28 nov. 2018 par Monsieur Bulles
senetiner Tupungato est le nom du volcan éteint, situé dans la cordillère des Andes, à la frontière entre l'Argentine et le Chili. Il surplombe Mendoza et la région viticole de Lujan de Cuyo où de nombreux immigrés italiens ont planté de la vigne à la fin du 19ème siècle. Les familles Nieto et Senetiner se sont associées dans les années 1970 pour récupérer l'un de ces vignobles et l'agrandir au fil des années. 400 hectares plus tard, Nieto Senetiner est devenue une marque phare de l'Argentine viticole.

Commentaire du Sémillon 2016 de Nieto Senetiner :

Alors qu'on pourrait s'attendre à une ensemble assez lourd, d'une part parce que c'est un sémillon et d'autre part, parce que le nez est à la fois beurré, confit, voire oxydadif, on est séduit par la fraîcheur qui se dégage de ce vin, dès l'attaque en bouche.
Certes rond, voire gras dans la texture, la fine enveloppe acidulée qui entoure cette dernière, apporte la vivacité des bons vins blancs, soignés et réussis.
Cet Argentin joue la carte de l'exotisme aromatique sans excès et il devrait facilement compléter un tartare de saumon aux graines de grenade, des pétoncles poêlés au beurre safrané, une sole meunière et son filet de citron, un fromage de type camembert assez fait ou un fromage de chèvre frais avec un peu de miel...
Ça vous donne faim ? 
Moi aussi. Contre étiquette de Senetiner
16,45 $ / Code SAQ : 13653001
27 nov. 2018 par Monsieur Bulles
Gamme de portos Parce que le Québec n'importe plus autant de porto qu'il y a 15 ans, parce qu'on en consomme certes moins qu'il y a 15 ans, j'entends parler de mode ! Le porto n'est plus à la mode ! Quelle aberration ! S'il y a bien un vin qui est en dehors des tendances, c'est bien le porto. Depuis trois siècles qu'il existe, il a connu des hauts et des bas selon les époques et pourtant, il est toujours là : noir ou ambré, riche ou soyeux, fruité ou complexe; il est le vin intemporel par excellence. Et parce qu'il est multiple, il offre toujours du plaisir selon ce qu'on recherche comme saveur, comme puissance ou comme souvenir. Suivez-moi, ce sont ces derniers qu'on part collectionner !
Avec les demi-bouteilles, il y a une centaine de bouteilles de porto de 750 ml à l'heure actuelle sur le marché du Québec, réparties en une vingtaine de marques. 
Dans le volume, comme dans la diversité de ces dernières, c'est 4 fois moins qu'il y a 15 ans !!
Le Québec était le premier consommateur de porto au Canada en 2000, qui était le deuxième pays dans le monde à importer la plus grosse quantité de portos, dits de haut de gamme, soient les tawnies et les vintages. 

Bref, le Québec d'alors, était le deuxième consommateur de porto au monde !!

Que s'est-il passé pour que le porto dégringole de nos tablettes monopolistiques le temps d'une génération ?
La réponse est peut-être dans la question : génération.

Une nouvelle génération - bourrée de paradoxes - a pris le marché, a créé les nouvelles tendances, est devenue la référence consommatrice pour les entreprises. 

Cette génération, c'est la Y.

Une génération qui veut du bio, du naturel, de l'extra-brut et moins de sucre, mais qui consomme aussi du Coke, du MacDo, des Smirnoff gazéifiées et qui surfe sur la vague des cocktails édulcorés !  
L'univers du Porto a bien essayé de la conquérir la Y, en lui proposant notamment du Porto rosé; mais c'était trop tard. 
L'image du Porto était dépassée, elle rappelait trop papa et maman avec leur fromage, voire papy et mamy avec leur petit verre de fin de soirée.

