20 déc. 2019 par Monsieur Bulles
rd 2002 bollinger En matière de champagne, 3 grandes maisons ont eu les faveurs de James Bond. La sortie de "Mourir peut attendre" en 2020, le 25ème opus de la série, sera l'occasion de découvrir de quel champagne se délectera l'espion au noeud papillon. En attendant, si on révisait un peu...?
On notera d'abord que l'une des dernières versions pour le cinéma nommée « Casino Royale » est en fait le premier essai écrit de l'auteur, Ian Lancaster Fleming, qui se fit connaître par ce titre en 1958. L'adaptation pour le grand écran de ce titre en 2006 était le 21ème opus des James Bond. 

En 2015, c'était le 24ème James Bond titré Spectre, réalisé par Sam Mendès, qui fut projeté en salle. 
Le dernier essai écrit par l'auteur fut « L'homme au pistolet d'or », il date de 1964. 
La série fut lancée en 1962 avec le fameux « Docteur No ». 
Toutefois, on oublie souvent que cette série fut d'abord adaptée en bandes dessinées par le Daily Express en 1958. 
C'est le dessinateur John McLuski qui croqua pour la première fois la silhouette de James Bond selon les critères de l'auteur. 
L'acteur Sean Connery en fut sa plus fidèle copie plastique parmi les comédiens qui ont interprété l'espion.    

Voici les cuvées par ordre d'apparition à l'écran:

Docteur No (1962) de Terence Young : Dom Pérignon 1955 (James Bond mentionne le 1953 comme étant son préféré)   

Bon baiser de Russie (1963) de Terence Young : Comte de Champagne de Taittinger (curieusement, pas de millésime mentionné)   

Goldfinger de Guy Hamilton (1964) : Dom Pérignon 1953   

Opération Tonnerre de Terence Young (1965) : Dom Pérignon 1955   

On ne vit que deux fois de Lewis Gilbert (1967) : Dom Pérignon 1959   

Au service de sa Majesté de Peter Hunt (1969) : Dom Pérignon 1957   

Les diamants sont éternels (1971) de Guy Hamilton : Bollinger est mentionné dans la nouvelle (écrite), pas dans le film.   

Vivre et laisser mourrir de Guy Hamilton (1973) : Bollinger sans précison de cuvée   

L'homme au pistolet d'or (1974) de Guy Hamilton : Dom Pérignon 1964 (James Bond dit qu'il préfère le Dom Pérignon 1962)   

L'espion qui m'aimait (1977) de Lewis Gilbert: Dom Pérignon 1952 (seulement mentionné)   

Moonraker de Lewis Gilbert (1979) - Cuvée Bollinger R.D. 1969   

Rien que pour vos yeux de John Glen (1981) : Aucun champagne, James Bond commande du vin grec.   

Octopussy de John Glen (1983) : Cuvée R. D de Bollinger sans mention de millésime. 

Dangereusement vôtre de John Glen (1985) - Cuvée R.D. 1975 de Bollinger   

Tuer n'est pas jouer de John Glen (1987) : Cuvée R. D. 1975 de Bollinger   

Permis de tuer de John Glen (1989) : Cuvée R.D 1979 de Bollinger   

L'oeil de feu de Martin Campbell (1995) : Bollinger La Grande Année 1988   

Demain ne meurt jamais de Roger Spottiswoode (1997) : Bollinger La Grande Année 1989   

Le monde ne suffit pas de Michael Apted (1999) : Bollinger La Grande Année 1990   

Meurs un autre jour de Lee Tamahori (2002): Bollinger Spécial Cuvée (JB demande un 1961) et La Grande Année 1995 de Bollinger   

Casino Royale de Martin Campbell (2006) - Cuvée La Grande Année 1990 de Bollinger   

Quantum of Solace de Marc Forster (2008) : Cuvée La Grande Année 1999 de Bollinger   

Skyfall (2012) de Sam Mendès : Cuvée R. D. 1997 de Bollinger

Spectre (2015) de Sam Mendès : Cuvée R. D. 2002 de Bollinger

Haut de page

18 déc. 2019 par Monsieur Bulles
d'arapri brut C'est l'histoire de trois amis musiciens de jazz (Girolamo D'Amico, Louis Rapîni et Ulrico Priori) persuadés que l'Italie du Sud - en l'occurence les Pouilles qui les ont vu naître - est capable de faire d'excellents mousseux et qui décident, en 1979, de se lancer dans l'aventure de la seconde fermentation bouteille ! 40 ans plus tard et 100 000 bouteilles annuellement produites, leurs cuvées prouvent qu'ils avaient raison : les bulles D'Arapri sont devenues des références européennes en la matière, que le consommateur hors d'Italie ignore pourtant...

