7 mai 2020 par Monsieur Bulles
5 blancs de tariquet Aussi accessibles que pimpants, voilà la première qualité de ces vins blancs élaborés par la famille Grassa. Tous issus du millésime 2019 dont le soleil a plutôt donné des vins généreux, je vous les suggère ici, chacun, avec l'idée d'un met adéquat !

Domaine Tariquet Côtes de Gascogne Sauvignon Blanc Vin blanc   |  750 ml   |  France Code SAQ 484139 / 13,90 $

Fruité et vif comme le dit la pastille du monopole, avec une petite note citronnée qui couronne les arômes d'une salade de fruits croquants (pomme, poire). Si vous aimez les huîtres, c'est le blanc qui ne vous ruinera pas et si vous aimez le fromage de chèvre, tartinez-en sur un croûton de pain grillé, accord assuré !

Domaine Tariquet Côtes de Gascogne Chardonnay Vin blanc   |  750 ml   |  France Code SAQ 12999085 / 13,75 $

Un tantinet plus rond que le sauvignon du même domaine, ils ont en commun la touche citronnée, ici toutefois, un peu confit. Floral dans l'ensemble (fleur d'acacia), la finale titille les papilles qu'on régalera avec une salade verte aux dés de cheddar vieux avec vinaigre de cidre.

Domaine Tariquet Côtes de Gascogne Classic Vin blanc   |  750 ml   |  France Code SAQ 521518 / 12,00 $

Le plus simple de la gamme, le plus souple, pas forcément le plus fluet au contraire, c'est peut-être même le plus complexe de la gamme grâce aux cépages employés qui sortent individuellement, en fonction de la température de consommation ! 
Vif et citronné grâce à l'ugni blanc si vous le prenez bien frais (8 degrés); 
axé sur le raisin à croquer grâce au colombard si vous le laissez se réchauffer dans votre verre (12 degrés / température idéale) et enfin, 
si vous oubliez ce dernier sur la table, vous découvrirez un fruité jaune plus exotique, apporté par le gros manseng et le sauvignon. Mais là, votre verre sera à 17 degrés !
Dans les 3 cas, prenez le en apéro avec une mousse de poisson sur un craquelin.

Domaine du Tariquet Côtes de Gascogne Côté 2018 Vin blanc   |  750 ml   |  France Code SAQ 561316 / 16,95 $

Chardonnay et sauvignon se partagent ici l'assemblage et dans le genre de vin blanc qui casse la baraque dans les dégustations dites "à l'aveugle" (ou à l'anonyme), le Côté Tariquet trône toujours au sommet pour son tarif !
Bref, on se délecte de la rondeur du chardonnay et de ses arômes d'amandes, et on se rafraîchit grâce aux arômes de pamplemousses et à la fougue du sauvignon. 
Et là, côté accord, on peut s'amuser : le homard est de saison, profitez-en ! 
Trop dispendieux le homard ? Un filet de saumon en papillote avec basilic frais, cuit au barbecue, servi avec quelques quartiers de poires pochés. Ça vous va ?
Plutôt viande ? Filets de poulets grillés servis avec une mayonnaise à l'estragon.
Et pour le fromage, allez-y avec un double crème ! (style camembert, brie, etc)

Domaine Tariquet Côtes de Gascogne Premières Grives 2019 Vin blanc   |  750 ml   |  France Code SAQ 561274 / 18,75 $