Et puis, il y a aussi le fait qu'on nous a tellement imposé le porto avec n'importe quoi à table, qu'on en a fait une indigestion, nous les autres, les moins vieux, les X. 
Quant aux baby-boomers, ils ont tellement collectionné, de façon compulsive, les vintages et les tawnies, que leur cave en déborde aujourd'hui, au point de ne plus savoir quoi en faire... 
Additionnés aux campagnes anti-alcool, à la guerre du sucre et à la dictature chronique du ventre plat, le porto est devenu l'ennemi à abattre.

Et pourtant, et pourtant... 

Le porto est sans doute le seul vin au monde à offrir toute la gamme des arômes possibles et imaginables, selon la catégorie qu'on dégustera. 
Et cette caractéristique vous permet une chose unique : remonter dans le temps - le vieux rêve de l'homme - à travers des parfums qui vous rappellent votre enfance ou des souvenirs heureux.

Depuis les fruits jusqu'aux épices en passant par les accents les plus curieux ou les plus rares, le porto est sans doute le seul vin au monde à offrir de façon aussi intense et reconnaissable, tous les arômes que vous lirez sur une roue des saveurs !

Voici une courte sélection de portos particulièrement accessibles qui vous transporteront dans ces parfums :

FEIST

Fondée à Londres en 1836 par les frères Feist (d'origine allemande), la marque Feist appartient depuis les années 1930 au groupe Barros Almeida. Elle offre de jolis portos de type tawny et colheita dans un style souple, léger, toujours accessible. Comme leur tarif !
Connaissez-vous un vin issu du millésime 1989 à moins de 60 $ la bouteille ? 
Il existe si l'on parle de porto ! Le Colheita 1989 de Feist
(Le 1998 de la même marque est à 34,25 $ !)
Aucun vin ne peut offrir une plongée dans le temps à ces prix.
Et côté parfums qui s'épanouissent dans une texture soyeuse et longue, on se noie dans ceux d'écorces d'oranges, d'abricots secs, de noix, de grué de cacao, de cannelle et de nougat qu'un simple carré de chocolat noir saura accompagner à merveille.

KOPKE
Kopke Tawny 30 ans à moins de 100 $ ! 
Le cadeau de Noël par excellence ! Il n'y a que 3 portos de cette catégorie en SAQ, le Kopke est le plus délicat et le plus long en bouche, bienvenue dans l'univers de la torréfaction. 

SANDEMAN
Un porto vintage à 25,75 $ ! 
Même au Portugal, il n'existe pas. 
Le Vau Vintage 2001 de Sandeman ! Ne cherchez pas le même millésime en vin sec en SAQ, il n'existe pas. De la soie et des notes de tabac autour d'un boisé délicat qu'on pourra découvrir avec une joue de boeuf braisée, parce que oui, certains portos se révèlent aussi à table !

RAMOS PINTO
Moins complexe que les rouges et pourtant tout aussi délicieux, le porto blanc Lagrima de Ramos Pinto est à 22 $ ! Le genre de bouteille qu'on a chez soi en permanence et qui peut rester entamée pendant plusieurs semaines sans que le temps ne vienne le corrompre. Agrumes confits, zestes de mandarines et notes de miel dans une fluidité veloutée sauront toujours satisfaire l'invité surprise à l'heure de l'apéritif avec quelques amandes salées ou en sortie de table avec un morceau de vieux cheddar.

CABRAL, la marque phare des Québécois
Depuis 20 ans maintenant, Emanuel Cabral offre toute la gamme des portos (le rosé vient d'arriver sur le marché), exclusivement au Québec. Ne cherchez donc pas cette marque dans le Douro, elle n'y est pas, même si elle est élaborée par la cave Vista Alegre. La qualité est toujours présente et les tarifs appliqués sont incroyablement modestes. Le Tawny 20 ans le démontre : pour 52,25 $, on déguste un vin muté qui conjugue fruité rouge cuit et toffee anglais dans les arômes, au sein d'une texture veloutée qui termine sa course sur une pointe torréfiée. Idéal pour commencer l'initiation aux Tawnies 20 ans, car ce porto est net et sans complexe.