Commentaire de la cuvée D'Arapri - Brut :

La cuvée d'entrée de gamme de D'Arapri donne immédiatement une idée de la qualité des grandes soeurs millésimées, rosées et de la Dama Foresteria, la cuvée dite de prestige, car dès l'attaque en bouche, on perçoit l'originalité, la franchise et le travail en cave :
l'originalité par l'emploi pertinent du bombino blanc, cépage local à l'acidité marquée, assemblé ici au pinot noir structurant et bouqueté; 
la franchise parce que le fruité frais d'agrumes jaunes est d'une rare pureté; et finalement, le travail en cave parce que la texture perlante et riche, où s'entremêlent des notes boulangères, signent un élevage conséquent et patient, pour que ce vin nous soit livrer à point.
Bref, ce D'Arapri Brut Metodo Classico donne envie d'en reprendre et surtout, de mieux connaître toute la gamme du trio des Pouilles et c'est bien là l'essentiel !
Indisponible au Québec jusqu'à aujourd'hui. Autour de 23 $ en Europe.

Haut de page

17 déc. 2019 par Monsieur Bulles
orpale 2002 Peu médiatisée, cette marque appartient à la cave coopérative Union Champagne, laquelle regroupe 13 coopératives (1250 hectares) qui offrent aussi leurs vins et leurs services à d'autres marques en Champagne. De Saint Gall présente des cuvées aussi abordables que remarquables. Située dans la Côte des Blancs, elle privilégie le chardonnay dans l'élaboration des vins de sa gamme. Absente du Québec depuis 2010, mon souhait de la voir revenir a été exhaussé... À 50 $, le Blanc de Blanc 1er cru est enfin chez nous, toutefois, c'est la cuvée de prestige millésimée Orpale qu'il ne faut pas manquer. Car même à 145 $, c'est une aubaine !
Dans un article où je défendais la cause, souvent négligée, des coopératives, j'ai mentionné le millésime 1996 de la maison De Saint Gall qui s'était distingué dans une dégustation comparative de prestige.
Je pense sincèrement que si je glissais le millésime 2002 de la cuvée Orpale dans le même genre de banc d'essai, l'effet serait identique.
Il ne reste qu'une centaine de bouteilles au Québec de ce millésime et à ce prix, c'est une aubaine !

Commentaire de la cuvée Orpale 2002 de De Saint Gall :

Le nez est particulièrement expressif, il rappelle un macaron au café, puis une galette des rois où la frangipane abonderait... 
En bouche, le vin est torréfié dans le bon sens du terme : pas de notes brulées, seulement le souvenir d'arômes de café au lait, voire de yaourt au café.  
Les bulles sont menues et toujours nerveuses, la texture est dense, on est en présence d'un très grand champagne qui rappelle certains vins blancs de Beaune d'une quinzaine d'années.
La finale aromatique qui offre des notes de tiramisu avec une pointe d'amertume de zestes d'oranges concrétise le jeu de séduction. En apéritif pour ouvrir une soirée particulière ou à table avec un met aussi somptueux, ce vin marquera la mémoire de vos invités.
Une bouteille de luxe... abordable, dans le Top 5 des champagnes issus du millésime 2002, disponible en SAQ.
Étiquette Orpale 2001
En vente en ligne au Québec : cliquez sur le lien ci-dessous. / Code SAQ : 10839686 / 145,75 $