C'est le sucré de la bande ! Il peut convenir dans un cocktail en apéritif, mais personnellement, je le préfère en entrée ou en plat lorsqu'il est servi sur le classique foie gras (torchon ou poélé). 
Gras sans être sirupeux ou lourd, ce vin moelleux offre des arômes d'abricots cuits, de marmelade et de caramel blond. 
Si vous êtes fromage, un bleu peu puissant sera parfait quoique certains fromages vieux, dits de cave, comme la plupart des tommes, se frottent à merveille avec ce genre de vin. 
Essayez-le avec le Louis d'Or de la fromagerie du presbytère; l'accord est gras, mais succulent !
Cliquez sur le lien pour ouvrir la page des produits Tariquet vendus en SAQ
12 mars 2020 par Monsieur Bulles
Esprit Nature 2018 La vague du bordeaux bashing semble enfin s'être abattue sur la plage de l'oubli... Tant mieux, car elle a atteint un sommet de contemption sur lequel quelques surfeurs du vin se sont piètrement amusés. La dernière décennie a été délicate pour certains girondins, la prochaine devrait leur être plus profitable. La cave coopérative de Rauzan regroupe aujourd'hui 400 viticulteurs et une soixantaine de châteaux, elle produit du Bordeaux, du Bordeaux-Supérieur, du Bordeaux blanc et du moelleux, de l'Entre-deux-mers, du rosé, du Clairet et du Crémant. Grâce à cette diversité, le vin Bio devient possible en volume suffisamment conséquent pour notre marché. Profitons-en !
Commentaire de l'Esprit Nature 2028 par Rauzan / Bio :
Avec 80 % de merlot, on s'attend à de la rondeur et on la trouve. 
Elle est même soyeuse et dispose ce vin à une preste consommation.
Pas de vin à mettre en cave ici, juste un rouge facile d'accès au porte-monnaie comme aux papilles pour apprécier le goût du bordeaux bien fait, sans boisé, au fruité rouge frais avec la légère touche qui "poivronne" en finale, histoire de rappeler qu'il y a aussi du cabernet sauvignon dans son élaboration.
Simple et beau, parfaitement bio, on dit bravo.
15,45$ / code SAQ 13987983 / Importations BMT au Québec
7 mars 2020 par Monsieur Bulles
bricco "Les vins sont effectivement parfaits aujourd'hui, mais ils sont tous pareils. Ils sont comme des bouteilles de plastique. Formatés. Si on intervient le moins possible à la vigne comme à la cave, on fait des vins plus authentiques, pas plastiques, certes tributaires d'une année, ce qui est la richesse du vin... Après, c'est au consommateur de choisir ce qu'il veut boire". Ainsi Tino Colla présentait sa gamme de vins du Piémont en août 2019, lors d'une tournée canadienne. La plupart des appellations de Poderi Colla ont été dégustées; le Langhe s'est distingué pour plusieurs raisons, notamment le tarif incroyablement modeste pour autant de qualités. Élaboré à partir du cépage dolcetto (15 % de nebbiolo y est ajouté), on pourrait penser que ce vin est le petit frère, moins solide que les barolo, barbaresco ou roero locaux. Et pourtant... Lancé en 1969, le Bricco del Drago fait sans doute partie des vins rouges italiens les plus endurants, qui défie le temps, millésime après millésime. Avis donc aux amateurs qui ont une cave, c'est le moment de courir en SAQ... encore faut-il aimer ce genre de vin, comme le rappelait Tino Colla.
Commentaire du Langhe 2012 Bricco del Drago de Poderi Colla :

Ce qui est étrange avec cette cuvée, ce sont les notes de tabac et de fruits cuits qui sont toujours présents, au nez, sur les jeunes millésimes, laissant penser donc, qu'elle doit se boire assez rapidement. 
En fait, elles représentent un peu sa signature olfactive puisque les millésimes plus âgés présentent également ces flaveurs, représentatives de l'évolution d'un vin.
Rien de tel en bouche !  
Ce 2012 est à la fois ferme et velouté dans les tanins, pas encore caressant, toutefois flatteur grâce à son volume qui s'impose. Fruits noirs et épices se partagent les sensations aromatiques avec les notes précédemment commentées. 
Ce vin est comme un adolescent dont on dit qu'il a déjà beaucoup de maturité et qu'en plus de la conserver en vieillissant, il va savoir la contrôler pour mieux l'exploiter.
Vivement 2027 pour un premier test d'endurance de ce 2012. 
Et comme il faut bien le goûter aujourd'hui, je vous conseille un jarret d'agneau confit en accompagnement. 
Code SAQ 927590 / 32.75 $ / 60 caisses pour la province
15 fév. 2020 par Monsieur Bulles
Parcelle du Château Mont-Redon Première appellation d'origine contrôlée française déposée en 1936 avec quelques autres, Châteauneuf-du-Pape est tellement reconnue pour son vin rouge qu'on en oublie qu'elle produit 7 % de vin blanc. Pierre Fabre, directeur général et responsable des vinifications du Château Mont Redon était venu à Montréal en novembre 2017 pour mieux véhiculer l'endurance du vin rouge chateauneuvois à travers une verticale de son domaine, sans oublier son vin blanc. Terroir de truffe noire, l'appellation dispose de treize cépages autorisés dont six blancs qui, assemblés ou non, forment un partenaire culinaire idéal avec ce diamant noir, convoité par les plus grandes tables étoilées du monde. Arrêtons-nous sur cette harmonie odoriférante.
Invité au début de l'année dans le Vaucluse par la Fédération des Syndicats des Producteurs de Châteauneuf-du-Pape en pleine période de cavage (l'action de rechercher la truffe), j'ai pu apprécier les subtilités du terroir châteauneuvois grâce au professeur Georges Truc. 
Oenogéologue-consultant dans la vallée du Rhône, il avait été mandaté par le syndicat pour initier quelques journalistes canadiens à la nature du sol local et à ses effets sur la vigne. 
C'est sur une parcelle typique de cailloux roulés appartenant au Château Mont-Redon que le rendez-vous avait été convenu.
Remarquable pédagogue, il a surpris son auditoire en affirmant immédiatement, pour nous mettre au parfum, que « le sol argilo-calcaire n'existe pas ! Ça ne veut rien dire. » 
« Il nous semble pourtant que ce terme revient à 80 % dans nos conversations pédo-oenologiques, non ? » de lui répondre.
« Certes, mais il embrasse trop de caractéristiques et lorsqu'on est en présence des sols rhôdaniens, que ce soit celui de Châteauneuf, Tavel, Rasteau et d'autres, il faut être plus précis, car l'influence de leur diversité est considérable sur la vigne, donc sur le vin. »   