Un petit verre de porto ce soir ?

Paysage du Douro
12 oct. 2018 par Monsieur Bulles
La Solitude CdR Florent Lançon représente la 8ème génération de vignerons au Domaine de la Solitude, propriété familiale d'une quarantaine d'hectares, depuis Louis XIV ! En conversion à la culture biologique (l'appellation Chateauneuf-du-pape présente le plus grand nombre de propriétés certifiées Bio en France), le Domaine de la Solitude dispose aussi de l'apport d'une cinquantaine d'hectares de vignes de viticulteurs voisins qui permet d'élaborer un Côtes du Rhône d'une magnifique fraîcheur !

La Solitude 2016 / Côtes-du-Rhône / 18,60 $ :


Le fruité rouge et noir (framboise, fraise, mûre) est tellement présent au nez et en bouche qu'on croirait prendre une cuillère de confiture dès la première gorgée. 
Tout apparaît frais et pur dans ce rouge du sud où le soleil ne cogne pas, mais enchante les papilles.
La texture est juste assez grasse pour nous rappeler les cépages locaux et juste assez lisse pour nous indiquer qu'aucun fût n'est venu enrayer la netteté du fruit. 
Les épices s'alignent en finale et se font poivrées, tout comme la viande rouge avec une sauce aux trois poivres que je vous suggère de griller au barbecue pour accompagner ce très beau rhôdanien !

Et pour la cave... ou l'exceptionnel cadeau à faire :

Châteauneuf-du-Pape - Réserve Secrète 2007 / Domaine de la Solitude (195,00 $ - 13144185) : 

On entend souvent dire que les châteauneuf-du-pape sont d'une endurance moyenne... Celui-ci a plus de dix ans et il présente une énergie étonnante, digne d'une bouteille qui n'a pas 5 ans.

Certes, 2007 fut un grand millésime local qui ici, présente des tanins toujours aussi riches, quoique polissés par le temps. Les épices dominent le fruité noir et la garrigue se laissent encore deviner en finale de dégustation, comme si la syrah voulaient s'imposer sur le grenache pourtant dominant (60 %).

Puissant comme il faut, c'est aussi ce qui lui permettra de prendre quelques années encore; les impatients peuvent dès aujourd'hui le découvrir sur un effiloché d'agneau aux épices indiennes...

contre-étiquette La Solitude
Côtes-du-Rhône La Solitude - 18,60 $ en SAQ - code 13612508
11 oct. 2018 par Monsieur Bulles
Geneviève Soly et Guénaël Revel vous convient à une soirée unique le mercredi 24 octobre prochain à Montréal ! Venez découvrir l'histoire d'une seule année au 17ème siècle qui, à travers des évènements politiques et commerciaux, a changé l'avenir viticole de la planète...

4 oct. 2018 par Monsieur Bulles
Imagery Pinot Noir Joe Benziger (Sonoma) aime travailler les cépages marginaux qu'il assemble aux grands classiques de Californie. Cinsault, Albarino, Petite Syrah, Muscat Canneli, Mourvèdre, Tannat, Teroldego ou Lagrein sont de ceux-là dans la marque déposée Imagery. Pour ce classique Pinot noir donc, c'est du Petit Verdot qui le complète afin de donner une touche plus structurante, plus solide, voire plus épicée. Pour le long week end qui arrive, c'est une bouteille raisonnable et très plaisante !

