en propriété). Maison créée à la fin des années 1920 par Roger Tribaut et René Schloesser, elle est reconnue pour ses champagnes dont les vins de base passent un séjour en foudres de chêne, achetés il y a un siècle et dont la contenance peut atteindre 50 hectolitres.
Commentaire de la cuvée Brut Rosé :

Les pinots dominent nettement l'assemblage et s'expriment pleinement dans ce champagne à la vinosité marquée, qu'un fruité rouge rappelant une salade de framboises et de fraises, vient à la fois illustrer et rafraichir. 
Le dosage plus appuyé que sur d'autres champagnes est ici un soutien aromatique, il n'occulte pas la vivacité finale.
Les amateurs de rosé solide et expressif pour accompagner un plat consistant à table ont ici une aubaine, car pour ce tarif sur notre marché québécois, aucun autre champagne n'est comparable, actuellement.
L'apéritif avec cochonnailles variées, l'entrée avec un feuilleté de ris de veau, le plat principal avec des côtelettes d'agneau grillées ou le dessert avec un crumble de fraises sont quelques idées d'harmonies gagnantes !Contre-étiquette Tribaut Rosé
Code SAQ : 12653172 / 47 $

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26 avril 2018 par Monsieur Bulles
Platine de N. Maillart Vigneronne depuis Louis XV, la famille Maillart a, comme la majorité des récoltants champenois, distribué son raisin aux grandes maisons pendant des décennies avant d'élaborer elle-même ses vins. En 2003, Nicolas Maillart, représentant la neuvième génération a décidé de se lancer seul dans l'aventure de la production et du négoce (16 ha) en investissant dans une nouvelle cuverie, de nouveaux outils d'élaboration et une nouvelle façon de conduire la vigne. Quinze ans plus tard, il fait partie de cette relève dont on parle de plus en plus en Champagne.
Commentaire de la cuvée Platine Brut de N. Maillart :     

Subtilement anisé au premier nez, ce champagne se révèle davantage sur les fruits jaunes une fois en bouche et c'est surtout l'énergie que s'y dégage qui séduit, même si l'effervescence reste caressante et onctueuse. 
La maturité du fruit est expressive, les arômes sont subtilement boulangers, la vinosité est gourmande sans être lourde, le pinot noir domine l'assemblage par son bouquet et la structure qu'il anime; 
bref, c'est un bon champagne, accessible et impeccable pour un apéritif avec canapés variés. Contre étiquette de Platine de N. Maillart
15/20 dans le Guide Revel - 49,50 $ au Québec

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23 avril 2018 par Monsieur Bulles
Femme rosé 2007 de Duval-Leroy Trop de champagnes rosés ne sont que des blancs colorés, élaborés davantage pour les yeux que pour la bouche. Même glissés parmi des blancs dans les dégustations à l'aveugle, certains ne se démarquent pas. Les champagnes rosés qui se distinguent sont davantage ceux des récoltants que ceux des négociants. Toutefois, celui que je vous présente ici s'est posé en objecteur, reléguant peut-être mon analyse dans un tiroir... de sagesse ! Le Femme 2007 de Duval-Leroy est un électron libre et surtout, surtout, il m'a séduit parce que c'est un rosé à l'image des deux femmes qui sont derrière lui : solides, posées, établies.
Ces deux femmes se nomment Carol Duval-Leroy, propriétaire de la marque éponyme, et Sandrine Logette-Jardin, chef de cave de cette maison.  

Ensemble, elles construisent depuis plus de 25 ans, une gamme riche et précise qui, même si je pense que cette diversité peut dérouter le consommateur d'un point de vue commercial, témoigne de la mosaïque du terroir champenois - aussi varié que le Bourguignon voisin - qui n'a jamais été autant révélé depuis la dernière décennie, notamment par des récoltants inspirés et créatifs. 

La Champagne a vendu du champagne sans parler de son terroir pendant 100 ans, elle vend aujourd'hui son terroir en parlant de champagne. 
Duval-Leroy fait partie des rares marques qui suivent ce mouvement, logiquement initié et défendu par les récoltants.