De la géologie hétéroclite   

Il me faut donc présenter ici les familles de sol du célèbre terroir papal, guidé par la verve de Georges Truc, retranscrite au mieux de ma compréhension. Elles sont ici résumées, car lorsque vous dialoguez avec un géologue passionné, la remontée de l'échelle des temps géologiques reste complexe même lorsqu'on a fait ses humanités.   
On ne reconnaît donc pas seulement quatre types de sols à Châteauneuf-du-Pape, comme très souvent exposé, mais six. Et encore, je vais simplifier...    
Les pierres de calcaire brossé (Beau Renard, Les Pradels, etc) avec banc marneux, issues du Crétacé, constituent les reliefs habillés d'une végétation méditerranéenne dense à chênes verts dominants, situés à l'Ouest de Châteauneuf-du-Pape ; c'est le premier terroir.   

Les sables (Rayas, Le Cristia, etc), ces fameux « Safres » du Miocène sont des sables à grains fins, déposés dans la mer Miocène (fin du Tertiaire) entre les Alpes et le Massif Central ; ils occupent de vastes superficies à l'intérieur de l'AOC Châteauneuf-du-Pape (côté Nord et Nord-Est) ; c'est le deuxième terroir. 

Ils se partage la zone avec les « Grès rouges », également du Miocène : un banc de grès très résistant formant un plateau au Nord-Est du village (Rayas, Nalys, Grand-Pierre) ; ici, c'est le deuxième terroir bis (et non le troisième).   

Cette même zone termine sa course sur des sables marins du Pliocène emboîtés dans les safres, uniquement présents dans la partie orientale de Châteauneuf-du-Pape ; c'est lui, le troisième terroir.   
Les fameux galets roulés (La Crau, le Coudoulet, etc) des hautes terrasses alluviales sont, en fait, une accumulation caillouteuse à galets de quartzites (grains de quartz cimentés par de la silice), mise en place dans l'espace rhodanien au début du Quaternaire, alors que le Rhin empruntait la vallée de la Saône et donnait au Rhône une extraordinaire puissance. Postérieurement à ce dépôt, une longue altération climatique a provoqué la dissolution de la majorité du matériel initial (galets de granites, de roches métamorphiques et de calcaires), laissant intacts les galets de quartzites. Les résidus de cette altération (silice, alumine, divers éléments chimiques) se sont recombinés pour donner des argiles (silicates d'alumine) vivement colorées par des oxydes de fer. C'est le quatrième terroir.   