Commentaire de dégustation :


Griotte, griotte et griotte avec une très légère touche fumée, voici ce que ce vin rouge de pinot noir vous offrira au nez, puis en bouche.
Et s'il paraît quelque peu glycériné sur les papilles, il l'est en fait assez peu (6 gr de sucre) comparativement à ses collègues de même origine et de même catégorie tarifaire.
Un profil assez convergent - pour employer un mot à la mode - qui devrait plaire à bien des consommateurs, car en plus, la souplesse de ce vin permet des accords aussi bien avec des viandes rouges qu'avec certains poissons à chair ferme (thon, mahi-mahi, etc). 
Quant aux recettes pour les apprêter, je suis sûr que vous avez votre site préféré !! 
Contre Étiquette Imagery
Code SAQ : 13692157 / 22 $
14 sep. 2018 par Monsieur Bulles
Ksarak À moins d'avoir des origines libanaises ou moyen-orientales, il est normal que vous ne connaissiez pas l'Arak, sans doute l'une des plus vieilles eaux-de-vie du monde ! Provenant du Liban, cet alcool qui peut atteindre 55 degrés, nous est toutefois offert par notre monopole depuis plusieurs années. Son arôme marqué d'anis le cantonne le plus souvent en dégustation, à l'heure de l'apéritif, tout comme ses cousins Pastis de France, Raki de Turquie ou Ouzo de Grèce. En cette fin d'été caniculaire, laissez-moi vous faire découvrir l'Arak sous un autre angle, à travers celui du plus ancien domaine libanais, le Château Ksara, situé au coeur de la Bekaa.
Château Ksara - Arak :

Seuls les cépages ugni blanc et obeideh sont vinifiés, puis distillés 2 fois pour obtenir l'arak Ksara. On ajoute l'anis de Hina, village des flancs du mont Hermon en Syrie, près de Damas, au cours de la seconde distillation. L'alcool en devenir est ensuite vieilli entre un an et deux ans en jarre d'argile du village de Betchaba. Il est inutile de faire vieillir l'arak au-delà puisqu'il s'agit d'un alcool blanc. 

Il peut se boire pur, mais je vous conseille plutôt de le boire d'abord comme un pastis, c'est à dire avec 2 ou 3 mesures d'eau pour une mesure d'alcool, en tant qu'apéritif. Néanmoins, les Libanais aiment consommer l'arak au cours de tout un repas sur des mets particuliers où souvent, les légumineuses ont une place précise. 

En règle générale, l'arak convient à tous les fruits de mer et à de nombreux poissons lorsqu'on l'emploie pour cuisiner. C'est pourquoi lorsqu'on l'associe à table, avec ces derniers, l'harmonie est toujours au rendez-vous.

Voici quelques idées qui vont épater vos invités. Vous êtes amateurs d'huitres ? Versez-y une goutte d'arak ! L'anis entremêlée à l'eau iodée du mollusque dans son coquillage, épatera vos papilles. Et vos amis !

Tout aussi original, faites flamber des crevettes à l'arak, une fois grillées et frottées à l'ail, puis ajoutez un peu d'aneth, servez-les en apéritif sur un bâtonnet. Vous pouvez faire la même chose avec un filet de saumon ; accompagné de fenouil grillé, on reste dans les saveurs fraîches et anisées, indispensables en ce moment ! 

Tentez l'expérience d'une vinaigrette à l'huile d'olive et au vinaigre de framboise, arrosée d'arak sur une salade de coeur d'artichauts et de poivrons rouges, le tout aspergé d'un filet de jus de lime. Plus rafraichissant, ça n'existe pas !

Enfin, si comme moi l'arak de Ksara vous séduit, c'est un digestif idéal de fin de soirée d'été, sans eau, seulement sur deux glaçons. Si les apothicaires libanais d'autrefois le recommandaient pour la digestion, il n'y aucune raison de s'en priver !Contre étiquette de Ksarak
Alcool anisé - 750 ml Code SAQ : 00471342 / 40,75 $
7 sep. 2018 par Monsieur Bulles
Reserva 2014 de Baron de Ley Depuis quelques années, la SAQ a multiplié ses achats de magnums pour le plus grand plaisir des amateurs qui ont un cellier, car oui, ce format (1,5 L) optimise l'endurance du vin qu'il renferme, qu'il soit rouge ou blanc, et même rosé ! Celui du Baron de Ley est un vin rouge espagnol de la Rioja et comme c'est un Reserva, il a déjà connu les effets du temps qui passe. Il fait partie de ces appellations qui offrent un beau potentiel de garde. Le glisser en cave serait judicieux... On le goûte quand même ?