Commentaire de la cuvée Femme 2007 Rosé Brut de Duval-Leroy :

Le couleur est orangée, intense; elle pourrait conditionner l'analyse olfactive et elle le fait, car ce champagne expose des notes de cognac et d'orangettes. Toutefois, après avoir laissé le verre s'aérer quelques minutes pour mieux y retourner, en rejetant cette influence visuelle, les parfums d'eau-de-vie et d'agrumes macérés se confirment.
En bouche, une vinosité presque bouzillonne s'installe : nette, énergique, rougeoyante, voire tannique. Elle est enveloppée par une fraîcheur d'agrumes pointue, celle de clémentines, de zestes de clémentines. 
Le cacao initialement perçu (orangettes) revient en finale, il indique l'âge du vin, le temps qui l'a façonné. C'est une sensation de torréfaction subtile.
Pas d'oxydation ou d'oxydatif en vue, juste quelques amers qui font les grands champagnes et cette puissance présente, mais contenue, intégrée, qui parcourt toute la dégustation.
On n'est plus dans l'univers du champagne, des bulles frivoles qui animent une texture, on est bien dans l'univers du vin, du grand vin de Champagne, ambassadeur d'un terroir.
À la fois énorme et somptueux, ce Femme Rosé de Saignée 2007 est un détour à faire... et à refaire, et à refaire.saignée 2007
19/20 selon le barème du Guide Revel - Femme 2000 Brut Blanc disponible en SAQ à 189 $

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19 avril 2018 par Monsieur Bulles
Brut de Lemaire Comme la plupart des familles qui possèdent du raisin en Champagne, les Lemaire ont été viticulteurs avant d'être vignerons. C'est à dire qu'ils ont vendu leurs raisins aux grandes maisons avant d'élaborer leur propre champagne. Agriculteur depuis la fin du 19ème siècle autour de Hautvillers, les Lemaire se sont lancés dans la grande aventure après la seconde guerre mondiale après avoir déménagé à Villers-sous-Châtillon. L'achat progressif de vignes a mené la famille à disposer aujourd'hui de 13 hectares qui comblent une palette classique de champagnes.
Commentaire de la cuvée Sélect Réserve Brut :

Le nez est expressif, à la fois malté et toasté, très champenois : des notes de pommes chaudes complètent celles de barres céréalières, de croûtes de pain chaud, puis de citron confit. 
On s'attend à déguster un vin riche et pourtant, dès l'attaque, ce sont justement les notes d'agrumes, discrètes au nez, qui apportent de la fraîcheur à un ensemble solide, permettant l'équilibre. 
Le dosage apparaît sensible, il soutient les arômes que le temps en cave a construit, sans freiner l'éclat fruité qu'un champagne doit offrir.
L'effervescence est réussie, les bulles abondent et persistent, elles créent la sensation crémeuse attendue et participent à l'harmonie générale.
C'est un champagne à l'architecture classique qui, par contre - ce qui est rare pour la cuvée locomotive d'une gamme - présente une structure suffisamment solide, parfumée et dense pour être présenté à table sur un plat consistant où l'agneau, voire le gibier, peuvent facilement l'accepter.
Bien entendu, les gourmands l'apprécieront aussi à l'apéritif !Contre étiquette Lemaire Brut
Importation privée au Québec : Sélections Fontaine (450 233 8070)

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16 avril 2018 par Monsieur Bulles
Joséphine 2008 de Joseph Perrier Cette cuvée se présente dans un flacon sérigraphié, inspiré d'une bouteille peinte et dorée à la main, au 19ème siècle, pour le mariage de Joséphine-Stéphanie Perrier, l'une des filles de Joseph Perrier. En raison de son coût, ce champagne ne sera plus élaboré pendant plusieurs décennies, toutefois, c'est au début des années 1980 que Jean-Claude Fourmon, propriétaire de la maison, décide d'en faire sa cuvée de prestige en sérigraphiant le décor. Relancée, en quelque sorte, en 1988, sur le millésime 1982, la cuvée Joséphine a la particularité d'être élaborée en jéroboam depuis quelques années. Il faudra attendre les années 2020 pour les voir sur le marché. Le millésime 2008 en bouteille classique est le neuvième déclaré, il est au Québec et fait partie des champagnes de prestige les plus abordables du marché.
Commentaire de la cuvée Joséphine 2008 de Joseph Perrier :