Viennent ensuite ce qu'on appelle les colluvions (dépôts de versants et des terrasses intermédiaires) qui distribuent, sous l'effet de l'érosion, des galets et des argiles qui nappent les versants et contribuent à enrichir les terrasses intermédiaires (altitude 100 m : la Solitude - altitude 70 - 85 m : Les Fines Roches, La Nerthe, Pié Redon - altitude 55 - 65 m, côté Nord : Palestor, Beaucastel). C'est le cinquième terroir.   

Et enfin la basse terrasse du Rhône, située au Sud : une vaste étendue de galets et de graviers de nature variée, de sables et d'argiles avec peu d'altération (altitude 30 - 35 m). C'est le sixième terroir.   
De la complexité sans typicité ou de la typicité grâce à la complexité ?   

Vous l'aurez compris, cette diversité de sols et de sous-sols combinée aux treize cépages de l'appellation confirme la complexité des vins obtenus. 
Et cette apparence d'insolubilité devrait balayer la notion de typicité, tellement répandue dans la littérature vinique contemporaine : il ne peut pas y avoir de typicité dans les vins de Châteauneuf-du-Pape à cause de la nature même des lieux, des cépages et du cahier des charges instauré ; bref, à cause des éléments qui forment ce qu'on appelle le terroir. 
Son terroir est finalement trop opulent pour distinguer le produit qui en découle.   
Un seul cépage sur un sol typé donne un vin reconnaissable, mais treize cépages sur un sol aux multiples singularités donne un vin indiscernable. 

Treize cépages ? Plutôt vingt-deux puisque six d'entre eux existent en noir, en blanc, en gris et même, en rosé !   

Pourtant, lorsqu'on les déguste, les vins rouges castels-papals sont reconnaissables et se distinguent de leurs voisins rhôdaniens. Majoritairement employé dans les assemblages, le grenache noir est peut-être la colonne vertébrale qui permet cette signature, associé à un autre facteur local, le mistral. 
Ce vent froid et violent qui vient du nord est finalement aussi crucial pour l'appellation que ses galets roulés, car il chasse les nuages après les orages, assèche le raisin après les pluies ou le déshydrate pendant les vendanges. 

Finalement aussi dévastateur que salvateur, le mistral représente le souffle identitaire de Châteauneuf-du-Pape. 
Et dans le verre, il s'illustre par le caractère digeste du vin, malgré le titre d'alcool minimal le plus élevé de toutes les appellations de l'hexagone.
   
Dans tous les cas, s'il vaut mieux chercher l'autographe du vigneron dans l'éclectisme des vins rouges, on trouvera davantage de typicité parmi les vins blancs de l'appellation grâce au fait que les 2/3 des six cépages autorisés sont plantés sur les villages de Châteauneuf et de Courthézon, et qu'il est moins rare de déguster un 100 % clairette ou un 100 % grenache blanc qu'un 100% grenache noir. 
L'appellation, rappelons-le, autorise en effet l'emploi unique d'un seul cépage parmi les treize autorisés. Les cépages blancs castels-papals sont moins tributaires les uns des autres dans la construction et l'équilibre du vin que les cépages noirs. Reste que le Châteauneuf-du-Pape blanc est complètement méconnu des consommateurs. 
Et pour cause, 225 hectares de vignes sur les 3 230 hectares de l'appellation ; à peine 800 000 bouteilles élaborées chaque année.  

La parenthèse Mont-Redon pour sa verticale à Montréal

1990, 2007, 2010, 2012, 2013, 2014 et 2015 étaient au programme lors de la visite  de Pierre Fabre à Montréal pour accompagner le talent de Jérôme Ferrer dans les assiettes du restaurant l'Européa. 
Une verticale de rouge pour démontrer l'endurance du vin papal, souvent négligée au profit de celle des voisins du nord, Hermitage et Côte-Rôtie.

Pour la mise en bouche, le millésime 2016 en blanc fut juste assez jeune et pointu pour réveiller les papilles et suffisamment gras pour nous rappeler l'ampleur des grands blancs rhôdaniens. Cette chronique est là pour prouver que le blanc local est parmi les plus grands vins blancs de garde...