Commentaire de dégustation du Reserva 2014 de Baron de Ley - Rioja - Espagne :

Je vais être honnête; je m'attendais - comme trop souvent avec les Rioja - à un excès de bois qui viendrait occulter le fruité du vin. 
Mais non. 
Le boisé est évidemment là - c'est la signature de l'appellation - toutefois, il a davantage oxygéné les tanins au lieu de les gonfler de vanille ! Le petit caractère végétal qui rappellerait un bouquet garni est même encore présent, malgré les 20 mois d'élevage en fût et les quelques autres en cave avant sa commercialisation. 
Bref, il a 4 ans, se montre aujourd'hui riche et expressif (confiture de fruits rouges) et pourtant, je le laisserais encore 4 années, couché dans mon cellier. Avis aux amateurs... 
À 45 $, c'est une aubaine !
Pour les impatients et les gourmands, ce joli format taillé pour 6 personnes à table, est à découvrir dès aujourd'hui avec des mets tels que le "gigot du dimanche", des tagliatelles à la puttanesca, une darne de thon façon cajun ou même une jambalaya !
Je vous ai ouvert l'appétit ? Tant mieux.
Bon week end à table !! 

44,25 $ le magnum ! / code SAQ : 13760631
4 sep. 2018 par Monsieur Bulles
Coupe de pinot noir En introduisant les désherbants dans la viticulture au sortir de la Seconde Guerre mondiale, on ne s'attend pas à ce qu'ils anéantissent l'essence même des appellations d'origines contrôlées, instituées 25 ans plus tôt. Que voulait alors démontrer le principe des AOC ? Qu'en un lieu donné et précis, au sol et au microclimat particuliers, un cépage apporterait un goût authentique, inconcevable ailleurs. Qu'un terroir précis avait un goût propre. 60 ans plus tard, faut-il être bio pour respecter les fondements de l'AOC ?
Le viticulteur de l'époque voit logiquement dans le désherbant que l'industrie lui propose, une aide précieuse à son dur labeur lui assurant un gain de temps et un bouclier pratiquement inviolable face aux champignons, aux insectes ou aux microbes. Ce que le viticulteur de l'époque omet de voir, c'est que sa vigne vit à partir des micro-organismes et ces derniers vivent et diffèrent en fonction des caractéristiques du micro-climat. En tuant les vies du sol, les désherbants vont progressivement tuer les facteurs nécessaires à la vigne.  
Arrive alors la parade de l'homme : l'engrais chimique pour nourrir cette vigne. 
Comment ? En la déshydratant.  
La vigne ayant besoin d'eau pour survivre, elle va l'emmagasiner à l'excès, provoquant une croissance exagérée donc déséquilibrée; mais la production est là et elle satisfait tout le monde car tout le monde s'enrichit et le peuple est nourri. 
Sauf la vigne qui perd la mémoire ! Elle en oublie les solstices et les cycles solaires quotidiens et la seule défense qui lui reste, c'est la pourriture.  
On entre alors dans le cercle vicieux des recherches scientifiques et l'homme, toujours plus avide de conquérir des marchés, lance l'anti-pourriture. 
Réaction de la vigne affaiblie : des nouvelles maladies.  
Réaction de l'homme : les traitements systémiques !  
Ça y est, on y est !  On n'est plus à la surface de la vigne, à son simple contact, on est en elle. On touche la sève. On va enfin pouvoir contrôler son métabolisme.  
Et qu'est-ce qu'il y a au bout du parcours ? Le goût !  
En contrôlant la vie de la vigne, l'homme va pouvoir contrôler le goût, son goût.  
C'est la course aux enzymes et aux levures. Artificielles, bien sûr. 
« Tu veux du cassis dans ton merlot ? »  
« tiens, voici l'enzyme XYZ. Efficace et sans aucun danger. » 