Haut de page

13 déc. 2019 par Monsieur Bulles
crémant et champagnes A3 Quebec, l'association des agences d'importations de vins et d'alcools au Québec invitait dernièrement la presse spécialisée à déguster une cinquantaine de vins effervescents disponibles pour les fêtes de fin d'année. Dégustés à l'aveugle, voici la douzaine de mousseux et de champagnes qui m'a le plus séduit.
Nino Franco Nino Franco Prosecco Brut - Italie
Code SAQ 00349662 , 11,0%, 21,75 $ , 9.9 g/L 

Représenté par : Montalvin
Cépage : 100% glera


Sans aucun doute le prosecco le plus pimpant du marché Québécois à l'heure actuelle qui, malgré un dosage apparemment élevé, n'a aucune lourdeur en bouche et offre les arômes de fruits blancs attendus avec une touche zestée en finale qui donne le goût d'en reprendre. Et grâce à ses qualités, l'apéritif peut s'éterniser...

Casa Ermelinda Freitas / Espumante Bruto / Peninsule de Setúbal, Portugal
Code SAQ 14222616, 12,0%, 17,55 $ , 6.9 g/L
Représenté par : Réseau International Global Vins & Spiritueux
Cépage : 85% fernao pires, 15% arinto


Une belle surprise plus florale que fruitée à l'analyse olfactive et qui surprend dès l'attaque en bouche par un côté un tantinet muscaté. Il désoriente agréablement et sa construction soignée offre une effervescence légère, quoique perdurante. À moins de 18 $, ce nouveau venu du Portugal va faire mal à la concurrence...

U Mes U Fan Tres - Cygnus - Brut Nature Reserva / Bio / Espagne 
Code SAQ 13566783  / 11,5%, 19,60$ / 3.1g/L 
Représenté par : Bambara Sélection
Cépage : Xarel-lo, maccabeu, parellada


Beau fruité jaune au nez avec la typique note d'hydrocarbure de l'appellation Cava qui, en bouche, surprend par la maturité du fruit. C'est frais et vif, tout en étant plein. Bref, l'équilibre d'un bon et simple mousseux à moins de 20 $. Le genre de bouteille qu'on peut acheter à la caisse pour l'année à venir... 

Juvé Y Camps - Reserva de la Familia 2016 / Espagne 
Code SAQ 10654948 / 12,0% / 22,55$ / 3.2g/L 
Représenté par : Vins Balthazard
Cépage : xarel-lo, maccabeu, parellada, chardonnay


Jolie nez de poire, puis de pâte brisée à l'aération, tout apparaît délicat et cela se confirme à l'attaque en bouche, même si un soupçon citronné vient titiller les papilles. La texture est aérienne, les notes de poires reviennent en finale et l'on pense au bouquet de crevettes qui pourrait facilement l'accompagner. 

Bodeguas Sumarroca - Brut Nature - Gran Reserva 2015 - 
Espagne 
Code SAQ 1340892 / 12,0% / 17,55$ / 3.2g/L 
Représenté par : réZin

Cépage : macabeo, parrellada, chardonnay

Le nez rappelle les biscuits Speculoos, un petit côté grillé apparaît aussi. Les arômes sont multiples, un léger rancio se laisse capter et pourtant le fruité blanc est encore là, à l'aération. Ce mousseux déroute et séduit en bouche grâce à une texture suave, mature où tout est sec, donc rafraichissant, avec de beaux amers qui parcourent la dégustation. Et lorsqu'on découvre un Cava à moins de 18 $, on se dit que l'appellation qui subit actuellement une crise d'identité, peut facilement s'en sortir avec ce genre de cuvée. Les amateurs vont adorer.

Maison Joseph Cattin  - Brut Cattin - Crémant d'Alsace - France
Code SAQ 14209462 / 12,0% / 19,95$ / 8.4g/L 
Représenté par : Tocade
Cépage : pinot auxerrois, pinot blanc


Poires, pommes, biscuits sablés dans le crescendo d'aération au nez, puis un côté plus fruité que minéral à l'attaque en bouche : ce crémant joue la carte du dosage qui soutient les arômes de salade de fruits blancs, sans les effacer. À la fois fondant et rafraichissant, c'est un 20 $ bien investi.