Un p'tit coup d'rouge donc !
Mont-Redon 2015 : Du gras, une mâche assez ferme avec des tanins pourtant soyeux, donc de l'élégance avec un fruité rouge classique et attendu.
Mont-Redon 2014 : Pas fermé, mais serré et très fin dans l'enveloppe panique, épicé, voire poivré, comme si la syrah dominait le grenache. Superbe de jeunesse, espérons qu'il soit endurant.
Mont-Redon 2013 : Gras en bouche, un tantinet cuit dans les saveurs de fruits rouges, peut-être le plus fermé du lot, le moins exubérant. À redouté rapidement.
Mont-Redon 2012 : Puissant au nez, il se montre plus élégant en bouche autour d'arômes de confiture de fruits noirs et de notes fumées. Les olives ne sont pas loin non plus, elles apparaissent en finale après la découverte d'une texture ronde, déjà en évolution. Très agréable à boire aujourd'hui, il va s'endormir entre 2019 et 2013, pour mieux se réveiller par la suite. Offrez-vous sa générosité aujourd'hui, patientez pour découvrir sa somptuosité.
Mont-Redon 2010 : D'une très grande classe autant dans les arômes subtils de fruits noirs et d'épices que dans le comportement velouté en bouche. Il charme, il est mon préféré du lot et il devrait encore durer dans le temps...
Mont-Redon 2007 : Tout apparaît cuit dans les arômes et pourtant, l'acidité qui enveloppe le volume fondant en bouche, lui donne une énergie manifeste. Il déroute, donc il séduit.
Mont-Redon 1990 : Les pruneaux et le cacao sont bien présents, on s'attend à une logique oxydation et pourtant son côté aérien qui glisse en bouche occulte cette dernière. Il est mûr, il est animal, il est prêt à boire. Il prouve aussi qu'un châteauneuf-du-pape de 27 ans, ça tient encore la route !

Melanosporum et brumale, l'autre trésor châteauneuvois   

Quant à la truffe, elle est l'autre emblème local, même si on la trouvera dans toute la vallée du Rhône. En fait, il existe une centaine de variétés de truffes, toutefois, seulement six sont commercialisées en France et cinq y sont produites. 

Localement, la Tuber melanosporum et la Tuber brumale sont les plus répandues (Périgord, Provence et Tricastin). 

La Tuber magnatum est la truffe blanche d'Alba qu'on trouve en Italie (essentiellement dans le Piémont) et en Croatie. 

La Tuber uncinatum est celle de Bourgogne, la Tuber aestivum est la truffe de la Saint-Jean parce qu'elle se récolte l'été et non l'hiver, comme les autres. 

Et enfin, la Tuber mesentericum qu'on récolte à l'automne sur le même terroir que la melanosporum et la brumale.   
La truffe est connue depuis l'Antiquité et bien des légendes existent à son sujet, toutefois, son origine et sa naissance restent mystérieuses. 
L'INRA (Institut national de la recherche agronomique) en France a dernièrement dévoilé que ce champignon, contrairement à d'autres, se reproduit de façon sexuée : il y a donc une truffe mâle et une truffe femelle. 

C'est une truffe mature qui, grâce à ses spores germés, accroche un filament mâle ou un filament femelle à la racine enterrée d'un arbre. Ainsi naissent des mycorhizes qui, après plusieurs années, fusionnent : un mycélium paternel et un mycélium maternel donneront au printemps une truffe embryonnaire qui arrivera à maturité l'hiver qui suit. 
L'étude a révélé  de plus, que les truffes mâles et les truffes femelles se développent séparément, qu'une truffière présente deux zones séparées, « les femmes d'un côté, les hommes de l'autre ». 
Une étude a donc due être lancée pour déterminer comment ils se rencontraient. Tout simplement grâce aux animaux qui grattent le sol et qui provoquent le mélange des spores. 
Par ailleurs, comme chez les humains, une truffière n'est pas forcément et naturellement féconde, les trufficulteurs ensemencent donc régulièrement le pied de leurs arbres. Ceux-ci, plantés sur des sols calcaires peu acides, peuvent être des chênes verts, des chênes pubescents, des noisetiers, des tilleuls, des peupliers (truffe blanche d'Alba) ou des pins. Il faut en moyenne attendre sept années après ensemencement pour obtenir des truffes.  
Le cavage, l'opération qui consiste à chercher ces dernières, se fait avec un cochon ou un chien. Certains experts y arrivent en repérant la Suillia Gigantéa, la fameuse mouche à truffes, qui y pond ses oeufs !    