Globalement issue de chardonnay et pinot noir à parts égales (le pourcentage pouvant quelque peu varier selon la qualité des deux cépages), tout apparaît blond dans cette cuvée Joséphine 2008 : le nez délicatement malté qui rappelle un muesli de petit déjeuner, la bouche qui fleure des notes de citron confit et la finale florale qui indique un état de jeunesse encore palpable. 

Une décennie sur lattes a construit des perles effervescentes qui s'accrochent aux papilles et finalisent une agréable harmonie.

Un champagne qui, grâce à l'énergie et la suavité assemblées, peut facilement se glisser sur les clayettes d'un cellier, jusque 2023.

J'allais oublier : cette cuvée de prestige est moins dispendieuse au Québec qu'en France ! Pour une fois, profitez-en !Joseph Perrier
149,50 $ - Code SAQ : 11532168

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21 mars 2018 par Monsieur Bulles
Gold Brut de Armand de Brignac Cette marque, élaborée par la famille Cattier, est depuis quelques années associée à l'artiste rappeur et homme d'affaires Jay-Z (Shawn Carter pour l'état civil) qui, en 2006, avait utilisé le flacon dans l'un de ses clips. Il a racheté en 2014 la société Sovereign Brands, qui a le monopole mondial de sa distribution. Il y a beaucoup de bavardage autour de cette marque (10 % de la production du champagne Cattier); elle alimente les débats sur le bling bling qui entoure aujourd'hui certains vins, commercialisés comme des produits de luxe... Je retiens quand même que cette cuvée incarne l'esprit fondamental du champagne : l'assemblage.




C'est la mère de Jean-Jacques Cattier, Nelly Cattier, qui a créé le nom De Brignac dans les années 1950, 
inspirée par le personnage d'un roman qu'elle avait lu. Toutefois, le prénom Armand (petit-fils de Jean-Jacques) sera déposé plus tard afin d'éviter la confusion avec les villages Brignac situés en Corrèze, dans le Morbihan et dans l'Hérault. La forme de la bouteille a été dessinée par la maison Courrèges; l'as de pique est un clin d'oeil à la monarchie française. 

De nombreux consommateurs s'étonnent encore que l'accent soit mis davantage sur le contenant que le contenu dans l'univers contemporain du vin. Dans cet article sur la Dichotomie, publié il y a quelques mois, j'explique pourtant que la Champagne, dès ses premières bulles, a joué avec la superficialité et l'authenticité de son vin.

Commentaire de la cuvée Gold - Armand de Brignac - Brut

Le flacon doré compte pour 85 % de la production totale de la marque. 
Il offre un champagne à la vinosité expressive, à la fois exotique (fruits jaunes, canne à sucre, carambole) et subtilement boisée. Les notes pâtissières sont légères, elles se laissent gommer par une effervescence crémeuse et accrocheuse dont la finale pourrait être plus briochée si le temps en cave était allongé. 
C'est un excellent BSA qui, cependant, ne pourra jamais satisfaire les attentes du connaisseur exigeant, amateur de cuvée de prestige, parce que dans la société contemporaine des consommateurs mondains, le contenant supplantant toujours le contenu, ce dernier sera toujours négligé par les puristes.

Il reste actuellement au Québec 5 magnums (1,5 litre) de Gold Blanc Brut à 1009 $ le flacon, 7 jéroboams (3 litres) de Blanc de Blancs Brut à 3514 $ le flacon, un magnum Rosé Brut à 1578 $ le flacon et un mathusalem (6 litres) de Blanc de Blancs Brut à 10 506 $ le flacon !

Bling Bling le printemps est arrivé !Tarif Magnum Qc
Code SAQ : 11339149

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14 mars 2018 par Monsieur Bulles
Arômes du champagne Savoir distinguer les saveurs du temps qui passe... dans le champagne ! Car oui, le champagne est un vin qui se garde et pour mieux vous conseillez de tenter l'expérience de laisser des bouteilles dans votre cellier, durant quelques années, voici une idée de ce que vous dégusterez plus tard...