Pierre-Marie Chermette (Domaine du Vissoux) - Crémant de Bourgogne Brut - France  
Code SAQ11537073 / 12,0% / 26,95$ / 11g/L 
Représenté par : Le Maître de Chai
Cépage : 100% chardonnay


Le premier nez est expressif et l'on pourrait facilement penser qu'on est dans la Marne... Je l'ai cru puisque je dégustais à l'aveugle. Quelle agréable surprise de découvrir un crémant de Bourgogne d'une telle facture : sec et gourmand à la fois en bouche, grâce à un rancio d'évolution charmeur, des notes de baba au rhum et une texture dense, composée de perles vivaces... Chapeau bas ! 
Ce crémant de Bourgogne est parmi les meilleurs de notre marché !

Champagne Nominé-Renard - Brut - Blanc de Blancs 
Code SAQ 13622790 / 12,0% / 44,25$ / 7.8g/L 
Représenté par : Sélections Vincoeur
Cépage : 100% chardonnay

Les arômes rappellent d'abord la levure de boulanger, la guimauve, puis la poire dont on retrouve le fruité blanc délicat dès l'attaque en bouche. Plus champenois après quelques minutes dans le verre, la minéralité s'accroche aux papilles et l'on y perçoit les classiques notes pâtissières, toutefois délicates et fraîches. Les huîtres seront les bienvenues en apéritif et si vous aimez le fromage, découvrez-le avec un chèvre frais.

Pierre Gimonnet & Fils - Premier Cru Cuis - Blanc de Blancs
Code SAQ 11553209 / 12,5% /  66,75$ / 7g/L 
Représenté par : réZin
Cépage : 100% chardonnay


Tout est délicat dans ce vin, les arômes comme le comportement. On découvre d'abord des notes de fenouil, puis celles de poires, de pommes pour enfin y apprécier de légers accents maltés et pâtissiers. Il rappelle un jeune chablis à la tension prometteuse pour envisager un passage en cave de quelques années. Juste assez minéral pour un carpaccio de pétoncles citronnés, quelques tranches de saumon peu fumées ou un soufflé au fromage cheddar. 

Champagne Joseph Perrier - Esprit de Victoria 
Extra-Brut Blanc de Blancs 2010
Code SAQ 13557887 et 12285883, (Produit signature) / 12,0% / 109,75 $ / 5 g/L

Représenté par : Vintage & Associés
Cépage : 100% chardonnay


Ce champagne est aussi discret au nez qu'expressif en bouche. Déroutant donc, il séduit par le crescendo des parfums qui parcourent les papilles : citron confit, riz au lait, crème pâtissière, croissant, puis un léger rancio d'évolution si on y revient après un quart d'heure... 
L'effervescence a été gagnée par le temps, elle est veloutée et longue, la finale aromatique rappelle certains chardonnays bourguignons à la fois pleins et tendus. Ce champagne est taillé pour une entrée savoureuse à table, à base d'un feuilleté assez beurré.

Champagne Drappier - Brut Nature - Pinot Noir Zéro Dosage 
Code SAQ 11127234, 12,0%, 52,00$, 3.9g/L 
Représenté par : Amphora Vins Fins & Spiritueux
Cépage : 100% pinot noir


Pâtissier au nez quoique le fruité blanc se laisse saisir, ce champagne est mordant à l'attaque, puissant en bouche, expressif et persistant dans les arômes où le fruité rouge efface alors le blanc perçu au nez.  Une vraie vinosité blonde parcourt la dégustation, sans rancio, il donne envie de manger, il donne faim et on peut facilement le prendre à table ou à l'apéritif avec des canapés variés, évidemment faits maison !

Louis Roederer - Brut rosé 2013
Code SAQ 368415 / 12,0% / 102,50 $  / 10 g/L 
Représenté par : Authentic Vins & Spiritueux
Cépage : pinot noir, chardonnay


Un rosé plus élégant que consistant au premier abord, où le fruité l'emporte sur le biscuité. Pêches et fraises des bois se laissent capter, quelques amers tournent en bouche, un côté épicé apparaît, le pinot s'installe, domine le chardonnay et pourtant, on retient davantage l'élégance, la jeunesse, la tension et la fraîcheur en finale plutôt que la fermeté, la vinosité rouge et la plénitude. Ce champagne traverse, selon moi, une phase de dormance : il plaît, mais il plaira davantage dans 4 ou 5 ans, lorsque sa fougue aura laissé la place à l'ampleur. 
On peut évidemment l'apprécier dès aujourd'hui avec un tartare de saumon relevé d'épices cajun, un tataki de thon aux graines de sésame ou une simple entrecôte de boeuf grillée sans sauce, juste avec un peu de fleur de sel et du poivre.prosecco, cava et crémant
Merci à A3 Québec pour l'organisation de cette dégustation