Nectar blanc et diamant noir, l'incroyable harmonie   

Le Châteauneuf-du-Pape blanc est particulièrement charmeur dans sa jeunesse, c'est à dire lorsqu'on le consomme dans les six ou sept années qui suivent sa commercialisation. Les habituelles notes de fruits blancs, de tisane, de miel se fondent dans une texture grasse qu'enveloppe toujours une fine acidité ; on déguste alors un vin qui apparaît plaisant, abouti,  prêt à boire, mature donc. 

C'est là qu'il désoriente, c'est là que ce blanc entre dans la cour des grands, car sa structure cache une endurance exceptionnelle que peu de consommateurs devinent. 

« J'ai ouvert un blanc de Châteauneuf qui avait 10 ans, mais il était fatigué. J'aurais dû le boire plus tôt » me confia un ami amateur.  
« Non, il n'était pas fatigué. Il dormait. C'est tout. » lui répondis-je. 
Comme tous les vins sérieusement construits, issus d'une terre particulière, le castel-papal blanc traverse des phases de dormance qui déstabiliseront le consommateur non averti. 
La première phase s'amorce entre six et dix ans, d'où la déception de l'amateur contemporain qui, pensant avoir été suffisamment patient, ouvre généralement ses bons vins à la fin d'une  décennie. 
Il découvre alors une minéralité occultée par la puissance, des parfums floraux, certes charmeurs, et une chair consistante qui habille convenablement le palais, toutefois, le comportement déçoit, car l'ensemble apparaît lourd et fuyant. Il faut attendre au moins douze années avant de découvrir les richesses et le potentiel de garde de ce vin. 
L'oublier quinze, vingt, vingt-cinq, même trente ans, n'est pas un crime, c'est seulement être clairvoyant et l'unique façon de tomber dans les fruits jaunes confits, la lime, le curcuma, la réglisse, le miel, les amandes grillées, le poivre gris, le chocolat blanc, les  cèpes, la truffe et d'autres parfums édifiés par le temps. 
« Comme tous les autres grands vins blancs. » me dites-vous ? 
Absolument. 
Sauf que le Châteauneuf-du-Pape blanc sort rarement dans le top 5 des plus populaires, alors que, à mon avis, il est indélogeable du podium de l'olympisme vinique. 
Et lorsque consommé avec de la truffe, seul les vieux champagnes, peut-être, rivalisent pour la première place. 
Dans une omelette (brouillade), une purée de pomme de terre, une salade d'asperges, un tartare de boeuf ou de poisson, des ris de veau, une volaille, un Vacherin Mont-d'Or fondant, l'incontournable foie gras, des tagliatelles, j'en oublie bien sûr... 

La truffe est, surtout, à employer comme un condiment ; avec parcimonie, toujours subtilement. Et comme l'a écrit Anthelme Brillat-Savarin dans La physiologie du goût, « La truffe n'est point un aphrodisiaque positif ; mais elle peut, en certaines occasions, rendre les femmes tendres et les hommes plus aimables »

Ainsi soit-elle.   Terroir de Chateauneuf
31 jan. 2020 par Monsieur Bulles
chardonnay thou Le thou bianc, c'est une sorte de tuffeau piémontais qui apporte l'élégance au niebbolo, le cépage rouge emblématique de la région. Aux cépages blancs, il apportera de la profondeur, tout en lui construisant son énergie. Comme souvent avec les grands terroirs de vins rouges, les vins blancs qui en sortent, peuvent être de délicieuses petites pépites. La maison Bava le démontre ici avec son chardonnay, d'appellation régionale, où l'intervention du fût dans l'élevage, qui aurait pu donner de l'ampleur au vin, n'a pas été nécessaire... grâce au thou bianc.
Commentaire du Thou Bianc 2018 - Piemonte DOC - Bava :

La poire, la pomme et les agrumes dominent les arômes au nez comme en bouche et si la sensation de la première gorgée apparaît incisive, elle est immédiatement occultée par le volume de la texture du vin qui apporte la rondeur attendue.

Droit, net, minéral sans être salin, plutôt "zesté", ce vin blanc quand même accessible au portefeuille, trouvera facilement sa place aux côtés d'huîtres en apéritif, d'un gravlax de pétoncles en entrée, d'un filet de sole poêlé en plat principal, d'un crottin de chèvre pour les amateurs de fromage ou même, d'une pointe de tarte au citron, en dessert !