Dans l'univers des vins effervescents et en particulier dans celui du champagne, on parle de Blanc de Blancs lorsque le vin comporte essentiellement du chardonnay et de Blanc de Noirs lorsque le vin comporte surtout du pinot noir et/ou du pinot meunier. 
Si ces 2 catégories offrent évidemment deux palettes aromatiques et gustatives différentes, elles évoluent chacune de leur côté avec le temps qui passe et ce sont ces étapes que je vous présente ici, pour mieux apprécier la richesse du champagne. Sachant qu'en général, les bons champagnes non millésimés sont commercialisés 2 à 3 ans après leur élaboration, les fourchettes de durée mentionnées en tiennent compte.   

Blanc de Blancs: moins de 5 années après achat   

La robe sera de couleur ivoire à jaune très pâle aux reflets verts, le nez sera axé vers les fleurs blanches ou roses, les fruits blancs et jaunes acidulés et les notes herbacées. En bouche, l'acidité, la nervosité et la fraîcheur qui rappellent souvent le sel (minéralité) seront nettes et expressives. L'effervescence sera fougueuse ou aérienne.   

Blanc de Blancs: 5 ans à 9 ans après achat   

La robe présentera une couleur jaune or pâle, plus soutenu si le vin a connu un séjour en fût. Le nez sera axé sur les fruits blancs et jaunes très mûrs, quelques notes de fruits séchés se laissant facilement capter, un caractère qui rappelle le beurre frais et les pâtisseries feuilletées sera également perceptible. En bouche, l'acidité sera moins tranchante, toutefois décelable en finale de dégustation, le caractère de l'effervescence se fera plus charnel.   

Blanc de Blancs: au-delà de 9 ans après son achat.   

La robe présentera une couleur dorée aux reflets qui rappellent les nuances du bronze.  Le nez se montrera cuit ou grillé avec toutes les nuances également, en fonction de la nature de l'arôme perçu: pain, fruits, graines, noyau, pâtisseries, champignons, etc... En bouche, la texture sera ronde et enveloppante, elle pourra toujours être marquée par une fine acidité quand le vin sera de grande qualité. 

Blanc de Noirs: moins de 5 années après son achat  

La robe sera de couleur chair à jaune pâle aux reflets blonds, le nez sera axé vers l'anis, le fenouil, les feuilles d'arbustes, les baies rouges et les fleurs blanches. En bouche, l'acidité sera enrobée par la rondeur du vin. Les flaveurs pourront rappeler le thé aux fruits rouges, les agrumes confits, voire la réglisse. L'ensemble sera plus consistant que tendu, la texture sera accrocheuse.   

Blanc de Noirs: 5 ans à 9 ans après achat.     

Comme pour un Blanc de Blancs, la robe présentera une couleur jaune or pâle, plus soutenu si le vin a connu un séjour en fût. Le nez sera axé sur les fruits jaunes très mûrs, les petites baies rouges et les fruits secs tels que les amandes, les noisettes, voire les pistaches, ainsi que les céréales sucrées ou grillées. Si un caractère pâtissier se laisse saisir, il rappellera les tartes à la crème pâtissière et aux fruits blancs et les feuilletés peu beurrés. En bouche, les arômes seront légèrement toastés - plus blonds que bruns - ou cuits, la texture sera satinée et présentera une fine acidité dans son enveloppe.   

Blanc de Noirs: au-delà de 9 ans après son achat.   

La robe présentera une couleur dorée ou ambrée aux reflets qui rappellent les nuances du vermeil.  Le nez se montrera expressif, plus grillé que toasté, voire puissant et rappelant les eaux-de-vie. Les arômes seront légers ou marqués, souvent axés sur les fruits en compote, le miel, le sirop d'érable, les notes de  sous-bois, les feuilles mortes mouillées, les champignons, la torréfaction de grain. En bouche, la texture sera ronde et enveloppante, l'impression de plénitude et de gourmandise sera nette et longue.