Haut de page

12 déc. 2019 par Monsieur Bulles
Vin rouge mousseux d'Émilie-Romagne en Italie, le lambrusco se définit sous plusieurs catégories d'effervescence et de dosage, ce qui parfois, peut dérouter le consommateur. La capsule vidéo ci-dessous éclaircit sa complexité et vous donne envie de le découvrir...

Haut de page

8 déc. 2019 par Monsieur Bulles
ploeuz jacquemart ext b Cette maison familiale vient de fêter ses 80 ans. Administrée jusqu'en 1975 par Gérard et Marcel Ployez-Jacquemart, les fils du couple fondateur, elle s'enorgueillit d'un magnifique site hôtelier qui appartient depuis 2004 au Groupe Prieux, lequel a su remarquablement donner un second souffle commercial de qualité à la marque. Laurence Ployez est à la tête de cette maison qui dispose de 3 hectares de vignes (1/3 de l'apport total). Travaillées de façon traditionnelle, les 100 000 bouteilles de champagnes écoulées annuellement, sont élevées sur pointe et remuées manuellement. Ployez-Jacquemart fait partie de ces marques aussi discrètes que leurs cuvées sont éclatantes. C'est le cas ici, avec une entrée de gamme extra-brut au tarif, qui plus est, remarquable, à connaître absolument.
Commentaire de la cuvée Extra Quality Brut de Ployez-Jacquemart :

Particulièrement expressif au premier nez, axée sur des notes de pain au lait, voire de riz au lait, puis sur celles de brioche à l'aération, cette cuvée Extra Quality Brut joue immédiatement la carte de la séduction et la poursuit en bouche par une attaque également pâtissière, toutefois acidulée, comme une tarte au citron qui tapisserait nos papilles.
L'effervescence est aérienne, rafraichissante, davantage en harmonie avec le fruité jaune et vif ressenti que le caractère évolutif de la construction du champagne.
Bref, l'équilibre parfait entre fraîcheur et maturité pour une cuvée au dosage si peu élevé.
Champagne d'apéritif évident, à apprécier seul pour en parcourir les qualités et si vous tenez à l'accompagner avec quelques bouchées, il a suffisamment de tension pour soutenir huîtres, cuiller de salicornes, brouillade d'oursin ou pétoncles en carpaccio citronnés.
Bon appétit !

La cuvée Passion et la cuvée Extra-Brut Rosé de la même maison sont mentionnées dans le livre "Champagnes, guide et révélations" de G. Revel
Code SAQ : 14088841 / 51,50 $ / Produit représenté au Québec par l'agence BMT

Haut de page

7 déc. 2019 par Monsieur Bulles
Volaille et Champagne - © Photo Philippe Exbrayat - Comité Champagne L'idée reçue que le champagne n'est pas un vin de garde est tenace. Elle est due à l'histoire commerciale du champagne puisque ses élaborateurs (récoltants et maisons) ont toujours vendu leur vin "prêt à boire", négligeant ou soustrayant, à dessein, son potentiel d'endurance et de bonification en cellier domestique. Pourquoi ? Parce qu'avec la production qui va s'accroître et les marchés qui vont s'ouvrir au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, la Champagne va véhiculer - comme au XIXème siècle - le champagne plaisir, le champagne festif et frivole, donc le champagne qui précède la table plutôt que celui qui l'accompagne...
Pourtant, le champagne se garde avantageusement et le champagne est l'un des meilleurs vins taillés pour la table. Mais, il n'a jamais été vendu en tant que tel.

Si, en effet, toutes les cuvées de champagne sont prêtes à boire dès leur commercialisation, certaines gagnent à être attendues selon les caractéristiques gustatives qu'on s'attend à découvrir. Les cuvées issues d'un seul millésime, de prestige ou non, ont généralement des potentiels de garde de plus de 20 années. Et certains BSA s'améliorent nettement avec le temps...