« ah, c'était de la lavande que tu voulais ? » 
« Tiens, ça c'est l'enzyme ZYX. À ta prochaine récolte, ton vin rouge sentira la Provence !! »
« Et pour la cuvaison et le travail dans les chais, vous avez des solutions ? Juste au cas où ? »  
« Évidemment Monsieur, la technologie aujourd'hui, c'est un jeu d'artifices !! » 
Effarant, dites-vous ? Certainement. 
La réalité dépasse toujours la fiction.  
Lorsqu'au début du 20ème siècle, après la crise phylloxérique, le vigneron accablé et ruiné, espère une aide des prémices de la recherche scientifique en viticulture, il ne peut se douter que son petit-fils en viendra à manipuler la vigne, plutôt que de la guider. On ne peut pourtant l'en blâmer. On enfermait alors bien les gens qui prétendaient que l'homme volerait et atteindrait un jour la lune ! Un siècle plus tard donc, une certaine viticulture s'élabore en laboratoire et face à elle, quelques irréductibles vignerons luttent avec un nouveau concept, qui n'a de nouveau ou de moderne que le nom : la biodynamie.  
Et qu'est-ce que la biodynamie ? 
Simplement le respect du métabolisme de la vigne par le respect de son environnement.
Déjà au Moyen Âge, les moines utilisaient les propriétés médicinales des plantes pour lutter contre les ennemis naturels de la vigne et utilisaient les astres du ciel pour guider les récoltes. Ils avaient compris que seules la vraie lumière, la vraie eau et la vraie terre donnaient une identité, une authenticité à la vraie couleur et au vrai goût du vin. Au-delà des modes et du commerce, la biodynamie ne repousse pas la technologie, elle écoute d'abord la nature sans la précipiter. Elle utilise simplement les qualités de la nature sans vouloir les épuiser. Les contrariétés rencontrées ne sont pas anéanties, mais étudiées pour connaître les raisons de leur présence car dans la nature, tout est complémentaire. 
Il y a encore 30 ans, on a crié aux fous, aux illuminés du cosmos ou aux écolos anti-progrès lorsqu'une poignée de vignerons suisses et français ont revu leur façon de travailler la vigne. Curieusement, de grands noms du vin s'intéressent aujourd'hui de plus en plus à la biodynamie et ceux qui en sont devenus adeptes obtiennent de tels résultats, qu'ils deviennent les plus ardents défenseurs de ce mode de culture, inventé dans les années 1920 par l'Autrichien Rudolph Steiner.  
Et cette philosophie de viticulture n'est plus seulement européenne avec des locomotives dans la plupart des appellations (Cazes, Chapoutier, Joly, Pujol, Bizes-Leroy, Trapet, Larmandier, Eymann, Granges-Faiss, Palacios, Albet I Noya, Niccolaini ou Eblin-Fuchs), elle est mondiale (Reyneke-Farquharson, Milton, Castagna, Sinskey ou Espinoza) et pour comprendre les résultats de la biodynamie, il vous suffit de goûter à tous ces grands vins... en cliquant sur le lien vers le volet Bio de la SAQ.         coupe de chardonnay
14 août 2018 par Monsieur Bulles
Valdiguié de J. Lohr Les californiens continuent de l'appeler Napa Gamay à cause d'une confusion de pépiniéristes lorsqu'il fut introduit sur la côte ouest-américaine. Le cépage Valdiguié, originaire du sud-ouest de la France serait, en fait, un cousin du malbec. L'université de Davis a révélé son ADN et corrigé l'erreur dans les années 1990. Autrefois très employé pour élaborer des rosés, il s'est éclipsé de l'hexagone pour enchanter certains vins américains. Le domaine J. Lohr est l'un des rares à élaborer une cuvée qui lui est uniquement consacré : une occasion pour nous de le découvrir !
Commentaire du Wilflower 2016 Valdiguié de J. Lohr :