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28 fév. 2018 par Monsieur Bulles
Brut Réserve de Picart-Thiout Comme de nombreux récoltants champenois, la famille Picart-Thiout garde une partie de sa récolte pour élaborer ses propres cuvées, tandis qu'une autre est vendue aux maisons ou aux caves coopératives de Champagne. Ce principe commercial permet une assurance financière pour le récoltant, une gestion simplifiée des stocks pour le négociant et un équilibre marchand de toute la filière champenoise : une recette qui fait le succès de cette dernière depuis quelques décennies.

Commentaire du Brut Réserve de Picart-Thiout :


J'ai dégusté ce vin à l'aveugle parmi d'autres cuvées dont certaines étaient millésimées. Toutes les catégories de champagne étaient représentées (B de B, B de N, Rosé, Extra-Brut, etc...). En relisant mes notes, c'est finalement celle-ci qui est sortie du lot.
C'est parce que le nez se montrait particulièrement intriguant, soit expressif et vineux, que je me suis renseigné sur l'assemblage de ce Brut Sans Année : 30 % du millésime 2004 la compose. 
C'est donc ce vin de réserve qui apporte une vinosité et une ampleur remarquables, créant ainsi un vrai champagne de table, véritablement établi pour être consommé sur un met aussi consistant.
Toutefois, on reste en Champagne, c'est-à-dire dans la fraîcheur des arômes (fruits blanc, baguette fraîche, levure de boulanger) et dans la souplesse au niveau du comportement du vin en bouche.
C'est, en quelque sorte, une cuvée "École", un champagne démonstratif des saveurs typiques de ce que doit être un Brut Sans Année. Simple, franc, pâtissier, bien fait et... champenois.
On peut découvrir cette cuvée à l'apéritif en l'accompagnant de canapés de son choix ou tenter l'expérience à table, sur une entrée de feuilleté de ris de veau, par exemple.

Contre-étiquette du Brut Réserve de P-T
16/20 selon le barème du Guide Revel / En IP au Québec auprès de l'agence Les oenophiles

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21 fév. 2018 par Monsieur Bulles
Horizontale de Billecart La maison célèbre ses 200 ans cette année. Elle s'est considérablement développée en Amérique du Nord, un marché de champagne plus ostentatoire que pointu où le bling bling prime davantage que l'authenticité. Et conquérir cette Amérique en mettant en avant l'être plutôt que le paraître est aussi l'une des qualités de Billecart-Salmon qui continue de faire des émules...
35 hectares en propriété, 75 hectares en fermage (location et contrôle de la vigne),175 hectares en approvisionnement (une trentaine de vignerons), autour de 250 ha en exploitation, voici globalement les chiffes qui établissent la maison basée à Mareuil-sur-Aÿ depuis 1818.

Les fondateurs de cette maison Nicolas-François Billecart et sa femme Élisabeth Salmon, encadrés par le frère de cette dernière, Louis Salmon, ont toujours conservé un aspect artisanal dans l'élaboration perfectionniste de leurs champagnes, déjà très appréciés des connaisseurs au XIXème siècle. Toujours familiale et indépendante (actionnariat de 45 % du groupe Frey par le biais de Montebello Domaines depuis 2005), elle est aujourd'hui présidée par François Roland-Billecart qui représente la 6e génération. A ses cotés, Alexandre Bader est à la direction générale et Antoine Roland-Billecart, le frère de François, à la direction générale adjointe en charge de l'export. Ce dernier est Commandeur de l'Ordre des Coteaux de Champagne depuis mars 2015.