Un grand champagne évolue comme un grand vin de bourgogne blanc. 
Si un Puligny-Montrachet peut être attendu 20 ans, pourquoi un grand cru d'Aÿ ou de Cramant ne pourrait-il l'être également ?

Les maisons de champagne véhiculent depuis peu cette réalité. Les arguments de vente de leurs commerciaux visent aujourd'hui davantage la table que la fête: le champagne est avant tout un vin blanc dont les paliers d'évolution gustative s'accordent adéquatement à table, sur des mets précis et travaillés. 

Cependant, les publicités de champagne "popé" ont été tellement efficaces pendant un siècle que le produit est devenu naturellement, génération après génération, le détonateur de la fête ou le symbole de son accomplissement : on ouvre le champagne à l'apéritif ou au dessert, mais il n'accompagne pas le repas.

Les bulles sont demandées dans le monde entier; les marchés asiatiques, russes et sud-américains se développent de façon exponentielle, au point que l'offre ne répond déjà plus à leur demande. Le Prosecco et le Cava ont tellement accru leur production pour y répondre qu'ils en oublient actuellement leur identité. 
Les mousseux de toute sorte se multiplient sur des appellations de vins a-priori tranquilles qui justifient leur acte de naissance pétillant à travers des arguments plus stériles que sincères. Pourquoi ? Parce qu'il y a des marchés à conquérir.

Quelle est la parade pour la Champagne ?

Pour mieux démontrer les effets agréables du temps sur leurs vins, certaines maisons de champagne mettent en marché de vieux millésimes tardivement dégorgés, des assemblages longtemps conservés ou vendent leurs cuvées millésimées avec une invitation à l'attendre quelques années avant sa consommation.

Cette mise en marché de flacons spéciaux est encore secondaire, certes. Elle est périphérique à la vente traditionnelle du champagne "à poper". Toutefois, cette mise en marché est pédagogique, et sans doute stratégique à long terme. En effet, si l'avantage de la Champagne sur les appellations de vins tranquilles, est qu'elle peut laisser mûrir son vin dans ses caves pour l'offrir à point au consommateur, elle doit, pour des raisons économiques, vendre du vin pour amortir cette attente et vendre l'esprit de la fête pour rassurer la filière.

Que peut-elle donc faire face aux autres bulles ?
S'étendre pour accroître sa production ? C'était prévu depuis 10 ans. La Champagne viticole devait couvrir 45 000 hectares en 2025. Ses représentants viennent d'émettre un statu quo. Dossier à suivre...
Augmenter ses rendements ? Ils sont déjà suffisamment élevés.  
Bousculer son cahier des charges en matière de vente de bouteilles proportionnellement au stockage ? Ce serait la révision de l'identité même du vin de Champagne. 

Que doit donc faire la Champagne pour répondre et s'adapter aux nouvelles habitudes de consommation dans le monde ?
Elle doit véhiculer une nouvelle image et laisser aux mousseux d'ailleurs celle qui a fait sa gloire au XXème siècle. On ouvrira du cava ou du prosecco à Shangai, Moscou ou Tokyo pour l'apéritif, puis on poursuivra la fête à table avec du champagne.
Elle doit laisser ses concurrents s'engouffrer dans le guet-apens de la surproduction qui dénature n'importe quelle image pour mieux consolider celles qu'elle a toujours eues: le modèle, l'inspiratrice, la convoitée. 
Sa production n'a jamais été aussi élevée en qualité qu'aujourd'hui.
Le champagne du XXème siècle était mondain, celui du XXIème siècle sera culinaire, taillé pour la gastronomie.