Bon appétit !

Code 14070237 / 19,95 $
24 jan. 2020 par Monsieur Bulles
wine by nature du vin Il est le cépage blanc le plus planté dans le monde, il représente 5 % de la surface plantée dans le monde (250 000 ha) et pourtant, il est sans doute le cépage blanc le plus méconnu du consommateur. Son nom : airen. Espagnol d'origine, on l'utilise de moins en moins même s'il compose encore 30 % de la surface viticole ibérique. En 40 ans, il a en fait perdu 50 % de sa surface dans le pays. Pourquoi un tel volume cependant ? Parce qu'il est LE cépage de la distillation, le cépage des brandy, comparable d'ailleurs à l'ugni blanc de France (trebbiano en Italie), côté acidité. La cave coopérative du village de Villanueva de Alcardete est composée de 630 vignerons qui, grâce à leurs 4300 hectares réunis (dont 40% conduit en bio) peuvent nous offrir un vin blanc agréable à 10 $ !
Commentaire du Wine by Nature du Vin / Biologique / airen-sauvignon 2018 / Bodegas Latue :

Attention, il ne sera en SAQ que 3 mois, soit du 2 février au 25 avril 2020. Surveillez votre succursale et précipitez-vous pour en mettre de côté pour cet été !

Assemblé à 20 % de sauvignon blanc, cet airen est vif, souple, facile, et surtout, surtout, pour un vin si simple : il ne nous fait pas tomber dans le piège du sucre !
Citronné et un tantinet exotique, mais pas surdosé au point de nous saturer les papilles comme malheureusement bien d'autres vins dans cette gamme de prix; donc bravo ! 

C'est tout. Rien d'autre à écrire. Pour 10 $, pas besoin de littérature !

Idéal pour les chips de l'apéro, une salade de pamplemousse à la feta, un fromage de chèvre crayeux, un filet de poisson blanc poêlé, pour un kir ou le cocktail de votre composition, cheers !
9,70 $ en SAQ / Code 1429214 / Représenté au Québec par l'agence LBV International
13 jan. 2020 par Monsieur Bulles
pn 2014 de st thomas Quand on parle de domaine véritablement familial au Liban, on pense inévitablement à la famille Touma et au Clos Saint-Thomas. Chaque palier de l'entreprise est géré par un membre de la famille. Créée dans les années 1990 par l'autodidacte et courageux Saïd Touma qui nous a quitté en 2019, cette véritable perle du village de Kab-Élias, près de Zahlé, ne dément pas son slogan commercial : il faut en boire pour y croire ! Cépages bordelais et rhôdaniens côtoient les obeideh et merwah locaux. Puis il y a du pinot noir, plus capricieux à travailler...


Commentaire du Pinot Noir 2024 - Château Saint-Thomas - Liban :


Il est rare parce que c'est le premier pinot noir 100 % élaboré au Liban. Donc, il ne fallait pas se rater... D'autres domaines locaux en ont planté certes, toutefois, il intervient plutôt dans des assemblages.
Les Touma l'ont envisagé seul et l'ont réussi ! 
Les notes de cerises noires bien mûres sont davantage présentes en bouche qu'au nez, curieusement discret, puis le caractère amer des noyaux se laisse saisir après quelques minutes dans le verre.
La texture est ronde, le volume est léger alors qu'on se serait attendu à un côté plus solaire, étant donné la contrée, donc plus riche dans le comportement; mais non. L'élégance prime, l'élevage n'a pas occulté la fraîcheur. 
Les multiples salades Libanaises ont trouvé ici le rouge léger pour les accompagner... 
19,55 $ / Code SAQ : 13387275
16 déc. 2019 par Monsieur Bulles
barolo 2010 bava L'appellation Barolo et son nebbiolo, c'est un peu comme l'appellation Gevrey-Chambertin et son pinot noir. Commune ou lieux-dit s'y rattache qui, chacun, chacune, offre des caractéristiques qui mettent en valeur les qualités de l'unique cépage employé. Et paradoxalement, cette unicité est synonyme de richesse et de complexité. Pour la famille Bava, c'est le village de Castiglione Falleto avec son sol sableux et argilo-calcaire, offrant toujours des vins, certes taniques, toutefois très serrés et tapissants, qui est sa signature.
Commentaire du millésime 2010 du Barolo Bava - Castiglione Falleto :