Chaque parcelle est vinifiée séparément (200 cuves en acier inoxydable). 
17 hectares de pinot noir (50 ans d'âge en moyenne) sur Aÿ, Ambonnay et Mareuil sont consacrés au vin rouge pour la cuvée Rosé. La stabilisation par le froid afin de clarifier le moût est employée depuis les années 1950, une méthode utilisée pour la première fois en Champagne par le grand-père d'Antoine Roland-Billecart. 
La fermentation malolactique n'est pas systématique, mais adaptée selon les récoltes et les cuvées. Si le rosé d'assemblage est devenu le symbole commercial de cette maison, il ne faut surtout pas négliger les autres cuvées, moins prévisibles, donc plus surprenantes.
1,5 à 1,7 millions de bouteilles sont annuellement élaborées, il n'y a aucun achat sur lattes, aucun achat de vins clairs, la signature Billecart-Salmon est une signature maison dont les caves et leur labyrinthe de 3 km veillent sur 5 millions de bouteilles.

Cuvée Brut Réserve - 16/20 selon le Guide Revel - 63,25 $ au Québec

40 % de vin de réserve (base 2010) - pn, pm, ch - 7 gr par litre
Un champagne qui a du corps, très expressif en bouche à travers des arômes qui pinotent (noyaux, canneberges, cerises) sans gommer la tension générale et les accents plus délicats d'amandes. C'est une cuvée gourmande grâce à son effervescence moelleuse, accrocheuse en bouche et soutenue en finale par un léger caractère épicé. L'accord avec un fromage de cave de type vieux cheddar ou parmigiano Reggiano se montre souvent original et adéquat. Essayez-le.

Cuvée Extra-Brut - 17/20 selon le Guide Revel - 74,75 $ au Québec

Une cuvée laissée en cave une année de plus que le Brut Réserve (4 ans et demi). L'attaque en bouche mord agréablement, les notes iodées sont présentes et pourtant, la caractère biscuité gagne rapidement - ce qui est rare pour un extra-brut -, tournoyant discrètement, dans une effervescence onctueuse. Curieusement court en finale ou peut-être dégusté trop rapidement, ce champagne s'est montré plus charmeur et plus long après l'avoir laisser s'oxygéner un quart d'heure dans le verre. Un extra-brut à la vinosité blonde établie pour une belle entrée de fruits de mer. Avis aux heureux dégustateurs donc.

Cuvée Blanc de Blancs - Brut - 17/20 selon le Guide Revel - 97 $ au Québec


C'est Antoine Rolland-Billecart qui a décidé de créer cette cuvée. Elle n'est composée que de grands crus.
Incisif et puissant, ce pur chardonnay a des accents d'eau-de-vie de poire et de mirabelle. Il est à la fois fin et solide, présente des bulles d'une finesse extrême qui pourtant ne provoquent pas de l'onctuosité, mais une texture enveloppante et longue en bouche grâce à une fraîcheur exemplaire, sans doute apportée par la vinification. On le privilégiera sur une entrée de crustacés ou simplement à l'apéritif.

Cuvée Brut Rosé - 16/20 selon le Guide Revel 2014  - 104,25 $ au Québec 

Produit depuis les années 1950, le Rosé de Billecart-Salmon fait partie des références champenoises dans la catégorie. Un style, selon moi, plus subtil que racé et plus délicat que corsé. Rien n'est exubérant au nez, tout est dans la suggestion et la discrétion : on décèle des notes de groseilles et de cake aux cerises. Le pinot noir est bien présent en bouche, par ses arômes de fruits rouges des champs, d'agrumes et de musc, la silhouette est plus tranchante que tapissante, les bulles sont fines, sans pour autant donner un volume trop crémeux. C'est un vin que les amateurs de rosés élégants et aériens apprécieront. 

Cuvée Brut sous Bois - 17/20 selon le Guide Revel- SAQ Signature au Québec à 102 $    

Le dernier né des vins de la maison est vinifié en barrique, puis élevé cinq années afin de lui donner de la chair. Il se montre expressif, confit dans les arômes de fruits, subtilement grillé dans les arômes d'élevage, toutefois moins que les premières cuvées expédiées lors de son lancement commercial; dans tous les cas charmeur et plein, et pourtant minéral dans l'expression de son enveloppe en bouche. La texture est satinée, construite par une effervescence soignée et onctueuse qui distille des notes tantôt exotiques, tantôt épicées pour finalement finir sa course sur une sensation gourmande avec quelques amers. Un champagne taillé pour la table, à la longueur aromatique remarquable.

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