Haut de page

6 déc. 2019 par Monsieur Bulles
porto rose Le porto rosé est apparu officiellement sur le marché il y a 10 ans, lancé par Croft (Taylor-Fladgate) qui, avec la maison Poças et la maison Krohn, balbutiaient depuis 2005 dans l'élaboration de Ruby très pâle... Répondant au désir de conquérir une clientèle plus jeune, le porto rosé est en fait un Porto Ruby léger qui répond au même cahier des charges au niveau de l'élaboration et de l'élevage, si ce n'est que le contact avec les peaux en cuves, lors de la première fermentation, est plus court, afin que le moût ne se colore pas outre mesure. Aujourd'hui, plusieurs marques élaborent du porto rosé, toutefois, la catégorie reste anecdotique. Au Québec, Croft, Poças et Cabral se partagent le marché, voici leur rosé commenté.
Porto Croft Pink - 19,95 $ - Code SAQ 11305029 :

Un soupçon de fraises des bois se laisse capter au nez dont on retrouve la saveur en bouche au sein d'une texture veloutée, toutefois courte dans le comportement. On sentirait presque le fruité rouge d'un vin sec du Douro. La finale laisse un léger rancio d'élevage avec des notes de peaux d'agrumes confits. 
D'une belle richesse aromatique, ce porto rosé est une occasion de séduire vos invités à l'apéritif en le servant avec de fines lamelles de boeuf grillé, sauce soya et graines de sésames grillées.

Porto Poças Pink - 19,95 $ - Code SAQ 11305299 - 500 ml :

Certes, deux verres en moins dans la bouteille que la concurrence en raison de la contenance, toutefois, l'élégance est davantage présente, illustrée surtout par une sucrosité plus légère, donc un fruité pur, moins aiguisé par l'alcool. 
La vinosité est également plus présente que sur les autres portos rosés, le côté sec est net, ce qui est appréciable dans un porto. 
Aucune lourdeur ici, donc impeccable en sortie de table sur le classique fromage bleu : Bleu d'Élizabeth de la Fromagerie du Presbytère ou Rassembleu des Fromagiers de la Table Ronde.

Porto Cabral Fine Rosé - 14,75 $ - Code SAQ 13858241 :

Comme tous les portos de la marque Cabral, celui-ci est le moins dispendieux de la catégorie. 
Est-il de moins bonne qualité ? Absolument pas. 
Plus violacé dans la couleur et moins aromatique au premier nez que ses concurrents, c'est en bouche qu'il se démarque par une texture grasse et enveloppante au fruité rouge marqué, très frais, absolument pas confituré, donc digeste.
Un fromage à griller où le sel est bien présent, sera une vraie originalité à servir en petits dés, à l'apéritif pour l'accompagner : Baya Haloumi de la Fromagerie St Guillaume ou Haloumi Doré-Mi au jalapeno de la Fromagerie Alexis de Portneuf.

Haut de page

4 déc. 2019 par Monsieur Bulles
pietro colla La tradition de la seconde fermentation en bouteille est lointaine dans la famille Colla, puisque c'est Pietro Colla, né en 1894, qui tenta les premiers essais dans les années 1920, après quelques séjours en Champagne. Le pinot noir étant le cépage largement dominant - 10 % de nebbiolo l'accompagne - ce mousseux aurait pu être un Alta Langa, toutefois, la famille Colla préfère la liberté d'exécution d'un simple Vin Mousseux de Qualité. Néanmoins, quelque chose me dit que les étiquettes des années 2020 de ce mousseux présenteront l'appellation des fines bulles piémontaises, de plus en plus convoitée des amateurs...
Cette cuvée a passé 2 ans sur lattes et pourtant, le rancio du temps passé est léger, voire absent. 
Le temps a ici plutôt apporté de la rondeur et quelques accents de miel. Certes, un soupçon aromatique de baguette se laisse saisir au premier nez, toutefois, c'est la fraîcheur de fruits jaunes qui nous saisit, dès l'attaque en bouche.
L'effervescence est maîtrisée, les bulles sont fines, la texture suave habille nos papilles, elle apporte l'onctuosité nécessaire qui, conjuguée à la fraîcheur attendue, offre un excellent mousseux du nord de l'Italie. 
Fin, net, précis, à l'image des vins tranquilles de la maison...
Un feuilleté de fruits de mer, des quenelles de brochet ou un tartare de saumon assaisonné sans excès d'épices fortes sont quelques idées d'associations bien venues...
Et seul en apéritif, il comblera vos invités...
Poderi Colla / Cuvée Pietro Colla Extra Brut VSQ / 38,75 $ en IP auprès de l'agence Montalvin