Expressif au nez, on y décèle immédiatement des arômes de violettes, puis de chocolat. Des notes de poivres arrivent plus tard, une fois le vin aéré.
En bouche, le crescendo aromatique est identique et pour revenir au gamay, seuls les crus de Morgon ou Chénas auraient pu soutenir la comparaison, car la mâche est bien là. 
La chair est grasse sans être râpeuse, elle est édulcorée à la californienne et le petit côté confituré passe facilement... D'autant plus que, curieusement, le degré d'alcool est peu élevé (12,5 degrés) pour un vin de cette contrée.
Même si les accents de cerises se laisse capturer, il m'a davantage fait penser à une syrah languedocienne.
À moins de 20 $, ce valdiguié est une très agréable découverte qu'une viande rouge grillée, de votre choix, saura accompagner facilement.


Valdiguié
18,60 $ / Arroyo Seco / J. Lohr Winery / Code SAQ : 13486863
16 jui. 2018 par Monsieur Bulles
Pinot grigio Pratello S'il y a un cépage qui a été galvaudé par le monde viticole au cours de la dernière décennie, c'est bien le pinot gris ! Devenu le cépage blanc à la mode, on le retrouve presque partout et le plus souvent dans des contrées au sol et au climat inappropriés. Le marketing faisant le reste, on nous en imbibe au point d'en avoir oublier ses caractéristiques. Et lorsqu'un pinot gris de Californie est aux antipodes gustatives d'un pinot gris du Chili, d'Allemagne ou d'Australie, on le défend en parlant des caractéristiques du pays plutôt que de ses caractéristiques propres. Bref, on cautionne des ersatz de pinot gris, dont certains ressembleraient presque à du sauvignon. Ce qui n'est pas le cas de celui de la famille Pratello, un pinot gris de Lombardie, certifié bio, qui lui, fait honneur à lui-même !
Mais d'abord, quelles sont les caractéristiques gustatives du pinot gris ?

Si l'on se réfère aux sources européennes et aux appellations rhénanes qui l'emploient, on parle d'un cépage blanc puissant et épicé qui, pourtant, ne se livre par immédiatement dans le verre et qui demande à s'oxygéner. On peut alors le reconnaître grâce à des notes fumées, parfois des notes de miel et de pain d'épices qui se cachent derrière les classiques arômes floraux.
Ce sont dans les zones tempérées et plutôt septentrionales qu'il se comporte le mieux. 
C'est pourquoi la plupart des appellations du nord des grands pays viticoles européens l'ont adopté. 

Je remarque d'ailleurs que deux lignes droites horizontales, de 100 km de largeur, le démontrent : la première de Nantes à Budapest, la seconde de Lyon à Varna. Les pinots gris cultivés sur ces deux bandes offrent les meilleurs résultats.

C'est pourquoi le pinot gris de Lombardie fait aussi partie des bons pinots gris, même si les accents épicés s'effacent dans cette région pour laisser la place aux accents de fruits blancs, tout aussi délicieux.

Commentaire de dégustation du Pinot Grigio 2016 - Azienda Pratello :


De couleur très pâle avec des reflets verdâtres, ce pinot gris du lac de Garde joue la carte de la discrétion et de la précision dans les arômes : poire, melon et zeste de citron s'échelonnent au nez et se retrouvent en bouche au sein d'une chair ronde, voire grasse que la typique acidité vient entourer pour mieux nous rafraîchir.
Il charme parce qu'il est à la fois fin et charnel; il a été bien éduqué en somme : rien dans l'excès, tout dans l'authentique persuasion. Ce pinot grigio perdu dans la masse internationale de ses confrères s'en tire à merveille pour un tarif très raisonnable. Et c'est grâce à ce dernier qu'il est sans doute parmi les meilleurs sur notre marché Québécois.
Appréciez-le seul en apéritif, en duo facile avec des huîtres peu iodées ou en duo gourmand avec un fromage assez gras et parfumé. Pratello
18,55 $ au Québec / Code SAQ : 13623371

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