Même s'il a 9 ans au moment d'être dégusté, ce vin est jeune, ses tanins sont certes soyeux, toutefois, serrés et fermes; l'heureuse densité qu'ils conduisent apporte un volume confortable en bouche et les subtiles notes florales de jeunesse encore présentes (tantôt rose, tantôt violette) le prédispose avantageusement à une garde certaine (2028). 
Côté fruité, le rouge et le noir s'accommodent ensemble (framboise, mûre), un subtil côté poivré se laisse percevoir; quant à la traditionnelle note de truffe, on la devine parce qu'on est conditionné par l'appellation, mais elle est encore loin...
Bref, les patients ont une belle bouteille à 50 $ à glisser en cave et les impatients sauront l'apprécier avec une viande rouge de leur choix, plutôt cuite au four, puis braisée, dans un style basque, côté assaisonnement. 
49,50 $ / Code SAQ : 10856814 / représenté par Univins au Québec
28 nov. 2019 par Monsieur Bulles
bellevue chenonceau 2018 Voici le grand frère du sauvignon de Touraine de Patrick Vauvy que l'on connaît depuis bien longtemps au Québec. Un grand frère issu l'appellation de Touraine Chenonceaux dont le sous-sol de silex apporte une minéralité aussi aiguisée que séductrice. Autour de la ville de Montrichard et à l'est de Tours, l'appellation Touraine Chenonceaux existe depuis 2011. Elle ne compte qu'une cinquantaine de producteurs qui se partagent une centaine d'hectares de vignes. Les vins rouges sont issus du cabernet franc et les vins blancs sont issus de sauvignon.


Commentaire du Touraine Chenonceaux 2018 du Domaine Bellevue - Cuvée Silex des Martinières :


Finesse et pureté résument le comportement de ce vin blanc à la minéralité étirée que des notes de pamplemousses viennent discrètement soutenir.
Rond dans la texture, ce sauvignon joue donc la carte de la discrétion aromatique au niveau du fruit, présentant plutôt la silice locale qui saura parfaitement combler une entrée froide de pétoncles en carpaccio.
24,90 $ - code SAQ 14221728 / Représenté au Québec par Réseau International Global Vins et Spiritueux
18 sep. 2019 par Monsieur Bulles
chateau ksara 2015 On est en 1898 et c'est en voulant enfumer un renard qui chassait les poules du monastère de Tanaïl, que Jean Gharios et ses camarades orphelins découvrent des galeries creusées dans le roc qui bordent le vignoble de Ksara. Créé par les pères Jésuites qui administraient aussi un orphelinat, le domaine Ksara va entrer dans la légende. On supputait l'existence de ces galeries pré-chrétiennes à travers des fables locales, mais elles n'avaient jamais dévoilé leur entrée depuis l'implantation des premières parcelles de vignes en 1857. Aujourd'hui, les Caves de Ksara possèdent 300 hectares répartis autour de la capitale de la vallée de la Bekaa, Zahlé. Elles récoltent 2000 tonnes de raisin et offrent 2 millions de bouteilles par an pour une gamme de 16 produits. Les caves troglodytes sont ouvertes sur rendez-vous, elles offrent le spectacle unique des racines de ceps perforant des galeries millénaires de calcaire naturel.
Commentaire du Château Ksara 2015 - Liban :

De retour au Québec avec le millésime 2015, ce château Ksara a encore une austérité de jeunesse au nez (poivrons rouges) qui le prédispose à une certaine garde en cave. Cette endurance potentielle se confirme en bouche grâce à la fine acidité qui entoure des tanins à la fois grenus et tapissant. 
Moins concentré dans les arômes que le précédent millésime, le boisé d'élevage se montre également mieux intégré, l'ensemble rappelle certains Bordeaux qu'il pourrait facilement déclasser dans une dégustation à l'aveugle de même catégorie de prix. 
Avec un soupçon de tabac brun qui précède une finale de dégustation au fruité rouge et noir, ce Ksara 2015 va dès aujourd'hui conquérir les amoureux de cabernet/merlot et de viandes rouges grillées ! 
Un voyage au Liban pour 24 $, ça s'appelle une aubaine !
23,95 $ / code SAQ : 00857698

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