Haut de page

15 nov. 2019 par Monsieur Bulles
grand siècle Créée en septembre 1955, mais commercialisée 5 ans plus tard parce que cela correspondait au 300ème anniversaire du mariage de Marie-Thérèse d'Autriche avec Louis XIV, cette cuvée porte le nom qu'on donne au siècle du règne de ce dernier : le grand siècle. Et Charles de Gaulle y a un peu contribué ! En effet, Bernard de Nonencourt (décédé en 2010) qui présidait alors la maison Laurent-Perrier, cherchait un nom pour sa cuvée de prestige. Ses états de services glorieux dans l'armée française lors de la Seconde Guerre mondiale lui ayant apporté l'amical respect du général, il lui soumit quelques idées à valider. Et la réponse fut...
Gaullienne, donc franche !  
"Grand Siècle, évidemment, Nonencourt !" répondit l'homme du 18 juin.

Innovante et discrète

Ainsi est née la première cuvée de prestige de Champagne, fondamentalement champenoise dans l'esprit, puisqu'elle présente la notion d'assemblage : assemblage de cépages, assemblage de grands crus et assemblage de millésimes. 

Alors que dans les années 1950 et 1960, les grandes maisons lancent leur cuvée de prestige caractérisée par l'excellence du millésime sélectionné, Laurent-Perrier assemble 3 vendanges (pas nécessairement successives) qui passent environ 7 années sur lattes avant d'être commercialisées.

La marché verra toutefois du Grand Siècle millésimé dans les années 1980 pour répondre uniquement aux amateurs nord-américains, plus rassurés par la notion de "vintage". 

Néanmoins, cette cuvée de prestige qui présente équitablement assemblés le chardonnay et le pinot noir, conserve aujourd'hui son originalité en étant "champenoisement" classique !

"Et le vin ?" Me direz-vous.
C'est là le miracle du champagne puisque, si logiquement, un Grand Siècle issu de l'assemblage de 3 millésimes donnés, sera différent d'un Grand Siècle issu de l'assemblage de 3 autres millésimes donnés, deux paramètres sont toujours présents à la dégustation: l'énergie et la plénitude.

Moins ostentatoire que d'autres maisons, Laurent-Perrier a toujours innové : son Grand Siècle en tant que première cuvée de prestige non millésimée, sa cuvée Rosé en tant que premier rosé de macération 100 % pinot noir lancée en 1968 et sa cuvée Ultra-Brut lancée en 1981 alors que la catégorie Brut Nature n'était pas encore déposée.

Les itérations de Laurent-Perrier

Ronronnante depuis 20 ans, Laurent-Perrier semblait moins dynamique qu'autrefois... 
Sans doute pour mieux surprendre puisqu'au printemps 2019, elle présente une nouvelle cuvée et fait une idoine mise au point avec son Grand Siècle, prouvant qu'elle s'adapte aux nouveaux consommateurs pour qui la traçabilité et la référence d'un produit consommé, sont importantes :
un numéro correspondant au nombre de créations de Grand Siècle est désormais apposé sur la collerette de chaque bouteille. 
Nommé Itération, ce concept fait référence aux trois millésimes assemblés, jusqu'alors non précisés.
N 24 par exemple (l'itération 24) s'applique à l'assemblage des millésimes 2004, 2006 et 2007.
Le consommateur actuel désirant, précisément, connaître ce qu'il consomme, il peut désormais consulter le site de la cuvée (voir ci-bas) qui divulgue les caractéristiques des millésimes assemblés de chaque itération. 
Une pertinente décision de la maison Laurent-Perrier que n'aurait pas freiné Bernard de Nonencourt.

L'autre nouveauté est un Blanc de Blanc Brut Nature dont je parlerai plus tard sur ce site...
250 $ au Québec / Itération 24 / Code SAQ : 14279559

Haut de page

Recherche d'articles
Par mois
Articles sur les champagnes (224)
Articles sur les autres bulles (300)
Les dégustations horizontales (3)
Les dégustations verticales (1)
© 2020 monsieurbulles.com, Guénaël Revel poc communications Annoncez sur MonsieurBulles.com